;ii^R-iNCfji:> Conservation work performed with funds from the 1993/94 NEW YORK STATE CONSERVATION/PRESERVATION DISCRETIONARY GRANT PROGRAM FLORE PITTORESQUE ET MEDICALE DES ANTILLES. ^ IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE. VAUGIRARD , N. 36. BTg ET MEDICALE DES ANTILLES, OU TRAIT DES PLANTES USUELLES DES COLONIES FRANAISES, ANGLAISES, ESPAGNOLES ET PORTUGAISES. DDIE ET PRSErsTE AU ROI OOtlECR K>' MLOtClME DE L\ biCULlt DE PARIS , *ICIE.V V.tDECIN DU COU V E.R M SMKNT A. SAIN r-DOMINOUE . LT lOSDATEUR DU LYCKE COLONIAL, MI-DECIN DE L HOSPICE CIVIL DE BEAL'BOXT, ET MEMBRE DE LA SOCltrb, Ll.NNtESNE DE, PARIS ET. Dl PLUSIEURS ALTRES SOCITS SAVANTES. J^eiute pai> (3. vDb. (Jc))cou^t'^ti. .e Jus exprime (It la canne a sucre . relui du citron cL l'eau limjii'ic des ruisseaux qui serpentent dans tous les jardins , fournissent a rinstant une boisson salutaire , qu'une feuille fraclie et roule du liananiev, ou qu'un ptale dtacli de la popole, peuvent retenir... Partout, dans ces climats fortuns , le Carabe trouvait sohs ses pa> les plantes que rclamait la maladie d'un ptre , d"un parent ou diin ami !.. Ces insulaires avnient-il d'autres moyens ctiratifs .'..., (dISCOVRS PR KLIMliN il RE. ' Tiiipi'nUssiiri i^eiUP' , herhns in nii j i'iani l'iitwi ii"i moi Ijui tiitirjtte nove!7iitl. C. Cds. , ad Fia', TOME SEPTIEME. PARIS. /^CROSJNlEii , receveur de renies , rue du Mail ., ii. r ; CHAPPjHON, rue de la GrjPidc-Truanderic, n. 5o. PICHARD , libraire, rue Feydeau , n. ii. Che 7, < Veuve RENARD j liiDraire, nie Caunartin , n. !'2; LEVRAULT, libraire, rue de la Harpe , n. 8i ; MALEPEYRE, libraire, rue Gt-lc-Cur, n. 4; ^^Et chez les principaux Lil.iraires. 1829. t, 7 wmME FirwoiisQi ET MEDICALE DES ANTILLES. DIX-SEPTIEME CLASSE. DES SUBSTANCES VEGETALES SPECIALEMENT DIRIGEES SUR LES PROPRITS VITALES DU SYSTEME DERMODE CONSIDR COxMME ORGANE EXHALANT, Plantes dites Sudorifiques. i*^*^ degr : Diaphorliques. 2* degr : Sudorifiques, SOMMMRE. # iM ous avons vu dans la classe prcdente que les latra- leptiques, au moyen des fonctions attractives des vais- seaux absorbans , portent leur action salutaire de la priphrie au centre. C'est par un effet diamtralement oppose qu'agissent sur notre conomie les diaphortiques, Tome VIT. m/^^ Lwraon. i (2) et les sudorifiques qui poussent du centre la circonf- rence en employant les vaisseaux excrteurs pour expul- ser des effluves plus ou moins vicies de transpiration , lesquelles causent les plus grands dsordres dans notre conomie. L'art mdical doit faire tous ses efforts pour la rappeler, et c'est dans cette intention qu'on emploie les diaphortiques et les sudorifiques. Dans le premier cas la transpiration cutane s'chappe en vapeur imperceptible de la surface du corps, dans le second elle se condense sous le contact de Tair , et s'coule sous forme aqueuse , ce qu'on appelle sueur. Le docteur Sandras , au milieu de ses belles et sa- vantes observations , sape impitoyablement les doc- trines de ses devanciers , en refusant au Gaac , la Salsepareille et au Sassafras, des vertus sudorifiques cons- tates par des sicles d'exprience. Quel colon n'a pas cent fois prouv les vertus de ces bois sudorifiques dans le traitement qu'on suit au milieu de ses infirmeries , et quel est celui qui peut en douter? Les infusions cbaudes agissent, il est viai, plus efficacement comme sudori- fiques que les mmes infusions prises froid qui augmen- tent au contraire les scrtions urinaires au lieu d'exciter et de porter le calorique vers le systme exhalant. Mais qu'importe l'monctoire par lequel l'art vient au secours de la nature qui souvent le dirige ou le redresse? Les su- dorifiques employs froid en infusion , conviennent mieux qu' chaud dans certains cas de susceptibilit organique. (^ F^ojez Gzeite de Sant, 25 octobre 1828, p. 235 , deuxime colonne. ) Et cependant ils n'en exci- tent pas| moins des sueurs copieuses, preuvej vidente que la vertu sudorifique existe intrinsquement dans les (3) plantes de celte classe, et non pas seulement dans le calorique.,. Dans beaucoup de cas o l'on attend un puissant auxiliaire de la diaphorse , on interdit tout remde anodin , stupfiant et narcotique , qui troublerait, par un repos contraire, les puissans'^ efforts de la nature et le mouvement critique qui tend la gurison. On a remarqu que les sueurs sont salutaires si elles arrivent un jour de crise , mais elles offrent un fcheux pro- nostic si elles paraissent avant la parfaite coction. On augure mal aussi des sueurs continuelles qui con- duisent l'puisement , ainsi que de celles qui se mani- festent autour de la tte, autour de la poitrine , etc. Comme les sueurs sont le rsultat d'un effort de la nature , dit Alibert , il doit arriver que toutes les fois qu'elles sont partielles ou ingales , elles annoncent que les forces vitales sont en dfaut ^ les sueurs gnrales valent mieux. Les plantes diaphortiques et sudorifiques, portant leur action sur le cur, excitent d'abord la circulation dont le mouvement se modre ds que la difficult est vaincue , et que la transpiration est rtablie. Il ne faut administrer ces moyens qu'avec prudence et des doses modres , car la vive excitation qu'ils produiraient , nuirait plutt qu'elle ne servirait produire cette s- crtion salutaire. On emploie de prfrence les plantes de cette classe dans les affections cutanes , rhumatis- males et catarrhales , etc. (surtout lorsqu'elles provien- nentd'une transpiration intercepte), dans l'hydropisie , la paralysie, les affections glanduleuses, etc. ^ il faut 1* ( 4' ) ajouter cette mdication interne la combinaison des principes de l'hygine , un air chaud , des frictions , etc. Dans les maladies de la peau, il faut viter soigneuse- ment , dit Alibert j Faction des sudorifiques pendant la priode de l'irritation. C'est Sanctorius , a dit Dlivet , qu'on doit rapporter la dcouverte des phnomnes de la scrtion de la transpiration. Avant lui, ils taient peu prs inconnus. Depuis cette poque on a voulu considrer la sueur comme l'effet d'une scrtion diffrente de la transpi- ration insensible -, mais les connaissances physiologi- ques ne laissent plus aujourd'hui auc^n doute que ces deux excrtions ne diffrent point l'une de l'autre , et qu'elles appartiennent spcialement au systme des vais- seaux capillaires cutans exhalans qui sparent du sang une humeur particulire. ^ y/ifoi/orf /^f,rrof//-///\ y'//i,r . 0'/7/>/'fr/ ifr/t/j (5) JV< V\A V\A W VV\ VV> VV* W% W VV> W W\ VV\ VV\ W W\'W\ A/\>A/^ W\ VV V\^ VVWWW^ W% WWIVN VVVW- NOYER A FEUILLES DE FRENE. (^D aphortique . ) Synonymie. Vulg. Noyer de la Jamaque. Manger Perro- quets. Juglans fraxinifolia. Lin. Monoecie polyandrie. Jussieu, famille des Trbinthaces. Tournefort, Arbres amentacs. Juglans foliolis subnovem dnis oblongis serratis laevibus, latere inferiore petiolo communi adnato. Lam. Mss. Fraxinus, variegata,H. p. En anglais : Wal- nuttree, En espagnol : Nogar. En portugais : No~ gueira. Caractres gnriques des Noyers. Genre de plantes fleurs incompltes de la famille des Pistaciers , com- prenant des herbes exotiques dont les feuilles sont al- ternes, ailes avec une impaire, et les fleurs en chatons et monoques. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Fleurs mles ayant une caille d'une seule pice pour calice \ une corolle partage en six *, en- viron dix-huit tamines. Fleurs femelles pourvues d'un calice suprieur divis en quatre , ainsi que la corolle ; deux styles \ un drupe noyau sillonn. Caractres particuliers. Feuillage du Frne , noix ( 6) sans divisions. Base des iolioles plus courte d'un ct que de l'autre. Histoire naturelle. Les fruits de ce Noyer se man- gent en cerneaux , c'est--dire avant leur parfaite matu- rit celles sont de difficile digestion-, lorsqu'elles sont sches elles excitent la toux parce qu'elles deviennent plus ou moins rances. On confit ces noix dans leur brou, ou pluches ^ on en fait aussi des nougas. Les noix , encore vertes, infuses dans de l'eau-de-vie , qu'on dul- core , fournissent le ratafia stomachique appel brou-de- noix. L'huile vierge et faite froid sert faire des fri- tures , et celle faite chaud est employe pour i clai- rage , la peinture et pour la fabrication du savon. Cette huile mle l'essence de trbenthine , procure un vernis gras et siccatif qui n'est point ddaigner. Les racines de cet arbre et le brou des fruits donnent des teintures brunes trs-solides. Le bois , plein et fa- cile travailler, est recherch parles menuisiers, les tourneurs et les sculpteurs. La pellicule jaune qui en- veloppe l'amande des noix tant mise en macration dans de l'eau sature de chlorure de chaux, donne ce li- quide une couleur rouge superbe. On rencontre dans les mornes plusieurs autres espces de Novers , mais dont les proprits sont les mmes ^ tels que le Juglans nigra , de la Jamaque , le Juglans baccata foliis ternis^ dont les naturels font du pain en concassant la noix , la lavant et laissant prcipiter la fcule amilace. Caractres physiques. Ce Noyer s'lve une hau- teur d'environ quarante pieds avec une cime ample et touffue -, le tronc est d'un gris cendr. L'corce de ses (7 ) jeunes rameaux est irs-lisse, luisante, d'un vert brun et pourvue de moelle. Les bourgeons , lorsqu'ils com- mencent se dvelopper, sont ferrugineux ou d'un roux brun, placs dans l'aisselle des feuilles. Celles-ci sont alternes , trs-grandes , composes ordinairement de dix-neuf folioles presque alternes , trs-lisses , oblongues, finement dentes en dents obtuses, presque luisantes en dessus, d'un beau vert, un peu sombres, plus ples en dessous ; mais un caractre bien remarquable , et qui sert distinguer particulirement cette espce , est d'a- voir un des cts de la base des folioles plus court que l'antre , de sorte que les folioles ne sont attaches au ptiole commun que par un de leurs cts , surtout dans les jeunes feuilles. Il arrive souvent qu' mesure qu'elles vieillissent , l'oreillette se dtache du ptiole , mais il y en a toujours une plus longue que l'autre. Ces ptioles sont arrondies et trs-renfles leur base , lisses et d'un beau vert clair. Cet arbre se plat dans les mornes -, les chatons sont d'un jaune paille ^ les fruits sont rids , ligneux, arrondis, pointus leur sommet, aplatis la base , chambrs en dedans et renferment un amande , dit Nicolson , qui suit les sinuosits de la coque , laquelle est trs-paisse, trs-dure, et ne se divisant pas en deux parties comme les noix d'Europe dont elles approchent nanmoins par leur forme et leur got^ les cloisons sont ligneuses au lieu d'tre membraneuses. Analyse chimique. Le brou contient beaucoup de tannin et d'acide gailique, ce qui fait qu'il noircit la peau quand on l'entame. L'piderme jaune fournit aussi du tannin. La partie blanche qui se mange l'tat frais est douce , mulsive et contient de la fcule amilace e% ( 8 ) environ la moiti de son poids d'une liuile grasse , trs- douce , jaune, siccative , et que le froid ne peut faire concrter. Proprits mdiciivales. Nous signalons ici ce Noyer comme un des plus puissans sudorifiques , et comme un anti-syphilitique qui jouit en Amrique d'une haute rputation appuye par des faits. On traite> aussi les af- fections scrofuleuses par la dcoction des feuilles qui est amre et astringente. Le brou en nature agit quel- quefois comme vomitif, mais plus souvent comme pur^ gatif vermifuge. La dcoction du brou est encore em- ploye en gargarisme dans quelques angines muqueuses et chroniques , contre le gonflement des gencives des scorbutiques, contre le relchement de la luette, et pour dterger et cicatriser les aphthes et autres excoria- tions de la membrane rauf[ueuse buccale. La partie blanche du fruit , et qui se mange, est laxaiive et adou- cissante , et comme elle contient de l'huile et du mu- cilage, on en fait des mulsions. Prise en quantit elle peut faire mourir, dit-on, le tnia. Mode d'administration. La dcoction du brou se donne des doses variables -, en ratafia depuis une cuil- lere jusqu' trois , comme stomachique et vermifuge. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT CINQUANTE^ TROIS. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1 . Chaton. 2. Noix entire. 3. Noix casse. 7/4^ f /,/& //. ^O^ "' vr '^iiifi.ia?-^ - 'A^-. -*.l- 'J'Afot/orv /)e.rcour/t/\ Pijc aArie/ J'lis. lIOBOfEK PA:^^Aroro JUII?:^ IIE FEU (9) ^AA'Wt A/\VWVV\VV>VV%VjV\VV\VVVV^'VV'>VV>VV\VV'\iVV\\/V>VV(VV\VV> V\A VV\VV'\VVVV>\ iV^ V\'V^'\VV\\' \A V VN VWv-.x VV\ . WvVVvWvWvVWW VVVWVVWV\VV\'VtWi-\\ i.WVX'V /WVXV. V >. VVlit't FAGARIER A FEUILLES DE JASMIN. i^D'iapliortique. ) Synonymie. Vulg. Bois Pians. Fagara pterota. Lin. Ttrandrie monogjnie , famille des Trbinthaces. Fa- gara pinnarum articulis inermibus, foliolis ovalibus obso- lte crenulatis. Lamarck. Lauro affinis , jasmini folio alato , Costa mdia membranulis utrinque exstantibus alata, ligno ferro duritie vix cedans. Sloan. Jam. Hist. 2 , p. 25, t. 162, f. 1. Pterota subspinosa, foliis minoribus per pinnas marginato-alatas dispositis .spicis geminatis alaribus. Brown. Jam. i46, t. 5 , f . 1. Fagara spinosissima faba- ginis facie , foliis ad rutam aceedentibus , fructu graveo- lente , floribus parvis, fructu rotundo parvo , vald odoro semine nigro miliaceo. Poupe-Desportes. CaractflEs gnriqles des Fagariers. Genre de plante fleurs polyptales , de la famille des Balsa- miers , comprenant des arbres ou arbrisseaux exotiques, feuilles alternes, ailes avec impaire et fleurs petites, disposes par grappes ou par paquets axillaires , aux- qiteles succdent des capsules monospermes assez sem- blables celles des Clavaliers ^ les caractres essentiels de ce genre sont : calice persistant, trs-petit , quatre / e r /y. ^j. 7'/i(iE JA83II>^ , ( '5 ) OU cinq dents -, corolle ttra ou pentaptale ; quatre cinq tamines ; un style ^ deux stigmates^ une capsule bivalve , monosperme. CAr.ACTRES PARTICULIERS. FoHoes margincs , odeur de boue \ bois trs-pineux. (Jamaque, vivace.) Histoire naturelle. L'odeur dsagrable de ce Fa- garier le fait loigner des babitalions -, on le trouve communment la Jamaque et dans les autres iles An- tilles. On emploie son corce pour teindre en jaune. Les feuilles sont aromatiques et se mettent dans les sauces en guise de laurier. Caractres physiques. Ce Fagarier est un arbrisseau trs-rameux , dont le bois est dur et d'un jaune ple, et qui s'lve jusqu' vingt pieds de hauteur. Ses ra- meaux sont garnis de petites feuilles alternes , ailes avec impaire , et souvent accompagnes leur base de deux aiguillons courts , arqus en crochet. Chaque feuille est compose de sept neuf folioles ovales , im- perceptiblement crneles , munies d'un point transpa- rent entre chaque crnelure , opposes , except la ter- minale , et portes sur un ptiole commun, inerme, articul , bord de chaque ct d'une aile ou membrane dcurrente. Ces feuilles sont vertes , glabres , et n'ont qu'un pouce et demi de longueur^ leurs folioles les plus grandes sont longues de cinq six lignes. Les fleurs sont axillaires et naissent quatre cinq ensemble sur des ptioles courts. Les graines sont rides. Analyse chimique. On retire des feuilles un principe aromatique et nausabond ; et des baies un suc acide. # ( '6) Proprits mdctnales. On assure, aux Antilles, que les feuilles de ce Fagarier tant appliaues en ca- taplasme sur les pians, les gurissent radicalement. Pou- pe-Desportes prescrit souvent l'corce de ce Fagarier , Bois pians , dans les tisanes sudorifiques. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT CINQUANTE-CIN0 Le dessin est de grandeur naturelle. 1. Bouton de fleur non dvelopp. 2. Fleur grossie et ouverte. 3. Etamine. 4. Ovaire surmont du pistil. 5. Grame ouverte. 6. La mme contenant les deux semences. //^fjCiif /Y. 4.J' T(o vVVWVVWC*'VWVVW/V\ (.WWVWvVWt/VX V%V 'W. VV*vV\'WVi.r ^aSrZ Sci'^:rxHii: ( 2t ) VVi vv< \IV\ VV V'IVV W^ V*^ V\ VXA/ VW\I*'W V\'\A/V<'VVlWrw>W W WtWraisn, 3 (22) Caractres PAPiTicuLiERS. Arborescente*, lige aiguil- lonne*, feuilles simples-, rayons de Tombel le univer- selle gfirnis d'une seule glande. Jamaque. (Vivace. ) Histoire :naturelle. Les feuilles simples que porte celte espce l'avaient fait classer parmi les Lierres par La- marck ; mais les caractres bien spcifiques de la florai- son et de la fructification ont fait changer d'avis ce clbre professeur qui a conserv la place de celte Aralie ct de celles feuilles composes. Cette Aralie crot la Jamaque et aux Antilles sur les hautes montagnes. Il est bon d'observer ici que les Aralies s'loignent des plantes ombellifres en ce que leurs semences ne sont point nues , mais enfermes dans un pricarpe qui e st succulent. Ces plantes sont distingues des Lierres parce que les fleurs de ces derniers, selon Lamarck, n'ont qu'un style et que celles des Aralies en ont cinq. Enfin elles diferent des Ginsengs en ce que ceux-ci n'ont que deux styles dans leurs fleurs, et deux semences dans leurs baies. L'Aralie pineuse , qui produit de Teflet dans les massifs, par son feuillage dlversciricnt color, aime une terre lgre, frache, et un emplacement un peu ombrag. Caractres physiques. L'Aralie dont il est ici men- tion est un arbrisseau dont les tiges arborescentes se di- visent en rameaux glabres , alternes , garnis , surtout vers leur sommet, de feuilles alternes, parses, rap- proches, plioles, amples, ovales, oblongues, trs- entires, glabres leurs deux faces, acumines leur sommet, membraneuses, nerveuses, rtrcies leur base, longues de six huit pouces et plus, sur quatre (23) environ de large. Les fleurs sont disposes en une pa- niculc dont les ramifications se divisent et supportent chacune une ombelle trs-ouverte ; les pdoncules char- gs d'une glande , l'involucre compos de bractes un peu scarieuses et concaves, ovales-lancoles, aigus, beaucoup plus courtes que le pdicelle ^ le style est di- vis en cinq parties. Le fruit consiste en une baie six ctes saillantes, de la grosseur d'un pois. Analyse chimique. Toutes les parties de la plante sont aromatiques et stimulantes 5 on en retire une huile essentielle. Proprits mdicinales. Les proprits mdicinales des Arabes, en gnral, les rendent intressantes , dit Lamarck , dans les pays o elles croissent^ la plupart sont d'excellens sudorifiques. Les racines et les feuilles tant bouillies et appliques en cataplasme, conviennent aux pansemens des ulcres invtrs , tandis que la d- coction s'emploie en lotions sur les plaies qu'il faut baigner et tuver. Les racines, les feuilles sont trs- aromatiques-, les ptioles se mettent au candi, c'est-- dire qu'on les confit au sucre lorsqu'elles sont fraches ; on les prescrit dans les fivres ataxiques et adynami- ques, dans la variole, dans les digestions suspendues, et pour chasser les vents. La dcoction d'une once de la racine sche bouillie dans une livre et demie d'eau, et bue par verres , est sudorifique et cordiale*, c'est sou- vent un moyen nergique qu'il convient d'employer dans les fivres exanthmati([ues lorsque l'ruption est lan- guissante. Le feuillage appliqu en cataplasme est r- ( ^4 ) solutif j une poigne des feuilles piles et appliques sur certaines tumeurs les rsout puissamment. EXPLICATION DE LA PLAKCHE QUATRE CENT CIKQUANTE- SEPT, Le dessin est rduit au quart de sa grandeur. 1. Fleur entire. 2. Fruit ou baie. 3. Etamine grossie. 4. Ovaire surmont des cinq styles. 2lS ' Zw H:4^S. J^niarr JWtaurliZx Pin^ aArtf/ Ji-uJ. P01\18LER A FElTLliEiS DE PLANTAK^^ (25 ) WVWVVWVVvWvW>/VWWv\flMlh\ A rrA^UA.'h^S tlVUr,^ -m. ( ^9) JkVVVV' VVA/V> %AXV\VV VV> VV%IVV% V\^\Art VV VV'\ VV\ VV\ VV\ VV' VV*/V1 VV\VVVVV VV> VV^'VV VVS VV\ VV- VVA TIGAR A FEUILLES RUDES. (Diaphof'tique . ) Synonymie. Vulg. Liane rouge. Tigarea aspera. Lin, Dioecie polyandrie. Jussieu, famille des Rosaces. Ti- garea foliis subrotundis , undulatis ; floribus racemosis. Aubl. Guian. vol. 2 , p. 918, tab. 35o. Lam. lUust. Gen. tab. 826. Tetracei'a ^(aspera) foliis subrotundis , subre- pandis, scabris ; floribus monogjnis. Willd. Spec. Plant. vol. 2, p. 12417 n. 3. Rhinium. Scbreb. Gen. Plant, n. i545. Caractres gnriques des Tigrs. Genre de plantes dicotyldones , fleurs incompltes , dioques , de la famille des Rosaces , qui a de grands rapports avec les TeAracera y et qui comprend des arbres exotiques l'Eu- rope dont les tiges sont sarmenteuses , les feuilles sim- ples, rudes ou velues, munies de stipules, les fleurs disposes en grappes axillaires. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Des fleurs dioques; un calice quatre ou cinq dii^isions; quatre ou cinq ptales. Fleurs MALES : grand nombre dtamines ^ un oi^aire strile. Fleurs femelles : plusieurs tamines striles', un seul ( 3o) ovaire 'y un sfjlcj une capsule deux vals^es^ mono- sperme. .-^ Caractres particuliers. Feuilles rudes ^ tiges sai - menteuses, garnies de stipules. Histoire naturelle. Cet arbrisseau utile crot natu- iclleinent Cayenne et dans plusieurs les Antilles , o il fleurit et fructifie dans le mois de janvier. Les croles, dit Aublct, ont donn cette plante le nom de Liane rouge cause de la couleur que prend sa dcoction ^ elle passe dans le pays pour un bon remde dans les maladies vnriennes. On rencontre quelquefois cet arbrisseau en si grande quantit dans les bois , qu'il est impossible de les parcourir sans tre incommod et dchir par Tpret de ses sarmens et de ses feuilles , et surtout sans tre arrt par l'entrelacement de ses branches et de ses rameaux. Les feuilles servent polir les ouvrages d'bnisterie. Caractres physiques. Le Tigar feuilles rudes est un arbrisseau qui produit des tiges sarmenteuses et rameuses qui s'lvent jusque sur la cime des plus grands arbres , d'o pendent de trs-longs rameaux prolongs jusqu' terre ^ ils sont trs-rudes et pres au toucher , garnis de feuilles alternes, mdiocrement ptioles, longues d'environ trois pouces et demi , sur trois pouces de large, arrondies, un peu ovales, lgrement ondu- les leur bords , chagrines , et couvertes leurs deux faces de poils nus, roides et crochus ; leur ptiole court, canalicul en dessus , accompagn sa base de deux stipules caduques. ( 3' ) Les fleurs sont tlioqucs., naissent sur des pieds difT- rens ; elles sont disposes en petites grappes qui sortent de l'aisselle des feuilles. Le calice est d'une seule pice, divis eu quatre ou cinq parties concaves , aigus ] la corolle blanche, compose de quatre ou cinq ptales concaves , arrondis , insrs par un onglet entre les di- visions du calice. Les tamines sont nombreuses , situes au fond du calice, qu'elles recouvrent entirement. Les fdamens courts; les anthres jaunes, deux lobes-, le pistil avorte-, les fleurs femelles ont un calice et imc corolle semblables aux fleurs mles ; elles renferment des fllamens sans anthres -, un ovaire arrondi, surmont d'un style que termine un large stigaiate obtus ; il en rsulte une capsule sche , rousstre , rude au toucher 5 accompagne du calice persistant, s'ouvrant en deux valves qui ne contiennent qu'une seule semence. Analyse chimique. Le principe amer que l'on retire du Tigar feuilles rudes est soluble dans l'eau et dans l'alcool. Proprits mdicinales. L'eau distille de toute la plante est souvent prescrite comme base des potions su- dorifiques et cordiales , depuis quatre onces jusqu' six. On l'emploie dans la pripneumonie aprs avoir apais l'orgasme de la circulation par quelques saignes ou l'ap- plication de quelques sangsues. Les naturels font pren- dre , aprs le frisson , aux malades affligs de fivres in- termittentes , un bouillon dans lequel ils ont fait bouillir une poigne de la plante , et qui provoque une sueur abondante ] d'autres la prescrivent dans du vin. On re- garde aussi le Tigar comme un excellent diurtique ( 3^ qui n'est point mpriser , et dont l'emploi peut mme tre d'une grande utilit dans l'ascite et la fivre quarte. Un demi-gros des graines infuses dans du vin blanc que l'on passe et que l'on fait boire deux heures avant le frisson dans les fivres quartes , prvient le retour des accs. Ce mme vin est utile dans la chlorose et le scorbut. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT CINQUANTE NEUF. Le dessin est rduit moiti. 1. Bouton. 2. Fleur mle grossie. 3. Calice dvelopp. 4. Fleur femelle pourvue de son ovaire et de son pistil. 5. Fruits. /jj f Zih . /Y. ^(n ^oo 77>fOii)re J)fjir-ou7'fi/\ Prha- (rairleZ Jiii^. GREN.VDXE A FLEI ii^ PA.ES . ( 33 ) .VVVVV^VVVV* T> lVWv\\^VV^^A/ A\ A/VVVVVV^.VVVVVVVVVWVVVVVV'VVCVVV^/\ VV\ V'VVVVVW^ GRENADILLE A FLEURS PALES. (Diaphortique . ) Synonymie. Passifloia pallida, foliis indivisis ovatis integei- rimis, petiolis biglandulcsis. Lin. Amaen. Acad. i , p. 218 , f. 2. Gjnandrie pentandrie. Jussieu, famille des Cu- curbitaces. Granadilla androsmi foliis , fructu jujubino. Tourn. a4i. Glematitis indica alia , flore minore pallido. Plum. Amer. 74 , t. 89. Petiv. Gaz. t. ii3 ^ f. 7. Glema- titis Murucuia pyriformis rainor. Moris. Hist, 3 , p. y , sect. i , t= 2 , f. 4- Caractres gnriques des Grenadilles. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des C- priers , comprenant des plantes exotiques , sarmen- leuses , grimpantes , munies de vrilles , ayant des feuilles alternes , simples ou lobes , et des fleurs axillaires , d'un caractre tout--fait particulier. Ces fleurs sont surtout remarquables par une couronne frange, colo- re , d'un aspect riche et lgant, environnant leurs organes sexuels , et par le pdicule qui s'lve au-dessus \ ( 34 ) du rceptacle et sou lient ces organes. Le caractre es- sentiel de ce genre est d'avoir : des Jlciirs trigynes calice nionophjlle color en dedans ,* cinq ptales colors ,* nectaire en couronne ,* baie pdicule. Caractres particuliers. Feuilles sans divisions , ovales, trs-entires 5 ptioles deux glandes. Histoire naturelle. Cette Grenadille dont les fleurs sont peu clatantes et bien moins riclies de tons que ses congnres, possde en revanclic des qualits sup- rieures. Eile est commune dans les les Antilles-, Plu- mier la rencontrait souvent Saint-Domingue. Il y a des varits fruits oblongs et fruits ronds. Caractres ph-siques. Les tiges sarmenteuses de cette Grenadille sont fort dlies et trs-souples ; elles portent chaque nud une feuille , un tenon et deux fleurs ou quelquefois trois. Ses feuilles sont membraneuses , lisses , d'un vert fonc par dessus et pourvues par dessous de nervures et de ctes. Elles sont de diffrens contours : les unes ont des saillies mousses et l ^ quelques-unes n'en ont que d'un ct, et les autres n'en ont point du tout. Les plus grandes ont environ deux pouces de long, et un pouce et demi de large. Elles sont presque de figure ovale , except les avancemens qui sont en faon d'oreil- lettes ^ leur pdicule est fort court, et chacun est garni de deux tourillons. Le pdicule des fleurs est menu et long d'environ un pouce ; les Heurs ont la mnie structure que les pr- ( 35 ) cdentes, et ne sont pas plus grandes que l'ongle du pouce , dit Plumier ^ leur couleur est vert ple , elles n'ont aucune odeur. Les fruits sont quelquefois d'une forme ovale, mais le plus souvent tout--fait ronds , et del grosseur d'une balle de pistolet. Ils sont d'abord d'un vert luisant, mais ensuite ils prennent une couleur violette d'une teinte fonce et pareille celle de l'indigo. La pellicule qui les recouvre est fort tendre ; ils sont remplis d'un suc de mme couleur, et de plusieurs petites semences noires, chagrines et cordiformes. Analyse chimique. Les fruits de cette Grenadille of- frent l'analyse de l'acide malique , et un principe sucr gomraeux*, ses feuilles reclent un principe amer et beaucoup de tannin. PropPiIts mdicinales. Si l'on en croit les anciens praticiens et les naturels , les vertus sudorifques de cette Grenadille sont si prononces qu'elles surpassent , disent-ils , celles de la Salsepareille. Elles ont la puis- sance de fondre les obstructions, et provoquent les urines et les sueurs. L'herbe entire , qui a peu de sa- veur , tant pile et prise avec du vin ou avec de l'eau, fait sortir promptement et sans danger l'ariire-faix , continuent ces admirateurs enthousiastes , ainsi que les lochies. Il y a de plus que, selon eux , cette plante for- tifie les viscres. Pison, ayant surpris ce secret aux na- turels brsiliens de la rivire Saint-Franois, conseilla aux Hollandais et aux Portugais de le mettre en usage , ce qu'ils firent avec succs. Enfin les feuilles piles, ( 36) macres dans de l'eau bouillante et appliques au fon- dement , offrent un excellent topique contre les hmor- rodes. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE. Le dessin est de grandeur naturelle. . Baie coupe transversalement. 2. Graines. ///if/.fO //. 7^iHivc-7k-jrxner A i J: (h ) W^W W^W* W\ W WV>AW^ 'W WX'W VVWVI'WWV'^'WW/VX'W^ W% WWWVV^ (VV'MWW V WA *(V'\IW^W* SALSEPAREILLE OFFICINALE. (^Sudorifique.) Synonymie. Smilax Salsaparilla. Lin. Dicie hexandrie. Jussieu , famille des Asperges. Smilax caiile aculeato , angulato ; foliis inermibus , ovatis , retuso - mucronatis , trinerviis. Lin. Sjst. Plant, vol. 4? p- 255, n. 4* Smilax caule angulato, aculeato ; foliis , ovatis, acutis, inermibus. Royen. Smilax aspera, peruviana , seu Sarsaparilla. C. Bauh. Pin. 296. En malabarois : A'ar/-/^i7/<2/ic?. En espagnol : Raiz da Boha. En belge : jPo^Aom^. En Anglais : Sarsaparilla. En espagnol : Zarzaparilla. En portugais : Salsaparilha. Caractlties gnriques des Salsepaeeilles. Genre de plantes monocotyldones, fleurs dioques, de Ja fa- mille des Asperges , comprenant des herbes on plus ordinairement des sous-arbrisseaux , tant exotiques qu'indignes de l'Europe, dont les feuilles sont trs- souvent armes de deux vrilles la l^ase de leur p- tiole -, les fleurs disposes en petits corymbcs axillaircs. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : un calice color^ six divisions profondes j point de corolle j six Tome \II. 116'' Livraison, 4 *% ( 38 ) tamines dans les fleurs mles j un style trifide dans les fleurs femelles ; trois stigmates j une baie su prieure ^ trois loges , trois semences. Caractres particuliers. Tige aiguillonne , angu- leuse : feuilles sans piquans, ovales , mucrones , trois nervures. (Vivace. ) HsTOiRE NATURELLE. Celte racinc prcieuse de l'Am- rique a t de toul temps prconise contre les maladies vnriennes. Elle agit comme sudorifique et dpura- live , et avec plus d'nergie en Amrique qu'en Europe, o les racines perdent une partie de leurs proprits par la dessiccation et en viellissant. On trouve aussi aux An- tilles la Salsepareille syphilitique , Smilax sjphilitica , caule aculeato tereti, aculeis axillaribus , foliis ohlongo- lanceolatis ^ mucronatis ^ trinen^iis, Wild. Spec. Plant. 4^ Humboldt et Bonpland , dont les tiges sont lisses , cy- lindriques, munies seulement la base des articulations, de deux ou quatre aiguillons courts , pais , axillaires. Les feuilles sont coriaces, allonges-lancoles, lui- santes , longuement acumines et mucrones , trois nervures , longues d'un pied. C'est cette espce qui fournit particulirement la racine de Salsepareille dont les Amricains font le plus grand cas. L'espce offici- nale a t envoye en Europe par les premiers Espa- gnols qui ont habit le Prou. Caractres physiques. Les racines de cette Salsepa- reille sont grles, trs-longues , souples, entortilles ; ses tiges longues , rousstres , anguleuses , trs-glabres, rameuses, armes d'aiguillons assez forts, largis , droits, aigus, garnis de feuilles pliolcs, alternes, coriaces, ( 39) glabres et dpourvus d'aiguillons leurs deux faces ^ ovales, largies, chancrces en cur et presque auri- cules leur base, courtes, obtuses, muerones , en- tires leurs bords, de trois cinq nervures, et dont les ptioles sont munis leur base de deux vrilles ca- pillaires. Les pdoncules communs sont plus longs du double environ que les ptioles , simples, droits, termins par des fleurs en ombelles , assez nombreuses , soutenues par des pdoncules partiels , courts. Les calices sont pe- tits , blanchtres , six folioles obtuses , presque droites. Les baies sont arrondies et noirtres, contenant un suc rouge et plusieurs ppins , de douze dix-huit. Analyse chimique. La racine contient : rsine amre acre -, une matire extractive gommeuse , de l'amidon , et une fibre ligneuse. (Virey. ) Proprits mdicinales. Les plantes anti-syphilitiques telles que les quatre bois sudorifiques et autres dont le pouvoir est si efficace aux colonies , et au dbut de la maladie , ne sont plus suffisantes quand le virus vro- ique s'est engag dans la masse du sang et que le mal est invtr ;, il faut alors avoir recours au mercure. Lorsqu'il y a trop d'irritation chez un vnrien , au lieu d'employer le sirop compos de Salsepareille o le Sas- safras et le Gaac agissent comme excitans aromatiques et diffusibles , on se contente d'une forte dcoction de Salsepareille avec addition de sulfure d'Antimoine, dulcoreavec le sirop de gomme ou d'icthyocolle. Quatre grains d'antimoine diaphortiqucj par pinte, doivent tre 4* (4o) employs de prfrence au sulfure. L'infusion de Salse- pareille coupe avec du lait fait fluer un sang trop paissi et prvient les engorgemens si communs dans les colonies. Poupe-Desportes recommandait, dans le traitement des pians, de faire usage pendant six jours de bains diapbortiques. On purge ensuite, et on fait prendre au malade beaucoup d'exercice. On reconnat que le remde fait effet par l'embonpoint qu'acquiert le malade. On fait de plusieurs manires le sirop de Salsepareille 5 par exemple, prenez Salsepareille, sucre brut de cbaque deux onces-, eau, une pinte ^ mettez infuser et fermenter au soleil pendant quatre jours ; on passe et on remet de nouvelle eau sur le marc qu'on expose au soleil pendant sept jours. On boit par jour trois verres de la premire. La seconde sert au malade pour boire sa soif. On lave les pians avec cette infu- sion *, une formule plus accrdite est la suivante : pre- nez racines de Salsepareille , trois onces -, bois de Gaac, une once ^ faites bouillir dans trois pintes d'eau rduites une j ajoutez bois de Sassafras, demi-once^ rglisse, trois gros ^ et passez. Cette tisane fortifie l'estomac affaibli par le vice vnrien ^ elle est galement bonne contre les iliumatisraes , les maladies de la peau et les vices du sang et de la lymphe ^ on en boit deux pintes par jour. Poupe-Desportes donne encore la formule suivante pour une tisane siidorifique : prenez du Gaac, de la Salsepareille, de la Squine , de chaque une once, de 1 antimoine cru pulvris et mis dans un nouet , une once : vei sez dessus deux pintes d'eau bouillante ^ laissez infuser pendant douze heures^ faites bouillir en- suite jusqu' la diminution du tiers -, quelques-uns ajou- tent des corces de bois de Fer . de bois d'Inde , de '( 4i ) bois Pians , et au lieu de Salsepareille mettent les liges de Liane Persil ou de Liane Marigouia. On vend en ce moment Paris , dans la Pharmacie Anglaise, place Vendme, une essence concentre de Salsepareille rouge de la Jamaque prpare la vapeur par MM. Roberts et Langeois, qui parait tre sup- rieure toutes les prparations pharmaceutiques faites avec la Salsepareille officinale. La dose est d'une cuil- lere bouche de l'essence dans un verre de lait , le matin une heure avant de se lever, et le soir en se cou- chant. En voyage on peut la prendre dans de l'eau ^ on augmente graduellement la dose ^ il faut remuer la bou- teille chaque fois. EXPLICATlOI DE LA PLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE-UN. Le dessin est rduit moiti. 1. Fleur mle. 2. Fleur femelle. 3. Baie entire. 4' Baie coupe transversalement pour laisser voir les semences. (4^ ) WVXWV VXVVVvVVVVVkVVVVVVVVbVVl.'V'VVV'VVVVVVVlVVVVVVVVXVVV'VVl/VV VVVvVVVVV vvvvvvvvvvvvvx^ wv^^^ GAIAC OFFICINAL. (Sudoj'ifique. ) Synonymie. Vulg. Bois saint. Gaillard franc. Guajacum officinale. Lin. Dcandrie monog-ynie. Jussieu , famille des Rutaces. Guajacum foliis bijugis trijugisve , foliolis obovatis obtusis , capsulis subcordalis biangularibus. Lam. Guajacum magn matrice. Baub. Pin. Guajacum flore cruleo , fructu subrotundo , Plum. Gen. , p. 3g. Guajacum jamaicense, foliis veluti muria conditis spissius virentibus, flore subcruleo. Pluck. Alm. 180, t. 35, fig. 4- Mala Pruno vel eronymo affinis arbor , folio alato buxeo subrotundo. Sloan. Jam. Hist. 2 , p. i33 , t. 222. Arbor ligni sancti vel guajacum. Seb. Tbes. 1 , p. 8G , t. 53, f. 2. En anglais : Guajacum. En espagnol : Guayaco ; Palo santo. En carabe : Malira ; Manlira ; Ibira ; Hyvonne. Caractres gnriques des Gaacs. Genre de plantes fleurs polyptales , comprenant des arbres exotiques feuilles opposes, ailes sans impaire , et fleurs fas- cicules aux extrmits des rameaux, auxquelles suc- cdent des capsules courtes et anguleuses. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir dans les fleurs : Calice de cinq folioles ingales j corolle de cimj ptales ouverts ^ Ji{f '/.rtf . // ^y.l. TA^^ft/i*^^ 7^t^ti/^/\ 7Wi:iHiiKLLK .S0I"^I:^F; (47 ) v'\,'vvv\v\'vvvvvvvvvvvv\v^'vvvv^/vvl**'''vvv>)v\\'vvvv'vvvv^vvvwv *^vvvvwvvvvwvvvvwwvvvww\v\* SALSEPAREILLE FAUSSE SQUINE. ( Siidorifique. ) Synonymie. Vulg.Esquine. Seguine rouge. Smilax pseudo- china. Lin. Dicie hexandrie. Jussieu , famille des Asperges. Smilax aspera , foliis trinerviis , oblongis , petiolis biclaviculatis. Brow. Jam. 879. Smilax aspera; fructu nigro ; radice nodos , magna, levi, farinace. Sloan. Jam. io5. Hist. 1 , p. 3i , tab. 4i3 , fig. 1. Smilax aspera, nodosa ; radice rubr , majore. Plum. Icon. 82. China spuria , nodosa. G. Bauh. Pin. 297. En anglais : Chinese Smilax. En espagnol : Raiz-China ; Esquina. En por- tugais : Esquina, CaplActres gnriques des Salsepar.eilles. Fleurs dioques. Fleurs mles : calice color six divisions trs-profondes (six folioles, Lin.), six tamines libres^ fleurs femelles : calice color ; un style fendu en trois parties-, baie triloculaire une ou deux graines dans chaque loge. (Mrat.) Caractres particuliers. Tige sans piquans , arron- die ; feuilles sans piquans , les caulinaires cordiformes j rameaux ovales , oblongs , cinq nervures. ( 48 ) Histoire naturelle. Cette fausse Squine , qui a toutes les vertus de la Squine de Chine , croit dans la Virgi- nie , la Jamaque et dans une partie de la Caroline. Les Chinois, dit Poiret , se servent des tiges de cette espce pour fiire des corbeilles et autres ustensiles de cette nature. La racine frache est purgative et sudori- fique ; on la trouve dans les morues ^ sa tige est noueuse comme un roseau, et arme de petits piquans. Chaque pied peut fournir un baril de racines qui sont plus gros- ses , plus dures , plus compactes et plus ligneuses que celles de la Chine. Cette racine perd une partie de sa vertu par la dessiccation. Dans le nord de l'Amrique, dit Poiret, elle sert la nourriture des cochons-, faute d'autres substances alimentaires , les hommes , dit-il , pourraient s'en nourrir 5 M. De Candolle assure que les Amricains du Nord obtiennent de l'espce de Chine , par la macration dans l'eau, une poudre rougetre qui, mle avec l'eau bouillante, forme une gele qu'on mange avec du sucre. Caractres physiques. La fausse Squine est un ar- brisseau grimpant , dont les tiges sont cylindriques, lgrement stries, dpourvues d'aiguillons, except quelques-unes leur base \ divises en rameaux nus , un peu flexueux. Les feuilles des tiges sont grandes , lar- ges , ovales, chancres en cur leur base 5 celles des rameaux plus troites , allonges , glabres leurs deux faces, entires, marques de cinq nervures, un peu acumines leur sommet, sans pines. Les fleurs sont disposes presque en grappes axillaires, diffuses , presque panicules , composes de petites om- (49) belles dont le pdoncule commun est cylindrique , long d'environ quatre pouces , muni sa base d'une petite foliole trs-courte , paisse ^ les pdoncules partiels sim- ples, contenant de petites fleurs d'un blanc un peu ver- dtre : il leur succde de petites baies rouges , contenant deux ou trois semences. Analyse chimique. La racine de cette Squine est ino- dore et d'une saveur terreuse. Elle renferme un prin- cipe amer , du mucilage et de la fcule amilace qui se prcipite en gele par le repos. Proprits mdicinales. Les racines de la fausse Squine sont employes comme celles de Chine , en qualit de sudorifiques , diurtiques. On la prescrit avec succs contre l'anasarque, l'ascite, la mlancolie et les dfaillances. Comme apritive , on la recommande dans les affections du foie et de la rate , la plithisie et les af- fections cutanes , mais particulirement pour combattre les ravages du virus syphilitique. Les Egyptiens croient donner aux femmes de leur harem l'embonpoint auquel ils attachent tant de prix , en leur faisant prendre sou- vent des bains composs avec la dcoction de Squine d'Egypte ou d'Amrique 5 cette assertion parait dnue de fondement lorsqu'on rflchit que la Squine a une vertu siidoriGque trs-prononce , et que cette excr- tion abondante ne peut avoir lieu qu'au dtriment de l'embonpoint. Quoique l'analyse chimique de la Squine ne lui laisse entrevoir aucune proprit nergique , l'exprience de plusieurs sicles , aux colonies , la d- core d'une vertu anti-syphilitique absorbante ou neu- tralisante. M. le docteur Derand, ancien mdecin au ( 5o ) Gros-Morne (Hati), me confirma cette vertu dont il prouvait , sans contestation les bons ciTets depuis qua- rante ans. La tisane sudorifique , qui lui a toujours russi dans le traitement des maladies vnriennes, est la suivante : prenez , racine de Squine , de Salsepareille ^ rpures de Gaac , de Sassafras , de chaque deux onces ^ faites infuser froid dans cinq pintes d'eau de rivire pendant vingt-quatre heures ; fermez le vase exacte- ment , et faites bouillir jusqu' diminution d'un tiers. En retirant du feu , on ajoute une once de racine de rglisse effile et deux onces d'antimoine cru dans un nouet. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE-TROIS. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Fleur mle. 2. Fleur femelle. 3. Baie entire. 4. Baie coupe laissant voir une graine avorte. l/(>^/.ffp. JV. ^^^^ fi s TUtodtw yMfivurAi/\. yiffjc J'erre Sr-ii//> LAIHIKR SASSAFRAS. ( 5i ) 'wwxA'Wvwwvt v\AA/v tvw^/vvwwv\W'v^AA^^/vv\/^\v%^%vw^Mvt LAURIER SASSAFRAS. ( Sudorifique. ) Synonymie. Laurus Sassafras. Foliis integris trilobisque. Lin. Ennandrie monogjnie. Jussieu , class. 4 > famille des Lauriers. Sassafras : arbor exflorida , ficulneo folio. Bauti. Pin. 43i' Sassafras lignum pavanum. J. B. i. Avhuiba. Pison. Cornus mas odorata , folio trifido , margine piano, Sassafras dicta. Pluk. Alm. 120, t. 212 , f. 5, En anglais : Sassafras Tree. En espagnol : Sal- safras. En portugais : Sassafraz. S. maracoc. Caractres gnPiIques des LAupaERS. Genre de plantes fleurs incompltes, de la famille du mme nom, comprenant des arbres et arbrisseaux feuilles simples, communment alternes, et fleurs petites, disposes, soit par bouquets axillaires , soit en panicule terminale. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice partag en quatre ou six dcoupures ^ six douze tamines dont trois des intrieures sont souvent munies de deux glandes leur hase , un drupe sup- rieur et mojiosperme. Caractres particuliers. Feuilles trois lobes et ( 5. ) entires. Fleurs mles cinq ptales , et huit taniines ; les fleurs hermaphrodites ont six tamines. Histoire naturelle. Dans la famille nombreuse des Lauriers , le Sassafras est l'espce la plus remarquable par les tons glauques et bleutres de son lgant feuil- lage, par la beaut et les proprits de son bois. Lors- que le terrain est convenable , cet arbre s'lve jusqu' la hauteur de vingt trente pieds, et son tronc acquiert plus d'un pied de diamtre ; il lui faut aussi l'influence d'une temprature thermale , car, dans les mornes frais, ou dans la partie nord de l'Amrique septentrionale , le Sassafras ne forme que des buissons. Il vient assez bien en Europe, mme en pleine terre; mais parvenu une certaine hauteur , il meurt sans qu'on puisse con- natre la cause de son dprissement; il aime une terre lgre , un peu humide, et se plat l'ombre. Son bois , d'autant plus aromatique qu'il a t coup dans un pays chaud , a un got piquant et une odeur qui ap- proche de celle du fenouil. Il a t introduit en Eu- rope en i555 par Muntingius. L'odeur aromatique du bois le fait rechercher pour des bois de lit, des armoires, des bibliothques qui sont alors prserves de la pr- sence des verS;, des teignes, des punaises et autres in- sectes incommodes. Ce bois donne une belle couleur jaune. Les vaches sont friandes de ses feuilles qu'on fait scher, qu'on rduit en poudre et qu'on ajoute aux sauces. Les fleurs remplacent le th et les fruits servent d'aliment aux oiseaux. Caractres physiques. Cet arbre trace et pousse quan- tit de rejets de ses racines rrui rampent et s'tendent ( 53) fort au loin, surtout dans son pays natal. Son troue se divise en beaucoup de branches rameuses , ouvertes ou tales et qui lui forment une cime large , garnie d'un beau feuillage. Ses rameaux sont cylindriques, glabres et recouverts d'une corce lisse et verdtre , quelquefois rugueuse , friable et d'un brun ferrugineux -, son bois est lger et d'une couleur jauntre ou gris de fer ^ ils sont munis de feuilles alternes, ptioles , et qui sont trs-varies dans leur forme et leur grandeur. Quelques- unes sont ovales et entires , tandis que les autres sont incises assez profondment en deux et plus souvent en trois lobes , presqu' la manire du figuier commun : ces feuilles, tout--fait glabres dans leur parfait dve- loppement , sont d'un vert fonc en dessus , d'une cou- leur ple et un peu glauque en dessous, avec des ner- vures rameuses , et les unes sont au moins aussi grandes et aussi larges que la main, tandis que les autres, de diverses dimensions , sont souvent beaucoup plus pe- tites. Lorsque ces feuilles sont naissantes ou nouvelle- ment sorties du bourgeon qui les contenait, elles sont molles, velues et mme un peu lanugineuses, princi- palement en dessous. Du bourgeon qui termine chaque rameau de l'anne prcdente , on voit sortir au printemps , avant l'entier dveloppement des nouvelles feuilles , plusieurs petites grappes lches , presque corymbiformes ou panicules , longues d'un deux pouces et dont les pdoncules sont velus et garnis de quelques bractes linaires , trs- troites, velues et caduques. Ces grappes soutiennent des fleurs assez petites , herbaces ou d'un blanc jau- Toj*E VII. nG" Lii^raison, 5 { 54 ) ntre , liermaphrodites sur certains individus , mles ou striles sur d'autres pieds. Leur calice est divis pro- fondment en six dcoupures linaires , lgrement concaves , et qui s'ouvrent en toile ^ celles qui sont her- maphrodites ont six tamines plus courtes que le calice, anthres jaunes , droites , et leurs fiamens n'ofTrent aucune glande^ le pistil de ces fleurs consiste en un ovaire ovale , se terminant en un style plus long que les tamines, stigmate obtus ou tronqu. Les fleurs des individus mles ont huit tamines \ les fruits sont des drupes ovales , bleutres dans leur maturit , sou- tenus chacun sur un calice rouge, en forme de petite cupule. (Encycl. ) Analyse chimique. Le bois est d'un blanc jauntre et d'une odeur fragrante et aromatique; celui des bran- ches est prfrable celui du tronc \ on en retire une huile essentielle trs-aromatique, volatile, acre, d'abord sans couleur, mais devenant jaime et mme rougetre. Elle contient un peu de camphre ; on en retire aussi du mucilage et un principe rsineux; l'eau s'empare de la- rme , et l'alcool de sa saveur. Proprits mdicinales. Le Sassafras est un tonique diiTusible qui stimule les organes du systme nerveux, et les vaisseaux cutans ; il excite les fonctions de l'es- tomac et favorise la digestion ; il provoque la sueur , les urines, les rgles et souvent dissout certains engorge - mens atoniques ; il fait cesser les spasmes abdominaux des hypochondriaques , et les flatuosits qui les tour- mentent ; on le prconise dans les catarrhes chroniques, (55) les cachexies froides , les douleurs de goutte atonique et les anciens rhumatismes. Mais c'est surtout contre les affections cutanes et la syphilis qu'on l'emploie le plus frquemment aux colonies. Son usage cependant doit tre proscrit si les affections pour lesquelles on le rclame sont accompagnes de phlegmasie et de fivre. C'est d'aprs ce mme jugement que le Sassafras ne con- vient pas aux tempramens secs, aux bilieux, aux pl- thoriques et ceux qui jouissent d'une susceptibilit organique trs-exaltce , ni ceux qui sont sujets aux hmoptysies. L'corce des racines a plus de proprits que celle du tronc 5 on donne l'une et l'autre en poudre la dose d'un gros en pilules, en lectuaire ou en sus- pension dans un liquide ^ rduit en copeaux , comme dans le commerce, on l'administre en dcoction la dose de deux onces pour deux livres d'eau ^ on aug- mente la vertu de la dcoction en y ajoutant du vin blanc. La dcoction doit tre faite vaisseau clos ; l'ex- trait aqueux ou alcoolique se donne de dix-huit trente- six grains. L'huile aromatique verse par gouttes sur un morceau de sucre est un moyen auquel on a souvent recours. La poudre de l'corce de Sassafras applique sur la tte , en cas de vermine , la dtruit en une seule fois , probablement parce qu'elle contient un peu de camphre, qui, comme on le sait, frappe promptement de mort la plupart des insectes. Les Noirs aux colonies ont aussi recours ce moyen pour dtruire ces insectes immondes qui choisissent de prfrence le cuir pileux pour y tablir un prurit insupportable. (56) EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CEWT SOIXAWTE- QUATRE. Le dessin est de grandeur naturelle. Tronc coup transversalement pour examiner le centre et la transsudation de sa rsine. // 7 ^ ^ n. ^' T'/iradir-e /^j-ct>ur(J-^. /\/t P S-iy. Rapuntium americanum , flore dilut caeruleo. Tournef. i63. Trachelium ameri- canum , flore caeruleo. Rob. le. Caractres gnriques des Loblies. Genre de plantes fleurs monoptales , de la famille des Cam- panules , qui comprend des herbes et des arbustes la plupart exotiques , suc laiteux , ayant des feuilles al- ternes, entires ou dcoupes^ et des fleurs irrgulires qui ont toujours beaucoup d'clat et sont disposes le plus souvent en grappe ou en pi terminal: le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : le calice suprieur quinqufide ,* la corolle monoptale , irrgulire , cinq tamines anthres connes ; wie capsule deux ou trois los^es. D Caractres particuliers. Tige releve ^ feuilles Tome VII. 117 Lii^raison. 6 ( 58) ovales, lancoles, comme dentes ^ sinus des caces rilcchis. (Vivac(%) Histoire naturelle. Cette belle plante vientdes parties septentrionales de l'Amrique, et se trouve aussi daus les mornes frais et levs des Antilles o elle jouit d'une grande rputation pour le traitement des maladies v- nriennes ainsi que l'indique son nom -, elle fleurit en aot et septembre. Elle s'lve moins haut que la Lo- blie cardinale rouge , mais elle oire de plus belles touffes qui, dans les parterres, contrastent agrablement avec celles de sa congnre. Elle demande la terre de bruyre. Ce''genre a t consacr Mathieu Lobel , Fla- mand, mdecin de Jacques I", roi d'Angleterre, et bo- taniste distingu du seizime sicle. Caractres physiques. La tige de la Cardinale bleue est droite , souvent simple , quelquefois un peu ra- meuse , haute d'un deux pieds, herbace, feuille , lgrement anguleuse par la dcurrence des bords des feuilles , et charge de petits poils roides le long de ses angles. Les feuilles sont alternes, ovales, lancoles, sessiles, lgrement et ingalement dentes, vertes et un peu scabres. Les fleurs sont bleues , axillaires , so- litaires et portes sur des pdoncules trs-courts. Leur calice a ses dcoupures lancoles, pointues, et ses sinu srflchis comme dans certaines Campanules : il est hispide ainsi que les angles extrieurs de la corolle. La lvre infrieure de cette corolle offre un palais deux gibbosits , la capsule est biloculaire. Cette Loblie croit naturellement dans la \irginie et dans d'autres ( %) parties de l'Amrique septenliionae , dans les bois, les lieux humides , et sur les bords des rivires-, elle llcurit en juillet et aot aux Antilles. Analyse chimique. La racine est amre et aroma- tique , et fournit du tannin, un extrait rsineux, volatil et lgrement balsamique *, l'tat frais elle est lactes- cente et rpand une odeur vireuse. Proprits mdicinales. On recherche avec soin aux colonies cette Loblie qui y est employe avec succs comme anti-syphilitique. On l'y dcore mme du nom fastueux de mercure vgtal. La racine surtout jouit d'une proprit essentiellement sudorifique , et si la plante dessche n'a pas produit en Euiope tout l'effet qu^on pouvait en attendre , on ne doit pas en conclure qu'elle est sans vertu dans cette maladie , puisqu'une semblable prvention doit cder des expriences trs- muhiplies faites avec un succs remarquable dans les pays o la Loblie prend naissance et vgte. Cepen- dant il serait dsirer qu'on ne laisst pas cette plante hroque entre les mains de tout le monde ^ les Loblies (Longijora ou Qubec ,yo\. 3, pi. i56, p. 3o) et celle- ci sont malheureusement trop connues des Ngres m- chans. Les Canadiens ont fait pendant long-temps un mystre des vertus anti-syphilitiques de cette plante ; l'Anglais Johnson paya ce secret et le communiqua aprs s'tre assur que ses effets taient certains, et aussi sp cifiques que ceux du mercure. On emploie en mme temps cette Loblie l'intrieur , et extrieurement eu lotions. A petite dose, elle est sudorifique^ dose 6* ( o ) moyeHiie, elle est purgative , et k forte dose , mtique. Mode d'administration. La dcoction se fait avec une demi-once de la racine pour deux litres d'eau. La dose de l'extrait est de seize grains par jour. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE- CINQ. Le dessin est rduit moiti. 1. Pistil. 2. Fruit coup transversalement. 3. Graine. rirrJZm. J"/. 4-6 (}ai~te/ Jca^ ( ' ) W*'VWVWWVvVVvVWV%*V.WVWVVVW*i/WWV \V\VWWV.VVWVWWW'V\VM WSWWWVWiWVWVW LOBLIE CARDINALE. (^Sudorijque. ) Synonymie. Vulg. Cardinale rouge. Lobelia cardinalis. Lin. Syngnsie monogamie. Jussieu, famille des Campa-- nulaces. Lobelia caule ereoto , foliis lato-lanceolatis serratis , racemo terminali subsecimdo. Poiret. Rapuntium maximum, coccineo spicato flore. Hernand. Mex. 880. Tournef' i63. Rapuntium galeatum virginianum , seu americanum , coccineo flore majore. Moris. Hist. 2, p. 466. Sect. 5. Tracbelium americanum, etc. Raj. Hist. 746. Caractres gnriques des Loblies. Calice cinq divisions -, corolle deux lvres ^ cinq tamines an- thres runies ; un style ^ capsule biloculaire . s'ouvrant par le sommet. (Mrat. ) Caractres particuliers. Tige releve 5 feuilles larges, lancoles, dentes en scie j grappe terminale, unilatrale. (Vivace. ) Histoire naturelle. Cette superbe plante vivace, qui crot naturellement aux lieux ombrags de la Virginie et dans les Antilles , est appele Cardinale cause du (62) rouge clatant de ses fleurs nombreuses qui parent les jardins d'Europe en aot et septembre. Cette belle plante, dit Mordant de Launay , envoye du Canada en France , d'o elle a t communique aux Anglais en 1629, se propage ou de bouture ou par l'clat des pieds en au- tomne , opration ncessaire afin qu'elle ne pourrisse point lorsqu'elle fait des touffes trop considrables, ou enfin de graines qu'on couvre lgrement, et qu'il est bon de semer aussitt leur maturit si l'on ne veut pas qu'elles mettent un an lever. On rentre le semis en orangerie \ on doit en faire autant de la plante si on Ta leve en pot. En pleine terre elle est beaucoup plus belle , mais il faut la couvrir de litire sche pendant les trs-grands froids , et la prserver durant l'hiver d'une trop grande humidit qui la fait fondre. En Eu- rope cette plante rclame une terre franche allge de terre de bruyre , ou mieux encore de la terre de bruyre qu'on a soin de tenir fraiche pendant l't. Caractres physiques. Cette espce de Loblie in- tresse par l'clat et la beaut de ses fleurs j elle s'lve la hauteur d'un pied et demi sur des tiges droites , simples , cylindriques , velues et feuilles. Les feuilles sont alternes, parses , ovales-pointues, ou ovales-lan- coles , dentes , souvent irrgulires , pointues aux deux bouts , presque sessiles , lgrement velues, et de grandeur mdiocre. Elles sont longues de deux trois pouces , sur environ un pouce et demi de largeur. Les fleurs sont grandes , d'un pourpre clatant ou d'un rouge carlate trs-vif : elles sont disposes en une grappe simple , terminale , lgrement unilatrale , et d'un aspect fort agrable; les pdoncules propres sont (63 ) fort courts 5 les tamines runies par leurs filamens et leurs anthres , forment leur sommet, avec le style qui traverse leur gaine , un crochet en bec d'oiseau. Analyse chimique. Toutes les Loblies contiennent un suc laiteux trs-acre, ce qui rend les proprits de cette plante pour le moins suspectes. La racine exhale, ainsi que celle de la prcdente , une odeur vireuse , acre et nauseuse, comparable celle de la nicotiane. Proprits mdicinales. Ainsi que la prcdente, cette Loblie est trs-acre et trs-stimulante*, elle agit, d'aprs les doses qu'on en administre, comme sudorifique, purga- tive oumtique.Laracineestemploye comme vermifuge et anti-leuchorrenne. Le Qubec (^Lobelia longiflora^ surpasse toutes les autres par ses proprits anti-syphi- litiques , mais c'est un violent poison. Ce qu'il y a de certain , c'est que cette affreuse maladie se prsente sous toutes les formes en Amrique, et que les naturels, qui la gurissent trs-promptement n'emploient jamais le mercure ^ tant il est 'vrai de dire que les insulaires , enfans comme nous de la mme Providence , tirent leurs remdes du rgne vgtal, et possdent souvent des secrets trs-puissans , relativement aux plantes, qu'igno- rent entirement des nations plus claires. En Europe la plupart des mdecins ngligent l'emploi de remdes hroques, que des charlatans, sans instruction, s'em- pressent de manipuler j mais hlas ! entre leurs mains incertaines ce sont des armes terribles confies l'inex- prience ! Mode d'administration. Le malade affect de syphilis ( 64 ) prend une forte dose de dcoction de Loblie cardinale rouge le matin , et il en fait sa boisson pendant le reste de la journe. La dose est d'une poigne de la racine pour douze livres d'eau, jusqu' la rduction d'un tiers. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE- SIX. Le dessin est rduit moiti. 1. Feuille de grandeur naturelle au trait. Jzy ' Aa? yV. ^/>r.. ^ia^r^Z itCM^ (65) VW "UV* AA VV\ W W VV%\V VV\ VV\ W\ W* VV^fW W^ WX VV> WtVM'XAl^ W\X\ V\^W VVVAAVVWV^/V wn w^v^Axvwvtwvw^ w't'W^ w%W'\vvt'VV'vwvv\v\'v\'iw\\'\A wwvxvM vv ECHITE CAMPANULEE. (Sudorifique. ) Synonymie. EcKites suberecta. Lin. Pentandrie monogynie. Jussieu , famille des Apocines. Echites pedunculis racemosis , foliis subovatis obtusis mucronatis. Jac. Amer. 32 , t. 26 et Pict. 22 , t. 33. Apocynum ereclum frutico- sum , flore luteo maximo et speciosissimo. Sloan. Jam. Hist. p. 206, t. i3o, f. 2. Raj. Supp. 536. Apocynum scandens amplo flore villoso luteo , siliquis angustissirais. Plum. Spec. 2. Caractres gnriques des Echues. Genre de plantes fleurs monoptales , de la famille des Apocins, qui a du rapport avec les Pergulaires , et qui comprend des plantes la plupart ligneuses, sarmenteuses et grimpan- tes , suc propre laiteux , feuilles simples et opposes, fleurs infundibuliformes , pdoncules et axillaires , auxquelles succdent des follicules gmins, longs, la plupart cylindriques , contenant des semences ai- grettes. Caractres particuliers. Pdoncules grappes ; feuilles comme ovales , aigus, mucrones ^ tube de ht /*/. 46' . ii^r-z^/ Jc-i^Z- (%) corolle hriss \ feuilles plus ples en dessous ^ ptiole* pubescens. Histoire naturelle. Cette jolie plante croit particu- lirement dans les lies de la Jamaque et d'Hati, o ses belles fleurs jaunes , qui durent presque toute l'an- ne , relvent l'clat de la verdure des lialliers. Caractres physiques. Cette Echite est une plante ligneuse , abondamment laiteuse , qui s'lve jusqu' dix pieds dans les bois, parmi les halliers un peu humides, mais qui se rabougrit et monte peine la hauteur de deux ou trois pieds si le terrain est aride , ou si elle vgte dans une savane sche. Ses tiges sont trs-peu volubiles , peine grimpantes ^ nanmoins elles ne peu- vent se tenir droites lorsqu'elles ne rencontrent aucun appui. Ses feuilles sont ptioles , ovales-oblongues , obtuses avec une petite pointe, glabres des deux cts, quelquefois un peu scabres sur leur dos. Les fleurs sont grandes, jaunes, fort belles , campanules, velues ex- trieurement , viennent en bouquets , ou sur de petites grappes peu garnies. Les follicules sont trs-grles. Les pdoncules sont velus ainsi que le dessous des feuilles. Analyse chimique. Le suc laiteux de cette plante contient un principe acre , une substance extraclive amre , du caoutchouc , une gomme jaune , de l'albu- mine, de l'huile grasse et de l'acide tartarique. Proprits mdicinales. On fait usage aux colonies de la dcoction des rameaux ou des jeunes pousses de la plante dans le traitement des maladies vnriennes. Cette dcoction provoque une abondante scrtion de (7) sueur et d'urine. Les mmes praticiens l'emploient con- tre l'hydropisie. A Textrieur elle sert au pansement des vieux ulcres chancreux -, on peut en faire prendre en mme temps a Fintrieur. Certains habitans ont prouv de bons effets de Finfusion des fleurs dans la chlorose et la blnorragie. Quelques insulaires m'ont assur avoir fait disparatre des dartres furfuraces par l'usage de l'infusion au dedans et au dehors. Ils ajou- taient la lotion trois cuilleres d'alcool camphr sur chaque pinte. La dcoction simple est encore employe dans les gargarismes que l'on prescrit aux vnriens ; on s'en sert en injection dans l'utrus pour prvenir, l'approche de l'ge critique, les engorgemens ut- rins. EXPLICATIOIN DE LA PLA?>.CHE QLATRE CE^T SOIXAKTE-HUIT* Le dessin est rduit moiti. 1 . Heurs et siliques. jiS'^ Z'//f. /y 4dQ TAiii^trf /frj\xit/r///%. Pu!^'- rifn7- ./'-./^ rg^ rOlil 1^ BlALvSAMlFliRK ( V ) /V WW\V\ W\\V* V'WXAI^ (V*W\'V\rtV\''VV\W% WV/V\*W%V-V>/W'\V\> V\\ tV\ V V>WA VV^iVVX'VV* vvvv TOLUT BALSAMIFERE. ( Sudorifique. ) Synonymie. Vulg-. Baumier de Tolu. Baume de l'Am- rique, Baume de Carthagne. Baume dur. Baume sec. Toluifera balsamum. Lin. Dcandrie monogjnie. Jussieu , famille des Trbinthaces. Toluifera foliis im '. pari-pinnatis : floribus racemosis axillaribus. Lamarck. Balsamum tolutanum , foliis ceratis similibus. C. Bauh. Pin. u\o\.. Balsamum provinciae Tolu, Balsamifera quarla, Hernand. Mex. 53. Caractiires GNiiQLEs DES ToLUTs. Gciire de plantes dicotyldones , fleurs compltes polyptaies , irr- gulires, de la famille des Trbinthaces , qui a des rap- ports avec les Barsera (Gomarts) et qui comprend des arbres rsineux , exotiques l'Europe , dont les feuilles sont ailes avec une impaire ou simples \ les fleurs dis- poses en grappes axillaires. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir ; Un calice campanule ^ cinq dents -^ cinq ptales y dont quatre linaires^ le cinquime plus grand , en curj dix Stamins ; un stigmate sessile. Tome VIL 118^ LivraisoJi. ( 7' ) Caractres particuliers. Feuilles pinnes avec im- paire^ fleurs rameuses axillaires. Histoire naturelle. Cet arbre crot la Guiane , au Brsil , aux Antilles, en Amrique, dans les environs de Carthagne, dans une contre que les Indiens ap- pellent Tolu , et les Espagnols Honduras. Il dcoule de l'corce de cet arbre, par incision, un baume connu sous le nom de Tolu*, c'est un suc rsineux, tenace, d'une consistance qui tient le milieu entre le baume liquide et le sec, tirant sur la couleur d'or , d'une odeur qui approche de celle du benjoin , d'une saveur douce et agrable , ce qui le fait diffrer essentiellement des autres baumes , qui ont une saveur acre et amre. La saveur agrable de celui-ci le rend plus propre tre pris intrieurement , ayant l'avantage de ne point exciter de nauses comme les autres baumes. Lorsqu'il est bien sec, il est fragile et cassant^ les Indiens le recueillent dans des couis, ou dans des cuillres faites de cire noire, et le versent dans des Calebasses. On en fait usage intrieu- rement dans la pbthisie et les ulcres internes : c'est un excellent vulnraire*, il consolide et gurit en trs-peu de temps les plaies rcentes. On lui reconnat en g- nral les mmes proprits que celles du baume de Jude. En s'coulant de l'arbre, le baume de Tolu est un liquide visqueux et pais ; il se concrte bientt et il acquiert la couleur d'un rouge dor, il est demi-trans- parent, fragile et friable lorsqu'il est ancien -, son odeur est celle du citron-, sa saveur est balsamique et trs- amre*, il se ramollit sous les dents auxquelles il adhre \ il se liqufie au feu et rpand une fume agrable. (73) Caractres physiques. C'est un arbre dont le tronc s'lve une hauteur considrable, qui est revtu d'une corce rude , fort paisse, de couleur brune, qui se divise en branches fortes, nombreuses, trs-tales, ramifies -, les rameaux garnis de feuilles ptioles al- ternes , ailes avec une impaire , composes de folioles alternes, ovales-oblongues , sessiles , d'un vert clair, lisses leurs deux faces , trs-entires , arrondies leur base , obtuses et mucrones leur sommet *, la foliole terminale un peu plus grande , longue de quatre pouces sur deux de large. Les fleurs sont runies en petites grappes, situes dans les aisselles des feuilles , supportes chacune par un pdoncule partiel, grle, simple, filiforme, long d'environ un pouce \ les calices sont glabres , campa- nules , diviss leurs bords en cinq dents obtuses , presque gales \ la corolle jaune compose de cinq p- tales dont quatre plus courts , troits , linaires, peine plus longs que le calice , le cinquime a un onglet de la longueur des ptales et se termine par une lame de forme ovale, en cur-, dix tamines courtes^ les an- thres d'un jaune de soufre, droites, oblongues ; Fo- vaire oblong un peu arrondi. Il se convertit , dit Miller, en un fruit rond de la grosseur d'un gros pois^ et se divise en quatre loges, renfermant chacune une semence ovale et oblongue. (Encycl.) Analyse chimique. L'eau ne peut dissoudre la r- sine de Tolu, mais FbuUition lui fait contracter une odeur douce et agrable. Cette rsine est soluble dans l'alcool et les huiles distilles, mais difficilement dans Tome VII. 118^ Lwraison^ 7 ( 74) les huiles grasses. Quand on distille le baume sans eau, dit le docteur Alibert, il se forme une huile empyreu- matique, contenant une matire saline , analogue aux fleurs de benjoin. Il fournit de l'acide benzoque et une substance tannante artificielle lorsqu'on le traite par l'acide nitrique. (Nouv. Elm. de Thr. ) Proprits mdicinales. Le docteur Alibert a main- tes fois observ que le baume de Tolu augmentait l'action du systme exhalant cutan, et offrait la thrapeu- tique le secours d'un puissant sudorifique. On fait beau- coup de cas des prparations du baume de Tolu dans les maladies de poitrine et surtout dans les phthisies ca- tarrhales. Mode d'admiivistration. On prpare une teinture alcoolique en faisant dissoudre, dans une livre d'esprit de vin, huit onces de Tolu. On la donne dans une infusion approprie \ on en fait pour les rhumes des pastilles aprs avoir rduit ce baume en poudre subtile. On trouve, dans le Journal de Pharmacie (aot 1820), la meilleure manire de faire le sirop de baume de Tolu. L'autoclave, y est-il dit, pouvant tre employ avec avantage dans la confection des sirops aromatiques , on propose ce procd pour la fabrication du baume de Tolu. D'autres pensent que ce sirop serait plus aroma- tique en employant la teinture , et clarifiant avec l'albu- mine , tandis que certains manipulateurs prfrent la rsine. Le procd de M. Deshaybats consiste mettre le baume de Tolu en poudre dans un mortier de marbre, (75) de verser les jaunes d'ufs par petites portions , tou- jours en triturant et assez long-temps pour dissoudre le plus possible de rsine j d'une autre part de fouetter les blancs d'oeufs dans Teau , ensuite de mettre le sucre concass , alors de remuer le mlange , puis de verser par portions sur la rsine , et toujours eu agitant. On met le tout dans l'autoclave qui , plac sur le feu , a t retir aprs dix minutes -, on le plonge dans l'eau lors- que le sirop a t refroidi , on le passe au travers d'une tamine. Le sirop est trs-aromatique , trs-clair et d'une consistance convenable. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE- NEUF. 1. Fleur dcompose. 2. Calice. 3. Rsine contenue dans un couis comme on la trouve dans le commerce. r 4 (:6) / ivv>'vvMWwivwww\'v\>'w>ivv\ w\%v\ w>\v w>wwv\v\'%wiw vv\vwvvkv\'\\\^\\'\'v\'>vv\w^ (W COPAIER BALSAMIFERE. ( Sudorifique, ) Synonymie. Baume Copahu. Copahu officinal. Copaifera officinalis. Lin. Dcandrie monogjnie. Jussieu, ordre des Lgumineuses. Copaiva, Marcg. Bras. i3o.En anglais: Copaiba tree. En espagnol: Copayha. Balsam Co- paiba. Caractres gnriques des Copaers. Calice nul ; quatre ptales 5 lgume ovale *, une semence tunique , en baie. Caractres particuliers. Bois rouge ^ fleurs en grappes. Histoire naturelle. Le Copaer vient naturellement au Brsil et aux Antilles -, on le rencontre au Brsil en- crL //(? j./t> //.-/" -/T" ^/iftjt/orc De^fy>{ir7%. /'injc /'rtcrtr J'cit^- rC>lAIER 1\\\a^\S\WA\^ (77 ) lour de Baumiers du Prou , dans la Guiane et aux environs de Tolu, trente lieues de Carthagne. On provoque l'coulement de son baume en taraudant Tarbre, ou incisant seulement son corce vers le milieu de Tt. Il dcoule de l'arbre une liqueur huileuse et rsineuse, qui a d'abord la limpidit de l'huile essentielle de t- rbenthine , mais qui, frappe de l'air, se condense et devient jauntre, sans se concrter-, on l'appelle en cet tat Baume de Copaliu. Le bois de Copaer est d'un rouge fonc \ il est recherch des menuisiers et des bnistes pour en faire des meubles et des ouvrages de marqueterie. On obtient en trois heures de temps douze ou quinze livres de baume de Copahu de chaque arbre , s'il est vigoureux. Caractres physiques. Le Copaer est un arbre lev, d'un beau port , et qui intresse par le suc rsineux qu'il produit -, ses plus petits rameaux sont flchis en zig-zag et recouverts d'une corce assez glabre , d'un brun gristre-, ses feuilles sont alternes, ailes, trois ou quatre paires de folioles ovales-lancoles, entires, plus troites d'un ct que de l'autre , termines par une pointe mousse, luisante, un peu coriaces et al- ternes, except les terminales. Ces folioles ont un p- tiole court et sont longues de deux trois pouces. Les fleurs sont blanches, viennent sur des grappes panicu- les et axillaires, aux sommits des branches. Chaque fleur consiste : i en quatre ptales ovales- lancols, concaves, pointus et ouverts; 2** en dix ta- mines dont les filamens , un peu plus longs que la co- (78) rolle , et courbs vers le style , portent des anthres oblongues et vacillantes; 3'^ en un ovaire suprieur, arrondi , aplati , pdicule , ayant un style filiforme . courbe , de la longueur des tamines , stigmate obtus. Le fruit est une capsule ovale , pointue son sommet, bivalve , et qui contient une substance ovode , munie d'une enveloppe pulpeuse. Analyse chimique. Le Baume de Copahu est acre , amer, aromatique^ son odeur est pntrante, et ap- proche de celle du Bois de Galambourg (Agaloche). En le distillant avec de l'eau , on obtient un cinquime d'huile essentielle qui est extrmement odorante , et d'une couleur blanchtre. Le rsidu est une rsine te- nace, d'un jaune verdtre qui devient friable. Le Baume perd sa transparence dans l'alcool , mais il acquiert une odeur trs-suave. Proprits mdicinales. Le Baume de Copahu est adoucissant , pectoral , trs-dtersif et excellent pour consolider les plaies. Il arrte la dysenterie et les autres flux de ventre, les flueurs blanches et la gonorrhe. On cite mme des phthisies pulmonaires , au premier degr , guries par le Baume de Copahu qui jouit aussi de vertus emmnagogues et anti-nphrtiques. Le Baume de Copahu , stimulant comme ses cong- nres , porte particulirement son action tantt sur la vessie, tantt vers le systme dermode ou nerveux, etc. (79 ) Ce Baume agit diffremment d'aprs les doses auxquelles on l'administre. Quelques gouttes sur du sucre ou dans un vhicule excitent les fonctions de l'estomac, et aug- mentent l'apptit y haute dose , ce Baume fatigue l'es- tomac, provoque des vomissemens et des djections al- vines ^ et s'il y a relchement des membranes muqueuses, ce Baume en fortifiant ces organes fait cesser les cou- lemens de mauvaise nature *, mais on ne doit l'employer que s'il n'y a plus d'tat inflammatoire. Le Baume de Copalu est un des spcifiques des maladies vnriennes et des blennorragies suspectes, et ce qu'il y a de particu- lier , c'est qu'on peut , dans cette maladie , l'employer pendant la priode mme de l'inflammation, et aprs que les sympmes d'irritation ont disparu , et qu'il ne reste plus qu'un coulement atonique. Les docteurs Delpech et Ribes ont observ qu'au dbut de la maladie, lors mme de la phlegmasie de la membrane muqueuse, il fallait administrer le Copahu haute dose si on vou- lait en obtenir un succs complet. La dose peut aller jusqu' deux gros et mme davantage, et il n'excite pas d'vacuations alvines si on l'associe une eau distille , ou une poudre aromatique, prcaution indispensable lorsqu'on l'emploie pour gurir la blennorragie. On peut aussi donner ce Baume la dose de trente cinquante gouttes sur un morceau de sucre, et qu'on renouvelle plusieurs fois dans la journe. Mais la saveur dsa- grable et rebutante de ce Baume fait qu'on l'emploie uni des poudres et envelopp de pain chanter. C'est pour obvier cet inconvnient que M. Salle , pharma- cien, rue Saint- Jacques , n. 4' ? Paris, vient de con- fectionner un Copahu sans odeur ni saveur , et qui pa- rat n'avoir rien perdu des proprits primitives du ( 8o ) Baume. Le Copahu produit des merveilles dans le ca- tarrhe chronique de la vessie. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE-DlX. Le dessin est rduit moiti. //S ^Ziif . //^y/ ^f^l^l ^^ T/trtrr/ifnr /^eJiviir/r/^ /'//i r Priear tfou^ . rUOTO> AFK8 ILLKS f)>OH|f;A> .. ( 8i ) VV\VVVVV\iVV*%iAIVvVVVVVV\A(V>^./VVVVVVVVVVVVVVtVVV\^lVVVVVVUVVVV\VV\VVWV\\\V^ CROTON A FEUILLES D'ORIGAN. (^Siidoiifique . ) Synonymie. Vulg/CopaLu de Saint-Domingue. Croton Origanifolio. Lin. Monocie monadelphie. Jussieu , famille des Euphorbes. Tournefort, Ricinodes.- Croton foliis ovatis acutis subintegris scabris, basi bisetosis ^ subts tomentoso-incanis. Lamarck. An ricino affinis odorifera fruticosa minor, teucrii folio, fructu tricocco dilut pur- pureo. Sloan. Jam. Hist. i, p. i33, t. ^Q.^ f. 3, Raj. Suppl. 114. Caractres gnriques des Crotons. Genre de plantes fleurs incompltes, de la famille des Euphor- bes , ayant de grands rapports avec les Mdeeiniers et ' les Ricinelles , et qui comprend des herbes , des ar- brisseaux et des arbres feuilles ordinairement alternes, et fleurs petites , disposes en grappe ou quelquefois en panicule. Le caractre essentiel de ce genre est d'a- voir : Fleur mle, calice cylindiique cinq dents j co- rolle de cinq ptales; dix ou quinze et amin s -, fleur (8a) FEMELLE , calice poljphille ; corolle nulle j trois stjles bifides j capsules trois loges -, une semence. Caractres particuliers. Feuilles petites , d'un jaune rutilant dessus , et hlanchtres en dessous ; fruits rouges. Histoire naturelle. Ce petit arbrisseau croit ;:bon- damment Hati , la Jamaque et Cuba dans les sa- vanes un peu arides , et autour des vieilles masures. On le rencontre souvent aussi la Martinique. On ob- tient, par les^incisions faites sa tige p rincipale, un suc pais d'un jaune rutilant, d'une odeur trs-suave, et employ avec succs pour la gurisoii des plaies. Les habitans des colonies distillent cette plante dans l'alcool et en obtiennent une liqueur spiritueuse qu'ils appel- lent Eau de Menthe. On retire la mme liqueur du Croton balsamifre feuilles de Molne. Caractres physiques. Ce Croton a beaucoup de rap- port avec le Croton linaire , et n'en diffre sensible- ment que par la forme de ses feuilles , quoiqu'elles s'en rapprochent par leur texture , leur couleur et les deux glandes staces de leur base. Ses rameaux sont trs- menus , diviss, lches , cylindriques et velus seulement leur sommet. Ses feuilles sont alternes , un peu plus petites'et plus courtes que celles du Croton balsami- fre, ovales, pointues, entires ou imperceptiblement dentes , vertes et scabres en dessus , avec un sillon longitudinal-, blanches, cotonneuses et nerveuses en dessous. Elles ont deux glandes cylindriques ou en filet leur base, et sont portes sur d'assez longs ptioles. Les fleurs sont petites , viennent aux sommits sur des (83) ps terminaux ou qui naissent dans les bifurcations des rameaux les plus jeunes*, les mles qui occupent la partie suprieure des pis , ont un calice cotonneux cinq divisions et cinq ptales blancs. Les fruits sont couverts d'un duvet cotonneux rousstre. Ils sont rouges et trigones. Analyse chimique. Toute la plante et surtout l'corce et les fruits contiennent de l'huile volatile ^ une rsine amre , brune, balsamique, de la gomme avec un prin- cipe amer, et un peu d'hydrocblorate de potasse. Proprits mdicinales. La dcoction de ce Croton est trs-estime pour le pansement des plaies , et comme sudorifique. L'eau distille de la plante est anti-spasmo- dique \ elle apaise les palpitations et les tranches des enfans. Les feuilles piles et appliques sur les plaies rcentes les cicatrisent promptement -, ces mmes feuilles galement broyes et appliques sur les mamelles font rsoudre le lait grumel , et prviennent ou remdient l'engorgement de ces organes. Les Noirs, qui ont pour les embrocations huileuses un penchant irrsistible, font frire les sommits de ce Croion dans de l'huile de ben , en les remuant toujours de peur qu'elles ne s'attachent. Ils les jettent aprs les avoir gouttes, et presses for- tement au travers d'une toile neuve. On fait de nou- veau bouillir l'huile laquelle on ajoute deux onces de Baume de Sucrier par pinte (Hedwigie balsamifre , T. III, 53e liv. , p. 263, pi. 209). On retire imm- diatement du feu , en incorporant le mlange au moyen d'une spatule de verre ou de porcelaine. Poupe-Des- portes recommande la potion suivante la fin des gonor- ( 84 ) rhes , et pour en arrter les progrs : prenez esprit do Genivre , du Baume du Pe'rou et du petit Copahu (celui dont il est question dans cet article) , de chacun trente gouttes , qu'on mettra dans un peu de tisane astrin- gente , ou dans du vin. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE-ONZE. Le dessin est rduit moiti. 1. Fleur mle. a. Fleur femelle. //^ Lw TArtu/o/t- /'f.tc0u/'/\ J'tfijf f'rcrur l MAROl ODOKAXT . (85 ) VVSVV\\\'>\VV\'VV\'\\'VV\\*VV\*\'\VV*X'\'V\A/V\'^^A>'VV\^'XVVV^'V\(\**!>V\'>VVVVX.\V\\'ne /^ofCourt'Kj^inai. ^aimli/a^- 1*0 TAL. ilQ ^^i. IXMa (89) M/Sf WVV'VWW VWWWWWVWVWVV% VWWVV 'VVWVWVW VWWVWWW WMVWVV\ WVWVVVVWWVM w POTALIE AMRE. ( Sudorifique. ) Synonymie. Potalla amara. Lamarck. 111. Gen. tab. 348. Jussieu. Gen. 142. Potalia foliis longissimis , superio- ribus oppositis, petiolis subvaginantibus , corjmbis tri- cbotomis. Lamark. Potalia amara. Aublet, Guiane. vol. 1 p. 394? t. i5i. Nicandra. Schreb. Gen. Plant, n. 714. Caractres gnriques. Genre de plantes dicotyl- dones, fleurs compltes , monoptales , voisines de la famille des Gentianes, renfermant des herbes exotiques l'Europe , feuilles entires , opposes sur la partie suprieure des tiges et des fleurs, disposes en corymbes terminaux. Le caractre essentiel de ce genre est d'a- voir : Un calice turbin quatre divisions , une corolle monoptale , dont le tube trs-court est dii^is en dix par" lies son orifice; dix tambies; un sijlej un stigmate en bouclier i une capsule presque ronde ^ trois loges. Caractres particuliers. Feuilles trs-longues, op- ToME VII. il 9e Livraison. 8 ( 90 ) poses sur la partie suprieure des liges j ptioles gane amplexicaule j cor3^mbes irichotomes. Histoire naturelle. Cette plante qui fleurit, dans l't, au milieu des grandes forts de la Guiane, se trouve aussi aux Antilles depuis que des voyageurs bienfaisans ont enrichi tous les terrains qu'ils ont explors de se- mences utiles qu'ils ont confies aux forts d'une nou- velle patrie. La Potalie est trs-amre dans toutes ses parties. Ses jeunes tiges distillent une rsine jaune , qui rpand , lorsqu'elle est expose au feu , une odeur suave, approchant de celle du benjoin. Caractres physiques. La Potalie amre a des tiges droites, simples, noueuses, dures, presque ligneuses, de la grosseur du doigt , garnies de feuilles simples , opposes , particulirement les suprieures 5 lisses entires, longues d'un pied et demi, larges de cinq pouces , rtrcies leur base , arrondies et un peu pointues h. leur sommet , traverses par une nervure saillante et longitudinale^ leur ptiole est court, dilat sa base en une gaine qui embrasse la tige. Les fleurs sont terminales, portes sur un pdoncule commun , ordinairement trichotome , envelopp sa base par une gaine ; chaque fleur pdicule et oppose , garnie de deux cailles sa base -, le calice est pais , d'un jaune dor 5 la corolle plus courte que le calice , blanche , profondment divise en dix dcoupures droi- tes , appliques les unes sur les autres ^ les anthres sont vertes-, le fruit ovale , charnu, six cts, de la gros- seur d'une cerise. (Encycl.) Analyse chimique. On retire de toute la plante un (9' ) SUC amer et une assez grande quantit d'acide benzoque. Sa rsine , expose au feu , laisse exhaler une odeur suave. Proprits mdicinales. On emploie ses feuilles et ses jeunes tiges en tisane, dans les maladies vnriennes. Elle est vomitive forte dose ; dose moyenne, et par dcoction , la Potalie offre la ressource d'un assez bon fbrifuge. La dose est d'un gros de feuilles et de som- mits dans deux pintes d'eau rduites d'un tiers. Pour une infusion vineuse, il suffit d'une bonne pince pour un verre de vin blanc. Ainsi que les amers la Potalie est apritive , fondante et cliollagogue. Elle fait dis- paratre l'ictre qui a lieu la suite des splntes et des hpatites. Elle jouit par la mme raison de vertus hystriques , stomachiques et vei*mifuges , car elle est d'une amertume insupportable. Sans trop prconiser ses proprits dont je ne suis que l'cho , plusieurs pra- ticiens en ayant parl avant moi , j'ajouterai qu'elle est vulnraire et convenable dans le pansement des bles- sures. EXPLICTIOIS DE LA FLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE- TREIZE. Le dessin est rduit moiti. 1. Fleur panouie couronne par ses tamines. 2. Etamines dveloppes, germe, style , stigmate. 3. Fruit coup transversalement. .^^ (92 ) vvvvvv*vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvA\vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv\vvvv^ SEVOLE LOBELIE DE PLUMIER. (Sudorifique,) Stnontmie. Scvola Plumieri, foliis obovatis, integerrimis ; calice deciduo, drupis levibus. Lam. lUustr. Gner, vol. 2 , p. 70, n. 2694, tab. 124> fig- ! Scvola lobelia. Lin. Sjst. Veg. p. 2i3. Pentandrie monogynie. Jussieu , famille des Campanulaces. Swartz. Obs. 70. Jacq. Amer. p. 219, tab. 179, fig. 8S f et pictur., p. 36, tab. 199. Lobelia frutescens, portulacae folio. Plura. Gner. Amer, p. ai ; et Burm. Amer. Icon. i65, fig. 1. Buglossum lit- toreum. Rumpb. Amb. , vol. 4 > ? i*^ j tab. 54 CapiActikes GKraQTJES DES Svoles. Geiipe dplantes dycotildoncs , fleurs compltes , nionoptales , de la famille des Campanulaces , qui a quelques rapports avec les PJiyteuma , et qui comprend des arbrisseaux exotiques TEurope , dont les feuilles sont un peu grasses , les fleurs disposes en corymbes axillaires , munies de bractes. Le caractre essentiel de ce ^nre est d'avoir : Un calice cinq dcoupures j une corolle rgulirc , infundibuliforme , le tube fendu d'un ct iip !'Xa) n47^. ttiniei Jeui> . (9^) longitudinlement 'j le lmhe latral^ cinq dwisions ; cinq tamines-j un style ^ un stigmate velu; un drupe infrieur -, un noyau deux loges, Caractues particuliers. Feuilles glabres spatules. Histoire naturelle. Celte plante crot galement dans les contres mridionales et chaudes de l'Amri- que, et dans les Indes-Orientales, mais avec de lgres diffrences. Dans celle de l'Amrique , le calice est su- prieur; ses bords sont entiers, peine lgrement dents j deux bractes la base de l'ovaire. Dans la plante des Indes , le calice est muni ses bords de cinq dents obtuses. Caractres physiques. La Se vole de Plumier est un petit arbrisseau dont les tiges , non laiteuses , sont cy- lindriques, glabres, mdiocrement paisses, munies de rameaux alternes , tuberculeux par l'impression des anciennes feuilles; les feuilles sont nombreuses, al- ternes, presque parses, presque sessiles, un peu grasses, ovales-oblongues , trs-entires leurs bords , largies et arrondies leur sommet, rtrcies en ptiole court leur base, glabres leurs deux faces, munies dans leurs aisselles de touffes de poils lanugineux. Les fleurs sont disposes en grappes latrales dicho- tomes; les divisions du pdoncule galement diclioto- mes ; une fleur sessile dans chaque bifurcation ; les au- tres pdoncules la base de chaque division, et sous les calices sont situes des bractes sessiles, opposes, subules, velues intrieurement dans leur aisselle ; toutes les parties de chaque fleur ont minemment le carac- (94) tre du genre ^ la corolle est velue intrieurement; les fruits sont glabres, point anguleux, ni torueux, ni couronns par le calice. (Enc. ) Analyse chimique. Toute la plante fournit un extrait acre et amer ; du mucilage , lorsque la plante est encore jeune , et qu'elle contient beaucoup de principes aqueux. Proprits mdicinales. La Svole Loblie a une sa- veur acre comparable celle du tabac vert 5 lorsqu'on l'administre faible dose elle excite seulement la trans- piration 5 une dose plus leve elle agit comme pur- gative, et enfin sa dcoction rapprocbe est vomitive. On emploie les diffrentes parties de cet arbrisseau dans les sirops qui, aux colonies, jouissent d'une rputation mrite dans le traitement des maladies vnriennes. Cependant on est quelquefois, dans des cas rebelles , oblig de lui associer le muriate de mercure suroxid. Comme il est bon de se mfier des principes trop hro- ques de cette plante, je ne l'administrais jamais sans l'dulcorer avec le sirop de gomme. explication de la planche quatre cent soixante- quatorze. Le dessin est rduit moiti. 1. Organes runis de la fructification. 2. Fruit coup pour voir le noyau, 3. Noyau dtach. /"A M. j'Tianiuy /JcJVKirif. Jinj: (ra^ritZi/cip AvHTIiaoaijI^:! i:oTO>:M<:ir:s. ( 95 ) VX'W^ VXMVVVW^ VWW VV>W^IVX,WVW>\\%'VV%\V\VV'W%\\'\'V\1(VV% W\ W\ VV\VXtV\\V\> VV\V W' vv ASTRAGALE COTONNEUX. ( Sudorifique. ) Synonymie. Vulg. Sinapou, Astragalus frutescenslanuginoss, foliis curvatis , subts viridibus , infr incanis , villosis , floribus purpureis, sillquis baccatis. Desc. Lin. Diadel- pliie dcandrie. Tournefort, Papillonaces. Jussieu , famille des Lgumineuses. Astragalus incanus frutescens venenatus floribus purpureis Sinapou cujus radix triturata inebriat pisces. Barrre. CatiActiies gnriques des Astragales . Genre de plantes fleurs polyptales, de la famille des Lgumi- neuses , ayant du rapport avec le Baguenaudier, et qui comprend des herbes et des sous-arbrisseaux dont les feuilles sont ailes avec impaires , et les fleurs disposes en pi plus ou moins serr ou en tte. Les caractres essentiels sont d'avoir : Unejleur papillonace ; des l- gumes gibheux deux loges ,* des bractes en alne la base des fleurs et des stipules gmines Vorigie de leurs feuilles. Caiacties PARTicrLiERs. Tgc manifeste portant les 4 Ite (96) fleurs et les feuilles *, ptioles des feuilles non piquans 5 siliques articule's j feuilles recroquevilles. Histoire naturelle. L'Astragale cotonneux est d'un aspect peu commun ^ ]a nature lui ayant refus le jaune qui gaie la verdure, il est d'un ton bleutre incanes- cent -, ses racines sont vnneuses et employes , par les malfaiteurs, contre l'homme, et par les pcheurs pour enivrer le poisson des criques , et le prendre ensuite la main. Ce dernier procd est beaucoup moins funeste, puisque ce poison ne laisse aucune trace dans l'animal , qu'il agit momentanment , et qu'on peut , sans danger, manger de ces poissons. Cet Astragale se plait sur le bord de la mer , dans les sols arides , pierreux, sablon- neux, et sur les collines. Je l'ai observ plusieurs fois Hati , Cuba , la Jamaque. Caractres physiques. Toutes les tiges et les calices des fleurs de cet Astragale sont pubescens et coton- neux. La lige est droite , sous-ligneuse , s'levant la hauteur de trois quatre pieds; elle est garnie de feuilles longues folioles ovales, obtuses, recroque vil-^ les, d'un vert cendr et bleutre, velues et coton- neuses en dessous et en leurs bords, ptioles et lches. Les fleurs sont purpurines , papillonaces , calice tur- bin et disposes en longs pis terminaux, les siliques sont longues, troites , articules et comparables un collier de perles; les graines, au nombre de huit dix, sont bruntres et de la forme d'un ppin de raisin. Analyse chimique. La semence contient une matire grasse verdtre ; un principe amer purgatif; de la fibre ligneuse, de l'albumine et de l'acide malique. ( 97 ) Proprits mdicinales. Cet Astragale justifie , par remploi qu'on en fait , la haute rputation dont il jouit aux colonies dans le traitement des maladies vnrien- nes. On fait prcder son usage de deux ou trois pur- gations de pilules de Bloste , et en moins d'un mois on observe des effets presque miraculeux de la dcoc- ' lion des feuilles prise l'intrieur , et administre l'ex- trieur contre les ulcres du cuir chevelu et les exos- toses. Ce remde provoque des sueurs copieuses. On a vu gurir , par ce moyen perturbateur , des gonorrhes et des bubons avant leur dveloppement. Les Naturels font un sirop avec la racine et les semences qu'ils don- nent intrieurement pour arrter le cours de ventre et provoquer les urines , effets simultans difEciles expli- quer. A l'extrieur ils emploient la dcoction de toute la plante pour dterger et desscher les plaies. Mode d'administration. La dcoction des feuilles se fait la dose d'une once pour une livre d'eau avec r- duction d'un quart. La racine se prescrit la dose d'une demi-once pour deux livres d'eau avec rduction d'un tiers 5 on peut dulcorer la dcoction avec le sirop des quatre bois sudorifques , ce qui la rend moins dsa- grable et moins nausabonde. explication d la planche quatre cent soixante- quinze. Le dessin est rduit moiti. 4. Graine. Tome Vil. 419e Lwraison, 9 (98) M/VVVVVVVVVViVVtVVVVVlAA WVVv\XVV\VVVVV\A^.VVVVVVVVVVVVtVVVVV\>/VVVV VVVVV^/VVV VVVVVVI/VVVV\ t/V\n/Vk BARRELIERE ROUGE. (^Sudofifigueo) Synonymie. Vulg. Bois Indien. Barrelire fleurs car- lates. Barleria coccinea. Lin. Didjnamie angiospermie. Jussieu, famille des Acanthes. Barleria inermis , foliis ovatis, denticulatis , petiolatis. Lin. Mill. Diet. , n. 4. Barleria solani folio , flore coccineo. Plum.Gen. 3i. Burm. Amer. , t. 43 , %. i. Caractres gnriques des Barrelires. Genre de plantes fleurs monoptales , de la division des Person- nes, qui a de grands rapports avec les Carmantines , les Ruellies et les Acanthes , et qui comprend des her- bes ou des arbrisseaux exotiques l'Europe , feuilles opposes et souvent accompagnes d'pines stipulaires. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice en quatre parties ; deux Stamins beaucoup plus cour- tes , capsule quatre angles , deux valides , lastique^ sans onglets. Caractres particuliers. Tige sans pines ; feuilles ovales , denticules , ptioles. Histoire naturelle. Cette piaule, d'un vif clat, se ^ T^ti'/v /ff.nvur/i/\^enac- . Gvii- ~ifl f. 3) ; 2 la Barrelire feuilles de buis^ 3 la Barrelire Prionite, Coletia-Veeta de Rheede, qui remplace le Btel , agit comme carminative et mastica- toire. Caractres physiques. La Barrelire fleurs carlates. pousse une tige rameuse, articule et dpourvue d'- pines j ses feuilles sont opposes , ptioles , ovales , pointues et denticules leurs bords; les fleurs sont axillaires , sessiles et d'un rouge carlate. Analyse chimique. Le suc de la Barrelire donne de l'albumine , une espce de cire rsineuse , une matire extractive avec malate de potasse , une fcule verte et un extrait gommeux, etc. Proprits mdicinales. L'infusion de la Barrelire est un puissant diurtique. On fait avec ses bourgeons un vinaigre qui provoque la transpiration -, ce mme vinaigre tant appliqu en embrocation ou par friction , stimule l'appareil urinaire , et peut tre recommand dans l'atonie de la vessie. La teinture alcoolique et le sirop qu'on obtient avec ses fleurs passent pour un puis- sant anti-syphilitique. Toute la plante tant pile et applique sur les bubons agit comme rsolutive 5 on l'ad- ministre aussi, dans cette circonstance , bouillie dans du vinaigre aprs avoir t contuse. Ses racines , mises en ( loo ) macration dans de l'alcool , offrent tin excellent diu- rtique hydragogue qu'on prescrit avec succs dans l'ascite et les infiltrations du tissu cellulaire. Le vin de Barrelire sert dterger les plaies, et le vinaigre o la plante a bouilli est employ pour desscher les aphtes. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE- SEIZE. Le dessin est rduit moitir 4 . Runion de graines enveloppes. 2. Graine dcouverte. DIX-HUITIEME CLASSE. Sf'^QrQ^ DES SUBSTANCES VEGETALES SPECIALEMENT DIRIGEES SUR LES PROPRITS VITALES DU SYSTEME DERMODE ABSORBANT , EN MONDIFINT LES PLAIES , ET PRO- TEGEANT LEUR CICATRISATION. Plantes dites Dtersives, SOMMAIRE. O N appelle dtersifs (du verbe detergere ^ nettoyer) les mdicamens qui procurent l'vacuation du pus , dont les ablutions corrigent la mauvaise nature, nettoient les plaies et font tomber les cbairs fongueuses qui en- tretiennent leur pourriture et s'opposent leur cica- trisation. On sait que le pus tant form , les vaisseaux excr- teurs le portent la superficie des plaies -, s'il est trop pais , il adhre aux bourgeons qui sont destins rg- nrer les cbairs et favoriser une prompte cicatrice ^ Tome VII. i2QvV'vvtvv^'v\'^vv^vvvvv\vv\vi^vv\^/v'^/vvvvvv^\/v^^A/^VV%vv\v^(vv^vvvvvvvv^^.v^>^ BANANIER. {Dtersif.) Synonymie. Figuier d'Adam. Musa paradisiaca , spadice nutante , floribus masculis persistentibus. Lin. Polygamie monocie. Jussieu, famille des Bananiers ou des Scy- tamines. Ficus indica , fructu racemoso , folio oblongo. Baub. Pin. 5g8. Palma bumilis, longis latisque foliis. Baub. Bala, Rbeed. Mal. Varit B. Musa fructu cucu- merino , longiori. Plum. Nov. Gen. p. 24. Le Bananier cocbon d'Amrique. Pissang -Tando. Rumpb. Amb. 5, p. i3o. Vulg. le Plantain ou Plantanier par les Espagnols. En anglais : Plaintain-Tree , Banana-Tiee ; Adam s Fig-Tree ; Adam^s Apple. En espagnol : Platano ; Hi-^ guera de Adamo. Varit G. Bananier fruit court ; Musa sapientum. Lin. Musa caudice maculato, fructu recto rotundo breviore odorato. Sloan. Jam. Hist. 2, p. i47 Musa fructu cucumerino minori. Plum. Nov. Gen. p. 24* Vulg. la Bacave ou la Figue Banane. Caractres gnriques des Bananiers. Genre de plantes unilobes, formant, avec les BihaeX les Rm'ejiala, une petite famille tis-voisine de celle des Balisiers, et 22o'.Zzo . F^y. /"^t^ix/ti/v />/:>n>/fr/i/: / \%.KS XSW.il ( io5 ) qui comprend des plantes exotiques dont les fleurs nais- sent entre des cailles spathaces , disposes le long d'un axe commun et dont la tige , toujours sans ra- meaux , est couronne par des feuilles simples, commu- nment d'une grandeur extraordinaire. Le caractre es- sentiel de ce genre est d'avoir : des fleurs enveloppes dans une spathe ,* calice simple , color , divis en deux , six parties poses sur ovaire qui est infre j six ta- mines-, un style j un trois stigmates ; fruit triais loges. Caractres particuliers. Spadice pench -, fleurs mles persistantes -, tiges non macules. Histoire naturelle. Un Indien sous son Bananier et son Cocotier, a dit Bernardin de Saint^Pierre , peut se passer de son voisin. Merveilleux assemblage de faiblesse et de force , de souplesse et de solidit , la tige tonnante du Bananier n'est qu'herbace et visqueuse , et pourtant il s'chappe chaque anne de son sein des rgimes de fruits d'une pesanteur norme , et capables d'alimenter toute une famille. Cette tige annuelle ayant produit ses fruits est sape sa base , et bientt il renat au milieu de ses blessures rcentes de nouveaux reje- tons qui promettent une nouvelle rcolte. Kien de plus lgant que le Bananier : Du vert le plus brillant cette tte est orne. ' Le Bananier aurait pu suffire seul toutes les n- cessits du premier homme, a aussi dit Bernardin de Saint-Pierre ( Harmonies de la Nature ) ; il produit le plus salutaire des alimens dans ses fruits farineux , suc- culens, sucrs, onctueux et aromatiques, du diamtre ( o6) de la bouche, et groups comme les doigts d'une main, pi. 478 t fig 4 ^i^c seule de ses grappes fait la charge d'un homme ^ ^ il prsente un magnifique parasol dans sa cime tendue et peu leve , et d'agrables ceintures dans ses feuilles d'un beau vert, longues, larges et sa- tines : aussi ce vgtal , le plus utile de tous les vg- taux, porte-t-illenom de Figuier d'Adam. C'est sous son dlicieux ombrage et au moyen de ses fruits qu'il re- nouvelle sans cesse par ses rejetons , que le Bramine prolonge souvent au-del d'un sicle le cours d'une vie sans inquitude *, un Bananier, sur le bord d'un ruisseau, pourvoit lous ses besoins. )) Je ne connais pas de point de vue plus dlicieux que celui d'une riche et verdoyante bananerie place sur le bord d'un fleuve ^ quel air pur , suave et frais , on respire sous ces votes embaumes et souleves sans cesse par la brise des montagnes , l'poque du jour o la nave insulaire aime plonger dans le fleuve, dans l'espoir d'y laisser une partie du feu qui la dvore : L d'pais Bananiers penchs sur Tonde pure Protgent sa pudeur d'un rideau de verdure. Les Bananiers attirent l'humidit et la fracheur^ aussi ne font-ils que vgter misrablement sur un terrain * Le rgime de Bananes serait entran par sa pesanteur et arrach de la hampe qui le traverse sans l'inconcevable prvoyance de la nature qui a pourvu le pdoncule d'un tissu fihreux tellement fort que, pour m'en assurer, j'en tirai un halle ; il n'en resta que l'paisseur de deux ou trois lignes qui suffirent pour soutenir encore plus de cinquante livres de Bananes! ( 07 ) sec , ou sur le sol d'Europe qui leur est tranger. Exils de leur patrie dans une terre , pourtant hospitalire , mais emprisonns dans nos serres o ils languissent , aliments seulement par une chaleur artificielle qui n'est plus celle fcondatrice de leur climat, les Bananiers por- tent bientt l'empreinte de la dgnration ^ aussi ne donnent-ils leurs fruits grles que la troisime anne. En Europe les fleurs en sont fanes , dcolores ^ sous le beau ciel de leur patrie l'panouissement de leur po- potte (fleur) au sein incarnat et au manteau violet pour- pr, oflre le coup-d'il le plus ravissant et un coloris velout qui contraste avec celui verdtre des embryons runis qui sont protgs contre la grande chaleur par les ptales qui les ombragent : La grappe dans sa fleur brillait humide encore De ces pleurs qu'au matin rpand la jeune Aurore. Les feuilles du Bananier , rapporte lgamment l'auteur de Paul et Virginie , sont d'un beau vert satin et ont environ un pied de large et six pieds de long. Elles s'abaissent par leurs extrmits, et forment par leurs courbures un berceau charmant impntrable au soleil et la pluie. Comme elles sont fort souples dans leur fracheur , les Indiens en font toutes sortes de vases pour mettre de l'eau, et des aliniens \ Us en couvrent leurs cases et ils tirent un paquet de fil de la tige , en la faisant scher -, une seule de ces feuilles donne un homme une ample ceinture^ mais deux peuvent le cou- vrir de la tte aux pieds, par devant et par derrire. * Voyez l'pigraphe du premier volume de celte Flore. ( io8 ) Un joiir, continue Bernardin de Saint-Pierre, que je me promenais rile-de-France , prs de la mer , parmi des rochers marqus de caractres rouges et noirs, je vis deux ngres tenant la main , l'un une pioche, l'autre une bche , qui portaient sur leurs paules un bambou auquel tait attach un long paquet , envelopp de deux feuilles de Bananier. Je crus d'abord que c'- tait un grand poisson qu'ils venaient de pcher, mais c'tait le corps d'un de leurs infortuns compagnons d'esclavage , auquel ils allaient rendre les derniers de- voirs dans ces lieux carts. Ainsi le Bananier seul donne l'homme de quoi le nourrir, le loger, le meubler , l'habiller et l'ensevelir ^ L'histoire du Bananier est dcrite avec tant de grce dans les Harmonies de la Nature , que mon lecteur me pardonnera d'emprunter la lyre de cet immortel auteur. Il y a une multitude d'espces de Bananiers de dif- frentes grandeurs. On trouve l'Ile-de-France des Ba- naniers nains et d'autres gigantesques originaires de Madagascar, dont les fruits longs et courbs s'appellent cornes de buf*, un homme peut les cueillir aisment en grimpant le long de leur lige, o les queues de ses anciennes feuilles forment des saillies , ou en faisant monter sa femme sur ses paules. Une seule de leurs Bananes peut le nourrir un repas, et une de leur pattes tout un jour p'I y a des Bananes de saveurs trs-varies. Les Bananes naines ont un got fort agrable de safran. L'espce commune appele Figue Banane est onctueuse, sucre, farineuse, et offre une saveur mlange de celle * Harmonies de la Nature. ( 109 ) de la poire de bon-chrtien et de la pomme de reinette -, elle est de la consistance de beurre frais en hiver, de sorte qu il n'est pas besoin de dents pour y mordre , et qu'elle convient galement aux enfans du premier ge et aux vieillards dents. Elle ne porte pas de semences apparentes ni de placenta : comme si la nature avait voulu en ter tout ce qui pouvait apporter le plus lger obstacle l'aliment de Thomme -, c'est de toutes les fruc- tifications la seule que je connaisse qui jouisse de cette prrogative ^ elle en a encore quelques-unes non moins rares, c'est que, quoiqu'elle ne soit revtue que d'une peau , elle n'est jamais attaque, avant sa maturit par- faite, par les insectes et par les oiseaux , et qu'en cueil- lant son rgime un peu auparavant (lorsqu'il est hecqu), il mrit parfaitement dans la maison , et se conserve un mois dans toute sa bont. Les espces de Bananes sont trs-varies en saveur. Elles sont d'autant meilleures qu'elles croissent plus prs de l'quateur, sous l'influence directe du soleil. Il y en a de dlicieuses aux Moluques , dont les unes sont aromatises d'ambre et de cannelle , d'autres de fleur d'orange. On trouve des Bananiers dans toute la zone torride , en Afrique, en Asie et dans les deux Am- riques , dans les les de leurs mers , et jusque dans les plus recules de la mer du Sud. Dampier , qui a fait le tour du monde avec tant d'intelligence , appelle le Bananier le roi des vgtaux. Il observe qu'une infinit de familles , entre les deux tropiques , ne vivent que de Bananes , dont on ne se rassasie jamais. Cet utile et agrable vgtal a tant de (IIO) rapports avec les premiers besoins de 1 homme daus l'tat d'innocence et d'inexprience, qu'on l'appelle aux Indes le Fisuier d'Adam. '&" Les Portugais superstitieux qui y abordrent les premiers , crurent apercevoir , en coupant son fruit transversalement, le signe de la rdemption dans une croix qu'on veut bien y trouver-, la vrit cette plante prsente , dans ses feuilles larges et longues , les cein- tures du premier homme , et figure assez bien , dans son rgime hriss de fruits , et termin par un gros cne violet qui renferme les corolles de ses fleurs, le corps et la tte du serpent qui le tenta \ Le Bananier ne russit bien qu'au fond des valles, sur le bord des ruisseaux , l'abri des grands vents qui dchirent en lanires transversales ses tendres feuilles. Ils aiment, dit Tliouin , une temprature chaude et liumide , et un sol mou , gras et argileux. ^ Les Espagnols et les Portugais rpugnent couper trans- versalement une Banane o ils croient trouver l'empreinte d'une croix c'est pourquoi ils la rompent sans recourir un inslrument tranchant, et par ce moyen ne retrouvent plus cette figure dans les irrgularits qu'affecte la cassure. Cette figure , selon Turpin , est due l'avortement des graines et au rapprochement des placentas. Plusieurs auteurs regardent ce fruit comme celui de la Terre promise apport Mose par ses espions; d'autres comme le fruit dfendu , en raison de la largeur de ses feuil- les dont, disent-ils, se couvrirent Adam et Eve aprs leur faute. ( "I ) Le Bananier , sous le rapport de Tconomie domes- tique , offre des avantages l'infini. Les fruits murs de la varit C , les figues Bananes font partie des desserts; les Bananes', surtout celles musques, tant coupes par tranches , on en fait des beignets -, on les mange en lait, c'est--dire au quart de leur accroissement , enveloppes dans leur peau et boucanes sous la cendre , ou bien on les fait bouillir , et elles sont alors farineuses el nour- rissantes. Ces mmes Bananes non mres s'appellent hec- ques ou hoates et se font cmve avec le petit sal. On les coupe par tranche -, tant dans cet tat on les fait scher, puis on les pile, dit Tussac , pour en obtenir une fa- rine qui est d'une trs-grande ressource dans les voyages de long cours. On en fait des pilaux; lorsqu'elles sont mres on les prpare en confitures sches comme les poires tapes. Ces fruits sont trs-nourrissans , et on les estime propres corriger les crets de la poitrine. Une autre manire de prparer les Bananes mres comme aliment , est de les faire bouillir et de les piler avec des patates galement cuites pour en obtenir une masse qu'on appelle tom-tom^ et qui se mange avec le poisson sal , ou un ragot appel bouillon-multre. Les Bananes hecques ou mres tant coupes dans leur longueur , et frites dans du beurre, puis saupoudres de sucre , four- nissent un entremets trs-dlicat. Cependant je dois faire observer que lorsque les Ba- nanes sont trop mres , elles ne conviennent point aux estomacs faibles et incommods d'aigreurs , car leur fer- mentation acteuse se dveloppe trs - promptement. C'est en vertu de cette disposition que souvent on les laisse se dcomposer pour en obtenir du vinaigre aprs w ( 112 ) les avoir soumises la presse. Poupe-Desportes parle d'un vin de Banane qui se fait en passant, au travers d'un tamis , des Bananes bien mres ; on met ensuite cette pulpe en tourteaux que l'on fait sther au so- leil ou sous les cendres chaudes 5 et lorsqu'on' veut s'en servir il suffit de dlayer cette farine dans l'eau. Cette boisson est, dit-il, trs-agrable et trs-nourrissante. Les peaux d Bananes tant rduites en cendres, aprs leur torrfaction, fournissent beaucoup de potasse, que recherchent les blanchisseuses. L'eau jauntre obtenue du tronc ou des feuilles tache d'une manire ineffaable ; tant combine avec le suc de pois de sept ans , elle procure une trs -belle couleur verte. Les traches sont si abondantes dans le Bananier, qu'on a propos de les extraire , dit Poiret , pour en fabriquer des toffes appeles nippis aux iles Philip- pines. Elles sont de couleur nankin , et on en fait des chemises. Les bestiaux sont friands des feuilles de Bananiers ; les insulaires s'en servent pour envelopper leurs tas- seaux (morceaux de porc ou de buf fums et frotts avec le citron, puis schs au soleil). Ces mmes feuilles dans les hpitaux remplacent la bette pour le pansement des vsicatoires. Le Bananier crot trs-promptement : un cayeu de Bananier plant auprs d'une rivire , dans un terrain humide, gras et profond, donne au bout de neuf mois un rgime parfait. ( i'3 ) Le Figuier Bananier, Bacos^ier ; Bananier des Sages, Musa Sapientwn ^ Lin. ^ Musa fructu cucumerino bre- i^iori, Plumier , ne diffre du Bananier qu'en ce que les fruits sont plus courts et d'une saveur plus pteuse. Le corps de la tige est marquet de taches noires fonces entremles de bandes irrgulires de couleur vert pis- tache , jaune , lilas et rose -, ses fruits se mangent crus et sont plus estims que les Bananes. Caractres physiques. Le port du Bananier annon- cerait plutt un arbre qu'une plante herbace. Il croit dans les climats chauds d'Asie , d'Afrique et d'Amrique 5 la racine est un bulbe garni de fibres 5 le tronc a de six huit pouces de diamtre ; il est form de plusieurs feuilles roules les unes sur les autres. La tige est d'un vert jauntre tachet de bistre et de teintes couleur de rose 5 on la coupe facilement d'un revers de coutelas appel manchette^ lorsqu'elle sort rcemment des cayeux, elle est de figure conique, et produit deux feuilles rou- les qui se dveloppent pour j^rotger la sortie des deux autres, ainsi de suite. Les feuilles , y compris le ptiole, ont environ neuf pieds de longueur sur deux de largeur. Elles sont d'un beau vert satin, fonc et luisant en dessus, et ple ou glauque en dessous , formes de nervures transver- sales parallles que le moindre vent fait dsunir ^ la cte qui traverse toute la longueur de la feuille est une rainure en forme de gouttire qui n'est que le prolon- gement du ptiole. Les feuilles du tronc (ou cur) sont composes de filamens blancs et fermes diviss in- trieurement par des cloisons qui se resserrent mesure ( i"4) qu'elles approclient de l'extrmit de la feuille ; il s'- lve du centre du cur, aprs le dveloppement des feuilles, une tige ou hampe d'abord enveloppe, li- gneuse , d'un vert fonc , fibreuse , arque et pendante , divise par nuds , termine par un bouton ovode ou popotte , long d'un demi-pied : c'est la fleur. La popotte est comparable , pour la conformation , un bouton de rose , c'est--dire compose de feuilles roules les unes sur les autres. Elles sont verticilles , stries, d'un rouge incarnat en dedans, purpurin violet en dehors , couvertes d'une espce de rose bleutre. Ces spathes s'ouvrent , tombent successivement et lais- sent dcouvert les fleurs et les embryons des fruits attachs quatre cinq ensemble sur le mme pdon- cule. La corolle du Bananier est forme de trois ptales blancs dont deux oblongs , droits , pais , veins , creu- ss en cuillers -, les deux autres minces et termins en pointe -, au centre cinq tamines droites , blanches , et au milieu un pistil cylindrique termin par un stigmate pais, arrondi , rousstre 5 les fleurs sont striles , plusieurs cependant se changent en un fruit long de cinq huit pouces, arqu, d abord vert , puis jaune lors de sa maturit ^ l'intrieur est une substance jauntre , molle, onctueuse, d'un got aigrelet et agrable , di- vise par filets parsems de petits points noirs qui sont les seules graines, mais qui ne fructifient point. Ces fruits croissent en grappes ou pattes neuf ou dix tages autour de la lige fibreuse ^ la runion de ces fruits au- tour de leur lige s'appelle rgime de Bananes , lequel ( "S) pse jusqu' cinquante livres ^ les gros rgimes portent jusqu' cent fruits. Le Bananier rapporte, sous la ligne, ds la premire anne, et sa tige se fltrit, mais elle^ meurt entoure d'une douzaine de cayeux de diverses grandeurs d'o s'lvent des tiges qui portent successivement des r- gimes ^ en sorte qu'on peut s'en procurer plusieurs poques de l'anne en mettant contribution tous les membres runis de cette petite famiile , cre pour les besoins de l'homme qui n'a que la peine de les d- tacher. Analyse chimique. La sve de cette plante singulire est astringente et offre une vritable solution d'acide gallique dans l'eau. Le suc des fruits murs contient une matire odorante , du sucre , de la gomme , une matire glutineuse , de la fcule amilace , de l'acide malique et du malate de chaux. Proprits mdicinales. Avant de faire connatre mes propres observations sur les vertus mdicinales du Bananier, je citerai ce que nous ont transmis les au- teurs qui ont exerc Saint-Domingue dans les divers hpitaux de cette colonie. Le docteur Chevalier rapporte, d'aprs Minguet , que l'eau du corps ou du troue est bonne pour modrer le cours de ventre et nettoyer les veux mitteux *, que l'eau de la fleur ou bouton (popotte) sert dterger les vieux ulcres, et que l'corce du fruit vert, rduite en charbon et pulvrise, gurit les ulcres et les crables , espces de fentes ou fissures qui viennent sous la plante des pieds des ngres. 11 n'est ( "6) rien de comparable la sve de Bananier, me disait un autre praticien non moins exerc , pour gurir les ul- cres malins, chancreux et la gangrne. M. Bouilly , chirurgien des hpitaux Saint-Marc, le de Saint- Domingue, actuellement Hati, rencontra un jour, en faisant sa tourne dans les mornes , un vieux ngre in- firme c[ui avait puis toutes ses recettes pour gurir ses guignes (espces d'ulcres), et n'obtint de soula- gement parfait qu'en appliquant sur la partie affecte une espce de pte produite par la dcomposition des feuilles du Bananier et qu'il allait ramasser par cuelles en se tranant non loin de son ajoupa, fix auprs d'une bananerie. Ce mme fumier du Bananier, si l'on peut s'exprimer ainsi, est un puissant anti-septique , un dtersif parfait qui agit avec d'autant plus de clrit sur les ulcres et la pourriture d'hpital , qu'on a vers dessus , pour les premiers pansemens , quelques gouttes d'huile essentielle de trbenthine. J'ai eu beaucoup de peine ajouter quelque foi ce moyen qui me semblait peu rationnel ; cependant nous n'avons eu qu' nous louer de l'introduction de cette mthode peu dispen- dieuse dans les ambulances de l'arme , souvent dpour- vues d'autres mdicamens. J'obtenais de trs-prompts succs pour la cure des ulcres de mauvaise nature, en runissant au centre de la plaie le virus le plus con- centr, au moyen d'une loupe, et par le procd de i'exhaustion chinoise; je faisais ensuite laver la plaie avec l'eau de la tige du Bananier , je purgeais avec les pi- lules de bloste et je faisais administrer au malade le sirop dpuratif de salsepareille compos. Ce tiaitement simple et prcieux, au milieu des camps, a toujours t suivi de succs. On retire encore d'autres ressources ( I7 ) mdicales du Bananier ^ Taxe de son rgime tant coup par tranches et mis macrer dans l'eau pendant une nuit , procure un puissant sudorifique. Madame Douvil- liers, ancienne actrice et habitante de la Nouvelle-Or- lans , affecte d'un cancer du nez appel noli me tan- gere ^ fut gurie radicalement par un sauvage qui lu^ appliqua , pour tout moyen , des topiques de feuilles de Bananier dcomposes ou en dtritus. Elle avait t abandonne comme incurable , par tous les mdecins du pays. Les fruits du Bananier introduits dans les sirops deviennent, suivant leur association, anti-dysentriques, dtersifs, pectoraux adoucissans ou incisifs. Ce sirop est trs-estim pour combattre les inflammations de l'or- gane pulmonaire et des reins j il jouit de la rputation, je crois bnvole , d'un puissant aphrodisiaque. On l'em- ploie aussi contre les vertiges , dans la cistite pour apai- ser les douleurs de vessie produites par le sjour d'une urine acre , et pour soulager ceux qui ont fait un usage immodr de mercure. L'eau ou plutt la sve du Ba- nanier jouit d'une proprit dtersive incontestable, et on l'emploie souvent avec avantage dans les ophtalmies chroniques , en forme de lotions. Les feuilles tendres du Bananier remplacent avec avantage les feuilles de bette pour le pansement des vsicatoires. EXPLICATIOIS DE LA PLAKCHE QUATRE CENT SOIXANTE-DIX- SEPT. Le dessin est rduit au trentime de grandeur naturelle. 1. Bananier au milieu d'un paysage de l'Amrique. Tome VII. 120^ Lwraison. 11 ( "8) EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT SOIXANTE-DIX- HUIT. Dtails du Bananier. Le dessin est rduit au quart. 1. Popotte laissant voiries fleurs et les fruits sous les cailles. a. Banane rduite au quart. 3. Banane coupe transversalement. 4. Patte de Figues Bananes. .'T^' /.:if /2(y 'J.7ff r/.^-,f. Ttoduir JfanvurA /"mx JifW Scu//> a::\.xili.e i^^oiii^tE ("9) vv\tvvvvvvvvv\\vvvvMwvvv\vv\vv\vvvvvvvvvvvvvv\lvvvvvvvvvvx/vvvvt^'\lvMvvvvv^A/vvvvvvv\>v^ * VANILLE INODORE D'HATI. (^Dtersif. ) Synonymie. Vanille de Saint-Domingue. Manille btarde de Chevalier. Vanilla flore viridi et albo , fruetu nigri- cante. Plum. Gen. 25 , le. 188. Volubilis siliquosa, plantaginis folio, Catesb. Car. 3, p. 7, t. 7. Vanilla , Pluk. Alm. 38i , tab. 320, f. 4* Mrian. Surin, t. 26. Caractres gnriques des Angregs. Genre de plantes unilobes , de la famille des Orquides , ayant des rap- ports directs avec les Ellborines , les Limodores et les Arthuses, et qui comprend des plantes exotiques, la plupart parasites produisant des fleurs trs-agrables voir et souvent d'une odeur aromatique comme la Va- nille. Les caractres essentiels de ce genre sont d'avoir : Calice six dii^isiojis , dont Vinfrieure concav^e , creuse en capuchon^ ayant son limbe dilat en larne^ largi^ stigmate concai^e , adhrent , capsule trs-allonge , en fojme de silique. (Mrat. ) Caractres PARTICULIERS. Fleurs blanches , inodores. Histoire naturelle. On rencontre assez fiquem- ^ ment cette Vanille aux Antilles 5 cl particulirement ( i'-?o ) Cuba et Hati , mais elle est sans odeur. On prtend que c'est la mme espce que celle du Mexique, dont elle ne diffre que par la couleur de ses fleurs et par le dfaut d'odeur de ses fruits. La Vanille est une plante sarmenteuse qui grimpe sur les arbrisseaux et les arbres qui se rencontrent prs d'elle , et s'y attache par des vrilles, la manire des Vignes, des Lierres, des Grenadilles , etc. Cap.actres physiques. Le pre Plumier, qui a dcrit avec soin cette Vanille , dit que ses racines sont longues d'environ deux pieds, presque de la grosseur du petit doigt , plonges dans la terre au loin et au large , d'un roux ple, tendres et succulentes, jetant ^ne seule tige menue , qui , comme la Clmatite , monte fort haut sur les grands arbres et s'tend mme au-des- sus. Cette tige est de la grosseur du doigt, cylindrique , verte et remplie intrieurement d'un suc visqueux-, elle est noueuse , et chacun de ses nuds donne naissance une feuille, et communment une vrille. Ses feuilles sont alternes, ovales-oblongues , sessiles, trs-entires, termines en pointe, garnies de nervures longitudinales comme celles de certaines espces de Plan- tain, et concaves, ou en gouttire en leur surface su- prieure. Elles sont molles , un peu paisses , lisses , d'un vert gai , et longues de neuf dix pouces . sur en- viron trois pouces de largeur-, les vrilles sont solitaires, simples, plus courtes que les feuilles auxquelles elles sont presque opposes , et roules en spirale vers leur sommet. Les licLus naissent en grappes axillaires , situes dans ( >^' ) a partie suprieure de la plante *, leur pdoncule com- mun est articul, solitaire dans chaque aisselle, pres- que aussi long que la feuille qui l'accompagne et soutient chaque articulation une belle fleur , grande , irrgu- lire , blanche antrieurement et verdtre en dehors El!e est compose de six ptales , dont cinq plus grands sont presque gaux , trs-ouverts , onduls , souvent contourns ou rouls vers leur extrmit , et le sixime qui est un peu plus court que les autres et trs-blanc, forme un cornet campanule presque comme une fleur de Digitale , coup obliquement et termin en pointe. L'ovaire qui soutient cette fleur et qui nait de l'ais- selle d'une petite caille spathace , est long, cylin- drique , charnu , vert , un peu tors, et ressemble une trompe ou une corne , il se change ensuite en un fruit long de six ou sept pouces , presque de la grosseur du petit doigt , charnu, pulpeux , peu prs cylindrique , noirtre lorsqu'il est mr , et qui s'ouvre en deux valves comme une silique. Il est rempli d'une infinit de pe- tites graines noirs -, les fleurs et les fruits de cette plante sont sans odeur \ cette Vanille fleurit au mois de mai. Analyse chimique. Les fruits contiennent beaucoup d'acide gallique. Proprits mdicinales. La dcoction de cette Va- nille , dit Chevalier, sert gurir les ulcres du plus mauvais aspect, et qui ont rsist beaucoup de traite- mens. Les racines sont estimes anli - syphilitiques. Selon Minguet , cette Vanille est le fondement de C 122 ) l'eau pour les cancers , ulcres et chancres ; elle fait plus d'effet que le vitriol et la pierre infernale , man- geant les mauvaises chairs, nourrissant et faisant revenir les bonnes. M. Duhamel , dans ses remarques sur le manuscrit de Minguet , dit que cette Manille btarde est VArum repensj s'il en tait ainsi ce ne pourrait tre une Vanille. EXPLICATION DE LA PLAKCHE QUATRE CENT SOIXANTE-DIX- NEUF. Le dessin est rduit moiti. 1. SiHque. I2o' M7'J . ri.sso JTAas/ore Pf.TtHtr/t. /Wur Ariu licu^- .Oa ilE L. WIE R AcmE ( i3) (VV\VV\VV^VV\\V*VVVXAVV>VV\VV>'VV\VV>\\'VVV\VV\VV%VV%VVVV>^/V'*VV^(VVVVX'VVVVV\W\\.V \> AMBLANIER ACIDE. (^Dtersif. ) Synonymie. Ambelania acida. AuLl. Hist. Guiane, 265, t. io4. Lin. Pentandrie digynie. Jussieu, famille des Apocins. Paraverio des Galibis , et Quienbiendent des croles. Caractres gnriques des Amblaniers. Genre de plantes fleurs monoptales, de la division des Apocins, ayant des rapports avec les Asclpiades, les Echites et les Priploques , et qui comprend des plantes exotiques dont les fleurs disposes par bouquets sont contournes et runies en corymbes. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice monophjlle cinq dwisions pointues 'y une corolle monoptale ^ contourne, tubule, et diwise en cinq lohes obliques j cinq tamines fort courtes ; w ovaire suprieur arrondi , charg dun style ttragone ^ termin par un stigmate en tte. Le fruit est une espce de baie ovale ^ oblo figue , jaune, ride et partage en deux loges par une cloisoji laquelle sont attaches de larges semences arrondies et aplaties. (Bosc.) ( 1^4 ) Caractres particuliers. Arbuste laiteux feuilles opposes y ovales \ fleurs blanchtres , contournes , axil- laires et en corymbes. Fruits aciduls. Histoire naturelle. Cet arbuste, laiteux dans toutes ses parties , crot rarement aux Antilles , mais on le trouve communment Cayenne , o il fleurit en sep- tembre. Il produit un fruit bon manger, quoique lai- teux : aprs l'avoir dpouill de sa peau extrieure , on le fait tremper pendant quelque temps dans l'eau \ ainsi prpar il a un got acide et agrable , et adhre aux dents et aux lvres par sa viscosit. On confit le fruit dpouill et non dpouill. La confiture des fruits d- pouills est un peu acide, dit Lamarck, mais rafrachis- sante -, et celle des fruits non dpouills est lgrement purgative. Caractres physiques. L'Amblanier est un petit arbre laiteux dont le tronc s'lve sept ou huit pieds ^ il a une corce gristre et se divise , son sommet^ en ra- meaux noueux et feuilles *, ses feuilles sont opposes , ovales-oblongues , trs-entires , vertes , glabres , fermes, un peu ondes en leurs bords, et portes par de courts ptioles. Les plus grandes ont sept pouces de longueur sur trois pouces de large 5 les fleurs sont blanchtres , axillaires , et naissent par petits corymbes presque ses- siles, trois ou quatre ensemble dans chaque aisselle. Chaque fleur a un calice court , monophyllc et cinq divisions pointues^ une corolle monoptalc , contourne dans sa jeunesse , tubule , rtrcie l'entre de son tube , et dont le limbe est partag en cinq lobes ou- ( '25 ) verts 5 onduls et obliques ^ cinq tamines fort courtes , insres sur la corolle et caches dans son tube , et un ovaire suprieur , arrondi , charg d'un style menu , l- tragone et termin par un stigmate en tte ovale , sous laquelle on remarque un petit collet en plateau. Le fruit est une espce de baie ou de capsule char- nue , ovale-oblongue , d'un jaune citron, glabre, un peu ride ou charge de verrues , et partage en deux loges par une cloison laquelle sont attaches de larges semences arrondies , aplaties , dont l'enveloppe est brune et chagrine. (Enc.) Analyse chimique. Le suc laiteux de TAmblanier contient du caoutchouc-, une rsine acre et purgative 5 une gomme jaune ^ de l'albumine 5 une huile grasse et une assez grande quantit d'acide tartrique , plus un principe mucoso-sucr dans les fruits et les arilles des graines. Proprits mdicinales. Les Galibis vantent, avec exagration sans doute, l'usage d'une espce de limo- nade faite avec les fruits de l'Amblanier non dpouil- ls de leur corce : ils la recommandent dans la maladie de Siam , comme capable , par sa vertu laxative , de provoquer des vacuations drivatves et quelquefois sa- lutaires. L'onguent digestif que l'on fait avec ces fruits , le sucre et le tafia, est employ avec succs dans la cure des ulcres vieux et rebelles , tels que les pians , le mal de Naples et la syphilis confirme. L'application de ce digestif cause beaucoup de douleur. J'ai vu des soldats demander la mort pour tre dlivrs de ces souf- ToME Vil. ' \io^ Livraison, 12 C 126 ) frauces cuisantes. Les lotions faites avec toute la plante sont dtersives. Les fruits, en com-pote , sont astrin- gens et recommands aux dysentriques. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT, Le dessin est rduit moiti. i. Corolle avec la situation des tamines. 2. Etamine grossie. 3. Pistil. 4. Capsule fendue longitudinalement avec la cloison ei les semences. JZZ ' Zi /y 48i. 3^roe. Jcrtf SIC VOTE J.LiXE A 311JVGUET ( l'v ) <;ArtlW/\vvA/vvv\^vvvvv^vv>(V^A'vv^>vv^vvvv/vv\vv\v\^r\AAvvv^A,1/vv^v\%\v^ vv^vv^YV\\'vv^vvv^ ACHIT SGYOTE. ( Dtersif. ) Synonymie. Vulg. Liane Minguet. Herbe ulcres de Min- guet. Liane molle. Cissus sicyoides. Lin.Tetrandre mono- gynie. Tournef. Arbres Rosacs. Jussieu, 'famille des Vi- gnes. Cissus foliis cordatis, serratis , utrinqu levibus ; den- tibus mucronatis. Lamark. Illust. vol. i , p. 33 1, t. 84, fig. 1. Cissus (sicyoides) foliis subcordatis, nudis, se- taceo-serratis; ramulis teretibus. Lin. Syst. Veg. p. i58. Swartz. Obs. 48. Cissus foliis simplicibus, nitidis. Jacq. Amer. 22, tab. i5. Vitis foliis dentatis. Plum. le. 269 , fig. 2. Bryonia alba , geniculata, viol foliis, baccis viridi purpurascentibus. Sloan. Jam. 206. Hist. 1 , p. 233, t. i44^ fig' ! I^ai- Suppl. 347. Vili affinis, folio cy- claminis splendenle et carnoso , uvd corymbos , atro-pur- pure , floribus lutescenlibus , Poupe-Desporles. CARACTiiUES GKRiQUEs DES AcHiTS. Geiirc de plaiitcs qui ont beaucoup de rapports avec les Vigaes, et ren- fermant plusieurs espces intermdiaires. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice quatre on cinq dents : quatre , quelquefois cinq ptales libres , Tome VIL 121^ Liraison. 12 ( "28 ) point adhrens leur sommet^ tals , caducs ^ quatre ou cinq tamines j V ovaire entour d'un disque ; une baie deux loges , une ou plusieurs semences. Caractres particuliers. Tige sous-ligneuse, arti- cule, grimpante, seme de points sanguins^ feuilles conmie cordiformes , nues , staces , dentes en scie *, pdoncules des fleurs opposs aux feuilles, et se divi- sant en ramifications tales et en zig-zags, une ou plu- sieurs fois bifurques. Chaque rameau termin par une petite ombelle ou une sorte de corymbe. H1ST01R.E naturelle. Cette plante se trouve commu- nment aux Antilles, et particulirement Hati, la Jamaque, Cuba, etc., o son port ne la ferait pas remarquer, si on ne la recherchait pour les proprits incontestables dont elle est doue. Le nom de Liane Minguet indique le nom de Thabitant philantrope qui en fit ronnaitrc l'application. Minguet, ancien propritaire Saint-Domingue, s'tant adonn la connaissance des plantes indignes utiles en mdecine, sans possder aucune thorie, se forma une certaine routine d'aprs les naturels du pays , et finit par acqurir quelques connaissances sur les proprits des vgtaux cjue na- gure il foulait aux pieds. Le but louable qu'il s'tait propos lui fit un devoir de transmettre , avec beaucoup de candeur, ses descendans un manuscrit riche de faits , mais monstrueux de formes et de principes de thrapeutique. Selon Minguet, dit Poupe-Desportes, la Liane dont il s'agit, et qui tait son vulnraire uni- versel, croit dans les lieux humides, et elle imite par- faitement, par sa grandeur et par ses feuilles, le TamnuSj ( 129 ) Sceau de Salomon, tandis que ses fruits la font ranger dans la classe des Vignes. Son fruit est gros comme un pois 5 un peu acre, noir, et il renferme deux ou trois petites semences rides ou bosseles -, on la rencontre en abondance Hati dans les environs de Jacmel. Caractres physiques. Les tiges de cette Liane sont sous-ligneuses , jauntres , glabres , rameuses , stries, grimpantes, articules et semes de petits points sanguins. Les rameaux sont comprims, souples , plians, articuls, cylindriques, garnis de feuilles ptioles , alternes , trs- simples , ovales , en cur , luisantes , glabres leurs deux faces, d'un vert plus fonc en dessus, tendres, succulentes, nerveuses, aigus leur sommet, munies leurs bords de dentelures en scie, ingales , pointe stace -, chaque feuille est oppose un pdoncule charg de fleurs. Ces fleurs, de couleur jaune, sont disposes en panicules rameuses , d'abord dichotomes , termines en ombelles ^ les pdicelles simples, filiformes ; les baies sont ovales, obtuses, d'un vert pourpre , et renferment deux ou trois petites graines jaunes cha- grines. Analyse chimique. Le fruit contient un principe mu- coso-sucr tant mr, et beaucoup d'acide malique avant sa maturit. Proprits mdicinales. Quoique dans plusieurs quartiers d'Hati on donne le nom de Liane Minguet au Raiana cordala , cependant cette dnomination primitive n'apparlicut qu' l'Achit Sicyote qui est plus gnralement employe par les naturels et par les gu- ( i3o) hsseuis. On marie pour rordinaire , dit Poupe-Des~ portes , la Liane Minguet avec IHerbe du Diable , Pumbago (tom, 3, p. 94, pi. 172), l'Herbe Bl (4* vol. , p. 21 , pi. 288), et la Malnomme (3^ vol., p. 344 pi. 227 ) ^ on y joint du jus de citron et du muriate de soude : et de cette dcoction excellente on jfait un on- guent dtersif des plus hroques. C'est un vulnraire parfait e qu'on ajoute aux bains toniques qui convien- nent aux personnes perdues de douleurs , par suite d'une transpiration intercepte. Les feuilles de la Liane molle servent au pansement des vsicatoires. On r- pand son suc sur les plaies enflammes ^ on recouvre aussi la plaie d'une feuille lgrement passe au feu; elle agit comme soppurative. Cette mme application sur la tle gurit certaines cphalalgies. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT-UN. La plante est rduite moiti. 1. Fleur en face. 2. Fleur vue de profil. 3. Baie entire. 4. Baie coupe pour laisser voir les semences. J2/ '/,/?> . /"l. ^82. rAemfrf fif^amr/x. /'ur fieree Sfu^ riL\i;o.v yrAiiKiFOLi rAii.\>^3E ( i3i ) %^ l'VVVVV V\IVl/VVVV\iVVVVVVV'VVt'V\IUUWAlVX/VVVVVVVVVVVV\i VVVVV'V 'IWVWVtWVW VWWViWWWWvWftM FRAGON Cx\RANNE. ( Dtersif. ) Synonymie. Vulg. Petit Houx feuilles verticilles en toile. Arbrisseau Gomme Caranne, Caragne ou Cargne , ou Gomme de Caragne. Myrtacantha quadri-folia arbores- cens resinifera Gummi-Caranna fundens. Plum. Caranna, Monard. G. B. Pin. 5o3. Tlahuelliloca Quahuitl , ou Arbre de la Folie ; Arbor insania , Caranna nuncupata. Hernand. Mex. Caractres gnriques des Calabas. Genre de plantes fleurs polyptales , qui a des rapports avec les Mam- mei , le Mangoustan et le Camboge , et qui comprend des arbres exotiques dont les feuilles sont simples , op- poses et remarquables par la finesse de leurs nervures. Le caractre essentiel de ce geni e est d'avoir : Calice ^'phylle, color^ caduc -, corolle de quatre ptales owales, arrondis , concaves , ouuerls j les extrieurs plus petits ; tamiies Jiomhreuses j anthres oblongues , droites j ovaire suprieur^ stjle simple stigmate pais et obtus. Une noix arrondie , charnue^ renfermant un iioyau au centre duquel est une amande. ( t32) Cahactres particuliers. Quatre feuilles verticilles ^ baies grenues la surface. Histoire naturelle. Il existe encore diverses opi- nions sur l'arbre qui produit la Gomme Caranne. Le docteur Cullerier, l'article Gomme Caragne du Diction- naire des Sciences mdicales , dit positivement que cette substance provient d'une espce de Palmier-, qu'elle sort de son corce ou spontanment ou par des incisions ^ qu'elle nous est apporte de la Nouvelle-Espagne et des autres rgions de l'Amrique , en fragmens comme gra- nuls ; qu'on la trouve aussi en morceaux plus gros ; que cette gomme rsine est fragile, d'une odeur aroma- tique assez forte; qu'elle a une saveur faiblement rsi- neuse ; que l'alcool dissout les trois quarts de cette ma- tire , lorsqu'on la soumet son action, et que le rsidu est soluble dans l'eau. D'autres voyageurs l'ont appel Arbre de la Folie , Arhor insania , Caragna nuncupata (Hernandez). Puisqu'il existe une telle confusion sur l'origine de la Gomme Caranne , qu'il me soit permis , d'aprs Plumier , d'mettre mon opinion , et d'oser placer cet arbuste parmi les Brabei feuilles en toiles, au lieu des Fragons , les fleurs de l'arbrisseau qui nous occupe n'tant point insres au milieu des feuilles , mais au sommet des tiges, et par grappes. Au reste je ne l'ai rencontr qu'une seule fois Cuba, peu de distance et dans les bois qui bordent la baie magnifique de la ville de Sant-Iago. Quoi qu'il en soit, la Gomme Ca- ranne a beaucoup de proprits \ elle entre dans la com- position du fameux vernis de la Chine et de quelques ongucns. C'est une masse endurcie , gommo-rsineuse , tenace lorsqu'elle est frache, ductile comme la poix, ( i33 ) dure lorsqu'elle est vieille, friable, d'un gris brun ou d'un jaune ferrugineux, mais le plus souvent d un vert fonc comme celle du Tacamahaca -, d'une odeur pn- trante et assez agrable , lorsqu'on lallume -, d'une sa- veur visco-rsineuse , lgrement balsamique et un peu amre. On la trouve dans le commerce en masses en- veloppes dans du jonc. Elle dcoule en larmes. Caractres physiques. Cet arbre est assez grand, dit Hernandez 5 ses tiges sont fauves, lisses , brillantes, odorantes^ ses feuilles ressemblent celles de l'Olivier, et sont disposes en croix autour de la tige. Les fleurs sont blanches et ont beaucoup de rapport avec celles du Calaba(2^ vol., pi. 74)5 les baies de couleur de lie de vin sont garnies de petites protubrances verruqueuses 5 elles renferment une amande bilobe dont la pellicule est jauntre. Analyse chimique. Cette gomme rsine tant distille donne une huile essentielle thre de couleur jaune , d'une odeur agrable et aromatique , d'une saveur acre et amre. C'est cette huile seuje qui donne l'odeur et la saveur aux principes fixes gommo -rsineux. Proprits mdicinales. La Gomme Caragne a beau- coup de rapports avec celle de Galhanum et la Gomme Tacamahaca 'j cependant il est rare qu'on l'administre intrieurement. On l'associe aux drogues qui servent prparer des lotions vulnraires ou des empltres trau- matiques , nervins , anti-spasmodiques et rsolutifs , pour les blessures des nerfs et des tendons , la faiblesse des articulations, les tumeurs, le spasme de Teslomac, la lienterie, le vomissement, l'odontalgie , etc. On l'ajoute ( i34 ) aussi quelquefois aux fumigatoires utrins et forlifians \ on Tadministre souvent l'intrieur depuis six grains jusqu' un scrupule dans les affections rhumatismales ^ catarrhales, spasmodiques et convulsives. On prtend que son application externe soulage promptement les douleurs de la goutte et autres phlegmasies arthrodyni- ques, la migraine, etc. EXPLICATION DE LA. PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VIWGT- DEUX. L dessin est rduit moiti. 1. Fleur grossie. 2. Fruit entier. 3. Fruit coup transversalement . et dont on a retir l'a- mande. 4. Amandes. /2l'Zw . //. 4^3. M vvvvvvvv/vv\^/v>^*l^vv>lV>AV\vvv\AV>vv^^'v^(vv^^ EUPATOIRE LANGUE DE CHAT. {Dtersve. ) Stnontmie. Vulg. Liane langue chat. ^Eiipatorium scan- dens. Lin. Syngnsie polygamie. Jussieu, famille des Corymbifres. Eupatorium caule volubile , foliis oppo- sitis, cordatis, dentatis, acutis, viridibus ; floribus paniculato- corymbosis. Conyza seandens , solani folio anguloso. Plum. Mss., t. 11, p. 117. Eupatorium clematitis folio rigido anguloso. Plum. Est. n 1 o. Burm. Amer. tab. 99. Clematitis novum genus , cucumeris folio, virginianum. Pluk. Alm. t. i63, f. 3. En carabe : Bochtay ^ Bima- regali , Batel ^ Atttr. En anglais : Hemp-Agrimony, En espagnol : Eupatorio, Caractres gnriques des Eupatoires. Genre de plantes fleurs composes-flosculeuses , de la division des Corymbifres , qui a des rapports avec les Conizes , et qui comprend des herbes et des arbrisseaux feuilles presque toujours opposes et lleurs dispose'es au som- met de la tige et des rameaux en bouquets ou panicule corymbiforme , ayant leur calice commun , oblong et em- briqu , leur rceptacle nu et leurs semeuces couronnes ( >4o ) d'une aigrette plnmeuse. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un rceptacle nu ,- une aigrette plu- meuse , un calice imbriqu , oblong j un style demi-bi- fide , long. Cractties particuliers. Tiges volubiles feuilles cordiformes, dentes, aigus. (Yivace.) Histoire naturelle. Quelle confusion dans les syno- nymies quand on ne dcrit les plantes que d'aprs les livres ! Certains auteurs donnent le nom vulgaire de Liane langue de chat l'Eupatoire feuilles d'Arroclie et fleurs bleues, Eupatorium fji.it es cens ^ cruleo flore , atriplicis folio (Plumier) -, d'autres l'Eupatoire frutes- cent feuilles de lierre et fleurs pourpres , Eupato- rium frutescens lieder folio , floribus purpureis j ceux- ci l'Eupatoire grimpant feuilles de Morelle , Conjza scandens , solani folio anguloso , Pum. Nous penchons pour cette dernire dnomination , d'aprs nos propres observations et les communications qui nous ont t transmises par d'anciens praticiens et des naturels des lies que nous avons explores. Au reste, ces diverses es- pces dnommes ne diffrent que par leur port , car on les emploie dans les mmes circonstances, l'une dfaut de l'autre, tant doues des mmes produits chimiques. L'Eupatoire dont il est ici question crot dans les lieux aquatiques de la Viiginie *, on le trouve aussi aux An- tilles, la Guianc, File de Madagascar. On donne cette espce le nom vulgaire de Langue de chat cause de la forme de ses feuilles qui teignent en jaune. Caractres physiques. Les liges de cette plante grimpent et s'entortillent autour des supports qu'elles ( i4i ) rencontrent, et s'lvent, par ce moyen, plus de six pieds de hauteur ^ elles sont cylindriques , lgrement stries, glabres, d'un vert obscur, le plus souvent teint de rouge brun, et munies de rameaux opposs. Ses feuilles sont aussi opposes , ptioles , en cur , poin- tues ou en fer de pique, bordes de dents anguleuses et ingales, vertes des deux cts, molles et presque entirement glabres. Les fleurs viennent Textrmit des liges et des petits rameaux des cts \ elles sont purpurines, petites et disposes en panicules courtes et corymbiformes j leur calice est cylindrique, un peu anguleux, simple, compos de cinq folioles oblongues et obtuses-, il contient quatre ou cinq fleurons herma- phrodites, dont les styles sont saillans -, Taigrelte des semences est rousstre. (Eue.) Analyse chimique. Cette plante contient un principe amer, aromatique, de la fcule amilace, une huile vo- latile, un peu de rsine et de fer et du malate de chaux. Proprits mdicinales. Les racines odorantes de cet Eupatoire sont purgatives et hydragogucs. On ap- plique ses feuilles sur les tumeurs infiltres ^ toute la plante est regarde comme apritive, emmnagogue, et particulirement comme un puissant vulnraire dtersif. Poupe-Desportes assure avoir vu gurir en peu de temps des ulcres malins en trempant un plumaceau dans le suc de ses feuilles et l'appliquant sur la plaie. On s'en sert aussi fort utilement dans les cataplasmes rsolutifs , surtout dans les angines ; la dcoction des feuilles, ou les feuilles elles-mmes, gurissent les con^ Tome Vil . i 2 1 <= Lwraison . 1 3 C '42 ) tiisions , les meurlrissurcs et les plaies entames. Poupe-Desportes et plusieurs autres praticiens recom- mandaient le digestif suivant pour le pansement des blesss. Prenez : Liane Minguet (^Cissus cissjoides) ^ Eupatoire langue de chat, Herbe bl, de chaque une poigne ; suc d'orange sauvage, taffia, de chaque une livre -, essence de savon , quatre onces 5 gros sirop de bassine, une demi-livre. Faites bouillir les plantes dans un peu d'eau j passez et ajoutez la dcoction les autres objets. EXPLICATION DE LA. PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- QUATRE. Le dessin est rduit moiti. 1 . Fleuron mle du disque, 2. Fleuron femelle du contour. 3. Fleur de l'espce feuilles d'Arroche qu'on appelle aussi Langue de Chat. 4. Graine idem, 5. Feuille idem , pourvue de trois nervures. 'a 12 Z . Im /"/:. 4SS. TAectijiv .O'fjfvurnZ'i. PuiJC erat -. cru^ rmAm''F a vi^vn^ m^^^^,^ ( i43) lVVV'\^(ii\V^iVV\"VVVVVVV\VVVVVVVVVVVVVV^VV\VVVVVVVW/V\ VVVVVVVVVV'VVVVVrt^vV'VVVk VVV\V\VVVVW(/V\ vw PRP A FLEURS ROSES. (^Dterswe.) Synonymie. Vulg. Figuier maudit marron. Clusier fleurs roses. Clusa rosea. Lin. Polygamie monocie. Jus- sieu , famille des Guttiers. Clusia foliis aveniis , coroUis hexapetalis. Lin. Syst. Plant, vol. 4j p. 328. Jacquin, Stirp. Americ. p. 270. Clusia flore roseo major, fructu subviridi. Plum. Gen. 21. Cinchramidea arbor, saxis adnascens ; obrotundo , pingui folio , fructu pomiformi. Pluck. Alraag. 92, tab. 107, f. 2. Catesb. Carol., 2, p. 99, tab. 99. Amat-Castic. Hist. des Voyages, vol. 12, p. 608. 1 Figuier maudit franc. Ficus americana, maxima, sylvestris , foliis crassis, rigidis,in summitate cir- cinatis , in infirma parte acuminatis, glabris, fructu ro- tundo , coronato , glutinoso. Cou'ahu des Carabes. CArvACTR.ES GNRIQUES DES Prps. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Guttiers, ayant des rapports avec les Garcinia , qui renferme des arbres garnis de feuilles grandes , opposes, entires*, de fleurs pdoncules, axillaires , terminales, presque solitaires. Tome VIL 122^ Lwraison. \V ( j44) munies de petites bractes sur leurs pdicules, et dont souvent un des organes sexuels avorte. Le caractre es- sentiel de ce genre est d'avoir : Un calice de quatre six folioles et plus j une corolle de quatre six ptales ; un grand Jiombre dtamines j point de style j un stig- viate sessile ^ en forme de bouclier^ enrayons diuer- gens j une capsule de quatre douze loges , s^ ouvrant longitudinalement en autant de imli^es j semences petites, recouvertes d'une pulpe succulente. Caractres particulieplS. Feuilles sans nervures ^ corolle de six ptales ^ capsules contenant un suc gomnio - rsineux. Histoire naturelle. Ce bel arbre croit sur les rochers desiles Antilles , particulirement d'Hati, de la Jamaque et de Cuba, ainsi c[ue sur les racines des autres arbres, comme parasite. Toutes les parties de cet arbre laissent couler un suc visqueux et balsamique dont les organes sexuels et Tintiieur des corolles sont presque toujours imprgns^ aprs une prparation convenable , il sert radouber les vaisseaux. Ce bitume paissi sur des fourneaux brlans A la fureur des flots les rend impntrables. Cet arbre brai , sous l'influence d'un soleil actif qui fait gercer son corce , donne une rsine en masse ou en petits grains , d'abord blanche , mais qui durcit et jaunit au contact de l'air, d'une odeur dsagrable si on en reoit la vapeur par le moyen des charbons allu- ms. On l'emploie pour fixer les outils de fer et les ar^ ( >45 ) mes dans leurs manches o on la fait couler bouillante^ Ce suc gommo-rsineux sei t de colle aux relieurs qui remploient pour prserver leurs ouvrages des insectes. Les pcheurs en enduisent leurs filets. Le bois est trs- ductile et sert aux Ngres pour la fabrication de leurs ustensiles de mnage , tels que gamelles , sbiles , cuillres, etc. Le suc gomraeux forme un excellent caoutchouc, car VHepea n'est pas le seul arbre qui le produise ^ on le retrouve encore dans VUrcole lastique qui croit aux Indes-Orientales. Les Chinois en font leurs bagues lastiques ; on le retire aussi , selon Tussac , du Cecropapeltata^ du Jatropha elastica^ de V Aitocarpus integrifolia , de VU) ppo?nane higlandulosa , etc. On sait, d'aprs des expriences certaines, que le caoutchouc possde la prcieuse qualit de dtruire la rouille , avan- tage immense pour le besoin des vaisseaux. Caractres physiques. Le Prp Heurs roses s'- lve la hauteur de vingt ou trente pieds , sur un tronc qui se divise en branches tales , garnies de feuilles op- poses, ptioles , trs-entires, en ovale renvers, fermes , coriaces , marques transversalement de stries obliques et parallles leur face infrieure , trs-lisses leur face suprieure, arrondies leur sommet, et quelquefois un peu chancres, rtrcies leur base, et portes sur des ptioles trs-courts. Les fleurs sont axillaires , souvent terminales, soutenues par des p- doncules pais , courts , quelquefois simples , plus sou- vent deux ou trois fleurs , garnis, la base, de brac- tes courtes, obtuses, cailleuses. Chaque fleur est compose d'un calice color , divis n six folioles presque rondes , concaves , obtuses , ou- ( '46 ) vertes , presque imbriques, dont les deux iutermdiaires sont une fois plus petites que les deux intrieures et une fois plus grandes que les deux extrieures*, la co- rolle est grande, de couleur rose , compose de six p- tales presque ronds, concaves, obtus, trs-ouverts, termins par un onglet pais et court; les tamines sont trs-nombreuses, leurs filamens droits, oblongs , su- buls, rangs sur deux rangs autour de l'ovaire et de la mme longueur , sans antlires dans les fleurs femelles ; l'ovaire est cylindrique , presque en forme de colonne , plus court que le calice et marqu de stries formes par l'impression des filamens, surmont d'un stigmate ses- sile, orbiculaire , convexe, ombiliqu , divis en huit rayons gaux 5 il lui succde une capsule verdtre , grosse, presque arrondie, obtuse, huit ctes, divise en huit loges et en autant de valves paisses, coriaces et recouvertes chacune par un rayon du stigmate. Elles contiennent des semences nombreuses , ovales, obtuses leurs deux extrmits , places dans une pulpe paisse et molle , attaches un placenta central ovale , presque arrondi , trs-grand , creus profondment par huit sillons, et dont les angles forment autant de cloisons. (Enc. ) Plusieurs auteurs ont confondu le Prp avec le Figuier maudit franc, n 2, dont les troncs ont quel- quefois dix pieds de diamtre -, dont les racines sont disposes en arcs-boutans , l'corce grise , rougissant l'air. Cet arbre immense, la gloire de la vgtation, procure le plus frais ombrage ; il sort de ses branches horizontales des racines non chevelues ou baguettes qui vont se rendre terre , s'y enfoncent , y prennent ra- cine et multiplient l'espce. ( >47 ) Analyse chimique. Le suc laiteux ou caoutchouc contient les mmes principes que VHevea (^vojez ci- dessus II 3*^ livraison)*, il est inodore et inflammable. Cette rsine abondante est un peu caustique et sert tuer les Chiques. Proprits mdicinales. Les feuilles du Prp sont dtersives , employes en lotions et en bains \ l'corce est cosmtique. Rheede attribue la vapeur de la dcoc- tion des fleurs et des feuilles , la proprit de gurir les douleurs de dents, et de tuer les vers qui y rsident. Les jeunes feuilles broyes dans l'eau , et le jus des fruits encore verts desschent lesaphthes et les crevasses de la langue ; la dcoction de l'corce raffermit les gen- cives , purge les reins et la vessie. Bouillie dans l'huile elle gurit les ulcrations des oreilles et le tintouin 5 les bains composs avec les racines et l'corce gurissent la lpre et les douleurs arthritiques ; quelques Ngres em- ploient le suc du Prp pour remplacer la Scammone, mais je ne m'y fierais pas. EfPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- CINQ. Le dessin est rduit au tiers. Branche d'o transsude la gomme rsine. 1. Filet. 2. Etamines. 3. Fruit entier. 4. Portion du fruit laissant voir les graines et la pulpe rsineuse. ( >48 ) fc\V\'VV\W VXX'VWW^^VA W\V\'V\% .WWVW1VV\'V\'VV\VV> i(V V\VVV'\V>VV\\\VWVVVMVV>\\'WV>(W\\V OPHIOGLOSSE RTICUL. (Diersiye.) Synonymie. Vulg. Serpentine. Langue de serpent. Herbe sans couture. Opbioglossum reticulatum. Lin. et Jus- sieu, classe des Fougres. Opbioglossum folio cordato , reticulato. Lamarck. Opbioglossum cordatum et reticu- latum. Plum. Fili. i4i,tab. 164. Opbioglossum spicalum, folio cordato. Brown. Am. 108. Tsjeria-Valli-Pana, lheed. vol. XI L CArvACTRES GNRIQUES DES Ophioglosses. Geiire de plantes cryptogames, de la famille des Fougres, qui a des rapports avec les Osmondes et les Onocles, et qui comprend des herbes tant indignes qu'exotiques dont le caractre essentiel est d'avoir : la fructification dis- pose sur un ou sur plusieurs pis linaires , articuls : elle est constitue par deux rangs de capsules globu- leuses qui s'ouvrent transversalement ^ Caract^res particuliers. Feuilles cordifornics. Histoire naturelle. Le mot Opliioglosse est driv /22f/.m. F/.4S6. \ V - T'Aeoiitrc /i\rriytin>Z\. Ptn,~ /W-ee Scu^ oriiiO(ri.08SE, nETim^E ( '49 ) des mots grecs 0/^/1/5, serpent, et glossa^ langue. Ou en trouve partout aux Antilles, et particulirement la Guadeloupe , dans les fonds humides des bois , et dans les endroits montagneux o il y a des sources. L'O- phioglosse , l'Ananas , le Biliai , le Bananier , s'ac- cordent Penvi pour offrir au voyageur le coup-d'oeil i3nchanteur d'une courtine de verdure recouvrant les cascades qui entretiennent la fracheur. Quel air pur on respire en ces lieux levs ! Peut - tre n'y-a-t-il de marais infects sur le globe que dans les lieux o les hommes ont dtruit les plantes dont les racines, dit Bernardin de Saint - Pierre, absorbaient les eaux de la terre, et dont les feuillages repous- saient celles du ciel ! Caractres physiques. Cette plante se rapproche beaucoup de l'Ophioglosse vulgaire par ses deux feuilles en gaines Tune dans l'autre , l'une extrieure et strile, l'autre intrieure et fertile:^ la feuille extrieure est porte sur une espce de long ptiole troit -, elle est en coeur, chancre sa base, arrondie, haute d'un pouce et demi , sur peu prs autant de large , lisse , verte, rticule d'une manire remarquable*, d'abord les nervures de l'extrmit du ptiole jusque vers le milieu de la feuille sont droites , runies en faisceaux : elles s'cartent ensuite et se rpandent du centre la circonfrence , en formant un rseau compos de maill.^s ingales. La feuille intrieure beaucoup plus longue que la premire, trs-troite, est termine par la fructifi- cation. Analyse chimique. La dcoction de la plante est noircie ( 5o ) par raddition de sulfale de fer \ on en retire un extrait aqueux d'une saveur amre et astringente , et un prin- cipe rsineux -, les racines donnent du mucilage , du tannin et un peu d'acide gallique. Les cendres produi- sent de Talcali vgtal. Proprits mdicinales. Selon Rheede les feuilles de cette plante bouillies dans du lait offrent un alexitre capable de neutraliser le poison qui cause des douleurs d'entrailles ; on sent tout le poids d'une pareille asser- tion. Plusieurs habitans des Antilles m'ont assur l'avoir employe avec succs intrieurement et extrieurement comme vulnraire 5 comme Uniment on la fait bouillir dans de l'huile qui est trs-estime parmi les insulaires pour le pansement des plaies et de la brlure -, quelques- uns font usage de la dcoction de toute la plante en gar- garisme dans les angines muqueuses et atoniques , et dans les ophtalmies de mme nature. On l'estime propre faire scher les dartres farineuses ^ dans ce cas on les lave souvent avec le suc de toute la plante. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE- YINGT-SIX. Le dessin est rduit au sixime. 1. Portion de l'pi rduit moiti. 722^ l. ^l 487- TAtuvrf J^j'cour/x /"iruc /'tirer Jcu^- J^VMJSJT EBiK.VK ( i5i ) ;^/VW\iVVV/VV%*>/Wv V\ ^ WvVVVW jvV/VVVVVVVVVVVV/VVVVVVVVVVVVV'VVV\lVVVVVVV/VVVVVVV\VV'i/VVVWV\iVVVV ASPALAT EBENE. (^Dtersive.) Synonymie. Vulg. Gras de Galle, ou plutt Bois d'Ebne. Ebnier noir. Aspalatlius ebenus, foliis ag-gregatis obo- vato-oblongis subts tomenlosis, pedunculis bifloris, legu- minibus bilobis , dispermis. Lin. Diadelphie dcandrie. Jussieu , famille des Lgumineuses. Aspalathus arborons seu pseudo-ebenus buxi folio , flore luteo patulo , siliqu. lata brevi chartace. Sloan. Jam. Hist. 2, p. 3o, t. 176, f. 1 . Brja arborescens erecta spinosa , foliis confertis floribus geminatis. Brown. Jam. 299 , tab. 3i , f. 2. Spar- tium portulacae foliis, aculeatum, ebeni materie. Plum. Spect. 19. Burm. Amer. t. 246, f. 1. Tournef. 645. Ebenus jamaicensis. Pluk. Alm, i32,tab. 89, f. 1. Caractres GNRIQUES botaniques. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Lgumineuses , qui a de grands rapports avec les Gents , et qui com- prend des sous-arbrisseaux la plupart trs-rameux, diffus, et dont les feuilles simples et fort petites naissent par faisceaux alternes. Le caractre essentiel de ce genre est ( >5-^ ) d'avoir : Un Calice monophylc cinq dcoupures j seg- ment suprieur plus grand ^ lgume ouale , sans poils, comme disperme ; fleurs presque sessiles , latrales ou terminales. V Caractres particuliers. Feuilles agrges , comme ovales, oblongues, duvetes en dessous; pdoncules biflores ; lgumes deux lobes , deux semences. (Vi- vace.) Histoire naturelle. Cet arbrisseau utile croit aux Antilles et particulirement Hati , Cuba , la Ja- maquc dans les lieux pierreux et les bois. Partout dans ces forts on voit noircir l'Ebne. Aussi les bnistes recliercbeut-ils le bois de cet ar- brisseau pour fabriquer leurs ouvrages de marqueterie. On en trouve des halliers entiers o se plaisent les Cocot- zins , cbarmante tourterelle d'Amrique , la plus petite de ce genre. Ils y passent leur vie , y font leur ponte , et quand un INoir vient baliser ou arraclier ces ar- bustes, les Cocotzins effrays sont obligs de fuir et do cbercber d'autres pnates ; alors comme le dit Castel ; Nous ne saurions leur rendre Le bocage o leur voix aimait se faire entendre, Ni les plaines de l'air, ni les buissons heureux Tmoins de leurs plaisirs, confidens de leurs feux. Au premier aspect de l'Aspalat, on est tonn de l'exi- gut de son feuillage qui semble peine suffire pour (i53) enuctcnir sa vgtation j mais on le conoit bientt en pensant, avec l'auteur des Harmonies de la INature, que quand les feuilles d'un arbuste des terrains secs et arides sont trop petites et en trop petit nombre pour suffire au recueillement des pluies ncessaires sa vgtation , la nature pourvoit sa nutritiou d'une autre manire \ car si les feuilles sont petites, les racines sont fort longues, et les premires ont, dit-il , le caractre montagnard, c'est--dire qu'elles sont concaves et se dirigent vers le ciel pour recevoir l'humidit arienne ! On fait de trs-jolis manches de couteaux marbrs de noir et de jaune avec cet arbuste. M. Virgile Bois Bus- caille , mon parent , alors habitant du Gros-Morne (Hati), me lit cadeau d'une canne faite d'une tige de cet Aspalat, qu'on regardait infiniment prcieusr tant pour le rehaut jasp de son coloris que pour sa taille et sa grosseur. Elle avait six pieds et n'avait aucun dfaut. Les habitans du Gros-Morne l'avaient destine l'ami-* ra de Grce qui avait cette taille. Le dpart imprvu de cet illustre marin laissa la canne en la possession de M. Bois Buscaille. Les bnistes et les tabletiers en Eu- rope ont trouv l'art d imiter le bois d'Ebne avec le poirier et d'autres bois durs qu'ils colorent avec une dcoction chaude de noix de galle. On se sert d'une brosse rude pour appliquer cette couleur sur le bois , et d'un peu de cire chaude pour donner le poli. Caractiies physiques. C'est un arbrisseau de six huit pieds de hauteur, dont la lige rameuse , souvent tortueuse , est un peu plus grosse qu'une canne sucre et a son bois dur, d'un pourpre noir, jasp de jaune , ( '54 ) et qui est revtu d'un aubier blaiiclilre. Son corcc est gristre , ride et parseme de tubercules noirtres ; ses rameaux sont grles, longs , feuilles, et entrecoups par quantit de petits nuds, cbacun desquels sort une pine courte , forte et crochue ^ les feuilles sont nombreuses, ovales-elliptiques, presque sessiles, peu prs de la grandeur de l'ongle , un peu charnues , velues et blanchtres en dessous, et viennent communment plusieurs ensemble chaque point d'insertion. Les fleurs sont jaunes, latrales , souvent gmines , un peu plus petites que celles de nos pois ordinaires. Elles produi- sent des gousses courtes , enfles , presque deux lobes , plus larges et arrondies leur sommet , et qui renfer- ment chacune deux semences rniformes. Analyse chimique. L'corce contient de l'acide gal- liquej et les fruits sont d'abord acerbes, puis mucoso- sucrs lors de leur maturit. Proprits mdicinales. La dcoction des feuilles et le marc dtergent les malingres ou ulcres*, les fleurs et les siliques servent dans les coqueluches accompa- gnes de fivres et de cphalalgie lorsqu'on doit recourir aux purgatifs. Les siliques agissent la manire du sn. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- SEPT. Le dessin est rduit moiti 1. Calice et faisceau d'tamines. 2. Graine. /22 *: J^t /'/ 488. jept^jy: ^^rcourU^ W^c jPcrt kTcu^ TimV.SV. WJ^\Mmn'\\\VhA\V^ BLETE^. ( i55) CVVWVV/VWVVVVVVVV\A\'lA.'\A'VVVV\VVV'VVVVVVVVVV\VVVVVVXV\'VX\\V\>;V\^AA\VV^ TRONE D'AMRIQUE A FLEURS BLEUES. ( Dtersif. ) Synonymie. Ligustrum floribus ca3ruleis, buccis croceis. Pliim. Lin. Diandrie monogynie. Jussieu , famille des Jas- mines. Caractres gnriques des Trones. Genre de plantes dicotyldones , fleurs compltes , monoptales , rgu- lires , de la famille des Jasmines , et qui comprend des arbrisseaux indignes de l'Europe et exotiques dont les feuilles sont opposes, les fleurs terminales, panicules. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice quatre dents j une corolle quatre lobes , le tube court; deux tamines ,* un style ; une baie deux loges et quatre semences. Caractres particuliers. Feuillage diversement nuanc: feuilles lgantes, disposes par quatre autour de la tige -, fleurs bleues cinq ptales terminales en pis lches; baies jaunes, quatre semences. Histoire naturelle. Ce Trone , d'un aspect agra- ble, mriterait d'tre rapproch des habitations et de faire ( i56 ) partie des jardins d'agrment. Son feiiiilage offre des nuanees opposes , et a une forme lgante ^ ses fleurs d'un beau bleu tonnent les regards dti botaniste accou- tum ne trouver que des fleurs blanches dans cette famille. Le limbe de la corolle diffre de celui du Trone en ce qu'il est divis en cinq parties au lieu de quatre ^ les baies ne sont gure recherches que parles oiseaux. On multiplie ce joli Trone par marcottes, et on greffe avec des Trones communs , mais qui rclament la serre chaude pour l'hiver. Ses rameaux souples servent faire des paniers , des nattes pour la pche , etc. CARACTiiRES PHYSIQUES. Lcs tigcs de cct arbrisscau s'- lvent la hauteur de sept huit pieds, et sont divises en ran)eaux nombreux, opposs, glabres , cylindriques , tals, flexibles, d'un rouge brun, garnis par inter- valles de quatre feuilles disposes en croix autour de la lige, mdiocrement ptiolcs, ovales-lancoles, lisses, crneles, les unes d'un vert gai, les autres fouciles , selon le degr de leur accroissement , de violet, de cou- leur de sang et de rouille. Lcs fleurs bleues sont disposes en thyrses Texlrc- mit des rameaux, alternativement fixes, un peu s- pares, munies de bractes courtes, situes la base des ramifications. Le calice est court , urcol ; la co- rolle bleue tubule , divise son limbe en cinq lobes arrondis , les anthres blanchtres , le style trs-court \ des baies jaunes comme ombiliques quatre divisions -, les graines sont anguleuses. Analyse chimique. La dcoction de celte plante noircit par l'addition du sulfate de fer. ,( i57 ) Proprits mdicinales. Les fleurs et les feuilles de ce Trone offrent aux infirmiers des vertus dtersives et vulnraires qu'ils savent mettre profit dans les am- bulances pour les dcoctions destines au pansement des blesss. Leur dcoction est aussi recommande en gargarisme dans les angines et les ulcrations de la bouche , ainsi que pour raffermir les gencives saignantes des scorbutiques. On prescrit souvent l'eau distille des fleurs pour modrer l'inflammation des yeux et les cuis- sons douloureuses des blessures. On lui associe ordi- nairement et comme anti-plilogistique l'actate de plomb liquide ^ quelques Ngres font entrer les racines de ce Trone dans les tisanes qu'ils prescrivent hors la p- riode inflammatoire de la blennorrhagie , et pour en ar- rter l'coulement. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- HUIT. Le dessin est un peu rduit. 1. Capsule ouverte. 2. Graine. Tome VII. 122^ Lmaison^ i3 ( i58 ) \^A'\A/%Vl^'VV%^rt/A/V%VV'*.V\\VVA\VA\V\-VV\V\A\\^\/V^^V'\\AA\A-^\/V^\^ / \ MANGOUSTAN DES CELEBES. {Dtersif.) Synonyiviie. Vulg. Oxjcarpe des Indes. Brindonnier, Brin- donne. Garcinia celebica. Lin. Dodcandrie monogy- nie. Jussieu, famille des Guttiers. Garcinia dioica foliis ovato-lanceolalis ;floribus fmineis, solitariis,subsessilibus. Lamarck. Mangostana celebica. Rumph. Amb. vol. i , p. i34, tab.44' Brindones indici , fructus rubentes acidi, J. B. Hist. 1 , Par. Pr. , p. 89. Rai. Hist. 2 , p. i83i. Brindcira. Hist. Gen. des Vojag. in-4 , vol. 11, pag. 1642. Cauctres gkrioufs des Mangolstans. Genre de plantes fleurs polyptales de la famille des Cistes, qui a des rapports avec les Clasia et les Mamnica^ com- prciiaiit des arbres exotiques feuilles simples, oppo- ses, et fleurs ordinairement solitaires et terminales, auxquelles succdent de grosses baies qui passent, dans une des espces, pour les meilleurs fruits du monde. {Voyez volume i*' , pi. ^3, p. 116.) Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : ZTn ToMP V H . 1 2 3^= Livraison . yjylV/^' n. 4S.. ,ieodore e^rcu/rfy/x /fcc fere. Scu^- mknAimwv\-% %%\% rEi/EiE^ ( ID9 ) ^'^ calice ttraph) lie ; quatre ptales ; environ seize tnmi- nes'j un stigmate sessile , plusieurs lobes j une haie mul- tiloculaire , polj sperme , couronne par le stigmate. Caractres particuliers. Feuilles lancoles -, pdon- cules liitlores ^ fleurs dioques. (Vivace.) Histoire naturelle. Le Mangoustan des Clbes a tant de rapports avec l'Oxycarpe des Indes indiqu par M. Du Petit-Tliouars , que je n'en fais qu'une espce. Cet arbre croit trs- promptement , vient sans difficult et trace beaucoup-, les feuilles ont une saveur aigrelette *, les fruits restent long-temps acides^ leur saveur, lors- qu'ils sont dans une parfaite maturit, approche un peu de celle des fruits du Mangoustan cultiv. On en compose une gele excellente et un sirop pectoral, ra- frachissant, dit Lamaick , qui est d'un usage journalier Mah , ses fruits sont employs dans la teinture , et leur corce a des proprits astringentes et sert faire du vinaigre. Il dcoule des incisions faites l'arbre un suc glutineux, laiteux et jauntre, qui donne une espce de gomme gutte. Ce Mangoustan crot naturellement dans les Indes-Orientales, et se trouve aussi Tle de Bourbon et dans plusieurs les Antilles. Caractres physiques. Le Mangoustan des Clbes , Oxy carpe des Indes ou Brindonnier, est un arbre peu lev, qui a la cime touffue , large et lgante. Les ra- meaux sont glabres, un peu stris , lgrement ttra- gones et revtus d'une corce gristre ou d'un ror.ge sale ; les feuilles sont opposes ;, nombreuses , ovales- lancoles , pointues aux deux bouts, entires, glabres, vertes des deux cts , beaucoup moins grandes et moins i3^ ( ,6o) paisses que dans le Mangoustan cultiv, rtrcies la base en de courts ptioles -, ces feuilles ont trois ou quatre pouces de longueur sur une largeur de dix-huit vingt lignes-, il part de leur cte moyenne des nervures obli- ques , peu saillantes et peu nombreuses ; la base du ptiole est rouge du ct qui s'attache au rameau ; les fleurs sont uni-sexuelles et viennent sur des individus diffrens \ les fleurs mles sont solitaires , portes sur des pdoncules longs d'environ trois lignes, et parais- sent communment disposes au nombre de trois Tex- trmit des rameaux , savoir une dans chaque aisselle des deux feuilles suprieures , et la troisime tout--fait terminale ^ elles ont un calice de quatre folioles ovales , obtuses, un peu scarieuses sur les bords ^ quatre p- tales concaves , d'un blanc sale , l'intrieur desquels on voit beaucoup d'tamines presque sessileS;, serres les unes contre les autres j les fleurs femelles sont ter- minales, solitaires, peine pdoncules -, elles ont le calice et la corolle peu prs comme dans les fleurs mles ; l'ovaire est arrondi et surmont d'un stigmate sessile , orbiculaire, aplati, ordinairement huit lobes ; il n'est pas rare de trouver dans ces fleurs un petit nombre d'tamines. Les fruits sont globuleux, d'un rouge jauntre, ou safrans , quelquefois violets , cou- ronns par le stigmate , et un peu plus gros que la pomme d'api dont ils ont assez la forme (Enc.) Analyse chimique. Le suc jaune qui dcoule , par incision , de ce Mangoustan, donne une espce de rsine aromatique recherche par les gurisseurs. Le fruit fournit un acide balsamique , et l'corce du tannin. Proprits mdicinales. Le sirop que l'on fait avec ( i6i ) ies BrinJonnes est acide et rafracliissant -, il est tis- agrablc boire , et dsir par les malades qui sont at- teints de fivres aigus ou pernicieuses. On fait des lo- tions sur les plaies avec ce sirop tendu d'eau , ou avec la dcoction du feuillage. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- NEUF. L dessin est rduit moiti. 1. Fleur femelle ouverte. 2. Fruit. 3. Graine. 4. Fleurs mles. ( l^ ) >'WWWVVVVVVWVWli'WW*WV\'WVW WVWVVWv'WVX^VW vVVvWVW WvWlWVW^'VVi'Wv'W'- WVW VV* PISTIE STRATIOTE FLOTTANTE. ( Diersive.) Synonymie. Vulg. Codapail flottant. Plantain de l'Inde. Pistia Stratiotes foliis obcordatis. Lin. Flor. zeyl. 32 2. Id. Spec. PL vol. 2 , p. i365. Gynandrie iexandrie. Jussieu, famille des Morrnes. Pistia foliis obcordatis ; limbo coroll apice lingulato, recurvo. Lam. lUustr. Gen. PI. 733^ f. 1. Jacq. Stirp. Amer., p. 234 j tab. i48. Aublet, Guiane , vol. 2 , p. 834- Pistia aquatica villosa; foliis obovalis , ab imo venosis; floribus sparsis, foliis in- sldentibiis. Brown. Jam. 329. Kodda-Pail palustris , folio oblongo , spongioso. Plum. Gen. Amer. p. 3o, tab. 39. Kodda-Pail, Rhced. Hort. Malab. ii, p. 63 , tab. 32. Sloan. Calai. 1 , Hist. 1 , p. i5, tab. 2, fig. 2. Plantago aquatica. Riimpb. Amb. 6, tab. 74. Sedum indicum. Catiactres GNRIQUES DES PiSTiES. Genre de plantes fleurs incompltes , de la famille des Morrnes , qui comprend des herbes aquatiques exotiques l'Europe , dont les feuilles sont toutes radicales , les fleurs axil- laires , et solitaires. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoii : Une corolle tubiile , entire , largie en /23' jLw /'/. /^.7 Pcm- .feu/- ( i63 ) languette, six ludt anthres fixes sur un disque mem- braneux; une capsule une seule loge dans le fond de la corolle. (Enc.) Caractres particuliers. Feuilles spaluleuses , pais- ses et tissu cellulaire , vgtant la manire de la Lentille d'eau. Le nombre des tamines varie depuis trois jusqu' huit. Histoire naturelle. Le Codapail flottant crot dans les eaux stagnantes , dans les Indes et en Amrique , Saint-Domingue , au Brsil, etc. On en observe des masses considrables sur les rivires profondes et tranquilles , comme celle de l'Esterre Eati. C'est au milieu de ces plantes feuilles presque perpendiculaires que l'on voit se jouer les jakanas, les martins-pcheurs et autres oi- seaux qui frquentent les rivages pour surveiller leur proie. Caractres physiques. La Pislie est une plante aqua- tique 5 d'un port agrable , qui tale la surface de Feau une belle rosette de feuilles d'environ un pied de diamtre, portes immdiatement sur le collet de la racine, la plante tant dpourvue de tige. Ses racines sont longues d'environ un pied et demi , garnies dans toute leur longueur de chevelus nombreux, trs-fins, presque simples. Les feuilles sont entires, larges, presque cuniformes, rtrcies leur base, ar- rondies et quelquefois chancres leur sommet , paisses, un peu spongieuses , lanugineuses leur base, blanchtres et pubescentes en dessous , d'un vert tendre en dessus, trs-variables par leur grandeur et leur nombre. ( '64) Les fleurs sont blanchtres, axillaires , solitaires, un peu pdoncules; la corolle est tuhule , irrgulire, velue extrieurement , termine en un limbe en lan- guette ou en forme d'oreille , qui parat varier par ses formes, en juger d'aprs les figures qu'en ont donnes les auteurs. Dans Plumier, ce limbe se rtrcit en une languette troite , recourbe (c'est l'espce que je dcris ici)-, dans Rlieede, il est largi en forme d'oreille, chan- cr et obtus au sommet, tandis que, dans Jacquin, ce mme limbe a son sommet entier aisfu. Ces formes sont- elles des varits, dit Poiret, ou appartiennent-elles des espces distinctes ? Analyse chimique. On retire de toute la plante un extrait amer et astringent, mais trs-peu aromatique. PROPPaTs MDICINALES. Cette plante est en grande rputation dans l'Inde o on l'emploie comme anti- dysentrique ou bchique en la combinant avec le sucre et la gomme pour faire cesser la toux convulsive ou ci- catriser les ulcrations rcentes des poumons, que fait connatre une bnioptisie suivie d'une expectoration pu- rulente. La racine ajoute au Cumin provoque les d- jections alvines, arrte ou modre le tnesme qui est si frquent et si fatigant aux colonies. On emploie sa tein- ture alcoolique intrieurement et extrieurement dans le lumbago^ mais sa vertu principale, celle qu'il n'est pas permis de rvoquer en doute , fait rechercher la Pistie dans le traitement des maladies vnriennes. On fait, avec ses feuilles broyes et rduites en poudre , des bols employs dans les maladies vnriennes, la dcoc- ( >65 ) lion de toute la plante sert dterger les ulcres de cette nature. Mode d'administuation. La dose de cette plante est d'une poigne pour deux pintes d'eau qu'on fait rduire d'un tiers ^ celle de la teinture alcoolique d'une once; enfin celle de la poudre, d'un gros un gros et demi. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- DIX. La plante est rduite au tiers. 4 . Organes sexuels dtachs de la corolle j six anthres autour d'un disque membraneux et capsule unilocu- laire. 2. Capsule coupe transversalement pour laisser voir les graines. 3. Graines. ( Ili) WVW^ VV^WWV> VWVV \V1^VV%/VVVVV>W\'WA'VV\'VV VV'VV\'X/V\ W^/W^Wt W\ VWVtiWt VV^WWVt VVXWi CROTON A FEUILLES DE GERMANDRE= ( Dtersif. ) Synonymie. Vulg. Le petit Manihot. Croton Chamaedrifo- lium , follis subeordatis serratis glabris, spicis terminalibus. Lam. Lin. Moncie monadelpbie. Tournefort. Rici- nodes. Jussieu, famille des Euphorbes. Manihot mi- ni ma, Chamaedrifolia. Pliim. Spec. 20. Burra. Amer. t. 172, f. 2. Urtica minor iners spicata , folio subrotundo serralo^ fructu tricocco. Sloan. Jam. Hist. 1 , p. 126, t. 82 , f. 3. Rai. Suppl. 106. Tlaelpatlis. Hern. Mex. 298. Caractres gnriques des Crotons. Genre de plantes fleurs incompltes , de la famille des Euphorbes , qui a de grands rapports avec les Mdeciniers et les Ricinelles, et qui comprend des herbes, des arbrisseaux et des ar- bres feuilles ordinairement alternes , et fleurs petites disposes en grappe, ou quelquefois en panicule. Le ca- ractre essentiel de ce genre est d'avoir : desfieurs mo- noques. Mle. Calice cylindrique cinq dents j corolle de cinq ptales; dix taniines ou quinze. Femelle. Calice poljplijlle j corolle nulle; trois styles bifides ; capsules trois loges; une semence. jzii'lm /-'/. ^E ti^E^lANBBSf: ^:. ( i67 ) Caractres particuliers. Tiges, pis, friiiis et ra- cines de couleur iacpie. Histoire naturelle. Cette plante charmante croit aux z\ntiles, et particulirement la Jamaque, Hati, dans les prs secs de Logane. On y trouve aussi plu- sieurs autres espces qui jouissent des mmes proprits mdicinales, tellesque : i le Croton balsamier ouPetit- Banme, bois de Petit-Baume , Croton Balsamifera, Lin. Ricinoides verbacifolio minor , Plum. , ou ylloinnarou^ swe Sediim arborescens halsamiferinn folio angiistiore siihincano ^ Vail. Cal. Mis., p. 198. Cet arbrisseau, qu'on trouve communment la Martinique , se plat dans les lieux arides *, son corce est recouverte d'un duvet jaune rougetre. On obtient, par les incisions faites au corps de l'arbre , un suc pais , d'un jaune rutilant , dVnc odeur trs-suave, et employ pour la gurison des plaies. Les habitans de la Martinique, dit Vamont-Bo~ mare , distillent cette plante avec l'esprit de vin , et en obtiennent une liqueur spiritueuse qu'ils appellent eau de menthe. 2. Le Croton feuilles de chtaignier et lige herbace , Croton castaneifolium ( Acalypha aus- tralis) <) Lin. ; Ricinoides ame ricana castane folio y Plum., Spec. 20. Observ par le P. Plumier Hati , au quartier de Logane , dans les lieux marcageux. Caractres physiques. Le petit Croton n'a aucun rap- port, dit M. de Lamarck, avec le Tragia mercurialis ^ ni avec V Acalypha indica , dont les pis , de pari et d'autre , sont axillaires , et auxquelles plantes , fort dif- frentes entre elles, Linn cependant rapporte les syno- nymes de Plumier et de Sloane , qui appartiennent ( i68 ) videmment la mme. D'ailleurs, ses fleurs mles ayant beaucoup d'tamines, comme Plumier le dit positivement dans sa description manuscrite, et comme il en donne la figure, nous croyons, continue M. de Lamarck, de- voir ranger cette plante parmi les espces de Croton. Ses racines sont couleur de carmin ^ sa tige, de mme couleur carmine, pousse plusieurs tiges menues, cour- tes , plus ou moins droites, rameuses, feuilles, et peine longues de quatre cinq pouces. Ses feuilles sont alternes, un peu plus petites que celles de la Germandre officinale, presque en coeur, crneles ou dentes, p- lioles et d'un beau vert. Les pis sont menus , termi- naux , d'un beau rouge carmin , et chargs de fleurs si petites , qu'on ne peut les examiner qu'avec le secours d'un microscope ou d'une bonne loupe. Les fleurs mles qui occupent la partie suprieure de l'pi , ont un calice pourpr quatre divisions, et un grand nombre d'ta- mines trs-blanclies^ les fleurs femelles, situes au-dessous des mles sur le mme pi , ont un calice que Plumier ne dcrit point, mais qu'il reprsente huit divisions, et un ovaire obrond , trigone, charg de trois styles velus, et qui se change en un fruit rougetre, velu et tricapsulaire. Analyse chimique. L'huile qu'on retire des graines contient un principe acre, purgatif; une huile insipide; une rsine soluble dans l'alcool. Proprits mdicinales. La dcoction de ce Croton, ainsi que celle des espces indiques ci-dessus , offre un excellent vulnraire dtersif. Elle est d'un grand usage, aux armes amricaines, pour dissiper les enflures oed- ( i69 ) niateuses des jambes, des cuisses et autres parties, qui se dclarent aprs des bivouacs au milieu des marais ou sur un sol humide. On applique chaudement le marc de toute la plante qu'on recouvre de compresses imbibes de sa dcoction. La plante crue, pile et applique sur les vieux ulcres, en consume les chairs fongueuses, en loigne et nettoie le putrilage, et fait mourir les vers qui s'y dveloppent. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- ONZE. Le dessin est presque de grandeur naturelle. 1 . Fleur mle grossie et vue la loupe 2. Fleur femelle, idem, 3. Capsule trigone grossie. 4- Graine grossie. l 170 ) WT-.WVWK^'VvWl'VW V'Vv'V' 'WWVWVVW .WVW .WVW^'WVVV'A.'VVWVW .X-V W* WVV'Wl'VV A/V'\IVV\'V 'TV JUJUBIER DES IGUANES. ( Dtersif. ) Synonymie. Vulg. Liane crocs de chien. Croc de cLien des chasseurs. Ziziphus iguanea. Lin. Pentandrie mo- nogynie. Jussieu, Cl. i4j ord. i3. Famille des Nerpruns. Ziziphus scandens latifolia fructu croceo. Plum. Mss. Ziziphus aculeis subgeminatis , foliis ovatis acuminatis ser- ratis nudis , racemulis axillaribus. Lamarck. Jujube ame- ricana spinosa loti arboris foliis et facie , fructu rotundo parvo dulci. Commel. Ilort. 1 , p. i4i , t. 73. Raj. Suppl. Dendr. , p. 44? n* i- Rhamnus iguaneus. Jacq. Amer, p. 74^1 Pict., p. 4o. En anglais i Jujube tree. En espagnol : Azufayfo. En portugais : Maceiba de Ana- Caractres gnriqles des Jujubiers. Genre de plantes fleurs pol^ptales, de la famille des Nerpruns, qui a beaucoup de rapports avec le Paliure , et qui comprend des arbrisseaux pineux, feuilles simples et alternes et fleurs situes dans les aisselles des feuilles. Le carac- tre essentiel de ce genre est d'avoir : des fleurs planes en toile , un calice quinquefide ,* cinq ptales', cinq ta- mines} un disque charnu ,* un drupe noyau biloculaire. Caractilres particuliers. Aiguillons gmins et cro- '3.rA. /"^ l^^ T'^iraiio/r ffexcorirJx /mr J'erre. Jca^ jrjrssarjK a^r^s igi^aiv^^ i-> ( '7> ) cius-, grappes axillaires , monoques-, feuilles alternes, glabres, comme dentes. Calice sans cailles ptaloides et sans tube. Les fleurs femelles ont deux styles et des stigmates bifides. Le noyau du fruit est uniloculaire. HsToiRE NATURELLE. Lcs cufans et Ics Iguaucs , espce de lzards des Antilles, recherclient et sont friands des fruits safrans de ce Jujubier. Cet arbrisseau croit ^ans les Antilles et dans Tle de Curaao , o il est appel l'Arbre des Iguanes , parce que les lzards iguanes se rencontrent souvent sur cet arbrisseau tiges souples et grimpantes , qui s'enlacent les unes dans les autres pour s'accrocber aux arbres voisins , au moyen de leurs ai- guillons recourbs. Ces tiges , de la grosseur du pouce , se fendent, et sont employes pour lier les barriques. Caractres physiques. Cet arbrisseau, plus singulier de formes qu'lgant par son feuillage, est rampant, et cependant ligneux et souple. Son bois est blanc et propre faire des cercles de barrique. Quand il est jeune , il est plein d'une moelle fibreuse ; son corce est brune , nue , luisante ^ ses branches sont longues , en zig-zag, garnies chaque articulation de deux fortes pines recourbes en bas et en haut , ayant la forme de griffes d'oiseaux de proie, et presque de nature corne. Les feuilles sont alternes, ovales ou ovales-lancoles, acumines , dentes en scie , entires vers leur base , vertes et glabres de deux cts, et portes sur des p- tioles courts ; elles sont longues de deux pouces et demie, sur une largeur d'un pouce ou un peu plus^ sont tri- nerves seulement leur base , et ressemblent un peu ( I?^ ) celles du Micocoulier. Les aiguillons sont ouverts , l- grement courbs, solitaires dans la partie infrieure des rameaux, et gmins dans leur partie suprieure. Les fleurs sont petites, d'une couleur herbace ou jau- ntre , et disposes dans les aisselles des feuilles sur de petites grappes que Ton dit monoques. On prtend aussi qu'elles n'ont point de ptales, et que leur fruit est un drupe noyau unioculaire 5 mais, dans les fruits que Ton a observs, l'une des deux loges du noyau a pu tre avorte, comme cela arrive quelquefois au Jujubier des Lotophages et plusieurs autres. Au reste, ses fruits sont arrondis ou ovodes , jauntres , et ont une pulpe douce, recherclie des naturels et des Iguanes. Il fleurit en septembre, et porte ses fruits en octobre et novembre. Analyse chimique. Les fruits contiennent une pulpe mucoso-sucre 5 susceptible de donner de l'alcool par la fermentation. Proprits mdicinales. On vante beaucoup aux co^ lonies les vertus mdicinales de la Liane crocs de cbien. On emploie la gomme dure et bruntre que l'on retire de sa tige par incision , pour augmenter la vertu de la dcoction de sa racine. On prescrit cette dcoction pour gurir la gonorrbeet plusieurs autres maladies lymplia- tiques. Une poigne de cette racine, et une pince de la gomme, bouillies dans deux pintes d'eau rduites moiti , fournissent une tisane anti-syphilitique, avec le secours de laquelle on peut gurir en quinze jours la gonorrhe, s'il n'y a point complication d'un autre virus. On y ajoute mme dose de racine de Gnipaer , si P- ( >73 ) coulement ne cde point la premire mthode curative ; alors la gurison devient certaine. Cette mme dcoction sert dterger les plaies et les ulcres vnriens. EXPLICATION DE LA. PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- DOUZE. Le dessin est presque de grandeur naturelle. 1. Aiguillons ou crocliets dtaclis de la tige. 2. Fleur vue de face. 3. Amande du fruit. 4 Germe. Tome VII. 123^ Livraison. i5 la ( '74 ) VWVW' VVV\^ A\VAVv\\\VVVVV AXvVV.'\V>/v'VVVVV\VVVVVt>A.VVV/VVVVVVVVVV\VVVVVVVVVVVVVVVVVV vwww CANAMELLES P VIOLETTE; II RUBANEE. (Derswes. ) Synonymie. Vulg. Canne sucre de Batavia. Gagna de Batavia. Saccharum violaceum Kunth. Lin. Triandrie digynie. Jussieu, famille des Gramines, Saccharum culmo foliisque violaceo-coloratis, panicul effus , spi- culis triandris ; glumis quadrinerviis , dorso longissim pi- losis. Kuntli in Humb. et Bonpl. Nov. Gen. et Spec. i , tab. 182. Saccbarum violaceum. Tussac. Flor. des Ant. 1, p. iGo, tab. 25. En anglais : Sugar, En espagnol: Azucar. En portugais : Assucar. Caractres gnriques des Cakamelles. Genre de plantes nnilobes, de la famille des Gramines, qui a de grands rapports avec les Pvoseaux, et qui comprend des herbes dont les fleurs viennent en panicule ou en pi soyeux , d'un aspect trs-agrable, dont quelques espces produisent du sucre. Le caractre essentiel est d'avoir : Glunie unifore deux values entoures de dus^et j baie deux values sans arte. Tome VIL 124^ Lwraison, fc<>^<> "cTz-. ^ z/iju^- . tA/i//(r'i '.UvyA (\kNA^mhL^^. ^'lOl^l^TTE i^n^ liril.l.^^lCI':. ( '75) Histoire ktuuelle. La premire espce est violette ^ la deuxime rubane. Ces deux espces sont cultives partout entre les tropiques. L'espce violette crot na- turellement dans le royaume du Mexique sur les mon- tagnes de Gundinamarca. Caractres physiques. Trs-rapproche du Saccha- riim officmarum , la Ganamelle violette en diffre par sa couleur , par ses pl'lets beaucoup plus petits , plus for- tement cilis. Elle fournit une bien moins grande quan- tit de sucre , qui n'est employ que dans les guildives pour la distillation du riium et du tafia ^ ses tiges sont purpurines, longues de sept huit pieds, du diamtre de deux pouces-, les feuilles planes, linaires, forte- ment acumines, violettes, un peu denticules leurs bords , longues de deux ou trois pieds ^ la cte du milieu trs-paisse, canalicue en dedans ^ une panicule tale ; les rameaux presque verticills, ramifis, rougetres ; les pillets gmins , l'un sessile , l'autre pdicell 5 les valves du calice oblongues, lancoles, glabres, un peu obtuses , quatre nervures , lgrement cilies leur sommet, entoures leur base de poils blancs trs- longs -, la valve de la corolle oblongue , lancole , aigu, de la longueur du calice. (Enc. ) La Canne rubane, au lieu d'une teinte uniforme, est raye longitudinalement de violet et de jaune semblable au ton de la Canne sucre. Analyse chimique. Le suc de ces Canamellcs conticit, comme l'espce officinale, beaucoup d'eau, du sucre i5' ( 76) cristallis, du sucre incristallisable , un peu de gomme, de l'albumine et quelques sels : il est promptement fer- mentescible. Proprits mdicinales. Ces espces ont les mmes vertus que la Canne sucre j elles contiennent beau- coup de parties nutritives-, elles sont de plus adoucis- santes et relchantes , expectorantes , etc. Quelques m- decins recommandent le vesou (jus de ces Cannes) , comme un puissant apritif, capable d'entraner les gra- viers de la vessie et de corriger l'acrimonie de 1 humeur arthritique. Une vertu plus positive que possde le sucre en poudre , c'est de mondifier les ulcres atoniques de mauvaise nature et de favoriser leur cicatrisation. J'ai vu des effets merveilleux de son emploi , dans les ambu- lances, pour obtenir la gurison des plaies gangreneuses. Les scorbutiques se trouvent bien de son usage forte dose; les lavemens d'eau sucre font mourir les asca- rides , surtout si l'on ajoute la colature une pince de muriate de soude et une cuillere caf de vinaigre. Le sucre est un trs-bon vermifuge et parvient , par un usage prolong, expulser les vers intestinaux et par- ticulirement les ascarides lombricodes ( queue re- courbe) qui exercent de si grands ravages chez les en- fans. On sait que le sucre est l'antidote spcifique de l'empoisonnement par le veit-de-gris. Je le rpte ici , venant de lire Thisloire d'un empoisonnement par cet oxyde , contre lequel le mdecin appel n'a fait usage que de carbone de soude , qui n'a pas eu le succs qu'aurait obtenu le sucre haute dose, soit en poudre, soit en solution aqueuse. ( 177 ) EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- TREIZE. i. Port de la Canne violette de Batavia au huitime de grandeur naturelle. 2. Tronon de la mme moiti de sa grosseur. 3. Port de la Canne rubane. 4.JTronon de la mme rduit moiti de sa grosseur. ( '78) V^/V\WVVWW\W\WXW\W\WVWMVVVvrv\WW\W\VV\W*tW-*J VWVWW\VWVWV.'V\W\VV>V%* vv* PATIENCE VSICULEUSE. ( Dtersive. ) Synonymie. Vulg. Oseille d'Amrique. Rumex vesicarius. Lin. Hexandrie triginie. Jussieu , famille des Poly- gones. Rumex floribus hermaphroditis, geminatis ; val- vulis omnibus maximis , membranaceis , reflexis ; foliis indivisis. Lin. Hort. Clif. i3o. Acetosa americana, foliis longissimis , pediculis donatis. Raub. ii4. Moris. Hort. 2, p. 585. Acetosa vesicaria peregrina et annua. Plum. Caractres gnriqles des Patiences. Genre de plantes fleurs incompltes , de la famille des Polygo- nes, qui a de grands rspports avec les Rheum, Lin. , et qui comprend des lieibes tant indignes qu'exotiques dont les fleurs sont disposes en une panicule axilaire ou terminale , et dont le caractre essentiel est d'avoir : Un calice six dii^isionsj point de corolle j six tamines} trois styles j une semence aile presque trigone. Caractiires particuliers. Fleurs hermaphrodites , gmines-, toutes les valvules tis-grandcs, membraneu- /2^ ^Im J>/. 4,j4- 7%aydore /^es/MurtHx. ,^m,v cririi'/ S(7/^ PATIE>^rE iTE^rrXErHfi . ( 179) ses , rflchies ; feuilles sans divisions et longuement ptiolesj les valvules sont rticules de rouge. (An- nuelle.) Histoire NATURELLE. Cette plante, originaire d'Am- rique , est cultive dans quelques jardins. Caractres physiques. Cette Patience a des tiges paisses, succulentes, de deux pieds de haut, divises en plusieurs branches garnies de feuilles entires , pres- que rondes , chancres eu cur leur base , quelque- fois mdiocrement auricules et supportes par de trs- longs ptioles -, les suprieures sont plus troites, presque lancoles et rtrcies en un long ptiole leur base 5 les fleurs sont herbaces, disposes presque deux deux et plus , en pis lches aux extrmits des branches \ les valves intrieures du calice augmentent et se gonflent considrablement mesure que le fruit mrit, et forment autour de lui une enveloppe vsiculeuse , garnie tout autour de larges bordures membraneuses et souvent re- plies en dehors , nues et entires 5 elles renferment une semence triangulaire. Analyse chimique. Cette Patience a offert l'analyse le mme rsultat que la Patience ordinaire qui , d'aprs Guibourt , a produit une once d'extrait par livre de ra- cines dessches et coupes par tranches , aprs une bullition de dix minutes dans six pintes d'eau ; la mme quantit de racines infuses dans six pintes d'eau bouil- lante jusqu' son refroidissement , a donn une once sept gros. En gnral, observe ce savant chimiste, la mac- ration et l'infusion des substances vgtales runissent l'avantage de donner des produits meilleurs, celui d'en C '80 ) fournir une plus grande quantit j ils sont donc prf- rables au procd de l'bullilion ou dcoction. Cette Pa- tience contient du soufre et de l'acide tarlareux. Proprits mdicinales. Il parait que cette Patience jouit aux colonies de la mme rputation que celle d'Eu- rope , car on l'euiploie dans les mmes maladies. On la recommande surtout contre l'lphantiasis , contre la gale et quelques autres maladies cutanes. Elle parait agir comme diaphortique et favorise alors l'ruption du virus soit dartreux soit psorique. J'ai vu plusieurs fois dans nos ambulances des infirmiers se servir de la dcoction de cette Patience pour le pansement des plaies. Certains gurisseurs m'ont assur avoir rtabli l'odorat chez des individus affects de chancres vnriens la vote palatine , en les faisant injecter avec le suc de cette Patience , tandis qu' l'intrieur ils donnaient au malade le sirop de salsepareille. A quel moyen doit- on en ce cas attribuer la gurison ? Les femmes insulaires qui ai- ment donner leurs soins aux malades emploient sou- vent contre la gale et les dartres une pommade faite avec la Patience vsiculeuse , l'corce de Fagarier (Dar- trier), l'huile de coco et la cire. Toute la plante, tant pile et applique sur les ulcres , les nettoie de leur putrilage. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- QUATORZE. Le dessin est rduit au quart. 1. Fruit entoure de ses membranes, 2. Graine. PL ^K/V\>MAVVVVV^A<\ ^V^IVV'\V\ >V^ QUINQUINA LUISANT. {Dtersif.) Synonymie. Quinquina de montagne. Kinkina des insulai- res. Cincliona nitida. Ruiz. Pav. Flor. Pr. vol. i , p. 5oj tab. 191. Linn, Pentandrie monogjnie. Jussieu , fa- mille des Rubiaces. Cinchona foliis ovatis nitidis , pa- nicula brachiat, corollis albo-purpureis , limbo parum hirsuto. Cascarillo officinal ou Quino fino. Ruiz.: Oulikarea^ en carabe. Tracbelium arborescens monta- num, tini facie, floribus corymbosis, capsulis minus crassis. Caractues gnriques des Quinquinas. Genre de plantes dicotyldones fleurs compltes , monoptales, de la famille des Ptubiaces , et comprenant des arbustes exotiques l'Europe , dont les feuilles sont opposes , munies de stipules , les fleurs disposes la plupart en corymbe. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice turbin cinq dents ^ une corolle t.ubule cinq divisions ^ cinq lamines insres uers le milieu du tube^ une capsule oblongue ^ deux ^ah'es et deux loges poly spermes. ( '82) Caractres particuliers. Calice petit pourpr^ co- rolle blanche en dedans , carmine en dehors ^ limbe h lusse. Histoire naturelle. Par une prvoyance admirable de la nature en faveur des insulaires qui se trouvent plusieurs fois l'anne sous l'influence de fivres perni- cieuses , les mornes boiss des Antilles reclent plu- sieurs espces de Quinquinas qu'on peut citer ici , tels que : 1 le Cincliona angustifolia , trs-commun Hati ^ 2 le Quinquina feuilles de laurier , Trachelium ar- horescens et jhiviatile ^ lauri foliis conjugatis ^ floribus racemosis^ seu corymhosis ^ albis j capsulis conics ni- gris ; 3 le Quinquina petit, Trachelium frutescens et Jluvlatile ^ persic folio ^ Jlonhiis alhis lOiigissimis ^ siliqii crassioriy 4 le Quinquina faux, Pseudo-acacia fj^axini folio , rotundo minori et lucido , florihus raxeniosis vio- laceis, etc. (Poupe-Desportes. ) Dans ce nombre infini de simples, de racines, Dont les proprits, dont les vertus divines Nous ramnent souvent des portes du trpas, Une corce est produite en de lointains climats. DOLARD. Le Quinquina luisant dont il est ici question habile les Andes et autres montagnes froides et boises des Antilles , o il fleurit en mai , juin et juillet. La corolle bientt s'effeuille ou se fltrit , Et l'il peut dj voir les prmices du fruit. Castel. Le Quinquina luisant, Cinchona nitida, dcouvert C i83 ) en inSopar Ruiz, n'est qu'une varit du Cinchona lan- ceolata. Caractres physiques. Ce Quinquina s'lve assez haut \ il a plusieurs troncs, et est quelquefois solitaire ^ les troncs sont ou droits ou divergens, ronds ou en forme de colonne-, l'corce en est glabre , d'un brun noirtre , souvent vari de gris \ le bois en est d'un jaune fauve , d'une saveur trs-amre , d'une acidit dsagrable; les vieux rameaux son; ronds , pais , scabres , d'un fauve noir, vari de couleur cendre-, les plus jeunes sont jaunes et quadrangulaires ; les feuilles sont opposes, ovales-lancoles, trs-entires, blanchtres, planes, bords rouls prs de leur base et garnies dessous de nervures pourpres \ les ptioles sont larges , creuss en- dessus et pourprs ; les stipules sont places entre les feuilles au-dessus des aisselles , oblongues , obtuses , ca- duques , rouges en dedans , rflchies leurs bords ; les panicules de fleurs sont terminales , composes , sous- rameuses , rougetres \ les pdoncules sont branchus , ttragones , portant plusieurs fleurs dont le pdicelie est trs-court, et pourvus de bractes subules -, le calice est petit et de couleur pourpre -, la corolle est blanche en dedans, d'un beau pourpre en dehors , peine de la longueur d'un demi-pouce ; le limbe est lgrement h- riss ; la capsule est oblongue , troite, rougetre , dix stries -, les semences sont ovales , jaunes , garnies d'une membrane oblongue , d'un rouge ple. AjAlyse chimique. On trouve dans l'corce et les racines de ce Quinquina une rsine amre , une matire ( i84 ) colorante , de ramidon , de l'acide gallique , du tannin qui verdit le fer, et de i'adipocire. Qu'il me soit permis de signaler ici une sophistica- tion qu'on pratique en Europe l'gard des Quinquinas. Le gris et le jaune (Journ. de Ph. , aot 1822)50 so- phistiquent pour en extraire la quinine en le mettant macrer pendant huit heures dans de l'acide hydro-chlo- rique tendu d'eau ^ on fait bouillir j on le coule, on renouvelle l'eau acidule et l'on rpte la dcoction. On runit les liquides passs et on les prcipite par le lait de chaux ^ alors on procde par l'alcool de fcule *, on obtient pour cent livres de quina jaune, trente onces de quinine qu'on rduit en sulfate. Le quina retir de la chaudire , on le lave quatre reprises avec de l'eau et on le passe dans une eau alca- lise avec l'ammoniaque ^ alors on le fait scher et on le ressasse dans un tonneau avec de la poudre de quina , puis on le revend priv de sa quinine ! I On falsifie non- seulement les Quinquinas , mais encore leurs produits ; on donne comme quinine un mlange de magnsie et de cette base ^ on donne comme sulfate de cette base le sulfate de quinine mlang d'un sulfate de chaux cris- tallis en petites aiguilles : il est facile de reconnatre ces falsifications ^ l'alcool dissout la quinine et le sul- fate de quinine , mais il ne dissout ni le sulfate de chaux ni la magnsie. Proprits mdicinales. Le Quinquina luisant a toutes les proprits de ses congnres, il est anti-scp- tique et propre combattre la gangrne et la pourriture ( '85 ) tVlipital ^ anti-fbrile , tonique, astringent, stomachique, et provoque la suppuration. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- QUINZE, Le dessin est presque de grandeur naturelle. 1. Fleur grossie. 2. Etamine. 3. Ovaires et pistil. 4. Fruit. 5. Graines. ( '86) */V\ VV\IW\ WX W VV W\ VV\ WWVi^ W VWVV W VWV\'>/W\ W W WX VV\.VV'\/VV\V\'VW> W* WXIWWVX/WWV BATIS MARITIME. ( Dtersif. ) Synonymie. Vulg. Soude des Antilles. Batls maritima. Lin. Dicie ttrandrie. Jussieu , Plantes d'un sige in- certain. Btis. Jacq. Amer. 261 , tab. 4o , f. 4* Btis maritima erecta ramosa, foliis succulentis subcjlindricis. Brown. Jam. 356. Kali fruticosum coniferum, flore albo. Sloan. Jara. 5o. Hist. 1 , p. i44 CauactPlEs gnFlIques des Ba.tis. Genre de plantes d'un sige incertain qui se trouve au bord de la mer ou dans les salines , a3^ant des fleurs mles et des fleurs femelles sur des individus difFrens. Fleur mle : cliaton imbriqu sur quatre rangs ^ calice nul j corolle nulle. Fleur femelle : cliaton ovale ;, involucre dipliyle -, calice nul -, corolle nulle , stigmate deux lobes , sessile -, baies yunies quatre spermes. CarctjiRes particuliers. Je ne lui en connais pas. Histoire naturelle. Cet arbrisseau croit la Ja- maque et aux Antilles, dans les lieux salins et voisins de la mer. Toutes ses parties ont une saveur trs-sale-, ses fleurs jaunissent en mrissant. 12^ ''/av. // V, V^^ Thodore /ffj'coicrfzZK /"crue Oaiml Sczi^ BATI ^Lvarrora-. ( i87 ) Caractues physiques. Le Btis est un petit arbris- seau d'Amrique qui parat avoir des rapports avec le Tropliis, et s'lve la hauteur d'environ quatre pieds-, ses tiges sont cylindriques , cendres, cassantes , trs-ra- meuses , diffuses et inclines ou couclies ^ les jeunes rameaux sont droits , verts , ttragones , munis de quatre sillons 2t opposs 5 ses feuilles sont oblongues, pointues , plus paisses dans leur partie suprieure, amincies in- sensiblement vers leur base, charnues, et succulentes , comme celles de certaines espces de Soudes , convexes sur leur dos et un peu aplaties en dessus ; elles sont ses- siles , opposes , nombreuses et peine longues d'un pouce ^ les fleurs sont incompltes, dioiques. fort petites, et viennent sur des chatons axillaires soutenus par des pdoncules trs-courts. Les fleurs mles sont disposes sur des chatons pyra- midaux^ embriqus d'caills situes sur quatre faces distinctes-, chaque caille recouvre une fleur dpourvue de calice et de corolle et qui consiste en quatre ta- mines, dont les filamens, un peu plus longs que Fcaille qui leur sert de calice , soutiennent des anthres oblongues. Les fleurs femelles viennent sur des chatons ovales , charnus et involucre diphylle \ elles n'ont ni calice ni corolle , et consistent chacune en un ovaire ovale ou ttragone , adn ou cohrent au chaton , surmont d'un stigmate sessile , velu et deux lobes. Les fruits sont des baies uniioculaires, ramasses ou runies en un corps oblong et obtus 5 chaque baie ren-^ ferme quatre semences triangulaires et pointues. ( i88 ) Analyse chimique. Toute la plante est saline , acre et piquante ^ le sel qu'elle produit par l'incinration est caustique et fait effervescence avec les acides. Proprits mdicinales. Le Btis a toutes les pro- prits de la Soude ^ pour en retirer le sel , on le fait scher et brler dans de grands trous pratiqus en terre cet effet. Les cendres s'y calcinent et forment une masse grise qu'on appelle Soude ^ on l'emploie pour faire le verre et le savon et pour nettoyer le linge ^ quoique plusieurs s'en servent comme apritive et diurtique , et propre dbarrasser les reins et la vessie des graviers, ou des glaires , nanmoins je conseille de n'en point faire usage l'intrieur et de rserver les proprits de cette plante pour le pansement des ulcres atoniques et la composition des lotions anti-psoriques. Ce sel est tel- lement caustique qu'il excorie la peau si on le met eu contact immdiat avec elle pendant un certain temps ; la plante en nature , et avant d'avoir rapproch , par l'incinration, ses particules salines, offre moins d'incon- vniens dans son administration, et c'est en cet tat que je l'ai employe en lotions dtersives pour les panse- mens des ambulances. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- SEIZE. La plante est rduite moiti. i. Ovaire entour des tamines. DIX-NEUVIME CLASSE. DES VGTAUX QU'ION PEUT DIRIGER SPECIALEMENT SUR LES PROPRITS VITALES DU SYSTEME DERMODE CONSIDR COMME ORGANE SENSIBLE. Plantes dites Dtersives , savoir : 1^ Epispastiques rubfiantes. 2 Epispastiques vsicantes. SOMMAIRE. JLiE mot pspastque vient du verbe grec ^pz5/?o, j'at- tire, je lire au-dessus. Ces mdicamens sont destins produire une irritation sur l'endroit de la peau o ils sont appliqus ^ ces moyens sont toujours plus prompts dans leurs effets qu'une mdication interne approprie au mme cas. Un mdecin instruit et prudent , l'aide de ce moyen nergique , peut , en quelques momens , imprimer aux filets nerveux et aux vaisseaux capillaires, Tome VII. 126^ Livraison. 16 (^90) un raouvemenl organique salutaire et sauver la vie du malade. Les Epispastiques agissent de deux manires : lo en rougissant la peau dont ils augmentent la vitalit , ce qui les fi\it appeler Ruhfians ; i en excitant le derme un plus haut degr et jusqu' occasioner des am- poules , ce qui les fait nominGY f^sicans. Les Rubfians diffrent des Vsicans en ce qu'tant appliqus sur l'or- gane cutan, ils en dterminent seulement l'inflamma- tion \ tandis que les Vsicans, tant appliqus sur le mme organe , soulvent Tpiderme et attirent en cette partie une srosit sous la forme d'une ou de plusieurs am- poules. Les Rubfians sont employs de prfrence lorsqu'il ne s'agit que de rveiller les fonctions engourdies de la peau comme dans l'hydropisie , dans les exanthmes chroniques et languissans , la gale , les dartres , etc. Ils excitent seulement la partie malade de la peau avec la- quelle on les met en contact , sans beaucoup enflammer les parties saines. Les Vsicans au contraire ont pour fonctions celles de provoquer une vive inflammation sur la peau saine, et, si l'on veut en prolonger le sjour, ils y attirent une srosit abondante destine prvenir les mtastases ou y remdier \ ils agissent alors comme drivatifs, stimu- lent d'abord la sensibilit mousse , augmentent la cha- leur , rveillent les forces et sont convenables dans le troisime degr des fivres de mauvais caractre ; puis dterminant un coulement critique , ils dtournent les congestions dont le cerveau , ou ie poumon , ou tout autre organe , tait menac. Les plantes pispastiques, sous quelque forme qu'on les emploie, tant toujours excitantes, conviennent dans les fivres lentes accompagnes de prostration de forces, et toutes les fois qu'il est besoin de donner un mouve- ment plus vif la circulation. Par suite de ce mme raisonnement, elles ne peuvent convenir un sujet ro- buste, plthorique, dispos l'rthisme , dont le pouls est dur , tendu , car elles exasprent tous les symptmes d'irritation, augmentent l'agitation, la fivre, la soif, pro- voquent le dlire , quelquefois des convulsions et mme le soubresaut des tendons, etc. -, comme nous l'enseigne Baglivi ^ alors les Epispastiques ne se bornent pas une impression locale , ils attaquent tous les systmes. On voit , d'aprs cela , que l'application d'un vsicatoire n'est point une chose indiffrente , et qu'il faut tout le juge- ment et toute la sagacit du mdecin pour apprcier les cas dans lesquels il est avantageux ou nuisible de les prescrire. Partant de ce principe , l'action locale ou gnrale des Epispastiques sert remplir des indications diffrentes 5 comme topique local, les Epispastiques servent d- tourner un mouvement fluxionnaire qui pourrait de- venir fatal 5 dplacer une congestion forme sur un viscre essentiel la vie , et la porter la priphrie de la peau o elle offre moins de danger. Comme agent gnral, on peut, par leur application opportune, re- monter l'action du fluide vital , donner tous les svs- tmes une excitation favorable et rtablir la marche ir-- rgulire de la circulation. 16' ( 19^ ) Ou ne ^oit pas les employer dans les fivres inflam- matoires et bilieuses, ni au dbut des fivres muqueu- ses , adynamiques , ataxiques et autres affections fbriles accompagnes de chaleur et d'rthisme : cette mprise entranerait des accidens tels que scheresse de la lan- gue , son tat fuligineux , le dlire , etc. Ces topiques au contraire sont d'une utilit marque dans le troisime degr des fivres adynamiques (poque de la prostration des forces), si le pouls devient faible et mou et si l'organisme devient languissant. On emploie le plus souvent dans ce cas les Epispastiques rubans que Ton promne sur les cuisses , les bras , le dos et sur toute la surface du corps , en les changeant souvent de place, pour renouveler l'influence de leur action gnrale. Dans les fivres ataxiques , dit le docteur Barbier, les vsicatoires sont utiles par leur double action 5 ils ser- vent prvenir les congestions, mais ils doivent tre appliqus ds le premier symptme confirmatif , et aux jambes afin d'entretenir leur suppuration qui stimule tout le systme. Dans les maladies ruptives , telles que la variole, la rougeole, la scarlatine, l'rysple , etc., les Epispas- tiques rubfians conviennent pour exciter la circulation et provoquer une ruption tardive , quand le malade est trop faible ; leur succs est bien plus apprci si l'rup- tion disparaissait ^ c'est alors qu'aprs les vacuations convenables , ils oflrent de prcieux secours par l'impres- sion locale qu'ils dterminent la peau o ils rappel- lent l'ruption vagabonde. On associe aux vsicatoires ( '93 ) des sinapismes sous la plante des pieds , et Ton oint les parties affectes avec un liniment volatil. Les Epispastiques conviennent dans les phlegmasies des membranes muqueuses , mais aprs avoir dsempli les vaisseaux par la saigne , sous peine d'augmenter r l'intensit de l'inflammation. Les Epispastiques offrent des agens prcieux contre les catarrhes chroniques, quand bien mme cette affection serait complique d'adynamie ; on les met alors , comme drivatifs , aux bras , aux jam - bes , aux cuisses , leur action stimulante favorise l'ex- pectoration ou les excrtions de la vessie. On les ap- plique la nuque , la tempe , derrire les oreilles dans les ophtalmies, les douleurs d'oreilles et de dents. Us sont d'une utilit bien reconnue dans l'angine , par le mme mode d'action : ainsi des rubfians, un lini- ment volatil , un cataplasme mollient saupoudr de can- tharides en poudre et plac autour du cou , offrent les meilleurs rvulsifs, et procurent un prompt soulage- ment. Si l'affection est interne, on ajoute aux premiers des vsicatoires au milieu des paules et aux extr- mits. Cette mme application sur la partie douloureuse de l'abdomen soulage dans les diarrhes rebelles et dimi- nue les vacuations : le docteur Barbier assure avoir eu toujours se louer de ce moyen. Dans la phlegmasie des membranes sreuses , dans la phrnsie , l'application d'un vsicatoire aux jambes est indispensable comme rvulsif, mais surtout aprs les saignes , o le cas deviendrait mortel , l'action des Epis- ( 94) pasliqiics devant acclrer la circulation. L'application d'un vsicatoire sur la tte a t conseille par Desaut aprs une chute, ou une forte contusion , dans l'inten- tion de prvenir la congestion crbrale , d'aprs ce principe fondamental : uhi dolor, ibi affluxus. Les Epispastiques mis en usage dans la pleursie sur le point douloureux, et toujours aprs les saignes, troublent le travail fluxionnaire de la plvre , et pro- curent un soulagement sensible. S'il y a complication de fivre adynamique , on les met aux cuisses, aux jambes o ils agissent comme excitans. Ils rendent les mmes services dans la pritonite , la gastrite, la pricardite, a dit Corvisard , en les appli- quant sur le lieu qui correspond au sige de l'inflamma- tion. Dans la pripneumonie accompagne d'oppression, d'expectoration difficile , d'un pouls mou et faible , StoU en recommande l'application aux cuisses et aux jambes comme devant procurer un secours prompt et efficace ; mais on doit particulirement les employer comme ru- bfians et les renouveler , et toujours aprs les sai- gnes, car, sans cette prcaution indispensable, la fivre se rallume , l'expectoration devient impossible , la dysp- ne augmente, et le malade est en danger. On met aussi des vsicatoires sur la poitrine et entre les deux paules si le| sujet est robuste , sanguin, et si l'on sup- pose que l'organe pulmonaire ait t fatigu. * Souvent , dans les affections rhumatismales , le soula- gement a lieu ds le dbut de l'action du vsicatoire et diminue par sa vertu drivalivc l'irritation porte sur les muscles et les aponvroses. ( '95) Dans les cas imprvus o la goulte quitte les articu- lations pour se porter aux viscres , on a de suite recours aux Epispastiques afin de la rappeler aux extrmits. Des sinapismes sous les pieds , ou l'ail et le safran crass produisent en peu d'instans la rvulsion salutaire. Ces moyens conviennent dans les Artrodynics lorsque l'in- trieur de l'articulation est irrit. On emploie encore les plantes epispastiques au dbut des phthisies pulmonaires , dans le prurigo , dans des ruptions chroniques rpercutes , telles que dartres , gale , teigne , suintement de la peau -, quelquefois dans les hmoptysies , comme rvulsives , et pourvu que leur action ne soit que locale et qu'elle ne provoque pas une raction vasculaire. On les applique aux cuisses dans les amnorrhes pas- sives , dans l'intention d'agir sur le systme utrin , d'exciter sa vitalit et de provoquer cet tat d'orgasme qui produit le flux mensuel. Dans les nvroses , les Epispastiques prviennent ou dissipent les spasmes par leur action rvulsive*, ils sont utiles dans les vomissemens spasmodiques , et contre les cardialgies. Darwin et Barthez ont obtenu des succs merveilleux, dans des cas dsesprs, de leur application entre les deux paules ou sur la rgion pigastrque. Souvent un vsicatoire la nuque, au genou, a suffi pour gurir des cphalalgies et des vertiges, des op- pressions spasmodiques , un hocquet prolong , des coli- ques spasmodiques et venteuses -, dans ce cas on les ad- ministre comme rubfians, c'est--dire volans. ( '96 ) Placs aux tempes, derrire les oreilles, la nuque, ils stimulent l'appareil de la vision et l'organe auditif, et remdient Taffaiblissement de la vue et de Touie. Ils offrent de prompts secours dans les nvralgies en les appliquant sur le trajet du nerf qui cause la dou- leur , ou le plus prs possible. Ils sont prcieux , aprs les vacuations convenables , dans l'apoplexie , les affec- tions comateuses et les paralysies partielles et gnrales. On les met aux jambes, aux cuisses, en leur associant un cataplasme de moutarde sous les pieds. Ils agissent comme rvulsifs, et dgagent le cerveau par leur pro- prit attractive 5 quelquefois on les applique , dans ce cas , la nuque. /2o' /w ^^ 498) rceptacle hmisphrique ,* calice idem ; ovaires indfi- nis-^ autant de capsules nionosperrnes. (Miat.) Caractres particuliers. Feuilles sagiltes trois lobes arrondis , garnies en dessus de nervures saillantes j calices sphriques , de couleur rose ^ fleurs blanchtres 5 tamines jaunes 5 nombreuses , en houppe. Histoire naturelle. Cette plante crot aux Antilles et dans la partie sud de l'Amrique septentrionale. Le nom Ranunculus a t donn probablement aux plantes de cette srie , parce qu'elles se trouvent dans les en- droits frquents par les raies ou grenouilles , en latin Rana. Elle est d'un joli aspect, et les fleurs globuleuses panaches d'or et de rubis , dont ses tiges sont garnies , se dtachent bien sur la verdure des feuilles dont la forme est elle-mme lgante. Toute la plante , par un beau soleil , se rflchit admirablement sur le cristal de l'onde tranquille des savanes submerges o elle se plat. Caractres PHYSIQUES. Cette Flchire ressemble la Flchire des Indes {Sagittaria obtusifolia) \ mais elle est beaucoup plus petite. Ses feuilles n'ont qu'un pouce et demi de long , leurs lobes sont droits , allongs , et point divergens \ les hampes sont simples et non rami- fies. Les feuilles sont radicales , longuement ptioles, trois lobes sagitts peu aigus , et couvertes d'un lger duvet , ainsi que les tiges qui sont arrondies. Ces tiges sont aussi longues que les feuilles, et sont munies , leur partie suprieure , de quatre ou cinq verticilles carts , dont Tinfrieur a quelques-uns de ses rayons munis eux-mmes d'une couple d'autres verticilles. Les colle- ( '99 ) relies qui les accompagnent, sont composes chacune de trois cailles ovales-lancoles de couleur rose. Les fleurs sont blanches , pdoncules. Les capsules , au nombre de six neuf pour chaque fleur femelle , sont de la forme globuleuse d'un grain de poivre , mais mu- nies infrieurement de petits angles. Elles sont dures et ligneuses , divises intrieurement par deux cloisons parallles en trois loges , dont les deux latrales sont ordinairement vides ou avortes. (Enc. ) Analyse chimique. Toutes les parties de cette plante sont extrmement acres, et contiennent un principe dltre tellement volatil , qu'il perd toutes ses qualits nuisibles par la dessiccation ou par la dcoction. Proprits mdicinales. On ne fait usage de cette plante qu'extrieurement et comme vsicatoire. On sait qu'en gnral les renoncules attaquent le lissu de la peau avec une grande violence , quelquefois mme ils dterminent des ulcres trs-difficiles gurir , si leur sjour est trop prolong. Quatre heures d'application suffisent. Les topiques pispastiques doivent tre d'une certaine largeur pour produire le gonflement de la peau , exciter la diaphorse qui sert augmenter les ampoules , et la congestion sanguine des capillaires. On compose, avec son suc jet dans de la cire bouillante et un peu de baume de Tolut, une pommade qu'on tend sur du taffetas, et qu'on applique avec avantage sur les parties affectes dans certains cas de rhumatismes ou de paralysies. Il ne faut appliquer la plante en nature que pendant trois heu- res au plus, et dans un espace trs-circonscrit , car elle occasionerait des douleurs vives et des ulcrations de ( 200 ) mauvaise nature ; mais c'est un des plus puissans rvul- vsifs qu'on puisse employer contre la sciatique , le lum- bago, les hmicranies chroniques et les douleurs an- ciennes et rebelles , et mme en picarpe contre certai- nes fivres intermittentes tenaces. Dans les odonialgies produites par une transpiration intercepte , les insu- laires recommandent l'application de quelque partie de la plante sur la phalange annulaire de la main du ct affect. Il s'lve en trois heures une ampoule , et le mal de dents a disparu. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- DIX-SEPT. Le dessin est rduit moiti. 1 . Tige radicale. 2. Feuille au trait de grandeur naturelle. f nS'/rtf F/. 4vv> vv w vvxwx wwv\ vwvx'^ vv\v>avv^ vxavv^w' >.^/'vv\ vm vv vv< iv FLCHIRE A FEUILLES DE PLANTAIN. ( pispastique rubfiante. ) Stnonymie. Vulg. Renoncule aquatique. Sagittaria lanei- folia. Linc Monoecie polyandrie. Jussieu, famille des Joncs. Sagittaria foliis lanceolatis ovatis. Lin. Amn. Acad. 5, p. 409. Jacq. Amer. p. 248. Ranunculus aqua- ticus, plantaginis folio , flore albo , calice purpureo. Plum, Spec. 7,Tourn. 292. Eurra. Amer., t. 116, f. 1. Sa- gittaria foliis niaximis simplicibus oblongis utrinque pro- ductis,* ramulis verticillatis , caude glabro, Brown. Jam. 345. Caractues gkriques des Flchiiiies. Fleurs m- les : calice triphjllej corolle de trois ptales ^ presque vingt-quatre filets. Fleurs femelles : calice tripliy lie-, co- rolle de trois ptales j beaucoup de pistils j beaucoup de semences nues ( capsule utriculaire , demi-lune^. Caractres particuliers. Feuilles lancoles ovales. Histoire naturelle. On trouve cette jolie plante aux Antilles 5 pniticuliiemeiU la Jamaque, dans l'Ile de ( 202 ) Cuba , et Hati au milieu des eaux stagnautcs. On voit pendant une grande partie de Tanne ses pis terminaux de fleurs (o la blancheur blouissante de ses trois ptales arrondis rivalise avec l'incarnat du calice ) taler ses grces , et faire l'oruement naturel des savanes et des rivires tranquilles et limpides. Les oiseaux d'eau aiment se poser sur ses tiges , et s'y balancer. C'est de-l que les martins-pcheurs guettent le poisson qui doit leur servir de nourriture. Caractres physiques. Cette Flcbire lgante est grande, glabre dans toutes ses parties, et bien distin- gue des autres par la forme de ses feuilles. Elles sont ovales-lancoles, entires, poiutues aux deux bouts, d'un beau vert , lisses , coriaces , et portes sur des p- tioles fort longs. Ces feuilles , en y comprenant leur ptiole , ont au moins deux pieds de longueur. La tige est encore plus grande que les feuilles. Elle a dans sa partie suprieure six verticilles ou davantage,, h rayons ternes et uniflores , except ceux du verticille infrieur, qui , allongs en rameaux , sont chargs eux-mmes de plusieurs autres verticilles. Il rsulte de cette disposition de rayons , ou pdon- cules , que toute la partie suprieure de la tige offre une longue panicule ou grappe tage , charge de belles fleurs blanches , calice rougetre , et qui sont une fois plus grandes que celles de la Flchire d'Eu- rope. Les capsules sont comprimes et ramasses en tte. Analyse chimique. C'est sa racine et l'corce qui don- nent la distillation un principe acre , une rsine verte ( 203 ) et caustique 5 un principe amer de couleur fonce. La cendre contient du carbonate de chaux. Proprits mdicinales. C'est la racine de cette Fl- chire qu'on emploie particulirement comme vsica- toire. Elle est grosse , tubreuse , blanche , fongueuse intrieurement et odorante. On la pile au mortier , ou bien on la rpe pour en appliquer sur la partie que Ton veut phogoser ^ il ne faut pas la prodiguer, car une trop forte quantit produirait une escbarre gangre- neuse. Toute la plante est extrmement acre. Un cabrit de nos troupeaux prit , Saint-Domingue , pour en avoir brout dans une savane. Le Hattier ( gardien d'animaux) m'ayant fait appeler, je fis ouvrir l'animal, et je lui trouvai les poumons engous d'un sang pais et sphacels. L'estomac tait entirement phlogos. Il parat que l'animal ne survcut que quelques heures aprs l'ingestion de celte pture vnneuse. L'applica- tion d'un cataplasme compos avec cette plante, rduite en pte, produit en trs-peu d'instans une violente dou- leur , une rougeur viotre d'un sinistre aspect, du gon- flement , un soulvement d'piderme , et une collection de srosits qui prouvent une surexcitation intense. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- DIX-HUIT. La plante est rduite au sixime. Feuilles et tiges sortant de l'eau. ^s l 204 ) (VVV\'VVV\vV>iV**tVVv\\VVVvVVv\\AiViV^i\VVVViVVVVVv\^iA'VVVVl/VVkVVVVVVVVl\AiVVVVVVVVVV\^ DRACOTSTE RAMPANTE. ( pispas tique rubfiante. ) Synonymie. Vulg. Dracontium repens. Lin. Gjnandrie polyandrie. Jussieu, famille des Aodes. Dracontium foliis lanceolatis subts sanguineo-punctatis , caule repente ad nodos villoso. Lamarck. Saururus rpons lanceolatus , ad nodos villosus. Plum. Amer. t. 78. Raj. Hist. 3 , p. 644. Gauactres gnriques des Dracontes. Genre de plantes nnilobes , de la famille des Gouets , qui a des rapports nombreux avec les Pothos , et qui comprend des plantes dont les feuilles ont un ptiole engan la base , et dont les fleurs naissent sur un chaton accom- pao^n d'une spatlie oblongue , cymbiforme ou lgulaire 5 le caractre essenliei de ce genre est d'avoir : Spathe en carne j spadice couvert de fleurs j calice color cinq divisions j sept tamines^ un style, haie monolocu- laire, poly sperme. (M.) Caractres particuliers. Tige rampante , chevelue a chaque articulation. /2jrfJa>. /'/ 4.^ rAatlfrf JteJrtfurttZ^ J'ai! J'erre. Joi^ BlirOXTE RA3irAXTE ( 205 ) Histoire naturelle. Celte plante, qui se trouve au- prs des ruisseaux, est de la famille des Gouets^ et par consquent trs-suspecte pour ses proprits mdicina- les. Ses feuilles sont remarquables par leur surface su- prieure d'un beau vert, et par celle infrieure qui est cotonneuse et ponctue de couleur de rouille. Caractres physiques. Cette Draconte pousse des ti- ges grosses comme la moiti du petit doigt, d'une lon- gueur indtermine,, rampantes, s'attachant latrale- ment la terre par plusieurs racines vermiculaires et blanchtres *, ces tiges sont entrecoupes par quantit de nuds fort proches les uns des autres , lesquels sont garnis tout autour de poils droits , rangs comme les cils de Foei. Il y a environ quatre ou cinq feuilles vers le sommet de chaque tige. Ces feuilles sont ptioles , ova- les , lancoles , longues d'environ six pouces , sur deux pouces de largeur, lisses, d'un vert fonc en dessus , et d'une couleur plus claire en dessous avec des points nombreux d'un rouge de sang. Les pdoncules sont axil- laires , solitaires , portant chacun un chaton cylindri- que , en queue de lzard , et beaucoup plus long que la spathe qui l'accompagne. Les fleurs qui couvrent ce chaton sont petites et fort nombreuses. Elles ont , d'aprs Plumier, un "alice quatre divisions et huit tamines courtes. Les baies sont, dit-il , de la forme et de la grosseur d'un pois, d'un rouge tirant sur l'am- thyste , et contiennent quatre semences. Analyse chimique. L'corce produit une rsine dure, acre , de la cire, une matire colorante rouge, un sucre fermentescible , mais qui ne peut se cristalliser; de la gomme, et un peu d'acide malique. Tome VIT. 1 25^ Lii^raisoni 17 ( 206 ) Proprits mdicinales. Quoique cette plante soif trs-cre et qu'on l'emploie comme pispaslique de la mme manire que celles dont je viens de donner l'his- toire 5 cependant certains habitans la font macrer dans de l'huile de palmes, et en prparent un liniment dont ils se servent contre les hmorrodes , et en topique contre les douleurs arthrodi niques. Ce qui parait con- tradictoire, c'est qu'ils recommandent cette mme pr- paration pour dtruire les cors aux pieds, ce qui sup- poserait qu'elle a conserv de sa causticit. Cette mme huile est employe par eux pour gurir Ja teigne, les scropliules, la gale et les ulcres de mau- vaise nature. La plante entire applique sous la plante des pieds y rappelle la goutte qui s'est fixe sur les vis- cres , et met en danger la vie du malade. Mais dans ce cas je prfrecais recourir aux Flchires dont je viens de faire connatre les proprits actives et pispastiques. EXPLICATION DE LA. PLANCHE QUATRE CENT QUATRE-VINGT- DIX-NECF. Le dessin est rduit moiti. 1. Fleur entire. 2. Ovaire surmont de son style ^ 3. Fragment d'pi mr. z2SfZm. /'IJoo. 7%rci/(VY /'f.ifvurA /inx /'frff Jat^ a)rTL14>'EiUil'L.\>^TO i'i\hmX^m flKOEaVCE ( 207 ) wfwx^^ vv^ w^ vv v\^ v\% vv\\\Avv^\iv\ v\>>A/\vv^ vv* vvvvwvw%.vv> vv'vxv vvvvv v\vvvvvvvvv^ivv\VVVVtVVVt\^\VVV\^^^^^/VVVVVVVVVV\iVVAiVV\iVVV VVV\\'V^ CARYOTE A FRUITS BRULANS. (^pisp astique rubfiante.^ Synonymie. Vulg. Faux Sagoiiier de l'Inde. Carjota urens. Lin. Monoecie polyandrie. Jussieu , famille des Pal- miers. Carjota frondibus bipinnatis ; foliolis cuneifor- mibus obliqu prcemorsis. Lin. FI. Zeyl. 896. Palma in- dica, folio bicomposito , fructu racemoso. Raj. Hist. i365. Schunda-Panna. Rbeed. Mal. 1 , p. i5, t. 11. Birala. Enc. Seguaster major. Rumpb. Amb. i , p. 64, tab. 14. Palma dactylifera, fructu acerrimo. Plum. Gen. p. 3. Cap^actres gwPlIQues des Cae-YOtes. Genre dplantes de la famille des Palmiers, dont les caractres essentiels sont d'avoir : Une spatlie polyplijlle^ unspadice ranieux , couvert de fleurs sessiles ^ les unes mles ^ les autres fe- melles. Fleur mle : calice entier; trois ptales oblongs et concaves; un trs-grand nombre dtamines. Fleur , FEMELLE .' calice et corolle de la fleur mle : ovaire su- piieur, ovale , pointu, lgrement trigone vers son som- m-et , se terminant en un style trs-court , dont le stig- mate est simple; le fruit est une baie arrondie^ rouge dans sa matwit , uniloculaire , contenant deux semences Tome VU. \26^ Livraison, /j^W.at. L^O/ . T'ArotAfrr /A'^ciH^r/f/-^ /^tn^x ( '' ) (Jures, de suhstaJice marbre, aplaties cVun ct et ar- rondies de Vautre. Caractres particuliers. Feuilles bipinnes; folioles cuniformes^ mordues obliquement. Les deux sexes dis- poss sur le mme rgime-, embryon dorsal. (Indes et Antilles.) Histoire naturelle. Ce Palmier, d'un feuillage sin- gulier, crot naturellement dans les Indes et dans les Moluques ^ il s'est naturalis dans quelques les Antilles o des voyageurs en ont probablement sem les graines. Les fruits sont de la grosseur d'une petite prune de mirabelle et ont leur palpe si caustique, qu'elle cause des dmangeaisons trs-cuisantes la bouche. On peut faire avec la moelle de ce Palmier une farine semblable celle du Sagou ^ mais on n'y a recours que dans les temps de disette , cette moelle n'ayant pas une saveur aussi agrable que celle du Sagou ; la partie ligneuse se fend aisment , et on en fait des planches et des solives propres la construction des maisons 5 une cte leve en amphithtre et plante de ces Palmiers offre le plus curieux spectacle ; et quoique les montagnes que pr- frent les Caryotes soient d'une grande hauteur, le ro- chrr n'y montre en aucune place son aridit; les ar- bustes qui vgtent au pied de ces Palmiers lgans sur un gazon maill sont presque toujours chargs de fleurs et de fruits *, il s'en lance des lianes de toute espce qui grimpant autour du tronc et s'enlaant dans les palmes des Caryotes , forment des guirlandes de fleurs et de feuillage. Quaud prs de l on peut placer une chaumire au milieu de prairies, ombrages par une bananerie et des Cocotiers, et sur le bord d'une petite rivire pois- 18* ( 212 ) sonneuse que vient grossir une cascade qui descend des montagnes et y prcipite ses eaux cumantes , qu'a-t-on dsirer ? On n'y est point tromp par les hommes ! ! le chant de mille oiseaux console de leur perfidie ! Caractres physiques. C'est un Palmier trs-remar- quable par la forme de son feuillage ; son tronc est droit, cylindrique, simple et s'lve une grande hauteur, mais moins cependant que celui du Cocotier -, il est gri- stre l'extrieur et constitu par un bois dur, solide et pesant, qui environne une moelle blanche, place dans son centre. Ce tronc est couronn par une cime ample , compose de quelques feuilles extrmement grandes , deux fois ailes et pinnules opposes, garnies, dans toute leur longueur, de deux rangs de folioles ; ces folioles sont petites , relativement la grandeur de toute la feuille, cuniformes, bord suprieur tronqu obli- quement, comme rong et dent , et ressemblant en quelque sorte des feuilles d'Adiante; elles sont minces, finement stries dans leur longueur, n'ont aucun pli, sont d'un vert brun et trs-luisantes ^ le ptiole com- mun de chaque feuille est creus en gouttire, sa base, et s'insre par une gaine qui embrasse le sommet du tronc. La spathe qui contient le rgime, c'est--dire les grappes de fleurs et de fruits naissans , sort de l'aisselle de la feuille infrieure *, elle dcouvre , en s'ouvrant , une panicule dont les rameaux simples resserrs en faisceaux, et longs de deux quatre pieds, sont couverts dans toute leur longueur d'un nombre considrable de petites fleurs sessiles, les unes mles, les autres femelles 5 (2l3 ) le fruit est une baie rouge arrondie. ( Voyez plus haut les caractres gnriques.) (Enc.) Analyse chimique. La pulpe des fruits contient de l'acide malique , une matire extractve excessivement acre , et un principe colorant. Proprits mdicinales. La pulpe des fruits de ce Palmier s'applique sur la peau lorsqu'il est besoin d'y provoquer une vive irritation *, elle agit d'abord comme rubfiante, mais si l'on prolonge son sjour, elle fait natre des ampoules. Ce mode pispastique , bien prf- rable certains gards aux cantharides , en ce qu'il ne porte pas son action sur la vessie, doit tre rserv aux personnes nerveuses et d'une extrme susceptibilit organique. On fait avec cette pulpe, de l'huile de Ben et de la cire, une pommade pispastique trs-douce et qui sert entretenir la suppuration du vsicatoire EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT UN. Le Palmier est rduit au soixantime de son lvation. 1. Fleur mle de grandeur naturelle. 2. Rameau du rgime portant les fleurs mles et les fleurs femelles. 3. Groupe de fruits rduits moiti. 4 Amande entire. 5. La mme coupe transversalement. 6. Etamine. m- ( 2i4 ) VVWVX^/ WX'V>'VW'W<'VV^ VWWW\ IWMkWVWVVV> Wi ' 3 Kit rioi 'A >^'r ( 2i5 ) OU palmes , accompagnes de stipules et fleurs le plus souveut disposes en cimes, situes l'opposite des p- tioles. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Des FLEURS MONOQUES. Fleurs males : Une corolle mo- noptale , infundihuliforme j dix tamins monadelphi- ques. Fleurs femelles : corolle cinq 'ptales j trois styles bifides^ une capsule trois loges monospermes. Caractres particuliers. Feuilles palmes , dentes , aiguillonnes, dix tamins. (Vivace. ) Histoire naturelle. Le Mdiciiiier piquant, dit Bar- rre , est appel indiffremment Herbe du Bon Dieu , Herbe du Diable , suivant l'humeur de ceux qui en tant piqus poussent des cris par a douleur que la piqre (semblable celle de nos orties) leur fait ressentir, et qui en outre lve des ampoules et cause des inflam- mations, ce que tous les voyageurs ont prouv et que Marcgrave a bien remarqu aussi lorsqu'il dit : Tactunt urit ac pungit 'vehementer. (Hist. Rerum Nat. Bras, lib. 2 , p. 79. ) La plante que Nicolson a observe Saint-Domingue et laquelle il donne le nom de Manioc btard, Herbe ulcres, est mince et gristre 5 elle ne s'lve gure au-dessus d'un pied , et se divise en plu- sieurs ramifications. Sa feuille est dcoupe jusqu' moiti en cinq ou six parties d'environ six lignes de largeur et autant de longueur ^ d'un vert sombre , sans dentelures -, ses fleurs croissent par bouquets au haut des branches. Elles sont trs-petites , pourpres sur les bords , j^^u- ntres au milieu \ les fruits sont assez semblables ceux du Manioc blanc. Cette plante croit au bord de la mer , dans le sable 5 ses feuilles piles et appliques sur les ( 2i^ ) vieux ulcres , les dtergent et les gurissent en peu de temps. Caractres physiques. Ce Mdicinier est horrible- raent hriss sur toutes les parties , mais principalement sur les ptioles , les feuilles et les jeunes rameaux de poils droits , stacs , un peu rflchis , blanchtres , trs-piquans, et qui sont une grande incommodit pour ceux qui voyagent pied dans les endroits o cette plante est abondante, les effets de leurs piquans se con- servant long- temps 5 sa tige est droite, peu ligneuse, rameuse, pleine d'un suc laiteux, et s'lve la hauteur d'un quatre pieds 5 le tronc a un ou deux pouces de diamtre , et les feuilles y laissent aprs leur chute des cicatrices blanchtres -, ces feuilles sont alternes , portes sur de longs ptioles, cordiformes la base, et partages ordinairement en cinq lobes ovales, acumins, dents en scie , qui s'avancent peine jusque vers le milieu de la feuille , et dont les extrieurs sont plus courts -, assez souvent la plupart n'ont que trois lobes ; les dents qu'on voit leurs bords sont aigus , presque subules ou comme mucrones 5 les lobes sont traverss chacun dans leur longueur par une nervure qui part de la base de la feuille 5 les fleurs sont blanches , lgrement pdicelles, et naissent , vers les extrmits des rameaux , en espces de cimes pdoncules assez lches ^ les fleurs mles sont monoptales, hypocratriformes, brunes, onglets jau- nes et dnues de calice *, les fleurs femelles ont un ca- lice cinq dents ; leur corolle est compose de cinq ptales ovodes , renverss en dehors ^ le fruit est hriss de poils piquans. (Eue. ) AisALYSE CHIMIQUE. L'huilc pcsautc qu'on obtient des ( 217 ) graines de ce Mdicinier contient un principe acre et purgatif qui est encore plus abondant dans le suc lai- teux de la tige et de l'enveloppe des graines , et qui est soluble dans l'alcool et l'ther ^ ce principe rsineux a beaucoup de rapport avec V Elateriwn, Proprits mdicinales. On pratique l'urtication avec les jeunes branches de ce Mdicinier dont les moindres piqres suffisent pour faire lever des ampoules et four- nissent un trs-bon vsicatoire qu'on emploie lorsqu'il est besoin de recourir aux rvulsifs. Les graines ont les pro- prits purgatives de celles des autres Mdiciniers. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT DEUX. Le dessin est rduit moiti. 1. Fleur mle. 2. Fleur femelle. 3. Capsule. 4' Graine. (2.8) l'VVVVvVVVV\\IVVt.VVvVVVVVVVVVVVVVVVVVwVVVVVVVVVVVVV\i'VVVVVVVV\A^(VVVVVVVVVV\'VVVVVVVt/V%VVt>V^M BRESILLET DE BAHAMA. ( pispastique rubfiant. ) Synonymie. Csalpinia bahamensis. Lin. Dcandrie mo- nogjne. Jussieu, famille des Lgumineuses.' Csal- pinia ramis aculeatis , foliolis obovatis , emarginatis ; floribus albidis. Lamark. Csalpinia foliis duplicalo-pinnatis^ foliolis emarginatis, floribus decandris. Mill. Dict. n. i. Pseudo-Santalum croceum. Sloan. Jam. liist. 2, p. i84' Catesby, carol. 2 , p. 5i , t. 5i. Caractres gnriques des Brsillets. Genre de plantes fleurs poyptales , de la famille des Lgumi- neuses , qui a des rapports avec les Poincillades et les Canficiers , et qui comprend des arbres ou des arbris- seaux exotiques , communment pineux et dont les feuilles sont deux fois ailes. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice en godet ^ cinq divi- sions j Tinfiieure trs-grande j corolle de cinq ptales peu prs gaux ; dix tamines filets arqus , lanugi- /-'/y '^ Lw /'/. ,u,3 . Thodore A'-so'urtiA^ /'i/ur IIIIESIXLET IIE BA1L;131A ( 219 ) Se . neuses la base-, un style -^ un stigmate-^ gousse ohlon" Me, comprime^ aigu ^ uniloculaire. (M.) cr 5 Caractres particuliers. Fleurs blanchtres, aiguil- lons recourbs en haut. Histoire naturelle. Ce Brsillet crot dans les les de Bahama et la Jamaque : on en cultive en Europe pour l'lgance de leur tige et de leur feuillage. Catesby dit qu'autrefois les habitans des les de Bahama ga- gnaient en partie leur vie exploiter le bois de cet arbre , mais il en reste peu aujourd'hui : on s'en sert pour la teinture , et l'on en envoie tous les ans en Eu- rope une grande quantit de ces les et de plusieurs autres endroits de l'Amrique pour cet usage. On en peut extraire un carmin lger mais peu durable , en ajoutant de l'alun la dcoction, et prcipitant le m- lange au moyen d'alcalis , on a , pour rsultat , des laques. Caractres physiques. Cette espce forme un arbre mdiocre ou un arbrisseau , dont les rameaux et les p- tioles communs sont munis de piquans courts , pars , et redresss ou tourns en haut : ces piquans ne per- mettent pas de la rapporter , non plus que la prc- dente , au Csalpinia brasiliensis de Linn. Ses feuilles sont deux fois ailes , folioles ovodes ou cuniformes et chancres en cur leur sommet \ elles sont glabres des deux cts, ples en dessous et d'un vert tendre en-dessus ^ la base des folioles et de chaque paire de pinnules , on observe de trs-petits aiguillons droits au ( 220 ) nombre de deux quatre ; les fleurs sont blanchtres , irrgulires, ont dix tamines libres et courbes, et viennent en grappes droites ; elles produisent des gousses oblongues , pointues , pdicules , aplaties et qui ren- ferment plusieurs petites semences rondes. Analyse chimique. Les fleurs de ce Brsillet donnent un arme trs-agrable qu'on associe l'huile de Beu qui ne rancit point, et dont on se sert pour la toilette j le bois produit une partie colorante qu'on fixe avec l'a- lun et le tartre , plus un extrait sucr. ProppiIts MEDICINALES. L'corce est trs-acre, et c'est cette partie qu'on emploie comme vsicante. On prpare avec Tcorce de ce Brsillet une pommade pis- pastique douce , et propre entretenir la suppuration des vsicatoires. Voici comme on procde sa confection : Prenez corce sche de Brsillet, eau, trois livres de chaque -, concassez l'corce et faites-la chauffer jusqu' l'bulliiion de l'eau dans une bassine ^ passez-la de nou- veau au mortier de marbre , puis l'ayant remise dans la bassine , versez dessus : huile , quatre livres j faites bouillir jusqu' l'vaporation presque complte de l'eau ; exprimez les fces la presse, et vous aurez une huile verte ; prenez de cette huile deux livres ^ cire jaune , une livre, faites fondre une douce chaleur pour en ob- tenir un crat qui remplace la pommade de garou. L'a- vantage de ce bois pispastique sur les cantharides est de ne point produire comme ces dernires, une violente irritation sur les voies urinaires ^ quelquefois on emploie l'corce du Brsillet en nature en l'appliquant sur la ( 221 ) peau o se trouve le ver de Guine ; il faut avoir grand soin de ne point arracher le ver , mais de se prter tous ses mouvemens , et suspendre la traction si l'on prouve de la rsistance *, ce ver se nourrit dans le tissu cellulaire. Les Scrofuleux aux Antilles en sont parti- culirement incommods ainsi que des malingres. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT TROIS. Le dessin est rduit moiti. 1. Silique. ( 222 ) *(V*VV\VV>V'VVVV>\'VVVVAVVVV%V\VVVV\\A*VV\VV>WWW\i%AW*X/WWX\A^ >WM^A^ 'AK'VM vo BRESILLET DES ANTILLES. ( pispastique rubfiant. ) Synonymie. Csalpinia crista. Lin. Dcandrie monogjnie. Jussieu , famille des Lgumineuses. Csalpinia caule aculeato , foliolis ovato-subrotundis , racemis pyramidalis , floribus pentandris. Lamarck. Csalpinia. Mill. Dict. n. 2. Csalpinia poljphylla aculeis horrida. Plum. Gen. 26. Burm. Amer. t. Q^. CAiiCT:r>.ES GNRIQUES DES Brsillets. Callcc 5-fide , la deruire dcoupure plus grande ; ciiic| ptales , le der- nier plus beau. CauAct-res particuliers. Tige arbore; folioles ova- les , entires ; fleurs pentandriques. (Jamaque. Vivace.) Histoire naturelle. Cet arbrisseau crot naturelle- ment aux Antilles o on lui donne le nom de Brsillet, parce que son bois est rougetre Tintrieur comme le Bois de Brsil. Cette plante, ainsi que celle qui prcde , ne peut s'lever en Europe que dans les serres ; on sme /2t)^ Ah /y, jo^ T/ifodo,'^ /h-jwoitr/f/\ A/i^i' aric/ Ji'u^. %H.^^hhi VX'^VX^iWVWA WVW'W'\A/VVVXAAA^/V\ VViAA/> W VV\ A(\\V 'W^ \V>.VV\'W VVVV BJAR BRULA_\T. ( pispastique vsicant. ) Synonymie. Befar. Bejaria stuans. Lin. Dodcandrie mo- nogynie. Jussieu, famille des Rosages. Befaria foliis lan- ceolatis , floribus racemosis. Lin. f. suppl. 247. Befaria Lin. Mant. 242. Mutis. Amer. vol. 1 , t. 7. Cahactres gnriques des Bjars. Genre de plantes fleurs polyptales , qui parait avoir quelques rapports avec le Clethra ^ et qui comprend des arbres ou des arbrisseaux d'Amrique, dont les feuilles sont simples et parses et les fleurs disposes par bouquets ou en grappe. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Calice sept dwlsions ovales -, corolle '-j-fide^ quatorze taminesiune capsule sept loges poljsperrnes. (Mrat.) Caractres particuliers. Feuilles lancoles -, fleurs en grappes (Antilles, iNouvelle-Grenade. Vivace. ) Histoire naturelle. Ce genre Bejaria et non Bc- Tome VII. -127 Livraison. /_>-^.7// /v .w;. /'A^Lu/orf Av<'///'/V'/v /V.r OaSr iii-^jAii iiiii'i^A>:i^ ( 2^7 ) faria , a t consacr par Mutis la mmoire de soi ami et compatriote Bjar, professeur de botanique Cadix. On trouve cette plante dans les parties sableuses des Antilles et de la Floride; cet arbrisseau charmant tant rechercli en Europe par les amateurs , exige des soins de culture et ne peut supporter les bivers -, lors- qu'il est bien soign, il fleurit en aot et en septembre-, ce Bejaiia aime une terre lgre et substantielle, et ne peut se multiplier en Europe que de boutures et de mar- cottes , car ses graines ne parviennent pas une parfaite maturit. Je Fai observ au jardin botanique de France, Cliarles-Town o M. Micbaux l'a souvent rencontr. Gatlcteties physiques. Le Bjar brlant est un ar- brisseau d'environ douze pieds , dont les rameaux sont cylindriques et ouverts ; ses feuilles sont alternes , par- ses , rapproches les unes des autres, ovales-obongues ou lancoles , trs-entires , lisses , cotonneuses en dessous et portes sur des ptioles trs-courts et un peu aplatis j les fleurs sont rouges et disposes en grappes dont quelques-unes sont axillaires , et le plus grand nombre terminales ; leurs pdondules propres sont velus et aussi longs que la fleur; cette plante croit au Mexique, et on la trouve quelquefois aux Antilles. ANALYSE CHIMIQUE. L'corcc du Bjar brlant produit par la distillation un principe acre , une rsine verte acre , un principe amer de couleur rousse ; les cendres renferment du carbonate de chaux et de l'oxyde de fer. Proprits mdicinales. Les feuilles de Bjar br- lant crases et appliques sur les parties goutteuses , ( 228 ) soulagent , dit-on , sensiblement le malade , mais il faut qu'il n'y ait pas d'inflammation', or ce moyen parait ne convenir que dans les douleurs arthrodiniques passes l'tal chronique. On applique souvent avec succs la dcoction des feuilles sur les parties infiltres du tissu cellulaire ^ pour cela on applique immdiatement les feuilles en topique , ou simplement des linges imbibs de leur dcoction. La plante tant pile et applique sur la peau y produit de la rougeur et bientt y dter- mine la vsication 5 ce mme marc sert manger les chairs fongueuses des ulcres atoniques et scorbutiques, et faire mourir les vers qui y ont t dposs. EXPLICATIOJS DE LA PLANCHE CINQ CEJNT CINQ. Le dessin est presque de grandeur naturelle. 1. Fleur ouverte pour laisser distinguer l'insertion de la corolle et des tamines. 2. Etamine. 3. Pistil grossi. 4. Fruit. 5. Valve du fruit. 6. Graines. Jjj' /.//> /y s 06. J'Afn/ore Jif^ivurvt. /'ma Irtiiriel Se f:ori^yr i;iM>i i^a.vi^ a Fi^:ryj>:M >!rriii^:E^ ( '-^29 ) vvvv^vv\'A/\vv'.\/v^^>\^*vv\vv^^vv\'vv\vv^^'V\vv>^/vvvvvvv'\A/^\/v^^v'Vvvvvvvvv^^/*M/vv\^ GOUET GRIMPANT A FEUILLES MITRES. (^pisp astique vsicant,^ Synonymie. Vulg. Gouet oreille de Midas. Gouet mitre. Arum scandens folio rigido bisecto et Ijrato. Plum, t. 5, p. 4' Cahactres gnriques des Gouets. Genre de plantes unilobes de la famille du mme nom, qui a beaucoup de rapport avec les Galles et les Dracontes et qui com- prend des herbes , les unes sans tige, les autres caules- centes, feuilles ptioles , sagittes , lobes ou multi- fides , et chaton nu son sommet. Le caractre essen- tiel de ce genre est d'avoir : Une spathe monophjlle membraneuse colore intrieurement y un cliaton cylin" drique , simple , color , plus court que la spathe qui l'enueloppe , fleuri dans sa partie infrieure et nu son sommet , qui se fltrit et tombe a\fant la maturit des fruits. Fleurs n ayant ni calice , ni corolle , mais des anthres nombreuses ttragones , situes la partie moyenne du chaton au-dessous d''une double rajige de ( 23o } filamens cinhifornies et des ov'aires nouihreux et sessiles env^irojiJiant la hase du chaton '^ les fruits sont des bais globuleuses, unilocul aires , contenant beaucoup de se- mences arrondies. Caractres particuliers. Feuilles bifurques ou di- vergentes en forme de mitre piscopale \ spadice en massue, pendant ^ on remarque un triple rang de glandes sur le spadice entre les anthres et les ovaires-, chaque glande est surmonte d'un filet. Histoire naturelle. Plumier a souvent rencontr le Gouet mitre dans les forets vierges et humides de la Mar- tinique vers la rgion appele vulgairement la Cabestre. Je l'ai observ plusieurs fois Cuba et Hati dans les mornes boiss et non loin des fontaines jaillissantes qui entretiennent la splendeur de la riche vgtation qu'on admire aux Antilles. Cette plante cultive en Europe exige la serre chaude et la tanne, une bonne terre, de la chaleur et de frquens arrosemens ^ on les dpote tous les ans en avril \ on les multiplie de graines venues du pays ou par l'clat de leurs racines. Caractieres physiques. Le Gouet mitre pousse des liges grimpantes munies de racines nombreuses qui s'attachent aux arbres *, la tige paisse d'un pouce porte l'empreinte des anciennes feuilles et est noueuse lors- qu'elle vieillit. L'coice est grise, pleine, fibreuse^ la chair est blanche tachete de jaune. 11 part du sommet de la racine six huit feuilles hau- tes de deux pieds environ, divises en deux la partie suprieure en guise de mitre piscopale , plisses rigide- ( 23i ) ment , blanchtres en dessous et vertes en dessus j le p^ dicule est long d'un pied , rond par derrire , canalicul par devant et toujours humide son insertion. D'entre les pdicules des feuilles sortent des spathes pendantes del longueur d'un pied, enveloppes, comme le mas, de plusieurs membranes vaginales, compactes, jaun- tres, renfermant un seul pistil de quatre pouces de lon- gueur , de la grosseur d'un pouce , obtus , recouvert d*un duvet roux ou fauve, divis en comparlimens trs-l- gans ^ chacun de ces comparlimens carrs contient la fleur et par suite le fruit -, dans le premier cas la super- ficie est bombe et offre pour saillie des pointes arron- dies ou pistils , chaque compartiment carr est spar de son voisin par deux lignes qui se terminent en spirales recourbes , lesquelles donnent naissance des filamens floconneux *, c'est l le sige de la floraison et de la fruc- tification. Quoi qu'il en soit, les pistils de chaque fleur s'lvent de leur centre et forment avec la runion florale de fort jolis dessins de marqueterie , comme on peut en juger par les dtails botaniques figurs dans la planche ci-jointe j chaque fruit ou capsule renferme des semences infiniment petites. Analyse chimique. J^ojez l'analyse de la Canne mar- ronne ou du Gouet y nnQuyi^ Arum se guineum (^lvo\- sime volume, p. 55, pi. i52). Proprits mdicinales. Toutes les parties de ce Gouet grimpant contiennent un suc vnneux d'une cret in- supportable ^ ce suc brle et corrode la peau : aussi s'en sert-on , dfaut de cantharides , pour tablir un v- sicatoire; on peut l'employer, suivant le besoin , comme ( 232 ) rubfiant et comme vsicant ; la racine bouillie avec le miel est regarde comme anti-astliamtique ^ macre dans le vinaigre elle devient anti-scorbutique , ou au moins les mdicastres des Antilles remploient en cette qualit. Je ne conseille pas l'usage de cette racine l'intrieur. Les tranches de la racine , encore frache , tant appli- ques sur la peau , y provoquent des ampoules *, en un mot ces tranches et les feuilles mises en pte, au moyen d'un mortier , fournissent un trs -bon rubfiant dans les fivres ataxiques , adynamiques et exanthmatiques , lorsqu'on a besoin de ranimer les forces et de ramener les humeurs du centre la priphrie. Les Hattiers ou gardiens d'animaux emploient cette pte pour dtergcr les ulcres sordides des bestiaux, et en loigner les in- sectes *, cependant comme la racine dessche ou bouillie perd son cret, due uniquement au suc laiteux qu'elle contient, on en relire une fcule nutritive qu'on peut appliquer avec succs et au moyen de prcautions con- venables, dans les maladies compliques d'atonie des fibres. On prtend que cette fcule a la proprit de faire disparatre les taches de rousseur de la peau. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT SIX. La plante est rduite au sixime. i. Organe de la reproduction beaucoup grossi. Vulg. chaton. 2. Portion carre du ciialonjOii s'observent la fleur et le fruit. 3. Ovaire vu en dessous. 4- Ovaire vu en dessus. 5. Graines. /Xtw^/v Anrtmv^'^ /"tnjc Oairfi c'Jv/^- Ai\^ JOI,' A PO: il8 ( 233 ) 6*iV vvvvvvvvv\A/^/v\vv\.vvvvv^v\v\VlVVVVVWvtvv^vvvvvvvvvi(V>wvvvvvvvv^(vvvvvvv^vvvvvvv^'Vv\^vvvvvv ACAJOU A POMMES. {^pisp astique vsicanle.^ Synonymie. Vulg. Pommier d'Acajou. Noyer d'Acajou. Pommier noix d'Acajou. Anacardier occidental. Ana- cardium occidentale. Lin. Pentandrie monogjnie. Jussieu, famille des Tcrblnthaces. Cassuvium pomife- rum. Lamarck. Malus nucifera. Plum. J. A. 54, p- 265. Cassuvium. Rumph, i , t. 69. Kapamava. Rheed. Mal. 3 , t. 54* Cajujera, Acaja iba. Marcg. CapvActres gnriques des Anacardiers. Arbre de troisime grandeur , qu'il ne faut pas confondre avec rAcajou planches (Maliogoni), et qu'on trouve en Asie et en Amrique ; il est de la pentandrie monogynie de Linn, et de la famille des Trbintbaces de Jussieu 5 il fait partie du genre des Anacardes. Le caractre es- sentiel de ce genre est d'avoir : Un calice cinq divi- sions oi^odesj une corolle de cinq ptales rflchis ^ plus longs que le calice ; cinq tamines ,* trois styles j trois stigmates j une noix rniforme sous le rceptacle chaniu. Caractres particuliers. Feuilles larges el arrondies, ( '-34 ) de diverses couleurs^ la noix sous la pomme, comme dans TAnacardier officinal (tome II, p. ^ , pi. 9). Histoire naturelle. Le Pommier d'Acajou est origi- naire de FAmrique mridionale , et on le trouve com- munment aux Indes-Orientales; il ne peut vgter sous le climat d'Europe qu'en serre chaude, mais son accrois- sement y est si prompt qu'en moins de trois mois on obtient d'une noix qu'on y a plante des tiges de cinq six pouces, garnies de larges feuilles; mais il arrte l cette prcocit , et sa vgtation devient languissante ; il dcoule de son tronc , qui fournit un bois blanc pro- pre la menuiserie et la cbarpente , une gomme trans- parente qui contient de l'acide gallique , ce qui en loi- gne les insectes. Cette gomme est employe pour vernir les meubles , et quoique d'une qualit infrieure la gomme arabique, elle la remplace avec avantage dans certaines circonstances. Le fruit, ou pricarde charnu, rouge ou jaune , suivant l'espce , porte sa base une semence rni forme renfermant une amande trs-agrable manger et pouvant remplacer l'amande douce ; cette amande est contenue dans une enveloppe ferme entre deux couches de cellules o se trouve l'huile caustique et acre d'Acajou qui oxide promptement le fer, et dont on se sert pour marquer le linge en caractres inelTaables. Plusieurs jolies croles ont eu se repentir d'avoir voulu ajouter leurs charmes quelques signes au moyen de cette liqueur caustique qui , corrodant la peau , tablit des ulcrations difficiles dtruire, car ce suc fait lever des ampoules. La Pomme d'Acajou sa maturit est d'une saveur m ( 235 ) vineuse et acidul : on en fait un cidre propre lancier la soif, mais aprs en avoir dtacli les noix. L sont des tas de pommes disperses, Dont la couleur enflammait les rameaux, Et qui bientt sous la meule presses D'un suc piquant verseront les ruisseaux. LONARD. On obtient aussi de ce suc de bonne eau-de-vie et un excellent vinaigre \ le fruit mang cru est indigeste ; la gomme est jauntre, transparente, un peu brune et trs- propre , suivant Plumier, faire de la colle. La Pomme d'Acajou dont le jus acerbe a besoin d'tre corrig , est trs-bonne en compote , surtout en ajoutant un peu de cannelle, les fruits verts sont trcs-astrlngens et servent tanner les cuirs ^ on en fait usage pour fixer sur les ctoffes certaines couleurs auxquelles ils donnent beaucoup de solidit^ on s'en sert aussi pour la fabrica- tion de l'encre -, leur dcoction procure une couleur pour- pre au papier bleu *, ces fruits tant mrs, on les conft aussi au sucre, et ils oflrent alors un aliment aussi agra- ble que salutaire. L'amande de la noix est plus dlicate que l'aveline, et fournit par la trituration un bon orgeat; cette mme amande, tant torrfie lgrement , est d'un got exquis ; on en fait des nougats \ on sert aussi l'a- mande sur les tables en guise de cerneaux. Caractres physiques. Le Pommier d'Acajou, souvent assez rgulier pour les formes , est communment noueux et stri , le tronc et les branches ont la mme ( .36 ) enveloppe; l'pidcrme est gris^, l'enveloppe cellulaire d'un vert clair ; le liber blanchtre , le bois blanc , trs- lger et d'un got acerbe : on le fend facilement -, ses racines sont trs-chevelues et pivotantes ^ contenant un sucre gommeux trs-cre. Les feuilles croissent par bou- quets l'extrmit des branches , elles sont paisses , garnies en dessous d'une cte saillante laquelle se joi- gnent des nervures parallles; leur couleur, d'abord rougetre, passe au jaune, et bientt au vert d'aprs la qualit du terrain que ces arbres occupent. Les fleurs qui paraissent en septembre , ont une odeur trs-suave ; elles sont panicules, garnies de bractes disposes en bouquets et portes sur un pdicule grle ; composes de cinq ptales oblongs , blanchtres, qui arrivent suc- cessivement la couleur pourpre -, le calice en est d- coup jusqu' la base en cinq parties gales ; elles ont dix tamines monadelphes leur base , et remarquables en ce qu'une d'elles plus longue porte une anthre fer- tile , tandis que les neuf autres , d'aprs la remarque de M. Turpin, sont striles. Le style plus long que les tamines est surmont d'un stigmate bruntre tronqu. Le fruit mrit en dcembre et janvier ; il est d'abord vert , puis jauntre, ensuite couleur de feu plus ou moins vive. Il est une varit d'un blanc mat ou jauntre; les fruits de cette dernire espce sont moins acres que les rouges ; leur chair est galement d'un got vineux , acide, spongieuse, trs-aqueuse et remplie de fibres; le noyau est une noix adhrente l'ombilic en forme de rein, qui parat l'extrieur au lieu de se trouver au centre du fruit; son corce gristre paisse , claire, com- pose de deux membranes , retient une huile caustique et inflammable. ( '-37 ) Analyse chimique. La Pomme fourrt une partie su- cre et astringente, dulannin^, beaucoup d'acide raa- lique -, l'enveloppe de la noix une huile caustique trs- inflammable -, une matire extractive noire soluble dans l'eau; une matire jaune miscible l'alcool et un acide particulier ; l'amande fournit une huile douce et beau- coup de mucilage. Proprits mdicinales. Le fruit, en qualit d'astrin- gent , s'emploie dans les cours de ventre chroniques comme la conserve de coins. Celte mme pomme sert faire une tisane acidul et rafrachissante ; sa racine est purgative et employe dans les lavemens de cette classe *, les noirs en boivent la dcoction pour se purger; sa gomme insuffle dans le nez arrte les hmorragies na- sales. Le diplo ou matire spongieuse et cellulaire de la noix fournit une huile si caustique , que la moindre application en est vsicante. On prpare avec, une pom- made qui a les proprits de celle du garou pour entre- tenir la suppuration des vsicatoires ; cette huile ronge les verrues et les cors aux pieds. Pour obtenir la pommade pispalique de noix d'A- cajou , on concasse cinq parties de coques qu'on arrose avec un peu d'huile de ben ; on les pile dans un mor- tier ; on verse le tout dans une bassine contenant trois parties d'eau distille; on ajoute six parties d'huile d ooli, et l'on pousse le feu jusqu' l'bulhtion et l'vaporation de l'eau ; on relire le marc qu'on soumet la presse, et au bout de quelques heures on spare les fces et on a une huile caustique d'une couleur brune. Pour obtenir la pommade, on prend huit parties d'huile ( 238 ) de noix d'Acajou et quatre de cire blanche, on fait fon- dre une chaleur douce jusqu' parfaite incorporation, et l'on fait refroidir. L^amande sert faire un excellent orgeat ; la dcoc- tion de l'corce , lgrement astringente , se prescrit contre les aphthes et en gargarisme dans les angines mu- queuses. On fait un liniment trs-excitant avec deux onces d'huile d'ooli et un gros d'huile caustique d'Acajou. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT SEPT. Le dessin est rduit moiti. Rameau charg de feuilles, de fleurs et de fruits, rduit au quart. 1. Fleur dveloppe. 2. Fruit de la varit jaune et enveloppe de la noix on- verte pour laisser voir les cellules qui contiennent le suc caustique. 3. Graine dont la peau jaune est enleve, pour mettre Va- mande dcouvert. jjy ^Za TAcrc J?e^KHi/*Cii ^ ,-^c Otl^^/f/^r^ %inr^>M\^ J^ rf:i ii.LKvS noMsi<.^. ( ^39; iVV\/VVWVWVV/\'VVVVVVVVV>/VVVVV\)VVVv'\'VVV^IVVkfVVVVVVl\'^VVVVVVV\VVVVVVVvV%i\X>\-VVVVV\VV\VVV ROSSOLIS A FEUILLES RONDES. ( pispastique vsican t . ) ^ Synonymie. Vulg. Herbe la rose. Herbe la goutte. Drosera rotundifolia. Lin. Pentandrie monogynie. Jussieu, Gapparides. Drosera scapis radicatis, foliis or- biculatis. Lin. Spec. Plant, vol. i , p. 4o2. Lam. III. Gen. tab. 220, f. 2.^ Drosera (rotundifolia) , scapis radicatis elongatis; foliis rotundato-cuneatis. Michaux, Flor. Boreal- Amer. vol. i , p. i86. Caractres gnriques des Rossolis. Genre de plantes dicotyldones fleurs compltes , polyptales , de la famille de Cpriers, qui a des rapports avec les Rori- dula, et qui comprend des herbes les unes indignes , les autres exotiques l'Europe , dont les feuilles sont alternes , la plupart radicales , charges de cils glan- duleux , munies la base de leur ptiole d'un appendice cili j les fleurs sont disposes en pi terminal. Le ca- ractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice * ( 24o ) cinq dcoupures profondes-, cinq ptales j une capsule une loge s'ous^rant en cinq values son sommet , con- tenant plusieurs semences. CArLCTREs particulieplS. Feuiles rondes cilies au- tour et visc[ieuses. Histoire naturelle. Le Rossolis , en latin Dr osera du n^iot grec Drosos^ rose, est une petite plante tou- jours glutineuse , et qui se plait dans les lieux humides et marcageux \ elle offre le mme phnomne que le Diona muscipula. Lorsqu'un insecte se pose sur ses feuilles , les poils glanduleux qui les bordent se contrac- tent et retiennent l'insecte prisonnier. Ce Piossolis croit en Europe , dans TAmrique et aux Antilles dans les criques-, il incommode les moutons qui le pturent. Car.actres physiques. Les racines sont menues , fi- breuses , noirtres^ elles produisent un assez grand nombre de feuilles toutes radicales, petites, arrondies, orbiculaires 5 peine rtrcies leur base, visqueuses, garnies , particulirement leurs bords , de cils ou poils rougetres, droits, ingaux, glanduleux \ les pdoncules sont longs , mdiocrement velus. De leur centre s'lve une ou quelques hampes droites, simples, glabres, cylindriques, beaucoup plus longues que les feuilles , hautes de cinq six pouces , termines par un pi ou une grappe de fleurs simples ou bifides ; les fleurs sont blanches , presque unilat- rales , mdiocrement pdonculcs et dont les pdoncules sont redresss aprs la floraison ^ le calice est partag en cinq divisions ovales, un peu aigus^ la corolle (24i ) est pelite , peine plus longue que le calice , cinq ptales ovales, renfermant cinq lamines et n'ayant fort souvent que trois styles, dont les stigmates sont un peu globuleux , la capsule est ovale et contient des semences fort petites, tubercules, tant vues la loupe. Analyse chimique. Toute la plante est amre , as- tringente , un peu acre, trs-acide et mme caustique ^ elle donne de l'acide gallique , un principe acide et une rsine acre. PropPlIts mdicinales. Toute la plante tant pile, aprs en avoir t les tiges et autres parties dures , s'ap- plique immdiatement sur la partie du corps o on veut produire des ampoules ; les naturels la font bouillir dans de l'huile dont ils se servent pour frictionner le ventre et la partie interne des cuisses des hydropiques ; il parait que celte mthode iatraleptique provoque chez ces mo- ribonds une abondante scrtion de sueur et d'urine ] j'ai vu des insulaires appliquer derrire leurs oreilles , un topique de feuilles crases pour y attirer des sro- sits et se gurir de maux de dents , d'oreilles , et de leurs ophtalmies. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT HUIT. La figure est rduite moiti. 1. Fleur grossie et vue la loupe. Tome VU. i2']'' Lwraison. 20 { 242 ) W%,VVVVVVVV.V\iVVVV*vVVt.VV/VV\/VvvVV A/VVVV-VVVVVVVVWV^VVVVVVVVVVVV vV> vwvvwwvw cww^ vv INIOSAMB A CINQ FEUILLES. (^plspastique wsicant. ) Synonymie. Vulg. Kaa Mouzamb des Carabes. Z'erbe calalou. Bides des croles. Cleome pentaphylla. Lin. Ttradjnamie siliqueuse. Jussieu ^ famille des Cpriers. Tournef. RapKanistrum , classe des Crucifres. Cleome floribus gynandris, foliis quinatis , caule inermi. Jacq. Hort. , t. 2^. Lam. 111. Gen. t. y , f. 1 . Cleome floribus gynandris , foliis digitatis. Hort. Cliff. 34i La- gansa rubra. Rumpb. Synapistrum indicum pentapbyllum, flore carneo , minus, non spinosum. Sloan. Jam. 80. Hist. 4 , p. 294. Quinquefolium lupinifolio. Bauh. Papaver corniculatum acre quinquefolium aegyptiacum minus. Pluk. Alm. 280. Sinapistrura pentaphyllum siliquosum non spinosum flore albo.Plum.vol. 4, p- i47' En malabarois : Capa-Veela, Rbeed. Caractres gnriques des Mosambs. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Cpriers et qui comprend des herbes toutes exotiques l'Europe, dont les fleurs sont en pi terminal et les feuilles digi- tes , ternes ou simples avec deux glandes , et quelque- ToME VIT. 128'" Livraison. zjSfjCa, ri. 6c TTifot/orf Jff'j'<'mr^/t/\ /^.r /'f/rc ,l\- 3foaorBE A rivo feiti.les (243) fois deux pines leur base. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Trois glandes nectarifres , une chaque dwision du calice , except la dernire , les p- tales sont tous ascendans ; la silique est une loge, deux vaWes. Caractres particuliers. Fleurs gynandriques -, feuil- les quines ; tige sans pines. (Antilles , Indes \ an- nuelle.) Histoire naturelle. Cette jolie plante crot en Am- rique, aux Indes et la Cochincliine ; l'tat de crudit elle est acre et pispastique , tandis qu'tant cuite on la mange en brdes ; ce mot l'Ile-de-France quivaut au Calalou des Antilles. On appelle ainsi , dit M. Dupetit- Thouars , des plantes herbaces cuites sans beaucoup d'apprts , comprises sous le nom collectif de brdes. On mange ce mets avec du riz cuit l'eau 5 pour corriger la fadeur de ces alimens et donner du ton l'estomac , les croles y mlent plusieurs piceries qui croissent pour ainsi dire sous les mains et presque sans culture , telles sont les diffrentes espces de Capsicum, le Cwr- cuma, le Gingembre, le Poivre, etc. Le mot Brdes quivaut celui de jeune pousse , sommits de la plante ; ainsi Brdes Chou Carabe , Brdes Cresson , Brdes tr Kaa, Brdes de France, sont djeunes feuilles d'pi- nards 5 Brdes Gandole ou de la Baselle rouge ^ Brdes Giraumon ; Brdes Pourpier Savane ^ Brdes glaciales {Mesemhriantliemum cristalliiium, L.) ^ c'est un des meil- leurs lgumes pour ce genre de mets; Brdes Malabares {Amaranthus spinosus)j Brdes Morelle, c'est la Brde par excellence ; espce de Morelle noire qui n'a pas en 20* ' ( 244 ) " Europe la proprit vnneuse qu'on lui suppose, car beaucoup de croles , reconnaissant en elle une plante chrie , l'ont approprie leurs mets sans le moindre inconvnient. Il y a aussi Brdes Morongues , ou jeunes pousses du Ben*, Brdes Piment^ Brdes puantes, sur- nom donn au Mosamb cinq feuilles, qui avant d'tt^e cuit a une odeur vireuse et d'urine de chat , odeur que la plante perd entirement par la cuisson. Caractres physiques. Le Kaa Mosamb a une tige xcrbace, haute d'environ deux pieds, droite, simple, ans piquans : elle pousse des rameaux tals, velus, garnis de feuilles divises en cinq lobes , lgrement ptioles , ovales, arrondies, termines par une pointe , munies leur circonfrence de petits cils en forme de piquans, ouvertes en main l'extrmit du ptiole com- mun qui est long, mince et velu *, les fleurs forment un pi clair et terminal*, elles sont garnies, la base du p- doncule commun, de bractes en forme de trois petites folioles sessiles , ovales , cilies ^ la corolle a quatre p- tales ingaux, arrondis, ouverts, ayant des onglets fili- formes , remarquables par leur longueur ; du centre de la fleur s'lve un pdicule trs-long , capillaire : les tamines sont attaches vers le milieu*, elles ont les f- amens longs , trs-fins , un peu tortills 5 l'ovaire est plac bien au-dessus des tamines , au sommet du p- dicule prolong *, il se change en une silique velue , cy- lindrique , subule, termine par le stigmate lenticu- laire , obtus et persistant , renfermant des semences ar- rondies, chancres en forme de reins, rudes, et six stries. (Enc. ) Analyse chimique. Le suc de la plante a une odeur ( 245 ) vireuse dsagrable elmme ftide ; on trouve une huile grasse dans la semence et qui est soluble dans l'alcool 5 un principe causti([iie volatil et de l'albumine. Proprits mdicinales. La plante tant crase et applique sur la peau y excite une vive inflammation, qui est suivie d'une action vsicante ; la cuisson, comme je l'ai dj dit, fait perdre cette plante toutes ses pro- prits dltres : c'est pourquoi les insulaires l'em- ploient comme sudorifique. Quelques naturels se mettent dans les oreilles les feuilles froisses pour gurir les maux de tte : ils s'en frottent aussi le corps, la tte et les pieds pour ranimer la circulation. Rhede assure qu'au Malabar elle jouit d'une certaine rputation comme alexitre en l'aspirant par le nez : ceci me parat difficile croire. Les feuilles, dit-il , excitent l'apptit, dissipent les glaires et les flatuosits. Il va plus loin, il annonce que la plante frache, tant mise sous les aisselles avant le frisson , dissipe la fivre : elle agirait alors comme pispastique et rvulsive-, ceci mrite de nouvelles ob- servations, et pourrait jeter quelque lumire pour la thrapeutique des fivres. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT NEUF. Le dessin est rduit moiti, 1 . Fleurs. 2. Graine. ( ^46 ) ^A'WVV\--Vt\,VV\AVWVV\VV^VV^W'VA W\VV\ VV\W\^XVV^VV\VV\ k\ vvvv\ tv* VVVX/V\ V \AA vv^ v% COLOCASIE MONTANTE. ( pisp astique vsicante, ) Synonymie. Liane brlante. Colocasie strile larges feuilles. Gouet hdrac caustique grandes feuilles. Colocasie vnneuse. Arum hederaceum majus. Lin. Gjnandrie polyandrie. Tourn. Personnes. Juss. , famille des Aro- des. Coloeasia hederacea sterilis latifolia. Plum. imprim, page 37, fig. 5i , 5?,. Caractres gnriques des Gouets. Genre de plantes unilobes de la famille du mme nom , qui a beaucoup de rapports avec lesCalles etlesDraconles, et qui comprend des herbes les unes sans tige, les autres caulesceutes, feuil- les ptioles , sagittes , lobes ou multifdes, et chaton nu son sommet. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Spathe ventrue nfneureinent et souvent dve- loppe en cornet la partie suprieure ^ spadice cylin- drique f nu dans sa partie suprieure , staniinifre au ndlieu; anthres sessiles et itragones j ovaires nombr^eux la hase du spadice ^ nus , sessiles et dpourvus de styles y 3'If JJiO . IjfV FI. Jza. T^e^^Care P^%^*}fiU7-ti/\. /*inac Fr^er tfc rOl.SrASiE BHIL AXTE . ( ^47 ) un stigmate velu j une baie globuleuse une loge , et une seule semence. Caractres particuliers. Feuilles trs-amples, larges et cordiformes \ ptioles arrondis. (Vivace. ) Histoire naturelle. H y a trois varits de Liane brlante qui ne diffrent que par la forme des feuilles arrondies , ou aigus ou sagittes , mais leurs proprits caustiques sont les mmes \ je donne ici l'histoire de la varit feuilles trs-larges dont le suc , qui se rpand en larmes, est d'une excessive causticit. Cet Arum se trouve aux Antilles et surtout Hati dans les mornes et sur les rochers ^ je voulus le dguster en herborisant dans les montagnes de Plaisance (Hati) avec M. de Tussac ; mais peine eus-je entam la tige avec les dents que ma bouche s'enflamma \ je perdis en peu d'heures l'usage de la parole , jusqu' ce que nous eussions pu re- joindre la maison de M. de Saint-Loubert , chirurgien Plaisance , o je me fis donner des citrons pour neu- traliser les effets de ce caustique. L'inflammation tait telle que ma langue enfle pendait hors de ma bouche que j'tais forc de tenir ouverte \ l'air extrieur sem- blait me soulager en calmant cette irritation excessive \ des gargarismes fortement aciduls calmrent l'inflam- mation , mais je ne recouvrai qu au bout de plusieurs jours le sens du got. Caractres physiques. Cette Liane crot de la mme manire que ses congnres. Plumier, qui n'eut jamais l'occasion de trouver ni les fleurs ni les fruits de cette espce, lui avait appliqu l'pithte sterilis; mais elle est ( '-48 ) pourvue des organes de sa reproduction 5 elle s'attache contre les rochers et contre les arbres la faon des Lierres, ce qui lui a fait donner le nom latin hederacea. Les racines principales sont dans la terre \ elles sont longues, noueuses et blanchtres *, la tige de cette Liane est munie chaque nud de petites racines vermicu- laires qui lui servent se cramponner aux arbres \ cette tige est cylindrique , paisse de plus d'un pouce , jau- ntre , illetons roux, glabre et trs-rameuse^ les feuilles viennent sur les jeunes rameaux, sont ptioles, cordiformes , pointues , redresses la plupart , lisses et d'un beau vert en dessus , coriaces , alternes et cadu- ques ; le dessous des feuilles est de couleur verdtre , garni de nervures principales saillantes, et de raies fines et rapproches dans l'intervalle \ l'extrmit de chaque rameau prsente un bourgeon allong et pointu comme dans le Gouet hdrac, lequel venant s'ou- vrir laisse panouir une nouvelle feuille ; et l'extrmit du rameau, s'alongeant, offre un autre bourgeon de mme former la spathe est grande, ovale, pointue, paisse, colore extrieurement de jaune d'or , ainsi que le cha- ton ; ce dernier est cylindrique , presque de la longueur de la spathe et se fltrit dans la partie qui est au-dessus des ovaires. Cette espce crot dans l'Amrique mri- dionale , particulirement Hati , la Martinique , Cuba , et dans les pays montagneux. Analyse chimique. La tige et les racines tant dess- ches fournissent une huile grasse , une matire extrac- tive semblable du Caoutchouc, de la gomme, une partie trs-cre , la cendre contient du carbonate de po- tasse et du phosphate de chaux. ( 249 ) Proprits mdicinales. Les tiges de cette Liane sont remplies d'un suc caustique qui , tant appliqu sur la peau, rompt les vaisseaux lymphatiques , et y cause des escarres. Sa causticit est si extraordinaire , dit Duhamel, qu'il a entendu plusieurs fois dire l'habitant Minguet, fameux panseur de malingres, qu'il en faisait un onguent pour les ulcres , lequel avait la force de faire sauter le cul de la chaudire de fer^ oi on le fait. Voil, je crois , une trange exagration , et un vaisseau de chimie d'un genre bien modeste ! EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT DIX. La plante est rduite moiti. Cette Liane rampe sur un arbre et laisse voir le dessous curieux de sa feuille, les organes de la reproduction et les larmes du suc laiteux qui transsude des articulations. ( 25o ) V%VVVVVVVVVV'VVVVVVVVVVVVVVvVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV/VVCVVVVVVVV^'VvVVVVtVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV*Vl^ CHITR BIFLORE. ( pispastique ^vsicanle. ) Synonymie. Vulg. Liane mangle. Echites blflora , Lin. Clas. V. Pentandric monogynie. Jussieu, famille des Apo- cynes. EcLites pedunculisbifloris, Jacq. Amer. 3o , t. 2i et Pict. 21 , t. 28. Apocynum scandens , flore Nerii albo. Plum. Amer. p. 82, t. 96. Raj. Suppl. 545. Caract:res gnriques des crites. Genre de plantes Heurs monop tales, de la famille des Apocins , qui a des rapports avec les Apocins mmes et les Pergulaires, et qui comprend des plantes la plupart ligneuses, sar- menteuses et giimpantes, suc propre laiteux, feuilles simples et opposes \ fleurs inf undibuliformes , pdon- cules et axillaires, auxquelles succdent des follicules gmins, longs, la plupart cylindriques, contenant des semences aigrettes. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : la fleur contourne j deux follicules longues^ droites j semences aigrettes ; corolle in fundibuli forme gorge nue. Caractres particuliers. Pdoncules biflores \ les co- rolles sont dilates la gorge. (Vivace.) jjS':zf^,. /'/. . )// l'Atmiffr flcnvii^i/-^ /Wj- J'rrr-f Je Erim K BiFLoiii^: ( ^5: ) Histoire naturelle. Cette plante, dont les formes sont gracieuses , crot dans les Antilles , aux lieux mari- times , parmi les Paltuviers *, elle fleurit deux fois l'an- ne , ce qui lui a fait donner le surnom de Biflore -, on trouve encore aux Antilles plusieurs autres Echites , savoir : FEcliite fleurs campanules de la Jamaque , Echites suberecta , Lin. chite follicules aggluti- nes leur sommet, de Saint-Domingue; Echites ag- glutinata, Lin. Echite fruits noueux, la manire des Coronilles de la Jamaque et de l'ile de Saint-Domingue; Echites torulosa , Lin. Ecliite fleurs ombellifres de la Jamaque et de Saint-Domingue*, Echites umhellata. Lin. Ecliite rampante et pdoncules bifides , de Saint- Domingue prs du cap ^ ranais sur les bords des bois ; Echites repens , Jacq. Amer. Echite fleurs rouges en corymbe des bois de Saint-Domingue ', Echites coiym- l)Osa; Echite fruits s'attachant aux habits, de Saint- Domingue , quartier de Logane. Caractres physiques. L'chite biflore est un arbris- seau laiteux, dont les tiges sont sarmenteuses , se r- pandent sur les haies ou grimpent sur les arbres jusqu' la hauteur de vingt pieds *, ses feuilles sont opposes , oblongues , obtuses leur sommet avec une petite pointe , rtrcies vers leur base , ptiole court , lisses , un peu fermes ou coriaces , et longues de trois pouces sur un pouce un pouce et demi de largeur ; les p- doncules sont axillaires, plus courts que les feuilles, et portent deux ou rarement trois fleurs ; ces fleurs sont grandes, d'un aspect agrable, presque semblables celles du Laurose , et ont une corolle blanche orifice ( 252 ) et intrieur du tul)e d'un jaune ple ^ les follicules sont grles, cylindriques, longs de cinq six pouces. Ajsalyse chimique. Le suc laiteux de l'Ecliite biflore contient une rsine friable^ du Caoutchouc^ une ma- tire extractive , caustique , une substance glutineuse , de l'albumine et de l'acide tartrique. Proprits mdicinales. Le suc rapproch de cette plante est tellement acre qu'appliqu sur la peau, il y dtermine la vsication. Quoique telles soient ses vertus hroques , certains insulaires ne craignent point de pres- crire l'Echite biflore l'intrieur , sans provoquer le vo- missement, mais l'injestion de cette substance acre peut dterminer une gastro-entrite ^ d'autres font dissoudre ce suc concret dans l'alcool pour en obtenir une tein- ture hydragogue qu'ils recommandent la dose d'un gros tous les matins jeun. Le moyen le plus sr et le plus prudent de tirer parti de cette plante hroque, est de l'employer comme pispastique , ou en attnuant ses principes corrosifs , par l'intermde d'un vhicule , d'en composer des dcoctions dtersives. On applique le marc de la plante sur les glandes scrophuleuses pour en oprer la rsolution. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT ONZE. Le dessin est rduit moiti. y2S' /.fV J'I. S/3 TAfoJnrr />ejKnta-^7\ />/?. JWyi' . Ir/ii iArUEOtE flYPElliriHIlE ( 253 ) ttV\^rt^iVVlVV>VV%V\'\VV^\X%\X^iVV\\\>\\'>V\AYViVV\\V>/VVVVV\^V>V\AVV>\>/VVV'(V\AV\\^V>VVX^(^^ LAUROLE HYPERICOIDE. (^psp as tique i^sicante.) Synonymie. Garou feuilles troues du bord de la mer. Laureola hjpericoides , Plumier, f. a. 54 > 258. Daphne foliis pertusis, D. Lin. Octandrie monogynie. Tour- nefort , Arbres monoptales. Jussieu , famille des Thy- mles. Caractres gnriques des Lauroles. Genre de plantes fleurs incompltes , de la famille des Garons , qui a de trs-grands rapports avec les Passerines et avec le Laget, et qui comprend des arbrisseaux et des arbus- tes la plupart indignes de l'Europe , dont les feuilles sont simples, alternes ou parses , et dont les fleurs, soit axillaires, soit terminales, sont un peu tubuleuses, souvent vivement colores et d'un aspect agrable. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice color^ coroUac , quadrifde j huit tamines enfermes dans le calice ^ une baie monosperme. Caractres particuliers. Feuilles perfores comme dans le Millepertuis. ( 254) HisTOKE NATURELLE. Toutcs Ics cspccs dc Laurole se plaisent l'ombre et aiment vgter sous les ra- meaux touffus des arbres les moins levs; l'aspect de celte varit , qui flatte agrablement la vue , nous l'offre parfaitement conforme la Laurole odorante ; elle nat particulirement le long de la mer, o elle se trouve en quantit la petite anse d'Arcet la Martinique. On l'y rencontre en fleurs dans le courant de fvrier. Caractres physiques. Le feuillage de ce charmant arbuste 5 dit Plumier, a beaucoup de rapport avec celui des Lauroles , mais les touffes sont plus amples et les feuilles plus pointues -, tantt il ne pousse qu'un tronc, et tantt plusieurs tiges composant toutes une espce de buisson extrmement pais par le grand nombre de ses feuilles dont les tiges sont toutes garnies -, ces feuilles ont la longueur et la largeur d'un doigt*, les deux bouts pointus , la superficie fort unie et la substance un peu paisse et toute perce d'une infinit de petits trous comme celles du Millepertuis. Les fleurs naissent indiffremment parmi ces feuilles; ce sont des tuyaux pais comme des plumes, longues d'environ un pouce , et fendues au bout par deux lvres retrousses presque de mme que les fleurs de nos ch- vrefeuilles ; la lvre suprieure tant tout entire et l'infrieure fendue par trois dcoupures, dont celle du milieu , qui est la plus grande , est toute couverte par dessus d'un petit poil violet ou bleutre ; ces tuyaux sont mls de rouge et de jaune et naissent sur une petite coupe verte compose de cinq petites feuilles pointues et attaches sur un pdicule long d'environ un pouce , ( 255 ) Riince au commencement et grossissant ensuite jusqu' Ja coupe ^ ils poussent aussi dans le fond comme du de- dans d'une gueule , quatre filets blanchtres un peu pais et termins par un stigmate arrondi ; les fruits ont la forme d'une olive pendante, presque aussi grande que les ntres, mais jauntre, polie, luisante et un peu acrimonieuse ainsi que les feuilles. Analyse chimique. Toutes les parties de la plante contiennent un suc laiteux caustique et une rsine pur- gative dont il faut se mfier , ou plutt ngliger l'usage l'intrieur. Proprits mdicinales. Cette Laurole a les pro- prits pispastiques de ses congnres j lorsqu'on veut tablir un lger exutoire , on prend un morceau de i'- corce d'un pouce de longueur sur six lignes de lar- geur-, on le fait tremper dans le vinaigre pour le ra- mollir et pouvoir dtacher le bois; ensuite on l'applique o Ton veut produire l'effet vsicant , ou ronger les chairs fongueuses des vieux ulcres \ on doit viter d'employer la Laurole l'intrieur 5 cependant il est aux colonies des charlatans assez audacieux pour en prescrire l'usage comme purgatif en le comparant au sn , ils l'emploient surtout dans le traitement des ma- ladies vnriennes rebelles et compliques de douleurs ostcocopes. La dose pour purger est d'un demi-gros de poudre des feuilles dans du vin ou du bouillon-, mais ce dras- tique cause des tranches, ce qui prouve qu'il est plus prudent de s'en abstenir \ cependant on prtend qu'un ( 25G ) gros de rameaux garnis de feuilles et de fleurs qu'on laisse pendant dix minutes infuser dans de Peau bouil- lante a purg sans coliques. On dulcore, si Ton veut, la potion avec le sirop de fleurs d'oranger -, si elle n'agit pas comme purgative, elle russit dans les affections cutanes , comme attnuante ^ les feuilles en lavage la dose de deux gros dans une pinte d'eau , ne peuvent nuire, mais encore une fois il est tant de purgatifs et plus srs dans leurs effets et moins dangereux, que je conseille de ne faire usage de la Laurole qu' l'ext- rieur. EXPLICATION DE LA PLAJVCHE CINQ CENT DOUZE. Le dessin est de grandeur naturelle. 1 . Fleur non dveloppe. 2. Fleur dveloppe. 3. Etamines. VINGTIME CLASSE. DES PLANTES QUI EXCITENT UNE EXSUDATION SEREUSE A LA SURFACE DE LA PEAU SANS DETERMINER LA VSICATION. Plantes dites mollientes. SOMMAIRE, JuE mot mollient vient du verbe latin Emollire^ amol- lir , ramollir , rendre plus mou. Les plantes doues de cette proprit conviennent toutes les fois que l'on re- marque dans le cours des maladies une scheresse, une chaleur intense et une tension dans les fibres, symp- tmes qui peuvent occasioner des accidens funestes, soit par la coction trop prolonge des humeurs et leur paississement qui nuit la circulation , soit par la rete- nue de ces principes morbides qui devraient tre excr- ts par les voies naturelles. Les molliens ont la proprit d'amollir, de relcher les fibres trop tendues et d'adoucir l'acrimonie des sucs Tome VII. 12^^ Lraison, 21 ( 258 ) dont la mauvaise qualit sert agacer le systme ner- veux et provoquer un spasme gnral. On doit donc recourir aux molliens dans toutes les maladies inflam- matoires internes ou externes, telles que la dysurie , les nphrites et autres maladies de la vessie*, dans la dysenterie , les coliques bilieuses , venteuses ou nphr- tiques qui rsultent de l'entrite, ou inflammation des intestins 5 dans les fivres ardentes et le gonflement du Las-ventre, etc. En ces cas on administre des lave- mens avec la dcoction des herbes mollientes *, on les applique en fomentation sur les parties aflecles, et on en fait des cataplasmes dont Tusage est toujours suivi d'un succs marqu. On doit considrer comme plantes mollientes toutes celles qui contiennent du mucilage, de la fcule, quel- quefois du sucre et une huile fixe, soit ensemble, soit sparment. Ces sortes de plantes ne renferment point d'huile volatile, de tannin, ni d'extractif, enfin aucuns principes amers, styptiques , acres ou excitans. Les plantes mollientes sont sans odeur, et presque sans saveur ^ cependant il y a des molliens de diverse nature et de proprits diffrentes^ par exemple les subs- tances olagineuses, glatineuses et mucilagineuses, ont plus de vertu que les farineuses, et elles agissent plus immdiatement sur les tissus vivans. Toutes aussi ne possdent pas la mme quantit de principes nu- tritifs. L'effet des molliens tant de relcher les tissus, on ne doit point les associer au vin, ni l'alcool, qui rendraient le mdicament excitant. Le meilleur exci- pient est l'eau qui, l'tat tide, offre elle-mme un mol- lient ; les agens de cette classe ont plus d'influence sur ( 259 ) les constkulioDs faibles et dlicates , que sur les temp- ramens robustes. Existe-t-il une exaltation des forces vitales que signa- lent une chaleur animale excessive , un pouls trs-acc- lr ? Si l'on a recours un mollient , bientt le trouble des fonctions cesse et le calme renat -, cet effet se fait bien mieux apprcier par une application extrieure sur une tumeur o l'on remarque tension, chaleur, douleur et gonflement *, on prouve bientt un soulagement rel. Dans ce cas l'application molliente a fait cesser l'rthisme des tissus de la partie malade et mouss la trop vive sensibilit nerveuse^ une potion de sirop de guimauve et d'huile d'amandes douces n'adoucit-elle pas une toux sche produite par l'irritation ? elle procure du calme et rend plus facile l'expectoration. N'prouve-t-on pas le mme succs de ce mlange dans les coliques in- testinales avec chaleur, douleur et constipation ? Cepen- dant il ne faut pas trop prolonger l'usage des molliens 1 intrieur, car ils finissent par pervertir Tuvre de la digestion et disposent la pleur , l'anasarque , symp- tmes coucomittans de la cachexie. Enfin les molliens agissent en sens inverse des toniques et prennent les noms UncrassanSy de dpuratifs^ d'aprs leur mode d'ac- tion. Si l'usage trop prolong des molliens l'intrieur altre les fonctions digestives et cause la diarrhe, cet usage, sagement employ, convient aux estomacs qui pchent par l'excs de ton et de calorique. Les espces mollientes conviennent dans toutes les maladies o il y a exaltation des forces vitales, soit directe, soitindirecte,etonles emploie, suivant le besoin , comme mucilagineuses, huileuses, glatineuses ou farineuses. 21* ( 26o ) On doit y recourir dans les fivres inflammatoires et bilieuses , dans le premier temps seulement des fivres muqueuses ^ rarement dans les fivres ataxiques et ady- naraiques, si ce n'est en cas d'une scheresse excessive de la langue \ mais on leur associe des acides et des anti- septiques. Dans toutes les maladies fbriles, leur emploi l'extrieur peut tre indiqu sous la forme de fomen- tation sur le bas-ventre , sur les cuisses, les jambes , etc., pour diminuer la chaleur gnrale et favoriser la scr- tion des urines. Souvent en bassinant le nez , les tempes avec une dcoction molliente, on diminue l'aride sche- resse de la membrane pituitaire dans certaines fivres de mauvais caractre, et on facilite la respiration. Les boissons mollientes conviennent dans les phleg- masies cutanes . la variole , la scarlatine , la rougeole , le pempliigus, etc., s'il n'y a pas de symptmes d'a- dynamie. Leur proprit relchante favorise l'ruption. On les recommande aussi en boisson et en fomenta- tion dans les phlegmasies des membranes muqueuses , telles que l'angine inflammatoire, l'entrite, la dysen- terie pendant la priode inflammatoire et mme les diar- rhes chroniques, dit Barbier, si elles sont entretenues par linflammation ou 1 ulcration de la muqueuse intes- tinale. On les applique , dans ces cas , en fomentations sur l'abdomen , et on les prescrit en lavemens. Ces mmes moyens sont rationnels , et doivent tre em- ploys dans l'empoisonnement par des substances acres ou caustiques -, dans les phlegmasies des voies urinaires; dans la dysurie avec irritation ^ dans le premier temps du catarrhe vsical \ enfin dans les ophtalmies aigus. Les Ijoissons mollientes, secondant l'effet des saignes, trouvent une place distingue dans le traitement de la ( 26I ) phrnsie, de la pleursie, et de la pritonite ^ dans celui des hmorragies actives, de l'hmattase , de Thma- lurie active, etc. On les administre toujours tides, pour en tirer tout le fruit. On recommande aussi les boissons , fomentations , et bains molliens dans les nvroses, cause de leur in- fluence sur 1 irritabilit gnrale qu'ils moussent d'une manire sensible , en faisant cesser le spasme qui les en- tretenait ; c'est pourquoi on les prescrit dans les n- vroses de la gnration , le priapisme , la nymphoma- nie , etos Souvent des dispepsies, des vomissemens , des constipations, des coliques, etc., que les toniques avaient exasprs , ont cd l'administration des molliens. Les molliens sont contraires dans les maladies chro- niques des tempramens lymphatiques, des scorbutiques, des scrophuleux , des asci tiques, avec atonie, puis- qu'au contraire l'emploi des toniques semble indiqu pour remdier au relchement qui cause ces maladies de langueur. ( 26!1 ) vv^/vvv\%v\vv^/v^vv^lv\^^v\vv\A/v\vv\xvx^^^vv^A/vvvvvvvvvvvxvv^Anvvvvv\vvvvvvvv^lv^ CACTIER EN RAQUETTE. (molient,) Synonymie. Vulg. La Raquette , le Figuier d'Inde , la Car- dasse , la Semelle du Pape. Cactus opuntia. Lin. Ico- sandrie monogjnie. Jussieu , famille des Cactes. Cactus articulato-prolifer, articulis ovatis compressis, spinis seta- ceis , flore subluteo. Lamarck , Opuntia vulgo herbarium. Bauh. Hist. 1, p. i54. Mill. le 191. Tourn.239. Plum. Sp. 6. Opuntia. Hall. Helv. n. 1099. Ficus indica. Lob. le. 2, p. 241.' Opuntia major valdissimio spinis munita. Batta. Inst. R. H, Caractresgnriques DES Cactiers. Genre de plantes fleurs polyptales, de la famille du mme nom, et qui comprend un grand nombre d'espces qui , presque toutes , sont des plantes paisses, charnues, succulentes, munies d'aiguillons en faisceaux, dpourvues de feuilles, et d'un singulier aspect. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Calice ordinairement en tube , com- pos de plusieurs folioles cailleuses ^ souvent imbriques ^ "9 ^Izt^. M. Jj3 F '- 2 ' Aoiton; .'.'e^Ofurf- / z^iai C^ArTll5RK.V R.V0rF.TT3^;. ( ^63 ) corolle ptales nombreux ^ rapprochs la hase j vingt tamines ou plus -, une baie infre, polj sperme (M.) Caractres PARTICULIERS. Prolifre aux articulations, lche ^ les articulations ovales -, les pines staces. (Vi- vace.) Histoire naturelle. Le mot latin Cactus vient du verbe grec liai , brler, parce que la piqre des pines cause des douleurs brlantes. Cette plante grasse et sou- vent dessche se trouve partout aux Antilles , mais par- ticulirement dans les endroits arides et sablonneux. La prsence des Raquettes annonce un sol peu fertile , une nature dserte et silencieuse , prive le plus souvent du chant consolateur des oiseaux *, souvent elles bordent les lits desschs de ces torrens qui ne se forment qu' la suite d'un ouragan, et, s'coulant avec rapidit, ne laissent que l'horrible aspect de leur passage et de la destruction. On les voit encore sur des sommets de mornes pels, ou sur leurs flancs earnis c et l d'arbrisseaux rabou- gris , o l'on trouve peine un ajoupa ombrag de quel- ques papayers et rafrachi par une petite fontaine. Au milieu d'une nature brlante et de savanes dessches , le chasseur rencontre toujours avec dlices quelques pieds de Raquettes pour tancher sa soif. Leur fruit est ra- frachissant , mais il faut avoir soin de le peler et ne manger que la pulpe, car l'enveloppe extrieure est pour- vue de piquans qui , se fixant sur les membranes de l'ar- rire-bouche 5 excitent une toux couvulsive. On a pro- pos en vain en Angleterre un piix celui qui trouve- rait les moyens de fixer la belle couleur pourpre du fruit del Raquette, que Ton destinait la fabrication du faux ( 264) maroquin ; toutes les tentatives ont t infructueuses. Par suite d'une scrtion dpuratoire qui se charge des parties colorantes dont on se nourrit, l'urine humaine devient rouge en mangeant le fruit purpurin du Cacte en Raquette, et elle devient jaune, si l'on prend de la rhubarbe, du safran ; ou noire si l'on fait un long usage de casse , etc. Les coquilles purpurifres se nourrissent de fleurs plus ou moins colores , et l'on sait que les plantes marines contiennent de l'iode. Les Cactiers de- mandent beaucoup de soleil pour Tt et la serre chaude pour l'hiver. On les multiplie de semences , mais plus srement de boutures , c'est--dire au moyen d'articu- lations qu'on fait scher et qu'on plante ensuite dans une terre un peu humide pour ne plus l'arroser. Ces plantes paraissent se nourrir plutt de l'air et par leurs feuilles, que de la substance de la terre et par leurs racines. Caracteiies physiques. Le Cactier en Raquette , qui fournit un assez grand nombre de varits, se recon- nat aisment la singularit de son aspect et spciale- ment la forme parliculire de ses articulations , qui ressemblent des feuilles charnues implantes les unes sur les autres , et hrisses d'pines trs-aigus. C'est une espce d'arbrisseau qui s'lve jusqu' six ou huit pieds de hauteur et qui, dans sa vieillesse, est port sur un tronc court, ligneux et gristre; il est entichement compos d'arliculations ovales , ou ovales-oblongues , aplaties des deux cts , longues d'un pied plus ou moins, paisses d'un pouce, charnues, bords arrondis, d'un vert glauque, fermes, et qui, naissant toutes les unes sur les autres , un peu obliquement , forment des rami- fications compartiment quinconcial , et ressemblent en ( 265 ) quelque sorte des raquettes. Ces arliculatioris ou es- pces de feuilles ont le tissu cellulaire trs-dilat , et sont charges d'pines staces , disposes par petits fais- ceaux pars ^ les fleurs sont jaunes , sessiles , situes sur les articulations suprieures ; elles ont environ dix p- tales ovales-cuniformes , beaucoup d'tamines qui ont un mouvement particulier de contraction , lorsqu'on les touche avant qu'elles aient rpandu leur poussire f- condante, et un style dont le stigmate est partag en cinq dix divisions. Leur fruit a presque la forme d'une figue \ il est ordinairement d'une couleur rouge fonce , contient une pulpe rouge, succulente, doucetre, et, dit-on , a cela de particulier qu'il rend l'urine de ceux qui en mangent rouge comme du sang, quoiqu'il ne leur cause aucun mal. Les varits de ce Cacte, qui croit au milieu des ro- chers et sur un terrain aride, diffrent principalement entre elles par la grandeur et la forme de leurs articu- lations , et par la couleur et la longueur de leurs pines. Les vritables feuilles de la plante sont ces petites folioles lancoles , vertes, et qui viennent sur les articulations naissantes , aux endroits o les pines croissent par la suite. (Eue.) Analyse chimique. Le fruit de la Raquette piquans, dit le docteur L'Herminier , mdecin la Guadeloupe , doit sa couleur clatante l'acide malique. Elle dispa- rat en l'isolant et l'obtenant nu , mais elle reparait dans sa reformation par le malate de plomb et l'acide sulfurique ; c'est ce qui empchera jamais de la fixer : ce qui est une perte norme pour les arts. ( 266 ) Proprits mdicinales. La Raquette, dit Poupe- Desportes , est le meilleur mollient que nous ayons pour ramollir et faire suppurer une tumeur. On fait boucaner (ou rtir) une feuille ou patte de Raquette^ on la pile dans du lait, et on l'applique sur la partie ma- lade ; on y joint quelquefois, comme rsolutive, de la farine de manioc et des pinards , en lui associant de la casse et du manioc. On obtient, continue le mme doc- teur, le meilleur maturatif dont on puisse se servir. Dans les opthalmies aigus on applique sur les paupires des cataplasmes faits avec la pulpe cuite de la Raquette. Le mme praticien, Poupe-Desportes, donne la formule suivante d'un cataplasme maturatif: prenez deux feuilles de Raquette , faites-les cuire sur des charbons^ des feuil- les de Morelle ou Laman , d'Herbe Charpentier de Saint-Domingue (IV vol. _, page p.25 , pi. 281), de Tabac vert et d'Oseille, de chaque une poigne -, faites cuire le tout dans du sain-doux (ou mantaigue) aprs en avoir tir la pulpe travers le tamis , ajoutez une demi-poi- gne de farine frache de Manioc , de l'onguent suppu- ratif ou napolitain, deux onces-, du sel ammoniac, deux gros. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT TREIZE. Le dessin est rduit au tiers de sa grandeur. O' 1. Fruit ouvert, demi-grandeur. a. Graine de grosseur naturelle. /"L S74 TAeoJor'e Or^XMurtU\ J'irme Prtatr Ji-zi/p CAC TIKR MOXIU* OlOrE . (267 ) *A/ ((%/% VV^*/V\VV\V\^iVVVVViVVVVVVVV(VV\VNrtVVVVV\V\tiVV>VV>/V\AA/V>^ CACTIER MONILIFORME. ^ molUent. ) Synonymie. Vulg. Cactier glomrul. Cactus moniliformis. Lin. Icosandrie monogynie. Jussieu , famille des Cactes. Cactus articulato-prolifer , articulis globosis spinosis glomeratis. Lin. Melocactus ex pluribus globulis opuntias modo nascentibus , spinosissimus. Plum. Sp. 19. Burm. Amer. t. 498. Caractres gnriques. Calice monophylle suprieur, imbriqu -, corolle nombreuse 5 baie une loge , polys- perme. Caractres particuliers. Opuntias comprims ar- ticulations prolifres ^ Cactier prolifre aux articula- tions , les articulations globuleuses , pineuses , glom- res. (Amrique mridionale. Vivace.) Histoire naturelle. Ce curieux Cactier nait, ainsi que ses congnres, dans les lieux les plus arides des rivages de la mer , dans ces plages solitaires o La terre, sans ruisseau, sans parfum, sans culture, Ne voit pas une fleur mailler sa ceinture, Baour-Lormian. ( 268 ) Cependant on sait tirer parti de ces plantes, et e colon industrieux trouve former des haies et des rem- parts avec les tribus nombreuses des Pingoins , des Ra- quettes , des Alos , des Cactiers, qui forment des forts et des enceintes impntrables , tellement Qu'une haie , opposant ses remparts hrisss , Eloigne les troupeaux par ses traits repousss. RossET. Le Cactier moniliforme crot aux Antilles et particu- lirement Hniti parmi les rochers voisins de la mer, dans le quartier nomm la Bande du Sud , o Plumier le trouvait frquemment. Caractres physiques. De sa racine , qui est presque ligneuse, rameuse et rougetre, nait d'abord un globe gros comme une noix verte, charnu, tendre, d'un vert gai, et muni d'pines brunes, longues et trs-aigus. Ce globule bientt aprs donne naissance deux autres qui lui ressemblent , et ceux-ci en produisent d'autres successivement , de manire que toute la plante forme un amas de globules diffus , tals au large sur la terre et affreusement hrisss d'pines. Les fleurs sont rouges, solitaires et sessiles sur les globules suprieurs , ont leur style trs-saillant , et la base de leur calice charge d'caills pointues ; les fruits sont d'un beau rouge , lui- sans , un peu plus gros que des ufs de pigeon, et mu- nis d'caills pointe jauntre -, leur chair est blanche , tendre , d'une saveur acidul et agrable , et remplie de trs-petites semences d'un jaune d'or. (269) Analyse chimique. Les fruits coniienneiit beaucoup d'acide malique et un principe mucoso-sucr , du mu- cilage, une gomme jauntre, opaque et farineuse, qui transsude souvent de la plante et se concrte prompte - ment Fair. Proprits mdicinales. Les Cactes, dit le docteur L'Herminier, mdecin la Guadeloupe, genre de fa- mille trs- dsagrable, parfois utile , surtout l'espce prive de piquans , sont succdanes des racines et es- pces mollientes et mucilagineuses , prfrables l'in- trieur qu' l'extrieur , parce que ces fruits excitent quelquefois une lgre excoriation , due peut-tre un peu d'acide malique libre. Quoi qu'il en soit , la pulpe des pattes et des fruits de tous les Cactiers est trs-mol- liente , et elle est d'un grand secours dans les ambulan- ces , car on trouve partout de ces plantes aux Antilles. On donne des lavemens avec la dcoction*, on applique la pulpe en cataplasme sur les parties souffrantes, ou sur les tumeurs que l'on veut faire suppurer -, et on en fait des fomentations trs-utiles dans les douleurs rhu- matismales et arthrodyniques , les rysiples^ les oph- talmies, dans les otites et les odontalgies nerveuses pro- venant d'une transpiration intercepte, etc. explication de la planche cinq cent quatorze. Le dessin est rduit moitic^. V # 4 ^7 ) ^.\'\V\VVVWA/VVV\'^A/\Wi/W\(VV\ VVS/V\ W'^^fH VV^A(V\iVWVVt'\'\Alt\'WxiWVW^'VV\W'>lVV'WMVV%\'ViVV CACTIER ROUGE. (mollient. ) Synonymie. Vulg. Cactier nain globuleux. Tte z'anglais. Melon pineux. Cactus nobilis. Lin. Icosandrie mo- nogynie. Jussieu , famille des Cactes. Cactus subrotun- dus quindecim-angularis , spinis latis recurvis. Lin. Mant. 243. Melocactus purpureus striis in spiram contortis. Plum. Spec. 19. Cactus recurvus. Mill. Dict. p. 4o9 Melocactus IndiaeOccidentalis. Ch. Bauh. Echino Me- locactus. Clus. Caractres gnriques des Cierges. Calice supre , dcoup au sommet^ ptales dfinis ou indfinis, atta- chs au sommet du calice j tamines dfinies ou indfi- nies ^ un style j stigmate divis ^ une baie infre , poly- sperme, uniloculaiie. (M.) Caractres particuliers. Echino Mlocacte , comme rond', quinze angles ^ les pines redresses ^ les angles tourns en spirale. 3 /2o'Z. /'rieur tfcid iXiTWAX lorCK XAIX ( ^71 ) Histoire naturelle. Il y a plusieurs varits de ce Melon pineux. L'espce dont il est ici question crot dans l'Amrique mridionale, aux Iles sous le Vent. On lui a donn le nom de Tte anglaise. Elle est un peu plus grosse que la tte d'un homme, et sessile. Les Cactes , et particulirement les Mlocactes que Bernardin de Saint-Pierre a si heureusement appels sources vgtales des dserts , se trouvent dans les savanes brlantes et prives d'eau ^ c'est l que les animaux , prouvant une soif ardente, les dcouvrent du sable o ils sont cach, et se repaissent de leur suc rafrachissant. Souvent, dit Chateaubriand dans son Itinraire de Paris Jrusalem, on voit, au milieu des cimetires placs dans les Cardas- ses et les Raquettes, quelques Ttes anglaises, ou dcg Pastques blancs, qui vgtent et l sur cette terre dserte , et qui ressemblent , par leur pleur ou plutt par leur forme, des crnes humains qu'on ne s'est pas donn la peine d'ensevelir. Caractres physiques. CeCactier, qui crot aux An- tilles dans des lieux pierreux et maritimes , offre une masse ovode un peu plus grosse que la tte d'un homme et sessile ; elle a quatorze quinze ctes droites , rgu- lires, profondes, et ressemble un melon dont les ctes seraient munies sur leur dos d'une range de faisceaux d'pines droites , divergentes , longues d'un pouce , d'un blanc d'ivoire, et rouges vers leur sommet -, la base de chaque faisceau de piquans se trouve comme un cusson de duvet couonneux 5 sa chair, mle avec le sucre, four- nit une compote acidul qu'aiment les convalescens. Analyse chimique. Ce Cacte contient beaucoup de ( 272 ) principes mucoso-sucrs , de la gomme , un peu d'acide malique et un principe colorant. Proprits mdicinales. Ce Cacter, ainsi que tous ceux de cette famille , est employ comme mollient , et sert de topique dans toutes les plilegmasies aigus ou chro- niques de la peau. La fleur a, dit-on, une proprit anti-syphilitiqae que je me contente de signaler; car je ne Tai point prouve. Les pattes, ou articulations, tant boucanes sous la braise, et dpouilles de la premire peau, dit le docteur Chevalier, mrissent les abcs, et apaisent les inflammations. En lavemens, elles modrent les souffrances que font prouver les douleurs intestinales, dans la dysenterie et la diarrhe accom- pagne de tnesme. On fait avec les fruits de ce Cactier un sirop trs-estim contre la toux, et qui convient aux poitrines sches et chauffes par une irritation per- manente. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT QUINZE. Le dessin est rduit au sixime. r /i'/?*'// N. S7\ M 'i%. :#.- 'l7irx>(/ore /)rJcolU^Z^ /'{/tir /'//r^cr Jc{{> VWTWaV. XIH^Aa. (273) V^VV%ivV\VWk%%l'W VXV^lVvW VA AiV\'VVVV\iVVVVVVvVVVVV/VVi'VVvVV.VA VVVVVVvVVXVVV'VXVVVlVVVVVVWlX'V CAGTIER A COCHENILLES. (Emollient.) Synonymie. Vulg. Cacller NopaL Cactus Cochenillifer. Lin. Icosandrie monog-ynie. Jussicu , famille des Cactes. Cactus articulato-prolifer , articulis ovato-oLlongis com- pressis crassis subinermibus , flore sanguineo. Lamarck. Opuntia raaxima folio oblongo rotundo majore , spinulis moUibus et innocentibus obsito , etc. Sloan. Jara. Hist. 2 , p. i52,t. 8, f. 1,2. Ficus indica major l vis seu non spinosa, vermiculos proferens quos Cochenilla vocant.Pluk. Alm. 1465 tab. 281 , f. 2. Tuna mitior, flore sanguineo , cocbenillifera. Dill. Elth. 899, t. 297, f. 383. Nopal- nocheztli. Hernand. Mex.,p. 78. Caractres gnriques des Cactiers. Calice niono- phylle, suprieur, imbriqu^ corolle nombreuse; baie une loge, polysperme. Caractres particuliers. Articulations naissant les unes sur les autres, et ordinairement aplaties ou com- ToME VIT. 129^ Lipraisou. 22 ( ^74 ) primes des deux cts ^ prolifre aux articulations qui sont ovales, oblongnes, sans pines. (Vivace.) Histoire naturelle. Ce Cactier , prcieux aliment des Cochenilles , se trouve dans plusieurs les de l'Am- rique mridionale *, on le rencontre par forets Saint- Domingue , le long du chemin qui conduit de la ville de Saint-Marc celle des Gonaves , depuis le passage du bac de la rivire de l'Artibonite jusqu' la rivire de FEsterre ; je les ai souvent examins couverts de Coche- nilles dont leshabitans, occups d'autres soins, ngligent la culture et la riche rcolte. Comme ce Cactier ne dif- fre de l'espce appele Raquette que par la couleur de ses fleurs d'un rouge de sang, et dont les tamines sont trs-longues, et par ses articulations plus aplaties, plus larges et dnues d'pines, je vais en donner une courte description. On retire quelques autres avantages du Cactier Co- chenilles ^ ses graines fournissent une farine qui sert faire du moussa -, son tionc, lorsqu'il est vieux et qu'il a pris son accroissement dans un terrain qui lui convient, est dbit par les naturels et sert faire des assiettes, des plats et autres meubles de mnage , des pagayes ou lames , etc. Les insulaires recherchent les fruits du Nopal, et par- ticulirement de la Raquette, pour faire partie de leur nourriture ^ ils font cuire les jeunes bourgeons et les hiangent comme les asperges, la sauce blanche ou i'huilc et au vinaigre ; d'autres les prfrent avec Une ( ^75 ) sauce faite avec le piment , la tomate , le sel et un jus de citron. Le principal avantage qu'on retire de la culture du Cacte Cochenilles, est de donner asile cet insecte prcieux qui y trouve sa nourriture ^ la rcolte de cet insecte, dit Thibault-de-Berneaud , est une branche si considrable de commerce, qu'en 17 36 on en apportait en Europe sept cent mille livres pesant, qui cotaient plus de quinze millions , argent de France. Ce fut cette espce prcieuse de Cochenille fine _, dont on obtient un tiers de plus que de la Cochenille sylvestre la teinture carlaie , que Thierry, de Menouville de Saint-Mihiel (dpartement de la Meuse), alla drober aux Indiens de Guaxaca et d'Oaxaca , et rapporta Saint-Domingue , o il l'a cultive jusqu' sa mort avec une persvrance digne de son premier courage , mais o , depuis les trou- bles affreux de cette colonie , on l'a laisse probablement prir faute de soins. Voici la manire de soigner avec fruit la Cochenille fine et la Cochenille sylvestre : a A la belle saison (des secs aux Antilles ) , on sme la Cochenille sur le Cactier : cette opration consiste placer les femelles dans un petit nid , prpar de matire cotonneuse , assujetti aux pines dont les Raquettes sont armes, et situ en plein midi. Les oeufs sont trs -nombreux *, il en sort des Co- chenilles qui ne sont pas plus grosses que la pointe d'une pingle , de couleur rouge, couvertes de poussire blan- che. Les jeunes Cochenilles se. rpandent sur les feuilles tendres pour en tirer le suc avec leur trompe. Pendant les dix jours qu'elles restent sous la forme de larve, ^ ( 27G ) (cilles sont assez vives et cliaiigcnl souvent de place ; mais, ds qu'elles deviennent insecte parfait, aprs avoir t quinze jours sous l'tat de nymphe , les femelles se fixent, restent immobiles , tandis que le mle se promne plusieurs fois sur le corps de celle qu'il a choisie pour la fconder, s'accouplent et meurent bientt aprs. Les femelles vivent environ deux mois, et les mles la moiti moins. H y a , selon Thierry, six gnrations de ces insectes par an. On rcolte la Cochenille en passant entre elle et le Cactier une lame de couteau dont le tranchant et la pointe sont mousss. On la force ainsi tomber dans un vase, et on la fait ensuite scher, soit au soleil, soit dans un four chaud. Caractres physiques. Ce Cactier a beaucoup de rap- ports avec le Cactier en Raquette , tant pareillement compos d'articulations comprimes et charnues qui nais- sent les unes au bout des autres -, mais on l'en distingue facilement par ses articulations qui sont oblongues, paisses, arrondies en leurs bords , d'un vert tendre, et presque entirement dpourvues d'pines , ou qui n'en ont que de fort petites , et par la couleur et la forme de ses fleurs. Cette plante s'lve la hauteur de six pieds ou davantage -, ses articulations sont longues d'un pied 5 sur cinq six pouces de largeur , et sont paisses de prs de deux pouces ; les fleurs sont petites , d'un rouge de sang , et ont leurs tamines plus longues que leurs ptales, caractres que n'ont point les fleurs de la Raquette. ( 277 ) Analyse chimique. Voyez celle du Cactier en Ra- quette. Proprits mdicinales. Voyez celle du Cactier en Raquette. i explication de la planche cinq cent seize. Le dessin est rduit au sixime. Tome VII. i2g^ Lwraison. 23 (278) *'V\VVVVVVVV^VVVVVVwVVVVVVVVVVVVVVVVVvVVVVV\/VVVVVVVVvVVVVVVVVVVVWVVVVVVVVUVVVVVVVV>'VVVV%rv^ KETMIE A FRUITS TRONQUS. ( molUente. ) Synonymie. Vulg. Bouclier soldat. Hibiscus cljpeatus. Lin. Monadelphie polyandrie. Jussieu, famille des Malvacces. Tournefort , Campanif. Hibiscus foliis cordatis an- gulatis, capsulis turbinatis truncatis , bispidis , Lin. Cav. Diss. 3 , n. 245, t. 58 , f. Ketmia amplissimo folio angu- lato , fructu bispido, cljpeato. Plum. Cat. 3, Mss. 4? t. 21. Burm. Amer. t. 160, f. 2. Tourn. 101. En malabarois ; Katu-Uren. Caractres gnriques des Ketmies. Genre de plantes fleurs polyplales, de la famille des Malvaces , qui a des rapports avec la Mauvisque , les Pavons , les Ur- nes , etc. , et qui comprend des herbes et des arbris- seaux exotiques, feuilles alternes, entires ou dcou- pes -, et fleurs soit terminales soit axillaires , en g- nral grandes , d'un aspect agrable et remarquables par leur calice extrieur polyphylle. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice double , V extrieur Tome VH. 1 3oe Livraison. i^io^ Zf 7%f0tfore />eJ-ocurti/-s. /"i/ux J'eree <.ic- KI<:TM1E A KUt 1 TH TROXOl ES ( ^79 ^ polyphylle , de chiq uif?gf- folioles ; un stj le quinqiifid son sommet j une capsule cinq loges le plus souvent polj spermes. Caractres particuliers. Feuilles cordiformes , an- guleuses 5 capsules turbines , tronques , hrisses. Histoire naturelle. Cette Ketmie, d'une grande sta- ture , crot dans les les Antilles , aux lieux marcageux. Je l'ai souvent rencontre Hati vers la rgion du port de Paix qu'on appelle la Grande Orterie , et dans les bas de l'Artibonite, aux environs de la ville de Saint-Marc. On fait des cordes avec son corce -, on multiplie cette Ketmie par boutures, qui exigent souvent beaucoup de soins ; on les met avant l'hiver en serre chaude, et pen- dant l't on les expose l'air et au soleil. Caractres physiques. Cette espce de Ketmie, fort singulire par le caractre de ses fruits , s'lve en arbre plus de quinze pieds de hauteur^ ses feuilles sont grandes, ptioles, cordiformes, anguleuses, rudes au toucher^ les pdoncules sont droits, longs, uniflores , axillaires , disposs aux sommits des rameaux 5 les fleurs sont grandes , d'une couleur ple , corolle campanule , ayant le sommet des ptales roul en dehors ; le calice intrieur est grand, campanule, partag au moins jus- qu' moiti en cinq dcoupures ovales, acumines ; l'ex- trieur est form d'environ douze folioles linaires , trs- pointues ; le fruit est une capsule hispide, ovale ou tur- bine , tronque suprieurement, de manire que son sommet aplati reprsente un bouclier ou un cusson mucron au centre. 23* . ( 28o ) Analyse chimique. Toutes les Malvaces contiennent beaucoup de mucilage et un principe lgrement sucr. Proprits mdicinales. Toutes les Ketmes ont les proprits mollientes des Malvaces , et on les emploie dans les mmes circonstances, et lorsqu'il s'agit de tem- prer la trop grande nergie vitale , de rprimer , de modrer l'imptuosit de la circulation. L'infusion de cette Ketmie administre dans les maladies ruptives , favorise la sortie des exanthmes , que retarde trop sou- vent un traitement chauffant peu favorable dans ces af- fections. Cette mme infusion modre les mnorragies actives -, l'huile dans laquelle on a fait frire les fleurs , les feuilles et l'corce muciagineuse, convertie en crat, apaise les ulcrations du sein des nourrices, et les gurit promptement. On lui attribue bnvolement la pro- prit de gurir la strilit ! ! Ce que je puis assurer, c'est que j'ai toujours eu me fliciter de l'emploi de sa dcoction dans les ophtalmies, en gargarisme contre les aphthes qui ne sont pas de mauvaise nature, et en injec- tion utrine , pour diminuer l'cret des scrtions de cette partie. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT DIX-SEPT. Le dessin est rduit moiti , et la feuille est au trait. 1. Fruit entier dans son calice. 2. Fruit coup transversalement. 3. Graine. ':iaa> jPLoiS '/'Arat/ty "/' /^v.-.^.//.-.':-/^ ?v7,j vuMMVAAiy.v. \r\v\i\^v\\ ( 28- ) H/X/* VWW* VV\ VV* WW\W> X/WW^YV VWW> Wl'W^'W^/VWV* IV IWVWVXA \V\'V\'WVWVVW%WWWVV\ w* COMMLINE D'AFRIQUE, ( molliente, ) Synonymie. Commelina africana. Lin. Triandrie mono- ffjnie. Jussieu, famille des Joncs. Commelina corollis incequalibus , foliis lanceolatis , glabris, caule decumbente Lin. Mill. Dict. n. 3 , Berg. Cap. p. 9. Commelina ra- die perenni , foliis lanceolatis, caule repente glabro , petalis duobusmajoribus. Wacbend. Hort. Vetz.323. Commelina procumbens , flore luteo. Roy. Lugdb. 538. Commelina africana. Smitb. Icon. Plant., tab. 3o. Wetla-Caitu- Malab.-Marchato. Lusit. Himpblad. Belg. Caractres gnriques des Commlines. Genre de plantes unilobes de la famille des Joncs , qui a des rap- ports avec la Callife et les Ephmres , et qui comprend des herbes exotiques feuilles alternes, simples, por- tes sur une gane remarquable , et fleurs terminales , enfermes en naissant dans des bractes cordiformes , plies en deux et spathaces. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Calice six dis^isions profondes , ( 282 ) doTit trois en forme de ptales ^ six tamines nues , dont trois sliiles ^ glajiduleuscs ^ un sfj lej une capsule trois loges poljspernies. (M.) Caractres particuliers. Corolles ingales*, feuilles lancoles, glabres, tige couche, (\ivace.) Histoire NATURELLE. Ce genre, dit M. Delaunay , a t ddi aux frres Jean et Gaspard Comruelin , bota- nistes hollandais, et snateurs. Les espces de ce genre aiment, un terrain lger et frais, et se multiplient en di- visant leurs racines. On obtient un plus beau sujet s'il est venu de graine qu'on siTie sur couche au printemps. Les graines mrissent bien en Europe , mais cette plante rclame l'orangerie en septembre et le plein air au mois de mai. La Commline commune fleurs bleues vient aussi aux Antilles. Koempfer prtend qu'on se sert de ses fleurs pour faire de l'outremer. On humecte ses p- tales mls avec du son de riz : un peu aprs on exprime la masse *, dans ce suc exprim 1 on plonge une carte , et aprs l'avoir humecte, on la fait scher : ce qu'on ri- tre autant de fois qu'il faut, pour que la carte prenne les couleurs. Caractres physiques. I-a racine de la Commline d'Afrique pousse plusieurs tiges sous-ligneuses , longues d'un deux pieds, noueuses, glabres, rameuses, feuil- les et couches sur la terre. Ses feuilles sont troites et ses fleurs sont constamment jaunes^ les graines des feuilles sont cilies et mme barbues leur entre \ les fleurs ont deux ptales jaunes , onguiculs, arrondis, ( 283 ) ou rniformes^ le troisime ptale est plus petit, ovale, sessile et d'une couleur ple. Je n'en ai rencontr qu'une seule fois les fruits dont je donne ci-aprs la figure. Analyse chimique. La Commline d'Afrique contient un suc herbac muqueux, presque insipide la langue. La Commline ordinaire fournit une partie colorante d'un beau bleu d'outremer , capable d'tre fixe. Proprits mdicinales. La Commline d'Afrique est reclierclie dans les maladies inflammatoires o ou l'ap- plique toujours extrieurement en lotions ou en fomen- tations-, la dcoction sert pour les lavemens qu'on pres- crit dans les inflammations du bas-ventre , dans les dy- suries et autres aflections graves de la vessie. On fait avec le mucilage de la plante , de l'huile de ben , du sucre et un peu de cire , un crat fort recommandable pour gurir les gerures des mamelles. Les cataplasmes faits avec toute la plante sont d'un grand secours pour ra- mollir les tumeurs et les faire suppurer. Enfin les bains composs avec une dcoction trs-rapproche de la plante soulagent les malades aflects de douleurs rhumatis- males produites par une transpiration intercepte , que ces bains font reparatre en diminuant l'hrtisme de la peau, et en favorisant son relchement. explication de la planche cinq cent dix-huit. Le dessin est rduit moiti. 1 . Fleur dans sa gaine. ( 284 ) 2. Filamens striles avec leurs glandes en croix. 3. Capsule entire. 4. Capsule ouverte. 5. Embryon. 6. Fleur de la Commline commune dont on retire une espce d'outremer. j.jo'' Zrv n. oj^. 7%itttfit,7i>7y J^i^nvurti?^ /"r/hv ffriv Srzt^ rxvTWAt '^raA.^'^;l.AiilF. . ( 285 ) kVVV.V\VW,V\VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV\VVVVVVV\VV\VVVVV\\A/V\^VVVVV\VVVVV%VVVVVVVVV^ CACTIER TRIANGULAIRE. ( mollient. ) Synonymie. Cactus triangularis. Lin. Icosandrie monogynie. Jussieu , famille des Cactes. Cereus debilis bracliiatus aequalis triquetrus scandens seu repens , spinis brevissimis confertis. Brown. Jam. 468. Cereus americanus triangu- laris radicosus, Bradl. Ficoides americanum , etc. Pluk. tab. 29, fig. 3. Melocactus trigonus , brevibus aculeis munitus , flore albo, fructu coccineo.Plura.Spec. 19, Burm. Amer. t. 200, f. 1. Varit B. Idem. Fructu squamoso subviolaceo, pulpa can- dida. Lamarck. Melocactus trigonus alius repens; fructu violaceo coccineo. Plum. Miss. Burm. Amer. tab. 200 , f. 2. Cactus triangularis fructu folioso insipido. Jacq. Amer. 162 , t. i8i , f. 65. Caractres gnriques des Cactiers. Genre de plantes fleurs po/yptales , de la famille du mme nom , et qui comprend un grand nombre d'espces qui , presque toutes, sont des plantes paisses, charnues, succulentes, munies d'aiguillons en faisceaux , dpourvues de feuilles ( 286 ) et singulires par leur aspect. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice suprieur monophjlle imbriqu'^ corolle noinhreuse ^ baie une loge ^ poljs- penne. Caractres particuliers. Espce rampante et trian- gulaire. Histoire naturelle. Ce Cactier , d'un aspect admi- rable , croit aux Antilles , la Jamaque , dans la Guiane et au Brsil dans toutes les forts , o le vif clat de ses fruits dlicieux le fait bientt remarquer. Les habitans des Barbades le cultivent autour de leurs maisons , cause de la bont de ses fruits qui sont de la grosseur d'un uf d'oie , dun rouge laque tant en deliors qu'au dedans, et d'une saveur acidul fort agrable. Ce fruit est le meilleur de tous ceux que produisent les Cactiers : les fleurs sont grandes , blanches et trs-lgantes , ses tiges grimpent sur les arbres , auxquelles elles s'atta- chent par des racines qu'elles poussent latralement. Ce Cactier, cultiv en Europe , exige les mmes soins que ses congnres ^ il y a beaucoup d'autres espces dont les proprits raollientes sont les mmes, telles que le Cactier ptales frangs ^ le Cactier feuilles de Pour- pier ^ les Cactiers sept , huit , dix angles -, le Cactier onze ctes ondules de Saint-Domingue ; le Cactier pa- rasite ^ le Cactier panicul , et tant d'autres. Caractres physiques. Le Cactier Triangulaire, in-- tressant par la beaut de ses fleurs , et surtout par la beaut et la bont de ses fruits, rampe et grimpe sur les arbres auxquels il s'attache par des racines qu'il pousse ( =87 ) latralement , et se reconnat aisment la forme singu- lire de ses tiges. Elles sont longues, rameuses, tor- tueuses et composes d'articulations , triangulaires , oblongues , vertes , charnues , paisses de prs de trois pouces et jointes les unes au bout des autres par des tranglemens qui les sparent^ les angles de ces articu- lations ont leur tranchant divis dans sa longueur en crnelures distantes , sur chacune desquelles est un trs- petit faisceau d'pines fort courtes. Les fleurs sont gran- des , trs-belles, blanches, latrales, solitaires et ont la partie infrieure et tubuleuse de leur calice charge d'caills lancoles : les cailles les plus infrieures sont les plus courtes, et sont vertes leur base et rougetres leur sommet ^ les autres, qui sont plus lotigues et plus aigus, ont leur pointe jauntre. Les fruits sont ovodes, de la grosseur d'un uf d'oie , rouges en dehors et mme l'intrieur, perdant plus ou moins leurs cailles, eu conservant nanmoins les cicatrices qui sont saillantes et tuberculeuses, ont une saveur acidul fort agrable, et passent pour les meilleurs de ceux que produisent les espces de Cactiers. La varit B a ses fruils plus cail- leux , d'un rouge violet extrieurement, blancs l'in- trieur, d'une saveur douce et moins agrable que dans la premire et malgr cela bons manger. (Enc.) Analyse chimique. Les fruits de ce beau Cactier con- tiennent un principe mucoso-sucr , un peu d'acide ma- lique et une partie colorante d'un beau rouge. Proprits mdiciinAles. Tous les Cactiers sont pour- vus d'une pulpe succulente qui renferme beaucoup de mucilage ^ aussi l'emploie-t-on avec succs dans toutes "' ( 288 ) les maladies inflammatoires , en cataplasme et en lave- mens, soit contre la nphrite et les autres inflammations des reins , soit contre les douleurs arlhrodyniques accom- pagnes de rougeur la peau. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT DIX-NEUF. V Le dessin est rduit au tiers. 1. Fleur. 2. Fruit entier en position. 3. Le mme coup transversalement. /.Xf> .'' /av J'/.20. 7Afrth/ore /V.>*< v//-,'//, /':.' V Av-e^ Se- s\viAAi Tmniismnmmir. ( 289 ) VVVVV\V\VVVV'\VVVVVVVV'V\VVVVVVVVVvVVVVVVVVVVVVVVl'\\VVVV\'VVVVVVVVVVvVVVVVk/>'> VV\VV\'V\\VVVWV\VVV MUFLIER TRIORNITOPHORE. (molliejit.) Synonymie. Gueule de Loup, Linaire. Antliirrinum Irior- nilopliorum. Lin. Didjnamie anglospermie. Tourn. Personnes. Jussicu, famille des Scrophulaires. Anthir- rinum foliis quaternis lanceolatis , caule erecto ramoso , floribus pedunculalis. Linaria flore purpureo americana. Riv. Monop. 81. Linaria americana maxima , purpureo flore. Herm. Lugdb. 376. t. 377. Rai. Hist. 1884. Catiactres gnriques des Mufliers. Genre de plantes fleurs monoptales, de la division des Per- sonnes , qui a des rapports avec les Digitales et la Cim- baiie , et qui comprend des arbres et arbustes feuilles tantt opposes, plus souvent ahernes ou parses; quel- quefois nanmoins verlicilles dans la partie infrieure, et dont les fleurs tubules , difformes, ont de la ressem- blance avec un niulle de veau , et sont quelquefois axil- laires, ou disposes plus souvent en panicule ou en un / ( 290 ) bel pi terminal. Les caractres gnriques de ce genre sont d'avoir : Calice 5-phylle hase de la corolle sail- lante ^ nectarifre; capsule deux loges, s^ ouvrant au sommet par des dchirures rflchies. Cakact:res particuliers. Corolles avec un palais, ter^ mines par un peron -, feuilles quaternes , lancoles , anguleuses \ tige droite , rameuse \ fleurs pdoncules. Histoire naturelle. Ce Muflier, le plus grand de tous , croit dans les cliamps incultes , dans les savanes dessches et dans les fosss qui ne contiennent point d'eau. Le nom lalin anthirrinum, qui lui a t donn, drive des mots grecs ajihos, fleur, et /'/izVz, nez, parce que les fleurs ont l'aspect du nez ou du mufle d'un animal ^ de l les noms vulgaires de Mufle de Veau, de Gueule de Loup, qu'on a consacrs aux plantes de cette famille. Ce Muflier fait un assez joli effet dans les parterres pour qu'on le sorte des dserts o il semble oubli. 11 a de plus l'avantage d'tre en fleur pendant une grande partie de l'anne , surtout si l'on a soin de couper les tiges mesure qu'elles dfleurissent. Il se multi- plie d'clats et de graines qui se sment d'elles-mmes ^ tout terrain et toute exposition lui conviennent. Caractres physiques. La hauteur laquelle s'lve ce INluflier , la grandeur et la beaut de ses fleurs , lui assignent le premier rang parmi les espces de ce genre. Il n'est pas rare , d'aprs le rapport de Linn et d'Her- man , d'en trouver des tiges dont l'lvation approche de la taille ordinaire de l'homme. Ses tiges sont cylin- ( ^9^ ) drques , dures, comme ligneuses et irs-rameuses sur- tout vers leur sommet. La position des feuilles est la mme dans toutes les parties de la tige , ainsi que sur les rameaux , o elles forment des verticilles placs avec ordre et une certaine distance j ces feuilles ont prs de deux pouces de longueur -, elles sont ovales-lancoles , plus larges leur base , se terminant en pointe , d'un vert gai en dessus , ples en dessous, et traverses dans leur longueur par des nervures peu saillantes ^ les fleurs rassembles au sommet des tiges et des rameaux sont de couleur pourpre et beaucoup plus grandes que dans les autres espces connues de ce genre. Les folioles du calice sont troites , pointues; la lvre suprieure de la corolle a deux divisions rflchies et comme arrondies en vote; l'peron est trs-long et pointu. On remarque deux sil- lons assez profonds sur la capsule qui est globuleuse et presque recouverte par les divisions du calice. AivALYSE CHIMIQUE. La savcur de cette plante est her- bace -, elle contient un principe amer et salin ; le feuil- lage a l'odeur de celui du sureau ; leur suc n'altre pas le papier bleu, mais celui des fleurs le change en rouge. Proprits mdicinales. Ce Muflier acquiert une odeur plus ou moins ftide d'aprs les lieux o il vgte, et plusieurs personnes, le croyant par cela mme vn- neux, en refusent l'emploi Tintrieur. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il fait mourir les mouches qui veulent s'en nourrir. On l'administre le plus communment l'extrieur, et on peut, ajuste titre, le regarder comme mollient , rsolutif et anodin. Ses feuilles piles et ( 29^ ) appliques en forme de cataplasme sur les hmorrodes, en calment les douleurs. Son suc est dtersif et mondifie les plaies ulcres. Ce mme suc, dit-on, enlve les taches du visage. La dcoction de toute la plante, prise en lavement et applique en fomentation , soulage sen- siblement les douleurs hmorrodales, et leur topique sur labdomen est recommandable dans la suppression d'urines. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT VINGT. Le dessin n'est pas rduit. 1. Tifife radicale et racine V 5* i32 ^ A70 /Y. 02J. T'AetM^orr /fffeor(!t/\. /"irur a6rtel Se MKLuiST03lfti A i;aiAyi^Kfe^ S<'i4l^:i'llwH ( ^93 ) lWV\^^|^vvvvv\^Art^A/^v\^^/v^'vA'vv^vvs^AAVV^A/vvvvv\vv^/v'VAAVv>vv\vvv\A/\^A^^'V^^v^^^^ MLASTOME A GRANDES FLEURS. (molUent. ) Synonymie. Melastoma grandiflora. Lin. Dcandrie mono- gynie. Tournefort , Rosaces. Jussieu , famille des Mlastomes. Melastoma pilosa foliis cordatis , acuminatis, serrulato-ciliatis ; foliis raris subterminalibus , antheris ros- tratis. Lam. Melastoma caule et foliis birsutis , cordatis , acuminatis ; flore violaceo. Aubl. Guian. , v. i , p. 4*4 > v- 3 , tab. i6o. Caractres gnriques des Mlastomes. Genre de plantes flenrs polyptales , de la famille des Salicaires, qui a de grands rapports avec les Quadrtes , et qui com- prend un assez grand nombre de plantes exotiques , la plup^t ligneuses, feuilles simples , opposes , triner- ves ou quinqunerves et dont les fleurs sont latrales ou terminales. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice campanule cinq dfit s , cinq ptales Tome VIT. x'^i*' Livraison, 24 ( 294 ) attachs au calice:, dix tamijies ; un style, une baie en- vironne par le calice, CArLCTERES PARTICULIERS. TgGs et feuilles villeuses ^ fleurs violettes ^ sept ou neuf nervures \ ptiole cana- licul. Histoire naturelle. Cette belle espce crot natu- rellement et abondamment dans les lieux sablonneux et bumidas de l'ile de Cayenne. On la rencontre aussi aux Antilles. Toutes les parties de cette plante , except les ptales, laissent chapper , dit M. Desrousseaux , une li- queur visqueuse et balsamique dont l'odeur est assez agrable. Les croles se servent des fleurs en infusion pour calmer la toux et procurer l'expectoration -, ils emploient les feuilles comme un excellent vulnraire. Caractres physiques. Cette espce est universelle- ment hrisse de poils fins, rousstres , mdiocrement longs et souvent un peu recourbs , et comme glandu- leux leur extrmit. 11 sort du collet de ses racines une ou plusieurs liges, presque cylindriques, rameuses, qui s'lvent deux, trois et quatre pieds. Les feuilles sont ptioles , cordiformes , presque acumines , cilies, finement dentes en scie, longues d'environ trois pou- ces , sur une largeur d'un pouce et demi. Elles ont sept ou neuf nervures longitudinales et des ptioles cana- liculs , qui ont peu prs un pouce de longueur ; les fleurs soQi disposes , aux sommits de la tige et des ra- meaux , en panicules feuilles , pauciflores ; elles sont grandes et pour l'ordinaire deux ou trois ensemble portes chacune sur un court pdoncule ; leur calice est ( '95 ) divis 5 son extrmit suprieure , en cinq parties lon- gues , troites et aigus ^ la corolle est violette , irrgu- ire, cinq ptales ovodes, dont un est plus grand que les autres -, des dix tamines cinq sont trs-courtes , et avortent^ quatre l'opposite sont plus grandes, et entre ces dernires il en est une cinquime beaucoup plus longue. Les cinq grandes tamines ont un appendice leurs filets, et leur antlire se termine par un prolon- gement grle , repli sur elle avant l'panouissement des fleurs , et qui est creus en cuiller son extrmit. L'ovaire devient une baie rougetre , renferme dans le calice , peu succulente , cinq valves et cinq loges po- lyspermes. (Enc.) Analyse chimique. Le suc des baies vertes contient de la rsine , un sucre qui ne peut se cristalliser 5 de la gomme, un sel ammoniacal, du phosphate de chaux , de la magnsie et un peu de fer \ les fleurs contiennent une partie colorante et du fer. PpiOprits mdicinales. Les insulaires , comme je l'ai dit plus haut^ se servent des fleurs en infusion comme mollientes et comme propres calmer la toux, tandis que le feuillage est recherch en qualit de vulnraire. Les fruits avant leur maturit remplacent le verjus , et, lorsqu'ils sont mrs , ils sont doux , humectans et ra- fraichissans. On en fait un sirop agrable boire dans les fortes chaleurs. Ce mme sirop convient dans les maladies bilieuses et inflammatoires pour apaiser la soif des fivreux. Il est encore utile dans les diarrhes et les coliques bilieuses , mais il faut s'en abstenir lors- que les malades sont incommods d'une toux opinitre. 24^ , ( 296 ) Le suc de ces baies , ml avec gale quantit de jus de citron et d'eau, est un des meilleurs gargarismes pour les maux de gorge de quelque nature qu'ils soient. Le feuillage du Mlastome est regard comme mollient. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT VINGT-UN. Le dessin est rduit moiti. 1. Calice vu de profil. 2. Calice tal. 3. Etamines grossies. 4. Ovaire et graines. /' ; /.yz/p r/. .?2.3. TAroifori' fj;\tiirti,\ /'ma- < 'ui/trre^ ifru iiiiiinvi^: Ai^i.^:iii8 H^:r liii.A'i'i^^,^ ( ^97 ) wVVvVVv\AiVV\lW%VVVi-V\VVVvVV>,VV./VVvVVVVVVVVVVCvV\IVVVVVVVVVl/VVtV\\AAlVVVVVVVVVVV\VVVVVVV^ ROBINIER A FLEURS VIOLETTES. (EmolUent. ) Synonymie. Robinia violacea. Lin. Diadelphie dcandrie. Jussieu , famille des Lgumineuses. Tournefort, classe des Papillonaces. Robinia racemis pedicellis, unifloris ; fo- liis impari-pinnatis, caule inermi. Lin. Spec. Plant, vol. 2, p. io44 Robinia racemis pedicellis, bifloris ; calicibus truncatis; foliis impari-pinnatis , caule inermi. Willd. Robinia inermis , pedunculis racemosis , partialibus bifloriSj foliis impari-pinnatis. Jacq. Stirp. Amer. 210, tab. j'^y fig. 40' Pseudo-Acacia, floribus violaceis. Plum. Spec* Amer. 19. Caractres gnriques des Robiniers, Genre de plantes dicotyldones , fleurs compltes , papillonaces , de la famille des Lgumineuses , qui a des rapports avec les Piscidia et les Caragana , qui comprend des arbres ou arbrisseaux exotiques l'Europe^ feuilles ailes avec une impaire, dont les folioles sont articules et aristes leur base, munies de stipules spares des ptioles, et ( 298 ) dont les fleurs sont disposes en j^rappes axillaires et ter- minales. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Un calice fort petit, entier^ tronqu ou quatre lobes peu inarqus , des tainines diadelpliiques , un stigmate velu antrieurement j une gousse ohlongue ^ comprime , plusieurs^^ semences aplaties. Caractres particuliers. Grappes de fleurs violettes, pdicules uniflores ; feuilles pinnes avec impaire \ tige sans pines. (Amrique mridionale. Vivace.) Histoire naturelle. Ce beau Robinier vient aux en- virons de Cartbagne et aux Antilles. Il y balance avec grce ses grappes violettes, et s'lve majestueusement au-dessus d'un sol fertile maill de verdure et de fleurs. Retraite des zphyrs o le trfle et le tliym Conservent midi la fracheur du matin. Gastel. Il embaume l'air d'une odeur suave et pntrante. Les enfans font des couronnes avec ses fleurs. Caractres physiques. Cet arbrisseau, de la hauteur d'environ douze pieds, a le tronc droit, sans pines, divis en rameaux tals, garnis de feuilles alternes, ptioles , ailes , trs-nombreuses, composes de fo- lioles au nombre de sept onze, opposes, ptioles , entires, ovales, obtuses, cliancres leur sommet, luisantes , longues d'environ deux pouces. Les grappes de fleurs sont axillaires , longues d'un ( ^99 ) demi-pied , divises en pdoncules courts, nombreux, biflores -, les fleurs sont de couleur d'un bleu violet , comme celles de la violette ordinaire , dont elles ont aussi l'odeur agrable ^ leur calice est campanule , entier ses bords, fort petit ^ la corolle est papillonace -, l'- tendard est ample , presque rond , cliancr , peine onguicul^ les deux ailes ovales, obtuses, munies de longs onglets ; la carne semblable aux ailes ; les fila- mens diadelplies ; les anthres oblongues , pendantes ^ les gousses oblongues , comprimes , les semences planes, rni formes. Analyse chimique. Ainsi que toutes les Lgumineu- ses , le Robinier contient un principe purgatif que MM. Chevalier et Lassaigne ont appelle Citisine , parce qu'ils ont fait leurs belles expriences sur le cytise des Alpes. Beaucoup de Lgumineuses, mme comestibles, se chargent de ce principe amer, trs-purgatif comme la cathartine dans le sn, nauseux et nuisible l'co- nomie. A l'ile de Bourbon, dit M. Virey (Journal de Pharm. , aot 1822) , on a introduit le Dolichos liinatus^ Lin. , dont les pois, originairement doux, sont devenus si horriblement amers , que leur effet est meurtrier et dltre en peu de temps sur l'homme et les bestiaux. Cette proprit rsulte d'un principe dissoluble dans l'eau, puisqu'en faisant bouillir ces pois amers, ils per- dent leur mauvaise qualit, et l'eau se charge seule de l'amertume nuisible. Cependant les rameaux, les feuilles de la plante ne sont nullement amers ni dangereux manger. Cette amertume vient du sol de l'ile de Bour- bon, puisque la mme plante cultive en des pays dif- frens n'oire plus la mme saveur. M. Perottet nous ( 3oo ) dit aussi qu' Java et aux Manilles les graines du Do- lichos bulbosus ^ Lin. , ont des proprits amres et v- nneuses , tandis qu'on se nourrit ailleurs de ces graines sans danger et sans prparation. Le Casia ftida con- tient ce principe amer et purgatif. Le Lois puant , Ana- gy lis ftida, de mme. Les Spartium ^ Parkinsonia aculeata, le Piscidia erythrina ^ le Colutea^ la Poinciajia pulcheiima , offrent les mmes phnomnes, et Vyn- dhra offrent des semences amres et vermifuges , mais dangereuses haute dose. Proprits mdiciivales. Ce Robinier donne la th- rapeutique son feuillage , ses fleurs et ses graines. Un vieux colon faisait un grand mystre d'une prparation des graines de ce Ptobinier qu'il mettait macrer dans du fiel de taureau , pendant cinq mois , et une chaleur constante. Pour l'obtenir , il enterrait le matras dans un gros tas de fumier , et l'eu relirait aprs ce temps pour laver les graines dans de Feau de pluie. C'tait alors une panace, et il n'est pas de cas, m'a-t-il dit, dans lesquels il n'ait eu se louer de leur application. Les fleurs sont mollientes ainsi que le feuillage. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT VINGT-DEUX. Le dessin est rduit moiti 1. Ptale et ses onglets. 2. Faisceaux d'tamines. 3. Jeune silique. 4. Silique plus dveloppe. 5. Graines. AV. Z< /"/. 22. 7'Aeatfor^' /Z-.v.i.-r-AA /"/^ ROIVLMKliA rLEIRS VJOLF/i TES. ( 3ot ) yv\'VV\\V\(VV\\/V/AAVV^(VV>iVV\VVXiVV\VV\VVVVV\VV%'VVVVVVVW\/V>\/V>\*/iVV'VVVVVVV\^/VVVV>^,^ BROUNE A FLEURS CARLATES. (mollient,^ Synonymie. Brownea coccinea. Lin. Monadelphie End- candrie. Jussieu , famille des Lgumineuses. Brownea. Jacq. Amer. 194? t. 121. Hermosias rosa de monte. Lfl. le. 278. Caractres gnriques des Browneas. Calice qun- qufide ; corolle double, l'extrieure quinqufide, l'in- trieure de cinq ptales ^ lgume uniloculaire. Caractres particuliers. Fleurs carlates 5 onze ta- mines. (Amer. mr. Vivace.) Histoire naturelle. Ce bel arbrisseau , rornement et la parure des bois et des rochers o il se plat taler la pompe de son feuillage et de ses fleurs , se rencontre dans toute l'Amrique mridionale et aux Antilles. Si la nature, dit Bernardin de Saint-Pierre, ne s'tait r- duite qu' la loi de la floraison , pour la reproduction ( 302 ) des plantes , elles ne se reproduiraient pas lorsqu'elles sont ptures par les animaux, qui broutent sans cesse leurs sommits. Les rivages, lorsque les eaux se dbor- dent et qu'elles ensablent ou renversent les arbres ou les plantes , resteraient dpouills de verdure , si les vgtaux qui y croissent n'avaient la facult de se re- produire de leurs propres tronons. Par une sagesse aussi admirable, les arbres des montagnes qui n'ont point ces dsastres redouter, ne sont pas obligs de reprendre par bouture, tels que les Palmiers , Cdres , Pins_, etc. Partout , dans la nature on aime admirer les merveilles calcules , immuables , et renaissantes du grand Archi- tecte de rUnivers ; et cette contemplation devient une source de consolation lorsqu'on a eu se plaindre de l'injustice des hommes. Calmes au milieu des orages de la vie 5 les jours s'coulent paisiblement et sans lon- gueurs dans une aimable solitude^ et, l'exemple du chantre des Harmonies de la Nature , je ne quitterai pas les bords de mon ruisseau. Je vais rester dans mon humble valle , occup cueillir des herbes et des fleurs 5 heureux si j'en peux former quelques guirlandes pour parer le frontispice rustique que mes faibles mains ont os lever la majest de la Nature! Une grotte sombre ou un rocher escarp nous plaisent ou nous dplaisent , en nous prsentant des ides de repos et d'obscurit , de perspective ou de prcipice ! Caractres physiques. La Broune fleurs carlates est un arbrisseau de la famille des Lgumineuses, qui , selon Jacquin, est haute de huit dix pieds, rameux , d'un port qui n'a rien d'agrable , presque insipide et inodore, mais qui se rend remarquable par les belles ( 3o3 ) fleurs qu'il produit. Sou bois est assez dur, jauntre et recouvert d'une corce cendre^ ses feuilles sont ailes sans impaires , et ont deux ou trois couples de folioles ovales , lancoles , pointues , trs-entires , glabres , longues de trois pouces et portes chacune sur un p- tiole court ^ les fleurs sont grandes , d'une couleur car- late , pendantes et disposes six dix ensemble par bou- quets latraux dont les pdoncules communs sont trs- courts , et qui viennent le long des rameaux. Chaque fleur a , i un calice double , dont l'extrieur est monophylle , en cne renvers et partag en deux dcoupures ingales, et l'intrieur pareillement mono- phylle, plus long, infundibuiiforme et divis en cinq parties droites et oblongues -, i'^ cinq ptales onguiculs ayant leurs onglets longs, insrs sur le tube du calice intrieur , et leurs lames ovales , obtuses et ouvertes \ 3 dix tamines dont les filamens alternativement grands et petits , en alne ^ attachs au tube du calice intrieur, et runis en un cylindre divis suprieurement , portent des anthres oblongues ^ 4 ^^ ovaire suprieur, oblong, pointu, pdicule, adn la paroi du calice intrieur, surmont d'un style en alne, un peu saillant hors de la fleur, et dont le stigmate est obtus. Le fruit est une gousse uniloculaire et que Jacquin prsume tre poly- sperme , d'aprs l'inspection de l'ovaire. Analyse chimique. Les fleurs contiennent du muci- lage \ un rouge rsineux qui colore les ptales \ un peu d'albumine et du malate, acide de potasse. Proprits mdicinales. Celte plante entre dans les ( 3o4 ) dcoctions moUientes et laxalives et surtout dans les lavemens qu'on prescrit aux femmes en couche , et pour protger l'coulement des lochies. L'huile et la cire o l'on a fait frire plusieurs reprises des fleurs de Broune servent faire des pessaires. Deux fortes pinces des fleurs cuites dans un bouillon de veau ou de poulet servent de laxatif qu'on peut prendre le matin jeun. Elles entrent aussi dans les gargarismes qu'on prescrit contre les angines. Le docteur Bouilly, praticien Saint- Marc (ile de Saint-Domingue), m'a souvent fait l'loge de la dcoction de toute la plante dans du lait, soit en appliquant le marc sur les hmorrodes, tant dans un vase rempli de la dcoction , soit en en recevant seule- ment les vapeurs au moyen d'une chaise perce. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT VINGT-TROIS. Le dessin est rduit moiti. 1. Ptale onguicul. 2. Portion d'tamine. 3. Ovaire surmont du pistil. i w. 'M> w c zs^^ 2Vii''^t/nrt' /fi\('fm4r*tii'*^ ^''Jtsc (h^r-tCK 0'<'iit/r ijsi^:iUKV A inn%VAA^\f^. ( 3o5 ) V^lW\VVVV\A/V%VV\\VVV>^/V\VVVV%VVXVV'^^AiVV\VVXIVV\lVV\VV\IV>VVVV\ VV\V\'^^ LISERON A OMBELLES. ( mollient. ) SYNONYMIE. Vulg. Liane tonnelle. Convolvulus umbel- latus. Lin. Pentandrie monogynie. Tournefort. Cam- paniformes. Jussieu , famille des Convolvulaces. Con- volvulus foliis cordatis ; petiolis basi stipulaceis ; pedunculis umbellatis; flore luteo. Lam. Convolvulus luteus poljan- tbos. Plum. Amer. 88, t. ici. Convolvulus poljanthos folio subrotundo , flore luteo. Sloan. Jam. 53. Tourn. 83. An Convolvulus americanus valgaris, foliis, capsulis triquetris numerosis ; Pluck. Alm. ii4,t. 167, f. i. Caractres GNRIQUES DES Liserons. Genre de plantes fleurs monoptales , de la famille du mme nom, qui a des rapports avec les Quamoclits et les Liserolles , qui comprend des plantes herbaces ou ligneuses , commu- nment sarmenteuses^ ou grimpantes , quelquefois lac- tescentes , feuilles alternes, entires ou dcoupes et fleurs axillaires, en gnral assez grandes et d'un as- pect trs-agrable. Le caractre essentiel de ce genre st d'avoir : Un calice cinq dwisions j une corolle cam- ,( 3o6 ) paniforme ou infundlbidiforme , plisse ; le stigmate deux divisions ; une capsule deux loges dispeimes, Cara^ctres particuliers. Feuilles cordiformes ^ lige volubile 5 pdoncules ombelle^ fleurs jaunes. (Jamaque, Vivace.) Histoire tsAturelle. La vgtation de cette Liane est si prodigieuse que Chevalier dit avoir vu dans la ville de Logane (ile de Saint-Domingue) deux pieds qui, tant bien entretenus, formaient une Tonnelle de demi- lieue ^ elle produisait tant d'ombrage, et son paisseur tait telle que l'on pouvait y parer un grain de pluie. Je ne connais pas de spectacle plus ravissant que celui de ces Tonnelles formes par la runion de ce Convol- uulus , de diffrentes espces de Passiflores et de Sor- rossis. Les oiseaux-mouches et les colibris se jouent dans leur pais feuillage , et les abeilles diligentes y vien- nent en fouie butiner leur miel. Voyez , d'aprs les formes des fleurs, dit l'auteur des Harmonies de la Na- ture, les espces diffrentes d'une ruche d'abeilles aller butiner d'aprs les obligations qui leur sont imposes. Celles destines vivre sur des fleurs sans profondeur, telles que les fleurs radies, sont armes de cinq cro- chets pour ne pas glisser sur leurs ptales. D'autres abeilles, comme celles de l'Amrique, n'ont point d'ai- guillons , parce qu'elles placent leurs ruches dans des troncs d'arbres pineux qui y sont fort communs ^ ce sont les arbres qui portent leurs dfenses ! Et la cra- lion ne serait que l'uvre de la matire?! ! Caractres physiques. Les tiges de ce Liseron sont f 3o7 ) grles et volubiles ; ses feuilles sont aternes , en cur , pointues , longues de quatre cinq pouces , glabres , d'un vert fonc, un peu ondes sur les bords-, elles sont portes sur des ptioles grles , assez longs , et qui ont leur base deux stipules un peu dcurrentes sur les tiges. Les pdoncules sont axillaires, solitaires, allon- gs , un peu anguleux , plus gros que les ptioles , et vont en s'paississant vers le sommet, o ils se divisent tout d'un coup en beaucoup de rayons qui forment une ombelle presque parfaite ^ les corolles sont campanu- les , de moyenne grandeur et d'un jaune clatant j le stigmate est une tte verte et bifide ^ les capsules ren- ferment deux ou trois semences couvertes d'un velout doux et luisant. Cette espce croit naturellement aux Antilles, et particulirement Hati, la Martinique, Cuba et la Jamaque. Analyse chimique. La racine de ce Liseron contient un principe extractif bruntre , insoluble dans l'alcool , de l'amidon , de l'albumine , une portion sucre et de l'acide actique. ' Proprits mdicinales. Tout le feuillage de ce Li- seron est employ comme mollient en fomentation et en cataplasme. Quelques liabitans m'ont indiqu la for- mule d'une tisane expectorante molliente dont ils fai- saient grand cas et que voici : prenez fleurs de Liseron ombelles, une poigne ^ bourgeons d'Avocatier, une pince ; eau , deux livres ^ sirop de Batterie , quatre onces ^ faites bouillir, passez et ajoutez huile de Ssame Ooli , ou de Cacao, deux onces. On fait prendre au ma- lade une verre de cette tisane battue , toutes les deux ( 3o8 ) heures. J'ai vu employer l'huile dans laquelle on avait fait bouillir les fleurs comme anodine , et elle est propre tre employe en embrocation dans les maux de gorge sur la partie souffrante. On recommande aussi la dcoction du feuillage en lavement dans les coliques in- flammatoiers et la dysenterie accompagne de t- nesme. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT VINGT-QUATRE. Le dessin est rduit au quart. 1. Fleur. 2. Fruit. 3. Stigmate. id^^Ziz? . /Y. 32 S. c0 /'An>M>re /^4rfour(i/%. /'m.r <',iirie^Jc ^\fU^Tli.O>^ l>EH 3iAai\i.SA FLEJIS FAI.KS. ( 3<>9 ) /VV'V\iVVVk,VVvX^v'V\)VVvVVVVV'VV/VViVVvVV(VVi'VV\VVV'VVVVViVVVV) WiW.W.X'V- V\i ABUTILON DES MARAIS A FLEURS PALES, ( Emollient, ) Synonymie. Vulg. Petit Mahot. Grande Mauve. Abutilou palustre flore parvo pallido et spicato. PI. vol. 4j p. Aj- Sida pyramidata. Cavan. Lin. Monadelphie polyandrie. Tournefort , Campaniformes. Jussieu , famille des Mal- vaces. Sida foliis cordatis , subrotundis, magnis, den- tatisj panicul terminali ; flosculis numerosis. Cav. Diss. Bot. 1, p. n, lab. 1 , f. 10. Abutilon palustre, spic ilorum pyramidata; flore parvo luteo pallido , vel exalbido. Desp. Herb. CarA-ctres gnriques des Abutilons. Genre de plantes de la famille des Malvaces. La plupart forment des sous-arbrisseaux ou des herbes qui y ressemblent , et toutes ont un port intressant , soit par la disposition de leurs parties , soit par leur feuillage, qui se fait par- ticulirement remarquer par un duvet cotonneux et une couleur blanchtre d'un aspect assez agrable. Le carae- Tome VII. i32^ Lwraison. 2 5 (3io) tre essentiel de ce genre est d'avoir : Calice simple , persistant^ divis jus qu la moiti en cinq parties-^ cinq trente capsules rwiies circulairement ^ deux valves, mono ou polj spermes. (Mer. ) Caractres particuliers. Feuilles amples et cordi- formes, longuement ptioles, et duvetes en dessous; fleurs jaunes en tte et longs pdoncules ; capsules toiles ] graines rniformes. Histoire naturelle. On trouve cette grande Mauve prs des eaux stagnantes et des lacs Hati et dans les autres Antilles. La beaut de ses feuilles, douces au toucher et cotonneuses, fait qu'on la cultive en Europe. Elle exige la serre cliaude*, on la multiplie de graines qu'on doit semer sur couche; il lui faut une bonne terre, une exposition au soleil et un arrosement ordi- naire. Cet arbrisseau est quelquefois si touffu que les ngres chasseurs s'enfoncent sous son feuillage pour y pier le Canard voyageur, la criarde Echasse , la pai- sible Aigrette et le patient Ciabier qui attend lui-mme et guette le poisson, pendant des heures entires , per- ch sur un pieu et les yeux fixs sur l'onde tranquille des marais qui recle sa proie; il fait sentinelle jusqu' la fin du jour, cette poque o L'ombre fuit , le soleil sur le cristal des eaux Dessine le feuillage, ornement des campagnes. M. DE BODRDIC. Caractres physiques. Les liges de cet Abutilon sont droites, cylindriques, hautes de deux pieds ; les rameaux (3n) alternes , garnis de feuilles ptioles , ovales , clian- cres en cur , un peu arrondies , trs-grandes , lg- rement dentes leur contour, acumines les ptioles sont aussi longs que les feuilles, except les suprieurs-, munis de deux stipules courtes, droites, subules. Les fleurs sont petites, situes l'exlrmit des ra- meaux^ les infrieures axillaires ; les suprieures nues, formant par leur ensemble une panicue terminale , feuille ; chaque fleur soutenue par un long pdoncule. Le calice est profondment dcoup en cinq lanires ^ la corolle jauntre est trs-petite. Le fruit est renferm dans le calice et compos de cinq capsules. Analyse chimique. Rien de particulier dans l'analyse de celte plante qui contient , ainsi que toutes les Mal- vaces , beaucoup de mucilage. Proprits me'dicinales. On emploie aux mmes usa- ges les Mauves, les Ketmies et les Abutilons , puisque leurs proprits sont les mmes. On ordonne rarement de dcoction molliente sans quelque Malvace. Les racines , les fleurs et mme les semences de ces plantes humectent , lchent le ventre , apaisent les douleurs et adoucissent l'cret des urines. Une simple infusion des fleurs de cet Abulilon, prise h la dose de quatre tasses par jour , remdie aux accidens de la dysurie et les prvient. On compose un onguent d'une grande rputation aux colonies contre certaines maladies de la peau, la teigne, quelques dartres, en prenant quatre onces d'huile de Ben: demi-once de cire jaune^ demi- once de soufre sublim^ suc d'Abutilon, deux onces 5 25' ( 3.2 ) Piment de la Jamaque en poudre , un gros. Quoique cette formule paraisse d'une conception monstrueuse, j'en ai vu nanmoins de bons rsultats. On fait des brosses dents avec les tiges de cet Abutilon , que les Croles tiennent toujours la bouche, pour y entre- tenir de l'humidit salivai re. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT VINGT-CINQ. Le dessin est rduit moiti. 1. Capsule. 2. Graines. aX? '^ Ztz) . F/. oj6 y^eo^o/^t /fejcoftrti/% /t/^.^' OtiSricL ifc KWVMW^ vnixsxwum. \ v\w\\:^.\xv^it\^. (3.3) VV VV^ VV* W\ W VV1 V/V< VV> W W WV WXVV* W W* VV VV\ W\ WV WXVWXiV VW'V\''W\W\'VV\IVIVWV\AW KETMIE CORNICULE A GRANDES FLEURS JAUNES. ( niolliente. ) Synonymie. Ketmia fructu corniculato longissimo. Lin. Monadelpliie polyandrie. Tournefort, Carapaniformes. Jussieu, famille des Malvaces. Ketmia indica, vilis folio, fructu corniculato. Tournefort, loo. Alcea maxima Malvae roseae folio, fructu pentagono recurvo esculento gra- ciliore et longiore. Sloan. Jam. Hist. i , p. 222, t. i33 , f. 1 , Raj. Suppl. 619 , n. 44* Ketmia americana amna flore albo , vel luteo , fructu non sulcato longissimo. Com- mel. Hort. 2, p. 162, t. 70. Hibiscus esculentus Cavan. t. 61 , f. 2, litt. Xv Ketmia corniculata. Plumier, IV , p. 27. Caractres gnriques des Ketmies. Calice double, l'extrieur dcoupe en un grand nombre de folioles linaires, l'intrieur cinq divisions^ capsules cinq valves, cinq loges ordinairement polyspermes. Caractres pap^ticuliers. Fruit recourb et beaucoup ( 3i4) plus long et plus gros que celui de la Kelmie Gomho. HiSTOKE NATURELLE. Celte Ketiuie crot dans l'Am- rique mridionale et aux Antilles. On la cultive avec succs en France , ainsi que Tespce appele Gombo. Je viens d'adresser la Socit d'Horticulture dont j'ai l'honneur d'tre membre , un Mmoire sur la culture des deux espces , et sur celle des diverses Patates dou- ces. Il serait souhaiter qu'on put propager ces l- gumes excellens qui conviennent surtout aux convales- cens. Les deux espces de Ketmies sont des plantes potagres, et les croles des Antilles font entrer leurs fruits, avant la maturit, dans leur potage et dans le mets de prdilection qu'ils appellent Calalou. Le suc de ces lgumes est doux, visqueux, paissit la soupe et la rend plus dlicate. ( /^ojes l'article Ketmie Gombo, 4^ vo!. , p. i65 , pi. 269. ) La graine de celte Ketmie et celle du Gombo , au rapport de \ irey , sont de dignes succdanes du caf qu'elles remplacent avec d'autant plus d'avantage qu'elles ne causent pas d'insomnie. CAPiAcTJirvES PHYSIQUES. La tige de cette Ketmie est lierbace, paisse, ordinairement simple, velue vers son sommet, et haute de trois quatre pieds \ ses feuilles sont ptioles, un peu en cur leur base, palmes, cinq lobes largis, dentes dans leur contour, vertes des deux cts , velues dans leur jeunesse , mais presque tout--fait glabres dans leur parfait dveloppement \ elles sont amples et ont assez l'aspect de l'Alce rose ou de l'Alce feuilles de Figuier ^ les pdoncules sont axil- laires , uniflores , droits , plus courts que les ptioles j ( 3i5 ) ils n'ont pas un pouce de longueur. Les fleurs sont cam- panules , ouvertes , d'une couleur de soufre trs-ple , avec le fond pourpr -, leur calice extrieur est de neuf ou dix folioles linaires subules, velues, trs-caduques ; l'intrieur est comme dans la Ketmie musque (t. V, p. 217, pi. 36i). Le fruit est une capsule conique, pyramidale , plus longue et plus courbe que celle du Gorabo , tronque sa base , longue de cinq six pouces, dix sillons , cinq loges , cinq valves , mais remarquable en ce que les deux bords latraux de chaque valve se roulent en dehors et font paratre l'extrieur de la cap- sule dix feuillets replis ou rouls. Souvent il y a six loges, et par consquent six valves, et douze feuillets replis; chaque loge contient une range de semences globuleuses et gristres. Analyse chimique. Cette Ketmie contient un prin- cipe mucilagineux trs-abondant. Proprits mdicinales. Les fruits offrent une trs- bonne nourriture lgumineuse aux convalescens et aux personnes affliges de maladies de la peau. On recom- mande des lavemens faits avec la dcoction de cette plante mucilagineuse dans les inflammations d'entrailles, les coliques , les inflammations des reins et de la vessie ; dans les dysenteries, etc. Les feuilles entrent dans la confection des cataplasmes molliens. La dose des dif- frentes parties de cette plante pour l'intrieur, est d'une once sur deux pintes d'eau. A l'extrieur on peut augmenter la quantit d'une manire indtermine. Ou prpare avec les fleurs un sirop qui est convenable dans ( 3'ti ) les maladies de la poitrine causes par des humeurs acres et sales. EXPLTCATIOJS DE LA PLAINCHE CIKQ CEM' VIWGT-SX. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1 . Calice et ovaire. 2. Silique de grosseur naturelle coupe transversalement. 3. Graine- /Jj 'An /'l .i2; r^nu7ore /hrcori/'f//-i /i/i.i Oaine/Jt- Gl" T>L\T^'K feWTiXE .\FKi Ji.LE8 AViUl^W.. (3i7) 'vVVVWVWVWVVVvv'V^'WvWWVvW vWiA'VVVVv\'VvVV.V\/V'VvV\VWvVVWVV\'VW\.'\'VvV'VW'V*W*V\% guimauvp: satine a feuilles dorme. ( molUfmte. ) Synonymie. Althea ulmifolio floribus exiguis ad alas congestis. pi. IV, pL 9. An Sida foliis ovato-lanceolatis , dentatis, subsessilibus ; floribus conglomeratis , sessilibus. Cavan. Dissert. Bot. p. 18, tab. 2, fig. 6. Sida glomerata , foliis ovato-lanceolatis, serratis ; floribus subquinis, axillaribus subsessilibus; capsulis bicornibus.Willd. Spec. Plant. voL 3, p. 738? Vel Sida humilior foliis ovatis , serratis, distich sitis ; petiolis et pedunculis brevibus; raniulis floriferis fo- liolatis, alaribus. Brown , Jam. 280? Caracti^res gnriques des Guimauves. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des Malva- ces, qui a beaucoup de rapports avec les Alces , les Lavatres et les Mauves , et dont les feuilles sont al- ternes , simples ou dcoupes , et les fleurs axillaires re- marquables par leur calice double ^ dont l'extrieur est plus de six divisions. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Calice extrieur sept ou ne uj divisions ^ ( 3i8 ) l intrieur cinq ; plusieurs capsules monospermes , ne s^ouuj'ant pas , disposes circulairement. (M.) CaractFxEs particuliers. Feuilles paisses , trap- zodes , dentes-, fleurs rassembles en boule et axil- laires. HisTOiR-E NATURELLE. Cette plante a tant de rapports avec l'Abutilon fleurs agglomres et la Valthre d'A- mrique , que j'aurais peine la classer parmi les Gui- mauves si le P. Plumier ne lui avait assign cette place. Althsea vient du mot grec altos , remde. Poupe-Des- portes indique cette plante comme trs-utile , sous la dnomination suivante : Guimauve petites fleurs; j4llha ^ulgaris floiibus panais luteis in fasciculum con- gs Lis, calice fo ris amplo et compresso. Caractres physiques. Cette espce de Guimauve s'lve la hauteur d'environ trois pieds, sur une lige droite, simple, tomenteuse ^ les feuilles sont trapzi- formes ou ovales-lancoles, dentes, paisses, coton- neuses, garnies de nervures rgulires, peine ptio- les ^ les stipules droites, lancoles ; les fleurs sont ses- siles ou presque sessiles , runies au nombre de cinq six par paquets sphrodes et dans l'aisselle des feuilles,; le calice est cili-, la corolle rose ou jaune suivant la varit ; le fruit compos de cinq capsules deux pointes. Analyse chimique. Cette Guimauve contient, comme toutes les autres , beaucoup de mucilage , et un principe sucr. ( 3i9 ) Proprits mdicinales. Ce que j'ai dj dit des Mal- vaces , je pourrais le rpter en faveur de la Guimauve satine qui a toutes les proprits mucilagineuses de ses congnres. Aussi Temploie-t-oii toutes les fois^ qu'il s'agit de remdier Tacrimonie de la lymphe. Le suc dpur de cette plante, combin avec le sucre, forme un sirop bchique adoucissant qu'on prescrit avec avan- tage dans les maladies inflammatoires , et contre la toux qui provient d'irritation. La dcoction prise en lave- ment cicatrise l'rosion des intestins qui a souvent lieu la suite de Teutrite. Ce mme moyen russit dans les nphrites, surtout si l'on applique le marc sur les lombes ou sur le bas-ventre. Ce mme topique apaise l'inflam- mation des tumeurs. Les feuilles et les fleurs de cette Guimauve remplacent celles des Ronces d Europe, et dulcores avec le sirop d'Herbe charpentier, elles of- frent une trs-bonne tisane dans les maladies de l'or- gane pulmonaire, dans la pripneumonie et la pleursie. Cette mme tisane est lgrement sudorifique. On se sert des feuilles pour les cataplasmes qui sont indiqus dans les maladies inflammatoires tant mdicales que chi- rurgicales. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT VINGT-SEPT. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Double calice. 2. Fleur grossie. 3. Capsule. 4. Graine ouverte. ( 3^0 ) vv^vv^/v^vv^v\^^A/*vvvvrvv'v^Avv^/>*%^^'\\\^lvvvv>vwvvvvvv'VV%vv'\^V'^^A'xvv^/l'vv>xv^v^^vvvv^ KETMIE TACHEE A SAVEUR D'OSEILLE. ( rtioUieiiLe . ) Synonymie. Hibiscus maculatus. Monadelphie polyandrie. Tournefort, Campaniformes. Jussieu , famille des Mal- vaces. Hibiscus caule fruticoso aculeato , foliis angulatis, calycis interioris laciniis dorso maculatis. Lamarck. Hi- biscus arborescens spinosissima , acetosae sapore. Plura. Mss. 4j t. 22. Ketmia alia aculeala , flore amplissimo ex purpura nigro. Plum. Cat. 2. Hibiscus foliis palmatis. Burm. Amer. t. 169 , f. 2. CARCTrvEs GNRIQUES DES Ketmies. Geiirc de plantes fleurs polvplalos , de la famille des Malvaces, qui a des rapports avec la Mauvisque , les Pavons , les Ur- nes, etc., et qui comprend des herbes et des arbris- seaux exotiques feuilles alternes , entires ou dcou- pes, et fleurs soit terminales soit axillaires, en gnral grandes, d'un aspect agrable et remarquables par leur calice extrieur polypbylle. Le caractre essentiel de ce /32^Zw J*I.JjS. 7%/n/t>re /A\nvur^i y'5/;.r IvtirtfZ j/J KETMIE TWIWM. A SlVVKi ill>'0:!**:iLLK r 321 ) genre est d'avoir : Un calice double , V extrieur poly- phylle, de cinq i>ingt folioles-^ un style quinqufide son sommet i une capsule cinq loges le plus souvent polj spermes. Caractres particuliers. Tige rouge aiguillonne, onglets du calice intrieur marqus de taches rouges au dehors. Histoire naturelle. La nature qui a peuple de v- gtaux jusqu' la fente des rochers, a dit Bernardin de Saint-Pierre , a cr des tres capables d'en jouir. Tous les climats produisent des vgtaux diffrens et appro- pris la constitution des individus qui les habitent. Ils trouvent dans cette riche collection de quoi se nourrir , se vtir et remdier aux infirmits de la vie. La plante qui nous occupe, la Ketmie tache, est une preuve de ce que j'avance , et runit aux qualits mu( ilagineuses des fleurs , un acide qu'on trouve dans ses feuillets et dont le mdecin sait tirer parti. Caractres physiques. Quoique cette Ketmie ait de grands rapports avec la Ketmie trilobe, elle en est nanmoins trs-distingue par son feuillage , mais sur- tout par les calices de ses fleurs. Elle s'lve plus de six pieds de hauteur, sur des tiges ligneuses, droites, rameuses, rougetres, garnies de piquans crochus j les feuiil?s infrieures sont comme palmes, cinq angles , dentes dans leur contour et en cur leur base. Les suprieures sont presque ovales ou trs-obscurment trilobes ^ les unes et les autres ont leurs ptioles garnis C 322 ) de piquans -, les fleurs sont axillares, solitaires^ d'un rouge carlate , pdoncules inermes , plus courts que les ptioles 5 le calice extrieur est polyphylle, dcou- pures linaires, lancoles ^ l'intrieur est quinqufde, Lispide , divisions trs-pointues, ayant chacune leur base extrieurement une tache rouge fort remarquable : ces taches trs-particulires sont mentionnes dans la description de Plumier , et bien reprsentes dans ses dessins ^ le fruit ou capsule est pyriforme cinq ctes , et contient beaucoup de graines attaches circulairement un axe \ ces graines sont triangulaires et tronques leur base. A]VALYSE CHIMIQUE. Lcs flcurs dc ccttc Ketmie donnent du mucilage, et ses feuilles fournissent de l'acide oxa- lique. Proprits mdicinales. On fait usage des fleurs de cette Ketmie comme succdanes de celles de Guimauve dont elles ont toutes les proprits. Le sirop qu'on ob- tient par leur combinaison avec le sucre, est pectoral , adoucissant , et convient aux poitrines irrites par une toux opinitre et prolonge. Ses feuilles acides, mises en dcoction dans de l'eau , fournissent une boisson agrable aux malades qui sont tourments d'une chaleur alt- rante. Cette dcoction, convenablement dulcore, pro- duit de trs-bons effets dans les fivres bilieuses et an- giotniques. I^e marc peut s'appliquer sur les tumeurs inflammatoires. (3^3) EXPLICATION DE LA. PLANCHE CINQ CENT VINGT-HUIT, Le dessin est rduit moiti. 1. Calice non dvelopp dont les onglets sont tachs de rouge. 2. Calice dvelopp. 3. Capsule coupe transversalement. 4. Graines. (3^4 ) ^v\A\^>x\>\v\\\^v\'v\'VK>vv\\v\vv>'\v\'VVkvv(vv\vv x/xA t/vvv>ivMvv^ivv%'vv*vv^vv^ MO_\JOLI A FLEURS BLANCHES. ( inollient. ) Synonymie. Vulg. Herbe aux couronnes. Varronia alba. Lin. Pentandrie monogjnie. Jussieu, famille des Borra- gines. Varronia foliis cordatis floribus cjmosis. Jacq. Amer. 4t- Mespilus aniericana, alni vel coryli foliis, fructu mucilaginoso , albo. Comm. Hort. i , p. i55, t. 80. Calabura alba. Parad. Batav. Pittonia alba. Plu- mier. Caractres GsTiiQUEs DES MojNJOLis. Genre de plantes fleurs raonoptales, de la famille des Borragines, qui a des rapports avec les Tournejorlia ^ et qui com- prend des arbres, des arbrisseaux et des sous-arbrisseaux tous exotiques , dont le caractre essentiel consiste avoir : Une corolle tubiile dwisce en cinq ; un drupe contenant un noyau quatre loges. Fleurs sessiles^ calice persistant. Caractiires particuliers. Feuilles cordiformes , fleurs en cime. (Vivace. Amrique.) TomeVH. 133^ Lii'raison. y;/jf*Zw y/. ^ 7'<,-.v/f"V Avvv.'.v-///i .'>'..' /i. -.-.-/,>; MOXJOU A FLS'mtS IlL.VXrOF.^ . ( 3^5 ) Histoire naturelle. Le IMonjoli fleurs hlanclies , ce bel arbre de l'Amrique mridionale , o il s'lve plus de trente pieds, a t ainsi nomm par M. de Lamarck, tandis que Plumier lui a donn le nom de Ptonia^ et Linn celui de Varonia. Les fruits du Va- ronia alba peuvent etr^ mangs, et ils sont mme re- cherchs par les enfans ^ mais leur saveur n'est point assez agrable pour en dcorer les tables des gourmets. Les petits Ngres recherchent avec avidit ces fruits qui sont blancs , diaphanes , de la grosseur d'une petite prune , et dont la pulpe, comme l'a observ M. de Tus- sac, est trs-mucilagineuse et d'une nature assez sem- blable celle contenue dans la baie du gui. Cet arbre crot en Amrique, Curaao, Carthagne et aux Antilles. Caractres physiques. Selon Jacquin , cet arbre s'- lve souvent h trente pieds, sur un tronc d'un demi- pied de diamtre, termin par une tte trs-touffue* mais lorsqu'il crot dans les haies, ce n'est plus quun arbrisseau. Ses feuilles sont ovales, ou ovales-arrondies longues de quatre cinq pouces ; ses fleurs sont dispo- ses en U7ie trs-belle cime , grande , souvent d'un demi- pied de diamtre^ elle est compose de fleurs nom- breuses , blanches et inodores^ le calice, d'abord entier se divise l'poque de l'panouissement , en deux lobes, l'un suprieur, qui se dessche et prit, l'autre inf- lieur, persistant, lgrement divis en cinq dents- le limbe de la corolle est campanule ; les styles sont bifides sous-diviss en deux et termins par des stigmates obtus. Le fruit est un drupe allong , d un demi-pouce de lon^, blanchtre, presque transparent, rempli d'une pulpe Tome Vil. i^y- Livraison. 26 ( 326 ) blanche , douce , insipide, glulineuse , qui contient un noyau oblong , noir et stri. Les naturels du pays se nourrissent de ce fruit. Analyse chimique. Les fruits contiennent beaucoup de mucilage , du parenchyme, une substance extractive , une matire huileuse fixe et concrte. La matire vis- queuse est insoluble l'eau , l'alcool et l'ther. Proprits mdicinales. On compose avec toute la plante, crase et bouillie dans suffisante quantit d'eau, des bains et des fomentations propres dissiper les in- filtrations et calmer les douleurs. On prtend mme que ces bains fortifient le systme nerveux, ce que j'ai peine croire , puisque la plante ne contient que beau- coup de mucilage et nulles traces d'un principe aroma- tique. L'infusion des fleurs est indique dans les mala- dies inflammatoires de l'abdomen, comme l'entrite, la cistite, la nphrite, etc. EXPLICATION de LA PLANCHE CINQ CENT VINGT-NEUF. Le dessin est rduit moiti. 4. Fleur entire pourvue de ses deux calices. 2. Fleur ouverte pour laisser voir les tamines et le pistil. 3. Baie coupe o l'on aperoit le noyau rticul. 4. Noyau coup transversalement. 5. Graine. iXrZa, /*/..;>. 7'4iiftiit/-r .^^yj>w*/ .'-7:i a^nfZo^ l'iiii^n'S^ X FKiJLLFoS TSur\saMn3^:i^:^<. (3.7 ) A%'W\'V^'VWV\^VV>MAVV'VV VVtV\MV\>'\ W** VVVWVW W W W WWVSW^ VV VV V\' V\f VV% \\'\V DODON A FEUILLES TRICUSPIDEES. (mollient. ) Synonymie. Dodonaea aquifolio tricuspidato. Plum. vol. 6 p. yS. Lin. Octandrie monogjnie. Jussieu , famille des Trbinthaces. Cabaratron des Carabes. Caractres gnriques des Dodons. Genre de plantes de la famille des Balsamiers , qui parat se rapprocher du Ptl par ses rapports , et qui coraprend des arbris- seaux feuilles alternes , simples, et fleurs incompl- tes, auxquelles succdent des capsules munies de trois ailes membraneuses trs-remarquables. Le caractre es- sentiel de ce genre est d'avoir : Calice tciraphylle ca- duc, corolle nulle-, huit tamines; un style, capsule po- lysperme, membraneuse trois angles saillantes , tioii loges 1-spermes ; graines arrondies. (M.) 26* ( 328 ) Caractres particuliers. Feuilles uicnspides. Histoire naturelle. Cet arbre feuillage lgant et curieux crot dans les pays chauds de l'Amrique et des Antilles, sur un sol sablonneux et prs des livages. On le cultive en Europe dans les serres o il faut le tenir surtout pendant l'hiver ^ il est trs-commun l'le des Grenadins , et on l'y trouve aussi auprs ....Des cascades mugissantes O tout est mouvement, bruit , cume et fracheur. Bridel. Caractres physiques. Le corps de cet arbre est peine de la grosseur du fmur d'homme, dit Plumier, mais i est assez lev et ses rameaux sont diffus dans tous les sens autour de la tige -, le bois est assez solide et d'un noir marron ou d'bne*, l'aubier en est blanc ^ l'corce est paisse , d'un gris cendr et plusieurs lames ; au- tour de la lige les rameaux forment une ombelle \ vers le sommet des rameaux on remarque plusieurs saillies d'anciennes feuilles; celles qui existent ont un pouce de long environ , armes, au milieu des cts et l'ex- trmit, de trois pointes. Leur substance est membra- neuse-, le dessus d'un vert blanchtre luisant, le dessous est marqu de nervures lgantes doubles artes. Du milieu des ctes saillantes s'lve un rameau ^ ( 3.-9 ) mince, rougetre, d'un demi pied de long, garni d'une immensit de fleurs runies par groupes. Les fleurs sont petites , rougetres , monoptales , hypocratri- formes , et divises en trois parties ^ le pistil sort du ca- lice et est trs-petit; il est remplac par un fruit mou, charnu, oblong , rouge; le noyau a la mm.e forme, et possde la mme saveur que la chtaigne. Analyse chimique. Je n'ai point eu l'occasion de sou- mettre cette plante l'analyse , et cependant je l'ai classe parmi les espces mollientes , d'aprs l'emploi que j'en voyais faire en cette qualit. Proprits mdicinales. On se sert de la dcoction du feuillage pour les bains que l'en prescrit dans les rhu- matismes inflammatoires , et l'on applique sur la partie antrieure du cou les feuilles bouillies , contre les angines tonsillaires. Cette mme dcoction est recommande par quelques-uns en demi-bains contre leshniorrhodes. Les topiques faits avec le feuillage servent aussi dans les affections chroniques du msentre, les indurations du foie et de la rate. Le docteur Henri m'a assur avoir guri en trois jours un accs violent de goutte par l'ap- plication du cataplasme suivant, qu'il renouvelait matin et soir : prenez demi-livre de feuilles de Dodon bouil- lies et rduites en pte-, ajoutez quatre gros de gomme Caragne , et un scrupule de camphre. J'ai vu quel({ues jNgres se servir de ces mmes topiques de Dodon, sans aucune autre addition , contre les brlures. ( 33o ) EXPLICATIOIN' DE LA PLA3NCHE CIIS(^ CEIsT TREINTE. Le dessin est rduit moiti. 1 . Fleur. 2. Baie. 3. Novau. 4. Feuille de grandeur naturelle. 7:J'. ^ZJ/ /*/. J?Jy. (33i ) WVWVWi VVVVVVVVVVVVVVVVVV/VVVVVV\/VVV'VVVVV\XVVVv\^VVVVVVV.VVVVVVVVVVVVVVV\i\^VVVVVVVVVVt BGONE A FEUILLES BICOLORES. (^molient.) Stnonymie. Vulg. Oseille des bois. Bgonia foliis auritis bicoloris, floribus corjmbosis roseis. D. Lin. Moncie polyandrie. Jussieu, plante d'un signe incertain. B- gonia purpurea. Swartz , Bgonia obliqua. L'Hr. Stirp. nov. 46. Bgonia roseo flore , folio aurito major, et bir- sula. PL Sp. 20. Icon. 4^, f. 2. Caractres gnriques des Bgones. Genre de plantes fleurs incompltes et irrgulires , comprenant des herbes exotiques qui , par leur port et leur saveur, sem- blent se rapprocher des Oseilles, et par leur fructifica- tion paraissent avoir des rapports avec le Ssuve et les Ttragonelles. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir : Des Heurs monoques j dans les males : calice deux dwisions profondes , deux six ptales marces- cens'i lamines nombreuses. Dans les femelles : calice idem \ deux , trois , quatre ptales ingaux^ trois styles C 33. ) souvent bifides-^ capsule trigouc , trois vahes membra- neuses ^ trois loges polyspermes. Cahactres PAUTicuLiEiis. Tige noueuse , rougetre \ feuilles oreilles \ fleurs bicolores , i>oses. Histoire ivatlrelle. Ce genre a t ddi par Plu- mier M. Bgon , intendant de marine, qui avait pro- tg ses travaux. Il crot dans les marais des Antilles , ou sur le bord des ruisseaux , et demande en Europe la serre chaude et une terre de bruyre marcageuse en- tretenue frache. On le multiplie par boutures, et par l'clat de ses pieds. Le dieu malin exerant aussi son empire au-del des mers, les amans des Antilles ont leur selam. On sait que le selam est un bouquet com- pos de diffrentes fleurs allgoriques. Ce moyen ing- nieux de correspondre la vue des surveillans , est employ par les amans contraris dans leurs vues. Il ne prsente aucun danger puisque le sens mystrieux des fleurs allgoriques est purement de convention. On enveloppe par exemple le bouquet dans un ptale de la popote du Bananier pour peindre l'inconstance , puisque Tarbre se dpouille de son feuillage et meurt tous les ans. La Bgone feuilles bicolores, encore plus incons- tante, se dsunit au moindre vent par ses articulations trs-fragiles. Le Palmier, le Bambou, quittant leurs spathes, sont de cette classe. Les Palmiers annoncent aussi la noblesse et la fiert. Les fleurs radies peignent la tristesse. Les Raquettes , les Cardassiers, les Pingoins, leprsenlent les chagrins, accompagns de leurs pines cruelles-, on dsigne aussi par-l les remords et tous les rsultats du vice. Le Roseau , le Franchipanier, sont ( 333 ) remblme du repentir, de la candeur, de la mauvaise foi. La Sensilive , les Minioses , en gnral, offrent le symbole de la vertu , de la beaut , de la dlicatesse et del constance. La fleur du Grenadier, celles du Bois Corail ou du Bois Immortel , annoncent la fatuit , l'envie et la jalousie. Le Pin et le Gayac indiquent Vamaiit prfr ^ la Rose ou le Jasmin l'amante que l'on pr - fre. Les croles d'Amrique ont leur seani comme les Egyptiennes ; je dois cette communication l'unie d'elles. Caractiires physiques. Les racines de cette Bgonc sont traantes ^ elles donnent naissance des liampos rameuses cylindriques , d'un vert tendre , nues , succu- lentes, noueuses, marques de taches rouges chaque articulation ^ les feuilles sont alternes , un peu charnues, en coeur oblique, ayant un ct plus large et plus long que l'autre , un peu pointues , dentelures fines et plus saillantes chaque nervure du dessous. Cette partie pa- rait d'un rouge vif, parce qu'elle est traverse dans tous sens d'une infinit de nervures rouges saillantes, c[ui laissent peine apercevoir un fond de couleur olive ; le dessus est d'un vert riche , les bords sont jaunes ; la superficie est velue , garnie de poils courts, rudes et blanchtres ^ la feuille est longuement ptiole, et chaque ptiole est marqu de taches rouges la base de l'arti- culation, et son insertion la feuille qui participe de cette couleur qui contraste agrablement avec le vert de la feuille travers de nervures pourpres moins multi- plies que dessous. Les ptioles trs-longs soutiennent leur sommet une panicule de fleurs roses des deux ( 334 ) sexes bur le mme pied, qui se dtachent au moindre vent et au moindre contact. Ces fleurs , disposes en panicules sur des pdoncules plusieurs fois fourchus , sont munies, la base de chaque articulation de deux stipules pour la tige et de deux cailles linaires pour les pdoncules^ les fleurs mles ont quatre ptales roses ovales-arrondis , dont deux ex- trieurs et opposs sont plus grands, et vingt-quatre tamines fort courtes , dont les anthres sont jaunes et linaires. Les fleurs femelles ont cinq ptales ovales , dont deux extrieurs sont plus petits ; et un ovaire trian- gulaire plac sous les ptales, surmont de six styles, ayant une des ailes qui bordent ses angles, beaucoup plus grande que les autres. Cette plante croit sur les rochers humides , elle fleurit et fructifie en fvrier. Analyse chimique. Les liges succulentes de cette B- gone et ses feuilles contiennent un suc acide , semblable celui d'Oseille, ce qui lui a fait donner le nom d'Oseille des bois. Elles donnent de l'acide oxalique, de l'acide malique, un principe lgrement amer et de l'eau. PiioPRiTs MuiciJNALES. On fait uuc excellente ti- sane acidul et rafrachissante avec toutes les parties de celte Bgone. En l'dulcorant avec du sirop de Batterie elle est trs-agrable au got. Cette tisane convient dans les maladies iiiflammatoiies dont elle tempre l'ardeur ^ dans les fivres bilieuses , dans les aftections scorbuti- ques , etc. Les feuilles de celte Bgone tant appliques ( 335 ) en cataplasme sur les tumeurs, sont trs-rsolutives et mollientes. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT TRENTE-UN. Le dessin est rduit moiti. t. Fleur tombante, vue de profil. 2. Fleur vue de face. 3. Graine entire , vue aux trois quarts. 4- La mme coupe transversalement pour laisser voiries trois loges. 5. Graines grossies. 6. Graines de grandeur naturelle. ( 336 ) *^\'.VViV\,>.\VV*wV'V '. vVvV.kV. VV -WvWi.WVWvWvVVVWVV'VWVl.VViVWVWW.W.KWVWKVVlWlWVWVW MABOUIER D'AMRIQUE. (EmolUent. ) Synonymie. Morisonia ainericana. Lin. Polyandrie mono- gjnie. Jussieu 5 famille des Cpriers. Lin. Spec. Plant, vol. 3 , p. 369. Morisonia arbor nucis Juglandis folio. Plum. Gen. p. 36, tab. 23. Burm. Amer. tab. 2o3. Plum. Mss. 6. Icon. loj. Surian. Herb. n. 845. Morisonia americana. Jacq. Amer. p. i56, tab. 97. Caractres gnriques des ^Mabouiers. Petit arbre fleurs polyptales , de la famille des Cpriers, qui a des rapports avec les Cratua et les Durio, et qui cons- titue un genre particulier, dont le caractre essentiel est d'avoir : Un calice monophylle , bifide; quatre p- tales; des tamine s nombreuses y ntonadelphiques ; une baie uniloculaire ^ polj sperme , pdicelle. Caractres particuliers. Baie uniloculaire pulpe succulente mle de graines. Histoire naturelle. Le Mabouier croit naturellement i3J'Zm /'l. J3 /'Am/o/v /M't\'u^,'/. iiil/>r!i\' Se VLVliOUF:!! O'A^lEaiO, ( 337 ) daus rArarique mridionale, sur les montagnes boises ^ ses racines sont noires, grosses, noueuses, dures, com- pactes, pesantes, et servent aux sauvages faire des massues. Le nom de iNlabouier lui a t donn par les na- turels parce que les gros lzards appels dans le 'pays Mabouias , sont friauds de ses fruits. Catiact:p.es physiques. Le ]Mabouier d'Amrique est droit , et il s'lve rarement au-del de quinze pieds ; ses rameaux sont garnis de feuilles alternes, ptioles , ovales ou ovales-oblongues , entires, coriaces , glabres, luisantes, d'un vert fonc en dessus , d'un vert clair en dessous. Ces feuilles sont peu nombreuses et ont quel- quefois jusqu' un pied de longueur, mais souvent beau- coup moins ^ leurs ptioles sont longs d'environ dix-liuit lignes, et plus pais leurs extrmits qu' leur partie moyenne ; les fleurs sont pdicelles et rassembles au nombre de quatre ou davantage , en espces de petites ombelles, sur des pdoncules communs, latraux, pais, longs au moins d'un pouce, qui sont pars, tant sur les anciennes branches tjue sur les jeunes rameaux^ elles sont d'un blanc sale, peu odorantes, et ont peine un pouce de diamtre. Chaque fleur offre : i un calice nionophylle , obtus , de couleur verte , niarcescent, qui se dcliire assez profondment en deux dcoupures con- caves , rflchies , d'ingale grandeur^ i une corolle quatre ptales ovales-allongs, obtus, trs-ouverts, ren- verss en dehors , une fois plus longs que le calice ^ 3 environ vingt lamines dont les filamens droits , subuls , plus courts que la corolle, runis dans leur moiti infrieure en un tube infundibuliforme, soutien- nent des anthies droites, oblongues; 4 ^'^ ovaire su- ( 338 ) prieur , pdicule et surmonl d'un stigmate sessile , convexe, largi en plateau, ombiliqu par un point; le fruit est une baie sphrique porte sur un pdicule plus ou moins long, uniloculaire, peu prs de la gros- seur d'une pomme ; son corce est dure et couverte de points calleux, couleur de rouille , qui la rendent scabre; sa pulpe est blanche et contient plusieurs semences r- nifornies , blanchtres ^ parses. Analyse chimique. La pulpe du Mabouier contient beaucoup de mucilage, une partie sucre, de l'acide malique. Proprits mdicinales. Les insulaires vantent beau- coup le remde suivant pour tuer le ttcnia -, je ne sais quel point on doit ajouter foi ce prtendu spcifique, mais voici comme ils l'emploient. On prend quatre onces de jus de citron dans lequel on a mis infuser pendant la nuit une forte pince des fleurs de Mabouier; on passe , puis on ajoute un gros de cendres de Bagasse. On purge plusieurs fois pour expulser le ver aprs sa mort. Je prfrerais tous gards, et comme plus sre dans ses eifets , une goutte d'huile de Croton tiglium dans une once de vin. Ce moyen simple ne manque ja- mais son effet, surtout si on fait prendre la veille un lavement avec la dcoction d'une des Fougres d'Am- ri(|ue laquelle on ajoute deux gouttes de cette mme huile qui purgerait violemment si Ton outrepassait cette quantit. On emploie la pulpe du Mabouier en topique pour combattre l'inflammation des tumeurs. ( 339 ) EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQ CENT VINGT-NEUF. \ Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Fleur dveloppe. 2. Calice. 3. Fruit coup transversalement. 4. Graine. TABLE DES MATIERES CONTENUES DAKS LE SEPTIEME VOLUME. Cent quatorzime livraison. Planches. Pag"* Sommaire des diaphortiques et des sudorifiques. i Noyer feuilles de fi ne 455 5 Robinier panacoco , bois de fer 454 g Fagarier feuilles de jasmin 455 i4 Froles bols marbre 456 17 Cent quinzime livraison. Aralie pineuse 47 21 Poivrier feuilles de plantain 458 25 igar feuilles rudes 45q 29 Grenadille fleurs ples 46o 55 Cent seizime livraison. Salsepareille officinale 46 1 37 Gayac officinal 462 42 Salsepareille squine 465 47 Laurier Sassafras 464 5i ( 34i ) * Cent dix-septime livraison. Planebct. Pg(. Loblie anti-syphilitique 465 f>7 J^oblie cardinale 466 61 Ovide pineuse 46? 65 Echite carapanulee 468 68 Cent dix-huitime livraison. 'ii Tolut baUamifre 469 75 Copaier balsamifre 470 76 Grotou feuilles d'origan. ....... 471 81 Goumarou odorant. . 472 85 Cent dix-neuvime lipraison. Potalie anire 475 89 Svole loblie de Plumier 474 92 Astragale cotonneux 475 95 Barreliie rouge 476 98 Cen t vingtiem e Livra isoii . Sommaire des plantes dtersives 101 Bananier 477 io4 Dtails botaniques du Bananier 478 ii5 Vanille inodore d'Hati. 479 119 Amblanier acide . 480 12 5 Cent vingt-unime livraison. Achit Sicyote 481 127 BVagon Caranne 482 i5i Hliotrope (euilles d'orniin 48.3 i55 Eupatoire langue de chat 484 189 Tome VII. i^3^ L'raison. 27 ( 34^ ) Cent vingt-deuxime liuraisoh. Planche. Page. 485 i45 486 i48 487 i5i 488 i55 Prp fleurs roses Ophioglosse rticul Aspalat bne Trone d'Amrique fleurs bleues. Cent vingt-troisime livraison. Mangoustan des Clbes. .,.*.... 489 i58 Pistie Slratiote flottante 490 162 Crolon feuilles de germandre 491 166 Jujubier des Iguanes 492 170 Cent vingt-q^uatrime livraison. Canamelles violette et rubane 493 174 Patience vsiculease 494 178 Quinquina luisant 496 181 Balis maritime 496 186 Cent vingt-cinquime livraison. Sommaire des Epispastiques 189 Flchire obtuse 497 197 Flchire feuilles de plantain 498 201 DracoDte rampante 499 2o4 Colocasie Liane brlante ^oo U07 Cent vingt-sixime livraison. Caryote fruits brlans oi ao Mdecinier piquant 5o2 2i4 Brsillel de Bahama BoS 218 Brsillet des Antilles 5o4 222 (343 ) Cent uingt-seplime livraison. Planches. Page. Bejar brlant bob 226 Gouet grimpant feuilles mitres 5o6 - 229 Acajou pommes 607 235 Rossolis feuilles rondes 5o8 239 Cent vingt-huitime livraison. Mosamb cinq feuilles. 609 242 Colocasie montante 5io 246 Ecliite biflore 5ii 260 Laurole hype'ricode 5i2 253 Cent vingt-neuvime livraison. Sommaire des Emollientes 267 Cactier en raquette 5i3 262 Cactier moniliforme 5i4 267 Cactier rouge 5i5 270 Cactier cochenilles. 5i6 270 Cent trentime livraison. Ketmie fruits tronqus 617 278 Commline d'Afrique 5 18 281 Cactier triangulaire 619 286 Muflier triornitophore 620 289 Cent trente-unime livraison. Mlastome grandes fleurs 621 295 Robinier fleurs violettes 622 297 Broune fleurs carlates 523 3oi Liseron ombelles 524 5o5 ( 344 ) Cent trente-deuxime livraison. Planche. Pagei. Abutilon des marais fleurs ples 52 5 509 Ketmie corDiculee grandes fleurs jaunes. . . 526 3i5 Guimauve satine feuilles d'orme. . . . 527 Siy Ketmie tache saveur d'oseille 528 52 1 Cent trente-troisime livraison. Monjoli fleurs blanches. ...:... 529 324 Dodon feuilles iricuspides. ...... 53o 627 3gone feuilles bicolores "53i 53i Mabuier d'Amrique 532 356 ri!V DE LA TABLE DU SLPTIEME VOLUME. s*> New York Botanical Garden Library QK225.D36t.7 gen Descourtilz Michel/Flore pittoresque et 3 5185 00135 6193