\ M .*** ; x$y>%JZ *jft ^. . -v *K COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. $, ?**. A.j.' PARTS. IMPRIMERIE DE BACHELIER , pue d Jardinet, ia. COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SANCES DE L ACADMIE DES SCIENCES, PUBLIKS CONFORMMENT A UNE DCISION DE L'ACADMIE u date iu 4$ du'ittel t $S5 PAR MM. LES SECRTAIRES PERPTUELS. TOME TRENTE -QUATRIME. JANVIER -JUIN 1882 PARIS, BACHELIER, IMPRIMEUR -LIBRAIRE DE L ECOLE POLYTECHNIQUE, DU BUREAU DES LONGITUDES, ETC. Quai des Augustins, n 55. 1852 COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SANCE DU LUNDI 5 JANVIER 1852. PRSIDENCE DE M. PIOBERT. RENOUVELLEMENT ANNUEL DU BUREAU ET DE LA COMMISSION ADMINISTRATIVE. L'Acadmie procde, par la voie du scrutin, la nomination du Vice- Prsident, qui, cette anne, doit tre pris parmi les Sections des Sciences physiques. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants tant 56, M. de Jussieu obtient. ... 45 suffrages. M. Richard. a M. Pelouze 2 MM. Constant Prvost, Dumril, Gaudichaud, Milne Edwards, Roux et Regnault, chacun 1 . Il y a un billet blanc. M. de Jussieu, ayant runi la majorit absolue des suffrages, est proclam Vice-Prsident pour l'anne i852. M. Piobert, Vice-Prsident pendant l'anne i85i, passe aux fonctions de Prsident. Avant de quitter le Bureau, M. Rayer rend compte, conformment au rglement, de ce qui s'est fait pendant l'anne i85i relativement l'impression des Mmoires de V Acadmie et def Mmoires des Savants trangers. C. R. , i85a, i Semestre. (T. XXXIV, W I.) i ( 2 ) Le tome XXIII des Mmoires de l'Acadmie est en voie d'impression ; quarante-six feuilles sont tires. Le tome XIII des Mmoires des Savants trangers est entirement termin; il sera distribu sous peu de jours. Le tome XII des mmes Mmoires a dix-sept feuilles tires, sept bonnes tirer et cinq en copie. Changements arrivs parmi les Membres et les Correspondants. L'Acadmie a fait des pertes nombreuses : dans son sein, MM. de Silvestre, de Savigjty et Maurice; au dehors, MM. Jacobi, OErsted et Pcvis. L'Acadmie a appel dans son sein, M. Coste, M. Cagmard-Latoch , M. Chasles. Elle a lu M. Tiedeman, Associ tranger. Il lui reste pourvoir au remplacement de MM. Becdant, de Silvestre. de Savigny, Maurice et OErsted. Elle a nomm six Correspondants , en 1 85 1 : MM. Bixjie, Alphonse de Caxdolle, IIixd, Argeeander, William Boxd et Moquin-Tandon. Sept places sont encore vacantes, parmi les Correspondants : une dans la Section de Gomtrie; une dans celle de Mcanique; deux dans celle de Gographie et de Navigation ; une dans celle de Physique gnrale ; une dans celle d'conomie rurale; et une, enfin, dans celle d'Anatomie et de Zoologie. L'Acadmie procde, par la voie du scrutin, la nomination de deux Membres appels faire partie de la Commission centrale administrative. MM. Pox\celet et Chevreul runissent la majorit absolue des suffrages. MMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. chimie. Mmoire sur le caoutchouc et la gutta- percha; par M. Paven. (Extrait.) Depuis quelques annes, le caoutchouc, soumis des procds nou- veaux, a form la base de plusieurs grandes industries qui livrent une fouie d'objets usuels l'conomie domestique, et des ustensiles varis, d'une uti- lit incontestable, la chirurgie et aux arts mcaniques, physiques et chi- miques, comme la navigation. La grande exposition internationale de 1 85 offrait de remarquables et nombreux exemples de ces applications, surtout dans les dpartements de ( 3 ) l'Angleterre et des tats-Unis. On devait regretter que l'industrie franaise du mme genre n'y ft pas reprsente, car les plus rcents progrs, dans cette direction, ont t raliss chez nous. Jusqu'ici, cependant, bien que M. Faraday et indiqu la composition du suc laiteux qui contient le caoutchouc, et publi l'analyse lmentaire de ce produit, on ne connaissait pas toutes les proprits du caoutchouc sous les diffrents tats o il se trouve dans le commerce; sa composition immdiate n'tait pas dtermine. Les mmes notions manquaient en ce qui touche la gutta-percha, substance nouvellement introduite dans l'industrie manufacturire et plus remarquable encore par les proprits qui la dis- tinguent du caoutchouc que par les analogies curieuses qui l'en rapprochent, substance digne d'intrt, surtout par ses nombreuses et utiles applications spciales. Dans la vue de remplir, en partie, ces lacunes, j'ai entrepris des recherches dont je vais indiquer les principaux rsultats. Varits du caoutchouc solide. On distingue, parmi les varits com- merciales : i le caoutchouc blanc opaque, en masses plus ou moins volu- mineuses; 2 celui qui est en feuilles ou lames irrgulires lgrement jau- ntres et translucides ; 3 une autre sorte, en feuilles paisses ou masses globuleuses, creuses ou pleines, de teinte brune- gristre et opaque; 4 enfin, sous les mmes formes, le caoutchouc brun, plus ou moins translucide et jaune-fauve lorsqu'on le dcoupe en tranches minces. Structure interne. En examinant sous le microscope des lamelles trs-minces de ces chantillons, on y observe des pores trs-multiplis, arrondis irrgulirement, communiquant entre eux, qui se dilatent mme sous l'influence capillaire des liquides sans pouvoir dissolvant sur la sub- stance elle-mme. Action de Veau. La porosit du caoutchouc explique sa pntrabi- lit facile, par diffrents liquides dpourvus d'action chimique notable sur lui; l'eau offre un des exemples les plus intressants de ce phnomne : des tranches minces de caoutchouc sec, des deux premires qualits, immerges pendant trente jours dans l'eau, en ont absorb, pour oo parties, les unes 18,7, les autres 26, 4; les premires avaient augment en longueur de 5, et en volume de i5,75 pour 100. Une semblable pntration du liquide peut, la longue, avoir lieu dans les masses ou feuilles paisses de caoutchouc, et l'on conoit qu'ensuit" un temps considrable soit ncessaire pour l'liminer compltement; car les couches superficielles se desschant les premires, resserrent considra- 1 .. (4 ) blement leurs pores, et s'opposent la dessiccation ultrieure des parties centrales. On devra tenir compte de cette sorte d'hydratation mcanique dans les transactions commerciales, puisque, par ce fait seul, la valeur relle peut tre amoindrie de 18 a6 pour ioo, tandis que la nuance plus blanche annon- cerait une qualit suprieure purement illusoire. D'ailleurs, la prsence de l'eau s'oppose la pntration des liquides employs dans l'industrie pour dissoudre ou gonfler le caoutchouc, et diminue sa tnacit comme sa duc- tilit (t). La blancheur apparente et l'opacit n'ont pas, en gnral, d'autre cause que l'eau interpose, car une dessiccation complte suffit pour faire appa- ratre la coloration et la translucidit. Action de l'alcool. L'alcool anhydre pntre facilement aussi le caoutchouc, surtout la temprature de -+- 78degrs; des tranches minces, sches, translucides, chauffes dans ce liquide plusieurs reprises, durant huit jours, sont devenues opaques : leur longueur tait augmente de 46 mil- limes et leur volume de 9,4 millimes ; elles avaient acquis une proprit adhsive notable, mme au sein de l'alcool . Leur poids tait accru , dans le rap- port de 100 118,6; cependant elles avaient cd ce liquide 1 1 millimes (Tune matire grasse, fusible, colore en jaune-fauve. Ces tranches, aprs l'vaporation de l'alcool, taient plus transparentes et plus adhsives entre elles, qu'avant ce traitement. Action des dissolvants. L'ther, la benzine, l'essence de trbenthine, le sulfure de carbone et plusieurs mlanges entre eux ou avec d'autres liquides s'insinuent rapidement dans les pores du caoutchouc, le gonflent beaucoup, et semblent le dissoudre ; mais ce que, dans ce cas,. on considre gnralement comme une dissolution complte, est, en ralit, le rsultat d'une interposition de la partie dissoute dans la portion fortement gonfle, celle-ci ayant conserv les formes primitives amplifies, e^ tant alors trs- facile dsagrger. On peut, l'aide d'une quantit suffisante de chaque dissolvant, spa- rer presque compltement ces deux parties, en renouvelant le liquide sans (1) On sait, depuis longtemps, que la ductilit et l'lasticit du caoutchouc augmentent avec la temprature, diminuent lorsque la temprature s'abaisse, et sont presque ananties o degr; que des fils ou lanires , tendus + 1 5 ou 25 degrs , et refroidis o degr , conservent leur extension et leur roideur la temprature ordinaire ; qu'ils se contractent subitement et re- prennent leur lasticit premire ds qu'on porte leur temprature 35 ou 4<> degrs. On se rappelle les utiles applications qu ont faites de ces proprits MM. Rattier et Guibal , pour la confection des tissus lastiques. (5) agiter et sans dsagrger le rsidu trs-fortement gonfl, mais non dissous. Les proportions facilement dissoutes varient entre o,3 et 0,7, suivant les qualits des chantillons et la nature du dissolvant, mais les proprits des deux parties restent distinctes aprs leur sparation et l'vaporation du liquide. La substance non dissoute est moins adhsive, mais plus tenace ; elle retient la plus grande partie de la matire colorante brune. La substance soluble, surtout la premire dissoute, est notablement plus adhsive, plus molle, moins lastique, moins tenace t moins colore. L'ther anhydre extrait du caoutchouc translucide, de couleur ambre, 66 centimes de substance soluble blanche et laisse 34 parties de nuance fauve. L'essence de trbenthine anhydre et bien rectifie a spar nettement de la varit commune de caoutchouc brun, 49 de matire soluble, de cou- leur ambre, et 5i de matire insoluble translucide retenant la coloration brune. Des traces de matire rsineuse dans l'essence suffisent pour rendre adhsifs les deux produits et laisser longtemps visqueux celui qui a t dissous (r). L'essence en vapeur dirige sur le caoutchouc lui enlve une huile essentielle que l'on peut extraire du produit condens en chauffant celui-ci dans une cornue chauffe par un bain-marie d'eau bouillante. Cette huile essentielle est incolore et doue d'une forte odeur rappelant celle du caoutchouc normal. Augmentation de volume. Si l'on tient immerg dans un grand excs du dissolvant le caoutchouc dcoup sous forme de prismes rectangu- laires, on le voit se gonfler graduellement de la superficie au centre, et l'on peut dterminer l'augmentation de volume sur la partie non dissoute, lorsque le gonflement est arriv son terme : les dimensions des cts se sont triples sensiblement dans la benzine, dans l'ther anhydre, dans l'essence de trbenthine ainsi que dans un mlange de sulfure de carbone, 100 avec 4 d'ther hydrat ; le volume total tait donc alors gal 27 fois le volume primitif, bien que cette augmentation portt sur la partie non dissoute, l'autre partie s'tant dissmine dans le liquide. (1) C'est en purant de toute matire rsineuse l'essence de trbenthine par une distilla- tion dans un appareil rectificateur cases multiples , que M. Fritz-Solier parvient obtenir les enduits souples et les grandes feuilles unies qui caractrisent son industrie, perfectionne, d'ailleurs, par plusieurs inventions remarquables. (6) Un mlange de 6 volumes d'ther avec i volume d'alcool anhydres gonfle le caoutchouc, au point de quadrupler son volume, et ne dissout sensiblement que la portion moins agrge, peu tenace, mais trs- adhsive. On avait observ une augmentation de 3o fois son volume froid, dans l'huile de ptrole rectifie, mais sans tenir compte de la partie dissoute. La portion du caoutchouc qui rsiste le plus aux dissolvants, observe sous le microscope, l'aide d'un grossissement de 3oo diamtres, offre une texture rticule dont les filaments ^anastomoss s'tendent et se gonflent en absorbant les liquides prcits, et se rtrcissent mesure que l'vapo- ration s'effectue. Les solutions du caoutchouc, surtout la dernire, poses sur le porte- objet, affectent elles-mmes, en se desschant, cette texture curieuse, que l'on rend, dans ce cas, plus vidente en hydratant le rsidu. Le meilleur dissolvant du caoutchouc, parmi ceux que j'ai expri- ments, est un mlange de 6 ou 8 parties d'alcool anhydre avec ioo parties de sulfure de carbone : en effet, si l'on ajoute cette proportion d'alcool au sulfure de carbone contenant assez de caoutchouc pour se maintenir depuis plusieurs jours l'tat d'une gele lgrement consistante, trouble ou opaline, on voit s'oprer une liqufaction et une clarification rapides ; ces changements dpendent de la dissolution de la matire grasse par l'alcool et de la division plus grande de toutes les parties; toutefois, les premires portions dissoutes sont plus fluides et les dernires graduellement plus visqueuses. Si l'on ajoute ce liquide visqueux deux fois son volume d'alcool anhydre, tout le caoutchouc se prcipite, la solution contient la plus grande partie du sulfure de carbone, de l'alcool, des matires grasses et colorantes. On comprend que le prcipit, consistant et tenace, tout imprgn d'alcool et de sulfure de carbone, se redissolve aisment par une addition de ce dernier liquide, donne une solution plus complte, et qu'en ritrant plusieurs fois le mme traitement, on parvienne mieux purer le caout- chouc et rendre sa solution plus transparente. Dans l'ingnieuse industrie de l'tirage du caoutchouc en fils cylin- driques, fonde par M. Grard, de Grenelle, on prpare une pte en employant le sulfure de carbone ml avec 5 centimes d'alcool ordinaire ; celui-ci contient i5 centimes d'eau qui s'opposent la dissolution ; on runit ainsi les conditions favorables d'un gonflement du caoutchouc qui aide le malaxer et facilite le passage la filire sans oprer une vritable dissolution qui diminuerait beaucoup la tnacit du produit. ( 7) On doit M. Grard une observation nouvelle et qu'il a su mettre profit pour obtenir des fils d'une tnuit extrme. Ayant soumis la tem- prature de ioo degrs des fils assez tendus pour que leur longueur ft sextuple, cette extension devint permanente, et les fils se prtrent une deuxime extension semblable. En sextuplant 5 fois de suite l'extension acquise, on comprend que la longueur primitive dt se trouver augmente dans le rapport de i 16620, et que le diamtre tant diminu en propor- tion de cet norme allongement, les fils fussent parvenus un degr de finesse inconnu jusqu'alors. La proprit nouvelle dcouverte par M. Grard devait trouver place ici, elle figurera dsormais parmi les plus curieuses proprits du caoutchouc. Les faits ci-dessus exposs me semblent permettre de considrer le caoutchouc comme une de ces substances offrant, dans ses diffrentes par- ties, des qualits intermdiaires entre celles des corps solubles et des matires insolubles, ou prs des limites de la solubilit; Diffrant beaucoup, par les proprits physiques, des principes imm- diats dont la solubilit rapide et complte ne se prte pas ces curieux changements de formes qu'offrent certains matriaux plastiques de l'orga- nisme vgtal, tels que la cellulose et les substances amylaces d'une part, et d'un autre ct le caoutchouc et la gutta-percha. Les rsultats qui prcdent dmontrent, en outre, que le caoutchouc livr au commerce renferme constamment, mais en proportions variables : i. Le caoutchouc facilement soluble, ductile, adhsif; 2 . Le principe immdiat, tenace, lastique, dilatable, peu soluble; 3. Des matires grasses (1); 4- Une huile essentielle ; 5. Une substance colorante; 6. Des matires azotes (2); 7 . De l'eau en doses qui peuvent s'lever jusqu' 0,26. Lorsqu'on spare ces diffrents principes immdiats, aucun d'eux ne (1) D'aprs la considration que le gluten doit son lasticit l'eau interpose; que si et- liquide n'tait susceptible de s'vaporer, le gluten aurait une lasticit permanente comme le caoutchouc, M. Chevreul avait, en i8i5, mis la pense que le caoutchouc pourrait bien tre form d'une substance solide particulire et d'une substance huileuse liquide {lments de Botanique, de Mirbel, i8i5j. (2) L'une de ces matires est enleve, avec les substances grasses , par l'alcool anhydre : on la si pare du rsidu dessch l'aide de l'eau qui la dissout , et on l'pure en la redissolvant dans l'alcool qu'on vapore ensuite. ( 8) garde les proprits lastiques et extensibles au mme degr que l'ensemble; cela parait tenir l'adhrence entre les filaments que la matire grasse lubrifiait, et que la portion soluble et molle rendait plus souples. Les chantillons que je prsente l'Acadmie montrent directement quelques-uns des caractres nouveaux indiqus dans ce Mmoire : on y remarquera les diffrences que j'ai signales entre l'aspect, la coloration, l'adhrence et la tnacit de la partie soluble et de la portion non dissoute; entre le caoutchouc anhydre et celui qui est hydrat ; on distinguera, sans peine, le caoutchouc gonfl de vingt-sept fois le volume primitif, conser- vant, au milieu du dissolvant en excs, les formes planes et anguleuses des lanires dcoupes. J'y ai joint des spcimens de la gutta-percha, plus facilement encore spare par les mmes procds, en deux parties distinctes, l'une insoluble retenant les matires colorantes, l'autre incolore, lors mme qu'elle est extraite des matires et produits bruns du commerce; d'ailleurs tenace, ductile, doue, en un mot, des proprits utiles de la matire premire (i). Cette analogie dans l'analyse et la composition immdiate paratra bien digne d'intrt si on la rapproche de l'analogie de composition lmentaire, concidant, en outre, avec les caractres diffrents si tranchs et les appli- cations distinctes si nombreuses de ces deux singulires substances. Dans la deuxime partie de ce Mmoire, j'indiquerai la composition immdiate de la gutta-percha brute, je dcrirai quelques phnomnes de la sulfuration du caoutchouc par divers agents et les proprits du produit sulfur ; la dernire partie contiendra les analyses, les caractres distinctifs et les applications principales du caoutchouc et de la gutta-percha. M. Augustin Cauchy prsente l'Acadmie un Mmoire sur le dvelop- pement des fonctions en sries limites. il arrive souvent qu'un procd analytique fournit le dveloppement d'une fonction en une srie divergente dont les premiers termes forment une suite rapidement dcroissante. Souvent aussi, dans cette hypothse, on obtient une valeur trs-approche de la fonction en limitant la srie, et (i) Le sulfure de carbone et mieux encore ce liquide ml 6 ou 8 centimes d'alcool anhydre, fractionnent ainsi la gutta-percha en en dissolvant la plus grande partie (de o,85 o,go). Le naphte , l'alcool, la benzine, l'ther ni l'essence de trbenthine ne paraissent pas la dissoudre froid, mais lui enlvent son autre principe immdiat; l'eau la pntre lentement et peut augmenter son poids de 3 centimes. (9) l'arrtant aprs un certain terme. D'ailleurs il importe de savoir non-seule- ment si cette limitation est lgitime, mais encore quel est le terme auquel on doit s'arrter, et quel est le degr d'approximation. M. Cauchy fait voir que, dans un grand nombre de cas, il suffit, pour rsoudre ces diverses questions, de recourir la considration des valeurs moyennes des fonc- tions et de leurs modules principaux. Il y a plus, cette considration permet de dvelopper les restes qui compltent les sries limites, en d'autres sries non limites et convergentes, l'aide desquelles on peut dterminer les valeurs de ces mmes restes. Ajoutons que les diverses formules, obtenues comme on vient de le dire, s'appliquent trs-utilement la dtermination des mouvements des corps clestes. 31. .Ho n ix fait hommage l'Acadmie d'un exemplaire du Catalogue des collections du Conservatoire des Arts et Mtiers. {Voir au Bulletin bibliographique. ) NOMINATIONS. L'Acadmie procde, par la voie du scrutin, la nomination d'un Membre qui remplira, dans la Section de Minralogie, la place laisse vacante par le dcs de M. Beudant. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants tant 56, M. de Senarmont obtient. . . 29 suffrages. M. Ebelmen a5 M. Delafosse . 2 M. de Senarmont, ayant runi la majorit absolue des suffrages, est proclam lu. Sa nomination sera soumise l'approbation du Prsident de la Rpublique. MMOIRES LUS. zoologie. Troisime Mmoire sur le ver Jilaire qui vit dans le sang du chien domestique; par MM. Gruby et O. Delafond. (Extrait par les auteurs. ) ( Renvoi l'examen de la Section d'conomie rurale laquelle est pri de s'adjoindre M. Valenciennes. ) De l'anne 1826 1842, Schmitz, Baer, Valentin, Vogt et Remak C. R., i85, i Semestre. (T. XXXIV, 1N I.) 2 ( io ) avaient signal l'existence de Filaires, de Monostomes, de Distomes et d'Infu- soires habitant le sang de grenouilles, de certains poissons et de quelques mollusques; mais aucun observateur n'avait constat la prsence d'Helmin- thes nmatodes vivant dans le sang d'animaux suprieurs. Les premiers, nous avons annonc l'Acadmie, dans le courant de l'anne i843, avoir dcouvert des Entozoaires du genre Filaire, vivant dans le sang de certains chiens domestiques, et circulant avec les globules de ce fluide dans tous les vaisseaux. Depuis notre communication l'Acadmie, MM. Erdl et Mayer en 1 843 ; Hyrtl, Gros et Ecker en i845; Chausst et Wedl en 1848, et M. Gurin Mneville en i85o, constatrent la prsence d'Hmatozoaires dans le sang du rat des champs, du rat noir, de plusieurs oiseaux et pois- sons, de l'crevisse, de la moule d'tang, du lombric terrestre et du ver soie. Le troisime Mmoire que nous avons l'honneur de prsenter l'Aca- dmie, renferme particulirement les recherches auxquelles nous nous sommes livrs, depuis neuf ans, sur le ver qui vit dans le sang de certains chiens domestiques. Nous avions dit, dans nos deux prcdentes communications, que cet Helminthe tait une Filaire, et nous faisions observer que jusqu'alors nous n'avions rencontr ce ver qu' l'tat microscopique. Cependant, en tu- diant cet Helminthe diffrents ges de la vie du chien, nous avions con- stat que, dans l'espace de prs de deux annes, les Filaires microscopiques se dveloppaient lentement dans le sang, et qu'alors la bouche, le tube digestif, les attributs des sexes apparaissaient plus distincts. Et pourtant, sur treize chiens sang vermineux, gs de trois dix ans, que nous avions conservs plusieurs annes, et dont nous avions examin le sang aprs la mort, dissqu les vaisseaux et tous les organes, nous n'avions jamais trouv que des Filaires microscopiques. Bien que convaincus de l'existence constante de ces petits vers char- ris avec les globules du sang dans tous les vaisseaux rouges, nous n'avions pu cependant nous rendre compte de leur origine. Nous poursuivmes donc nos recherches avec persistance, et, aprs deux annes de laborieuses et patientes tudes, nous dcouvrmes dans le sang d'un chien sang vermineux, mort des suites d'une alimentation exclusivement compose de glatine, de grands vers visibles l'oeil un. Ces Entozoaires, au nombre de six, dont quatre femelles et deux mles, taient logs dans un gros caillot sanguin, rcemment form, qui remplis- sait, en le dilatant, le ventricule droit du cur. Ces Helminthes taient blancs, filiformes, de la longueur de i4 10 centimtres, et de 1 millimtre ( w ) i millimtre et demi de diamtre. Nous avons pu constater les caractres y.oologiques du mle et de la femelle, reconnatre les dispositions anato- miques des organes externes et internes, tudier le dveloppement des ufs dans les ovaires et de l'embryon dans l'oviducte, et nous assurer que ces embryons taient identiques aux Filaires microscopiques que nous avions vues circuler avec le sang dans tous les vaisseaux de plusieurs chiens. Le sang de l'animal dans lequel nous avons trouv ces grands vers con- tenait lui-mme un si grand nombre de Filaires microscopiques, que nous avons pu en compter jusqu' douze ou quinze dans une goutte de sang. Nous avons reconnu que les grands vers appartenaient au genre Pilaire et l'espce papillense, mais que ces Filaires possdaient en outre des ca- ractres particuliers qui devaient les faire considrer comme une espce encore inconnue. Nous proposons de donner ce Nmatode, le nom de Filaire papilleuse hinatiquc du chien domestique (Filai ia papillosa hma- tica canis domestici). Nous appuyant sur les faits que nous venons de rela- ter, nous croyons tre autoriss conclure que les grandes Filaires du sang du chien domestique pondent des Filaires microscopiques dans ce liquide. Ces jeunes Filaires, jusqu' une certaine priode de leur dveloppement, circulent avec le sang dans tous les vaisseaux. Ce n'est qu'aprs avoir acquis un diamtre plus grand que celui des capillaires, qu'elles sjournent dans le cur et les gros canaux sanguins. La dcouverte de ces Filaires adultes nous avait fait atteindre un but important, mais nos recherches n'taient point termines. Une foule de questions intressantes nous restaient encore lucider. Voici les rsultats de nos recherches : i. Le nombre des Filaires microscopiques habitant le sang de certams chiens a pu tre estim, d'une manire approximative, de 1 1 ooo prs de xil\ ooo. La moyenne prise sur vingt chiens a t de plus de 5i ooo. 2 . Les Filaires microscopiques, ayant un diamtre moins grand que les globules du sang, circulent dans les vaisseaux capillaires les plus dlis o les globules peuvent passer. Une goutte de sang extraite des vaisseaux, n'importe dans quelle partie du corps, et n'importe aussi dans quelle sai- son de l'anne, renferme de ces petits Hmatozoaires. 3. Le chyle et la lymphe des chiens dont le sang contient des Filaires microscopiques, mme en trs-grand nombre, ne charrient point de ces vers. 4. Les liqueurs scrtes normalement, telles que la salive, la bile, le suc pancratique, le suc entrique, l'urine, le sperme, la srosit des a.. ( 13 ) grandes sreuses, de mme que les fluides scrts anormalement, ne ren- ferment point de ces petits animaux. 5. Vingt-huit chiens sang vermineux, de race et d'ge diffrents, con- servs les uns pendant plusieurs mois, les autres pendant plus de cinq ans, animaux qui avaient approximativement depuis 1 1 ooo jusqu' prs de 224000 Filaires microscopiques dans leur sang, ont t dissqus dans le cours de l'hiver, du printemps, de l't et de l'automne, avec le plus grand soin, sans qu'aucune Filaire invisible ou visible l'il nu ait t aperue dans les diffrents tissus. Nous pensons donc pouvoir affirmer que la Filaire hmatique du chien, soit microscopique, soit de la longueur de 1 4 20 cen- timtres et du diamtre de prs de 1 millimtre ou du volume d'un gros fil, vit exclusivement dans le sang, durant toutes les saisons de l'anne, se nourrit de ce fluide et ne l'abandonne jamais. 6. La frquence et la raret des chiens qui ont le sang vermineux et de ceux qui ne l'ont pas, calcule sur quatre cent quatre-vingts chiens dont le sang a t examin, donne, en moyenne, un chien sang vermi- neux sur vingt vingt-cinq qui ne l'ont pas. 7 . Le sang vermineux se rencontre plus souvent chez les chiens vieux et adultes que chez les jeunes. 8. Ces vers se montrent dans le sang des chiens, sans distinction de race, de sexe, et quel que soit l'tat de maigreur, d'embonpoint, de sant el de maladie de ces animaux. 9 . Les Filaires microscopiques, mme au nombre approximatif de prs de 224000, n'altrent pas les facults instinctives des chiens, et n'affai- blissent point l'nergie musculaire de ces animaux. io. Le sang vermineux des chiens ne prsente point de modifications bien notables dans ses caractres physiques et la proportion en poids de ses principes organiques et inorganiques. n. Les Hmatozoaires microscopiques transfuss avec i5o 3oo grammes de liqueur globuleuse dfibrine dans les vaisseaux de neuf chiens dont le sang n'tait point vermineux, ont disparu du sang de ces animaux du huitime au quarantime jour. Les chiens ont t sacrifis, et les Filaires n'ont pu tre retrouves ni dans les liqueurs scrtes, ni dans les tissus, ni dans les diffrentes cavits. 12. Deux chiens de race et d'ge diffrents n'ayant point de Filaires dans leur sang, et auxquels 200 800 grammes de sang vermineux dfi- brin ont t injects dans les vaisseaux, les Filaires ont persist vivre dans le sang de ces animaux pendant plus de trois ans ou jusqu' leur mont ( '3) naturelle. Ouverts et dissqus, ces chiens n'ont laiss apercevoir de Filaires que dans leur sang. i3. Les Hmatozoaires microscopiques du sang du chien, transfuss avec la liqueur globuleuse dfibrine dans les vaisseaux de deux lapins, ont persist vivre dans le sang d'un de ces animaux pendant quatre-vingt- neuf jours, temps aprs lequel les Filaires ont disparu du sang. A l'autopsie de ce lapin, ces Helminthes n'ont point t retrouvs dans les tissus. i4- Les Filaires microscopiques transfuses, avec la liqueur globu- leuse dfibrine dont il a t question, dans le sang de six grenouilles adultes, dont deux avaient dj des Filaires dans le sang, ont persist vivre dans le suc vital de ces animaux pendant huit jours, ou durant le temps o les globules du sang du chien se sont montrs intacts parmi les globules du sang des grenouilles; les neuvime et dixime jour, les globules du sang du chien s'tant altrs, les Filaires microscopiques injectes avec lui ont disparu, et les huit grenouilles sont mortes d'une maladie scorbutique, (les transfusions dmontrent donc que la filaire hmatique microsco- pique ne peut persister vivre, soit dans le sang du chien, soit dans celui d'autres animaux, qu'autant que ce fluide possde une constitution propre, et encore inconnue, l'entretien de la vie de ces Hmatozoaires. 1 5. Les Filaires invisibles l'oeil nu, injectes vivantes avec le sang qui les charrie, dans les cavits sreuses et dans le tissu cellulaire de chiens en bonne sant, de taille et d'ge diffrents, n'ont pu continuer vivre dans ces deux nouveaux domiciles. i6. Un chien sang vermineux donne, avec une chienne sang non vermineux, des descendants dont les uns, appartenant la race du pre, ont le sang vermineux, et dont les autres, appartenant la race de la mre, ne l'ont pas. 17 . Une chienne sang vermineux donne, avec un chien sang non vermineux, des descendants dont les uns, tenant de la race de la mre, ont des vers dans le sang, tandis que ceux de la race du pre n'en ont pas. 18 . Une chienne sang vermineux donne, avec un chien galement sang vermineux, des descendants appartenant soit la race du pre, soit la race de la mre, ayant des vers dans le sang. 19 . Les Filaires dans le sang des descendants n'ont t dcouvertes qu' l'poque o les chiens ont eu l'ge de cinq six mois. Ces vers ont persist vivre dans le sang de ces animaux qui, aujourd'hui, ont atteint l'ge de quatre cinq ans. ( a) 20. Dix-neuf chiens, dont chacun avait, d'une manire approxi- mative, depuis 1 1 ooo jusqu' prs de 224000 Filaires microscopiques dans leur sang, en outre un chien ayant aussi dans le sang six Filaires adultes de la longueur de 1 4 20 centimtres, n'ont point t atteints de maladies spciales; cependant trois chiens ayant approximativement, le premier 17000, le deuxime a5ooo, et le troisime 1 1 2 000 Filaires microscopiques dans le suc vital, ont t frapps d'attaques pileptiformes. Deux de ces animaux sont morts de ces attaques; chez le troisime, elles ont disparu. La sant de ce dernier chien est parfaite depuis plus d'un an, quoique le mme nombre de vers existe toujours dans le sang. De plus nombreuses recherches seront faites sur ce sujet digne d'intrt. chimie applique. Recherche de Viode dans l'air } les eaux, le sol et tes produits alimentaires des Alpes de la France et du Pimont; pai M. Ad. Chatix. (Extrait par l'auteur.) (Commission prcdemment nomme.) Il rsulte de la premire partie de ces recherches, que l'atmosphre de l'iode est extrmement rarfie sur les sommets des Alpes et dans leurs val- les; la seconde partie conduit admettre les faits suivants : I. Chlons et Lyon dlaissent les eaux de la Sane, quoique assez iodures, pour celles de puits ou du Rhne, qui le sont beaucoup moins. IL La proportion de l'iode, minime dans les fontaines de Vienne, de Voiron, de Tullius, du Villars-de-Lans , se relve sensiblement dans celles de Bourgoin, de Saint-Marcellin , de Montmlian, de Chambry, et dans le lac de Paladru, diminue dans le lac du Bourget, se rduit d'infimes traces dans la Bourbe et la Morge, qui sortent des molasses d'closes et de Voiron, dans les sources qui reposent sur la mme formation aux environs de Saint- Marcellin et du Pont-en-Royans, dans les cascades de Sassenage, la Bourne, la Vernaison, le Furon, le Versoud, la Voroise, qui tombent des calcaires du Villars et du Vercors, dans les eaux potables de Grenoble, de Vif, de Seissinet surtout. III. Les bourgades de la rive droite de l'Isre, comprises entre (ire- noble et Montmlian, s'alimentent d'eaux assez iodures, sortant des cal- caires jurassiques ou crtacs et du diluvium, tandis que Gires, Domne, Tancin, Goncelin, Theys, Poncharra, placs sur les schistes liasiques de la rive gauche, n'ont, comme Vaulnaveys et Allevard, (pie des fontaines sen- siblement prives d'iode. ( i5) IV. L'iode manque , ou est en proportion trs-faible et difficilement apprciable, dans les eaux douces de Sainte-Hlne-des-Millires, Notre- Dame-des-Millires, Grignon, Bellecombe, Moutiers, Saint-Marcel, Centron, Villette, Aime, Bellentre, la Chapelle, Bourg-Saint-Maurice et Ses, qui appartiennent la valle principale de la Tarentaise ; dans celles de Fontana, Brides-les-Bains, la Chavonne, Vignetan, la Perrire, la Clozette, le Grand- Carrat, le Petit-Carrat , la Pichardin, les Tombettes, Bozel et Villars-le- Gotreux, situs dans la valle du Doron, ainsi que dans les eaux de Cha- ranon, la Cte-Derrire, le Mas, Villartier et Saint-Laurent-de-la-Cte, qui peuplent la valle du Merderat ou rivire Saint-Jean. V. Si l'on en excepte Lans-le-Bourg, la Maurienne n'a pas des eaux plus iodures que la Tarentaise. Telle est du moins la conclusion tirer de toutes les analyses que j'ai faites, partir du Mont-Cenis, sur les eaux de Therminion, Bramand, Modane, Saint-Michel, Saint-Julien, Villars-Clment, o sont deux sources la malfaisance desquelles on a prtendu que les jeunes gens avaient recours pour chapper par le goitre au service militaire, comme si, dans ces contres, il y avait des eaux jouissant de proprits contraires; et plus loin, sur celles de Saint-Jean-de-Maurienne , Villars- Gondrand, Saint-Pancrace, Jarrier et Villars-Jarrier, Hermillon, Pont-- Mafrey, la Chambre, Espierre, Aiguebelle et Randan. VI. Dans la basse Maurienne, savoir, Maltaverne, Coise, Saint-Jean- Pied-Saultier, Planaise et la Chavanne, on fait ordinairement usage d'eaux de puits slniteuses et prives d'iode, auxquelles on pourrait substituer les eaux de sources qui sortent du diluvium notablement iodures. VII. Sur le versant italien des Alpes, le val d'Aoste reproduit la Ta- rentaise et la Maurienne, tant sous le rapport de la gologie (schistes du lias, roches talqueuses, gypses mtamorphiques) que sous celui de l'hy- drographie. Les localits dont j'ai examin les eaux, sans y reconnatre la prsence de l'iode, sont : Pont-Sera, la Thuile, la Barma, Pr-Saint-Didier, Morgex, Livrogne, Villeneuve, Saint-Pierre, Aoste, Roisans, Gignod, Villa- franca, N, Chtillon, Saint-Vincent, Verres. VII. Le fait de l'absence ou de la proportion minime des iodures dans les torrents qui descendent des cimes neigeuses des montagnes, dj signal par nous dans un prcdent travail, est confirm par de rcentes analyses faites sur les eaux du Brda, du Drac, de la Romanche, de la Haute-Isre, de l'Arc, de l'Arvan, du Merderat, du Doron, de la Doire-Balte, du But- tier, de la petite Doire, du P, du Tanaro, de la Bormida. VIII. L'examen des sources et des petits lacs placs sur le Mont-Cenis ( '6) et le Saint-Bernard prouve, comme celui des neiges et des pluies, que, sur ces points, les eaux ne contiennent que peu ou point d'iode, circonstance dans laquelle est la raison principale de la raret de ce corps dans les torrents qui ont leurs sources dans les rgions leves. IX. A Burgo-Franco, Ivre et Caluso, qui appartiennent dj la grande plaine Lombardo-Pimontaise, l'iode existe en proportion appr- ciable dans les eaux courantes. Chivazzo, Settimo, Turin, Moncalieri, Alexandrie mme, boivent des eaux de puits dures et peine iodures; telle est aussi, Turin, la nature des sources Valentin et Sainte-Barbe, qui justifient aussi peu leur rputation que la fontaine du Roi Ville-d'Avray, et la fontaine de la Vierge Versailles. X. Au pied des Apennins, sont : Arquata qu'alimentent des puits placs sur la molasse et eaux prives d'iode, San-Cypriano et San-Quirino qui emploient les eaux peu iodtires de la Policera, Gnes qui fait venir, grands frais, des eaux pareilles celles bues San-Quirino. XI. Sur la route de Turin au Mont-Cenis, sont placs Rivoli et Saint- Ambroise, dont les eaux potables sont peine iodures, et Suze qui pr- fre, avec raison, aux eaux slniteuses de la petite Doire, celles de puits qui, par exception, sont assez lgres et iodures. XII. L'intervalle qui spare Chambry de Paris, en passant par l'Au- vergne, se partage en deux rgions bien distinctes, dont la premire, qui finit prs d'Aigueperse, est sillonne d'eaux contenant peu ou pas d'io- dures, tandis que la seconde comprend des contres alimentes par des eaux qui se rapprochent, par la proportion de l'iode, de celles de la Seine ou du New-River, qu'on peut considrer comme le type des bonnes eaux potables. A la premire de ces rgions appartiennent Saint-Cassien, Saint- Thibault-de-Coultz, les chelles, Saint-Laurent-du-Pont, la Cte-Saint- Andr (fontaines assez iodures), Vienne, Saint-tienne en Forez, le Puy en Velay (la fontaine du boulevard Saint-Louis est la plus mauvaise), Saint- Germain et Issoire (qui font exception par la richesse de leurs eaux en odures), Clermont-Ferrand, Royat, Riom, Vaucher et Aigueperse; dans la seconde s'lvent Moulins, Nevers, Bourges, Orlans, tampes, pinay- sur-Orge, Melun, Corbeil, Brunoy, Villeneuve-Saint-Georges, Paris. XIII. Cependant dans la rgion mme de Paris on trouve, presque sur le mme point, des eaux lgres et riches en iode, et des eaux slni- teuses sensiblement prives de cet lment. Je citerai Fontenay-aux-Roses, Ville-d'Avray, Montmorency, Andilly, Saint-Brice, Daumont, Eaubonne, Croslay, Mont-Liguon, Piscop, Soisy, et plus loin la Brie et le Soissonnais, ( <7) dont les eaux dures et dpourvues d'iode, quand elles reposent sur les marnes du gypse, le calcaire grossier et le calcaire pisolithique, sont, au contraire, lgres et trs-iodures lorsqu'elles sortent des meulires, des sables jaunes marins, des grs ou des calcaires d'eau douce. XIV. Il rsulte de l'ensemble des eaux analyses (prs de quatre cents) pour ce Mmoire, qu'au milieu des Alpes l'iode manque la fois dans les eaux lgres et dans les eaux terreuses, tandis qu'il devient de plus en plus abondant dans les premires mesure qu'on s'loigne des montagnes, les secondes continuant seules en tre prives. XV. Les eaux minrales des Alpes tirent une grande importance de ces deux circonstances providentielles qu'elles sont fortement iodures, et jaillissent des points mmes o leur prsence est le plus ncessaire pour suppler l'iode qui manque l'air et aux eaux douces. En premire ligne, sont les eaux de Cballes (iode trouv par MM. Bebert, Prouze, O. Henry) et de Saint-Genis (iode trouv par M. Cantu), qui contiennent plus de { centigramme d'iode ; en seconde ligne, celles d'Allevard, de Domne. d'Uriage (iode vu par M. V. Gerdy), de Gorens, de Marlioz (iode vu par M. Bonjean), de Choranches, de l'chaillon-de-Veurey, de Trminis, de Soulieux-en-Oisans, qui en renferment en moyenne j de milligramme ; viennent ensuite les sources de Lamotte-les-Bains (iode signal par M. Buis- sard), d'Oriol, de Brides-les-Bains en Tarentaise, de l'chaillon-de-Mau- rienne, de Coz prs Montmlian (iode vu par MM. Salues et Morin), dans lesquelles cet lment entre pour une proportion moindre. Aix-les-Bains en Savoie, Groulx et Digne dans les Basses-Alpes, Royat et Aigueperse dans le Puy-de-Dme, Saint-Galmier dans la Loire, Ax, Arles, Bagnres-de- Luchon (iode dcouvert par M. Filhol), Barges, Cauterets, Eaux-Bonnes, Labassre dans les Pyrnes, possdent des eaux minrales ou l'iode n'entre pas toujours pour -~ de milligramme par litre. XVI. Si l'on compare grands traits les eaux minrales des Alpes et des Pyrnes aux eaux potables normalement iodures, on trouve que les eaux des Pyrnes contiennent peine plus d'iode que celles-ci, tandis que les eaux (sulfureuses) des Alpes sont de cinquante (Allevard, Cborancbes, Marlioz, etc.) quinze cents fois (Challes, San-Genisio) plus iodures. XVII. La comparaison de l'air et des eaux montre : Que sur les sommets et dans les valles des Alpes, l'air et toutes les eaux douces sont galement pauvres en iode; Qu' une certaine distance .des massifs montagneux, l'air et les eaux lgres sont mdiocrement, mais simultanment iodurs; C. R., i85, i" Semestre. (T. XXXI V, IN I.) 3 ( i8) Que loin des Alpes, Paris ou Londres par exemple, l'air et les eaux lgres sont, l'un et l'autre, riches en iode ; Que les eaux dures sont toujours peu ou point iodures, quel que soit l'tat de l'air; Que, par consquent, il y a toujours paralllisme entre l'air et les eaux potables lgres, l'exclusion des eaux dures; d'o l'on dduit, comme corollaire, la possibilit de dterminer l'tat de l'air par celui des eaux lgres, et rciproquement ; Et enfin que l'ioduration des eaiix minrales est indpendante de la nature de l'air et de celle des eaux douces. MMOIRES PRSENTS. chimie applique. Prsence du sucre dans les urines des hystriques et des pileptiques ; par M. Alvaro Reynoso. (Commission prcdemment nomme. ) M. Micha, dans la sance du i5 dcembre, a prsent une Note dans laquelle, contrairement mes expriences, il dit n'avoir pas trouv de sucre dans les urines des pileptiques et des hystriques aprs les attaques. J'ai repris mes expriences, et j'ai constamment trouv du sucre dans ces urines. La diffrence qui existe entre les rsultats de M. Micha et les miens, tient ce qu'il s'est servi, pour reconnatre le sucre, d'un procd beau- coup moins sensible que celui que j'ai employ. i. Le procd par la potasse, employ par M. Micha, offre une sen- sibilit moindre que la liqueur de M. Barreswill (tartrate cupricopotassique). Pour le prouver, il suffit d'craser lgrement dans un verre d'eau un grain de raisin sec. En prenant la moiti de cette eau, et en la traitant par la po- tasse, on n'a aucune raction, tandis que l'autre moiti, traite par le tar- trate cupricopotassique, donne un prcipit abondant de protoxyde de cuivre rouge. 2 . Il faut toujours oprer sur des urines traites pralablement par l'actate de plomb et concentres. Si l'on prend un grain de raisin et qu'on l'crase dans l'eau, eu divi- sant cette eau en deux portions, et qu'on tende l'une d'urine ordinaire et l'autre d'une quantit d'eau gale celle de l'urine, on verra qu'en faisant bouillir la portion tendue d'urine, simplement avec le tartrate cuprico- ( '9) potassique, on aura un prcipit sale et peu apparent, tandis que si on la traite pralablement par l'actate de plomb, on aura une raction aussi nette que si l'on avait tendu d'eau seulement. Ainsi, il faut commencer par traiter les urines par le sous-actate de plomb , filtrer, prcipiter l'excs de plomb par du carbonate de soude ; filtrer, puis concentrer et faire bouillir avec la liqueur de M. Barreswil. Il faut oprer au moins sur 3o grammes d'urine si l'on veut avoir des rac- tions bien nettes. Du reste, si M. Micha conserve quelques doutes sur ces expriences, je suis sa disposition pour les rpter en sa prsence. mcanique applique. Description d'une pompe, sans piston ni soupape, qui a t applique d'une manire utile dans plusieurs localits; par M. A. DE Galigny. (Commissaires, MM. Poncelet, Regnault, Morin.) Tout le monde sait que si l'on enfonce vivement, dans un rservoir plein d'eau, un entonnoir ordinaire ouvert ses deux extrmits, dont la plus large est tourne vers le bas, il en rsulte un jaillissement par le som- met. Mais on n'avait pas remarqu que, si, l'entonnoir tant au contraire dj enfonc dans l'eau, toujours par sa grande base, on le tire vivement de bas en haut, il en rsulte une dnivellation intrieure, suivie d'une as- cension plus puissante que pour le premier mode de jaillissement, du moins pour certaines conditions de la construction de l'entonnoir renvers dont il s'agit. J'ai communiqu verbalement, en 1840, la Socit philomathique ce principe que je viens d'appliquer plus en grand , pour des dimensions o le second mode, qui est nouveau, est seul d'une application facile par les moyens suivants. Un tuyau cylindrique de 2 mtres de long et de 8 e , 7 5 de diamtre est soud au sommet d'un tuyau conique, peu prs de mme longueur, et dont le plus grand diamtre, qui est l'extrmit infrieure, est de 25 cen- timtres. Ces deux tuyaux, ainsi runis sur le mme axe, n'en forment qu'un, bien uni l'intrieur et l'extrieur, tant fait en zinc n i3. Une anse, laquelle est attache une corde, est soude au sommet du tuyau cylindrique l'intrieur, de sorte que ce tuyau glisse librement dans un tuyau fix au milieu d'un baquet dans lequel est reue l'eau leve. Le tuyau fixe, dont il s'agit, sert de guide au tuyau mobile, et empche l'eau leve 3.. dans le baquet de retomber le long de ce tuyau mobile. Ce dernier est sus- pendu par la corde, attache son anse, l'une des extrmits d'un balan- cier, l'autre extrmit duquel un homme agit comme sur une pompe ordinaire. Quand on soulve le tuyau, il tend se produire un vide conique an- nulaire, d'o rsulte une dnivellation l'intrieur. Cette dnivellation est suivie d'une ascension au-dessus du niveau du rservoir dans lequel le tuyau est en partie plong. Lorsque le tuyau conique est rempli d'eau, si la force motrice continue le soulever, on conoit qu'il peut agir sur cette eau en mouvement la manire d'un piston de pompe aspirante. Cette poque est peut-tre la plus intressante du jeu de l'appareil. A la fin de l'ascension du tuyau, le moteur se repose pendant que l'eau leve sort par le sommet. On est averti par le bruit de l'eau tombant dans le baquet de l'instant o l'on doit laisser retomber le tuyau, abandonn alors son propre poids, la colonne liquide oscille, et ainsi de suite indfiniment. Le mouvement de balancement est le mouvement naturel de l'homme qui se repose instinctivement chaque priode, car on sait qu'il est trs- utile pour le bon emploi de la force de l'homme de mnager ainsi de fr- quents intervalles de repos. Il y a trente priodes la minute. Ce nombre n'a rien d'ailleurs de rigoureux, il n'est pas le mme pour toutes les dimen- sions du systme. Quand on veut lever l'eau plus haut que cet appareil ne le comporte, la colonne liquide sort trs-divise, ce qui est une cause vidente de perte de travail, l'eau jaillissant, en partie du moins, plus haut que cela n'est n- cessaire. Pour attnuer cet inconvnient, j'ai diminu l'angle de conver- gence du tuyau conique, en allongeant cette partie du tuyau d'environ moiti en sus. Mais cela n'a pas beaucoup diminu la division de l'eau, tout en exigeant une profondeur d'eau plus grande au-dessous du niveau de l'eau qu'il s'agit d'puiser. Cette dernire disposition a t adopte pour un puits d'un des tablis- sements municipaux de la ville de Versailles, l'autre a t conserve pour lever les purins de fumier Canisy, prs Saint-L, chez M. de Kergorlay, o la profondeur du liquide est beaucoup moindre. Quand on n'lve l'eau qu' i m ,5o ou mme i mtres la colonne li- quide est assez peu divise. Au-dessous de i m ,5o le bouillonnement est peine sensible. On conoit, au reste, que cela dpend du rapport de la longueur du tuyau au diamtre de la partie cylindrique. J'ai fait construire d'autres modles plus gros ; mais les expriences sont interrompues par la ( IX ) rigueur de la saison. Ceux dont je viens de parler ne sont pas tout fait assez gros pour employer la force d'un homme de peine qui fait jaillir l'eau avec une telle force, qu'on est oblig de s'en garantir. Un enfant les ma- nuvre assez convenablement. Un de ces appareils a t employ cet t remplir une auge de maracher, d'o un homme tirait continuellement de l'eau avec une c'cope environ 2 m ,5o au-dessus du niveau d'un puits; mais il ne pou- vait pas servir vider le puits jusqu'au fond. Il faut qu'il y ait toujours une profondeur d'eau suffisante pour le jeu de la partie conique, et le libre coidement alternatif de l'eau l'extrmit infrieure. Il y a pour chaque profondeur une limite de diamtre qu'il n'est pas utile de dpasser, puisqu'il faut avoir gard cette dernire circonstance, malgr la diminu- tion des frottements. Cet appareil bien conduit parat lever plus d'eau qu'une pompe ordi- naire, c'est ce qu'un plus long usage fera mieux connatre ; mais le point essentiel consiste en ce qu'il est beaucoup moins cher, beaucoup plus fa- cile poser et transporter, et surtout en ce qu'on n'a point craindre les engorgements des pistons et des soupapes, puisqu'il n'y en a point. On peut le confectionner partout, en peu de temps, avec quatre plan- ches et un lest convenable. Il y aura mme lieu d'examiner si cette circon- stance n'en ferait point un moyen de sauvetage pour des navires dont les autres pompes seraient endommages ou insuffisantes. mcanique. Deuxime Note sur la thorie des effets dynamiques de la chaleur; par M. Reech. (Commission prcdemment nomme.) En terminant la Note que j'ai eu l'honneur de lire l'Acadmie dans la sance du i er dcembre, j'ai annonc, dit l'auteur dans sa Lettre d'envoi, que je me proposais de revenir sur la thorie des effets dynamiques de la chaleur, et de dvelopper la relation qu'il doit y avoir, mon point de vue, entre le changement de calorique d'un corps et l'intgrale fpdv relative- ment une augmentation ou diminution du volume v du corps. Tel est en effet l'objet de la Note que j'ai l'honneur de soumettre aujourd'hui au juge- ment de l'Acadmie. M. Bloivulot adresse, pour le concours l'un des prix de la fondation Montyon, deux Mmoires, l'un sur les fonctions du foie, l'autre sur l'inu- tilit de la bile dans la digestion. [Voir au Bulletin bibliographique. ) ( ) Ces deux Mmoires, dit l'auteur, n'en forment, proprement parler, qu'un seul, le second n'tant que la suite et le complment du premier. Us sont, en quelque sorte, bass sur une exprience fondamentale, dont l'excution tait environne de difficults, et a ncessit de ma part des essais nombreux ; il s'agissait d'tablir, sur des animaux vivants, des fistules permanentes amenant au dehors la totalit de la bile, dont le conduit normal avait t artificiellement oblitr. Cette exprience ayant parfaitement russi sur un chien, qui a vcu pendant plus de cinq ans aprs l'opration, cette exprience dmontre incontestablement, l'encontre de l'opinion gnralement admise, que la bile est un produit excrmentitiel qui ne remplit, dans la digestion, qu'un rle tout fait secondaire. Ce fait, dont la dmonstration m'appartient incontestablement, consti- tue une dcouverte parfaitement dfinie, dont l'importance n'est pas moins grande sous le rapport de la pathologie que sous celui de la physiologie. En consquence, j'ai pens que l'exprience en question runissait toutes les conditions requises pour tre admise concourir pour l'un des prix de la fondation Montyon. (Renvoi la future Commission. ) M. G. Black, mcanicien Cambrai, soumet au jugement de l'Acad- mie la description et la figure d'un appareil destin prvenir les explo- sions provenant du manque d'eau dans les chaudires vapeur. (Commissaires, MM. Regnault, Combes.) CORRESPONDANCE. chimie. Sur les combinaisons du sesquioxyde d'urane avec les acides; par M. Aim Girard. On sait que le sulfite uraneux donne dans l'eau charge d'acide sulfu- reux une dissolution verte qui, au contact de l'air, devient jaune par le fait de la transformation du protoxyde d'urane en sesquioxyde. En rptant au laboratoire de M. Pelouze les beaux travaux de MM. Peligot, Ebelmen et Rammelsberg sur les sels d'urane, je me suis arrt ce fait, et j'ai cher- ch savoir si, dans cette action, l'oxydation se portait d'abord sur l'acide ou sur la base, ou, en d'autres termes, si l'acide sulfureux pouvait rduire le sesquioxyde d'urane ou se combiner avec lui. (a3) L'acide sulfureux s'unit aisment au sesquioxyde d'urane pour former un compos d'une assez grande stabilit. Lorsqu'on fait passer un courant d'acide sulfureux bien lav dans de l'eau tenant en suspension de l'oxyde d'urane hydrat, prpar d'aprs la mthode de M. Mitscherlich (LPO 3 , HO), l'oxyde se dissout, et la liqueur se colore en jaune. Lorsqu'on abandonne cette liqueur l'vaporation spontane, elle laisse dposer un sel cristallis en petit.es aiguilles prisma- tiques jaunes. Ce sel, chauff dans un tube, dgage de l'eau, de l'acide sul- fureux, et laisse un rsidu d'oxyde d'urane. Pour analyser ce sel, je l'ai attaqu par l'acide nitrique, jusqu' ce ce qu'il ne se dgaget plus de vapeurs rutilantes, l'acide sulfureux sest ainsi oxyd, j'ai tendu d'eau, et prcipit par le nitrate de baryte ; le sul- fate de baryte m'a donn le poids du soufre, et, par suite, de l'acide sulfu- reux. J'ai ensuite prcipit la liqueur filtre par l'ammoniaque, et dcom- pos l'uranate par la calcination. Quatre analyses m'ont donn en moyenne les nombres suivants pour i oo : Oxyde d'urane... 67 ,4 Acide sulfureux... 16,6 Eau... i5,t Ces nombres correspondent la formule U 2 O s , SO a -f- 4 HO, qui exige Oxyde d'urane. . . 67, & Acide sulfureux .. . 16,9 Eau... i5,3 Ce sulfite est soluble dans l'acide sulfureux en dissolution soit alcooli- que, soit aqueuse. Il se prcipite de sa dissolution lorsqu'on la fait bouillir. Il est stable la temprature ordinaire, mais se dcompose en dgageant de l'acide sulfureux, lorsqu'on lve la temprature. Lorsqu'on fait passer un courant d'acide sulfureux dans l'eau tenant en suspension de l'uranate d'ammoniaque, il se dissout, et la liqueur laisse dposer un mlange de deux sels jaunes : l'un est le sulfite neutre, l'autre le sous-sulfite grenu, obtenu par M. Berthier, en faisant bouillir un sel d'urane avec du sulfite d'ammoniaque. L'acide sulfureux liquide, vers sur de l'oxyde d'urane hydrat, ne le dissout pas et n'exerce aucune action. La composition de ce sel (1 quivalent d'acide pour 1 quivalent de base) me semble tablir une fois de plus que le sesquioxyde d'urane, comme l'a dmontr M. Peligot, se conduit en protoxyde. J'ai pens qu'il serait intressant ce point de vue de prparer le pyrophosphate d'urane, l'acide pyrophosphorique prenant toujours 1 quivalents de base pour 1 d'acide, ( *4 ) ; lorsqu'il a affaire un protoxyde. Le sel que j 'ai ainsi obtenu, Ph O 5 , a (U 2 O 3 ), a exactement la composition qu'on pouvait lui prvoir d'aprs la thorie de M. Peligot. Lorsqu'on verse une dissolution de pyrophosphate de soude dans une dissolution de nitrate d'urane, on obtient un prcipit jaune volumineux de pyrophosphate d'urane qui se prend en une masse cristalline, surtout si l'on a employ des liqueurs chaudes, et se redissout dans un excs de pr- cipitant. Pour analyser ce sel, j'en ai pris un certain poids dessch l'tuve ioo degrs, je l'ai dissous dans l'acide nitrique et fait bouillir avec un poids d'tain connu, d'aprs le procd dcrit par M. Alvaro Reynoso ; tout l'acide phosphorique est rest l'tat de phosphate d'tain insoluble qui m'a donn le poids de l'acide phosphorique. J'ai ensuite prcipit la liqueur filtre par l'ammoniaque et calcin. Quatre analyses m'ont donn en moyenne les nombi.es pour ioo : Oxyde d'urane 799 Acide phosphorique '9>6 qui correspondent, pour le sel dessch, la formule Ph0 5 (U 2 3 ) 2 qui exige Oxyde d'urane 80 Acide phosphorique 20 Lorsqu'on dessche ce sel l'tuve, il perd 1 1 pour 100, ce qui cor- respond 5 quivalents. Sa vritable formule est donc PhO 5 , 2U 2 3 4- 5HO. Ce sel est galement insoluble dans l'eau, l'alcool et l'ther. Il est solu- ble dans l'acide nitrique; les alcalis le prcipitent de cette dissolution. Lorsqu'on le prcipite rapidement, il est d'un beau jaune, se prsente au microscope sous la forme de petits cristaux grenus; abandonn l'air. il s'effleurit et devient d'un jaune ple. Sa solubilit, dans un excs de prcipitant, le distingue du phosphate ordinaire. On peut mme employer cette raction pour distinguer un pho- sphate d'un pyrophosphate. En versant dans la dissolution une goutte d'une dissolution trs-tendue de nitrate d'urane, il se formera un prcipit jaune qui, pour le pyrophosphate, se redissoudra, tandis que pour le phosphate ordinaire, il ne se dissoudra pas. fis.) physique du globe. Tremblement de terre Tniet-el-Haad, province d'Alger. (Extrait d'une Lettre de M. Gdyon.) Plusieurs tremblements de terre se sont fait sentir dans la province d'Oran, mais surtout Mascara (i), du 22 au 24 du mois dernier. Notre province vient d'avoir son tour : le 4 de ce mois, o, h 3o m du matin, un tremblement de terre s'est fait sentir Tniet-el-Haad , le point le plus lev de notre occupation en Algrie (de 1 4 1 5oo mtres au-dessus du niveau de la mer). Il n'y eut qu'une secousse, mais elle fut forte. Aussi tous les soldats de la garnison , croyant que leur caserne allait s'crouler, se htrent d'en sortir. physique du GLOBE. Extrait d'une Lettre de M. Amde Dupaty, major au 2 e rgiment de spahis, M. Elie de Beaumont. Magcara, le %i novembre i85i. On a ressenti Mascara, le 22 novembre i85i, 9 h 3o m du matin, une forte secousse de tremblement de terre. Les mouvements du sol taient comparables au tangage ou au roulis d'un vaisseau. 11 y en eut trois succes- sivement: d'abord le sol avec les btiments qui s'y lvent s'inclinrent trs- visiblement de l'est l'ouest ; un mouvement contraire se fit sentir ensuite de l'ouest l'est; enfin un troisime mouvement de l'est l'ouest remit tout en place. On entendit alors une longue et sourde dtonation semblable une mine qui clate. Toutes les maisons franaises un ou plusieurs tages ont t plus ou moins endommages; trois se sont croules. On n'a eu dplorer la mort de personne, mais trois chevaux ont t crass. Les ani- maux ont t frapps de stupeur; des chiens ont saut par les* croises, les pigeons poss sur les toits se sont immdiatement envols. Le temps tait beau, le ciel sans nuages. Il avait gel pendant la nuit. On avait prouv un ouragan deux jours auparavant. M. Pickerix annonce son prochain dpart pour l'Australie, o il doit se livrer des recherches concernant plusieurs branches des Sciences natu- relles. Il se propose de rsider dans l'intrieur du pays et d'y faire des obser- vations suivies, concernant la mtorologie et le magntisme terrestre. Il exprime le vu d'obtenir cet effet des Instructions de l'Acadmie. (Renvoi la Commission des Voyages.) _ (1) Les journaux d'Oran et d'Alger en ont rendu compte. C. H., t85a, i Semestre. (T. XXXIV, N 1. ) 4 ( 26) M. Deryacx annonce l'envoi d'un opuscule dans lequel il a rsum et complt des Notes qu'il avait prcdemment prsentes l'Acadmie sur le mouvement rel de la Lune autour de la Terre. M. Vaittro adresse une Note sur une rainette trouve, la Voulte (Ardche), dans un puits que l'on creusait; l'animal tait cach sous des fragments de roc que la mine venait de dtacher. La Note et l'animal , qui a t transmis encore vivant , sont renvoys l'examen de M. Dumril. M. Gaetta adresse des considrations sur diverses questions concernant la cosmologie et la physique du globe. M. lrssiKKK exprime la crainte que les figures qu'il avait jointes une Note prsente l'Acadmie dans la sance du 1 5 dcembre dernier, ne soient pas parvenues leur destination. Les figures ont t reues de mme que la Note. M. Brachet continue ses communications sur l'impossibilit de diriger les arostats par des moyens mcaniques. M. Brachet adresse un paquet cachet. L'Acadmie en accepte le dpt. La sance est leve 5 heures. F. *-- ( 7) .BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE L'Acadmie a reu, dans la sance du 5 janvier i85i, les ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de l' Acadmie des Sciences; 2 e semestre 1 85 1 ; n a6; in-4. Mmoires prsents par divers savants l'Acadmie des Sciences de l'Institut national deFrance, et imprims par son ordre; tome XIII; Paris, i85a; in-4- Conservatoire des Arts et Mtiers. Catalogue des collections publi par ordre de M. le Ministre de l'Agriculture et du Commerce; par M. A. Mc-RIN, colonel d'artillerie, Membre de l'Institut, administrateur du Conservatoire. Paris, i85i; i vol. in-i2. Annales de Chimie et de Physique; par MM. Arago, Chevreul, Dumas, Pelouze, Boussingault , Regnault ; 3 e srie; tome XXXIII; dcem- bre i85i ; in-8. Mmoire sur l'adnite cervicale observe dans les hpitaux militaires, et sur l'extirpation des tumeurs ganglionnaires du cou; par M. H. Larrey. Paris, 1 85 1 ; broch. in-4. Extrait du tome XVI des Mmoires de l'Acadmie nationale de Mdecine. (Prsent, au nom.de l'auteur, par M. Velpeau.) Essai sur les fonctions du foie et de ses annexes; par M. N. BlONDLOT. Paris, 1846; broch. in-8. Inutilit de la bile dans la digestion proprement dite, Mmoire complmen- taire de l'Essai sur les fonctions du foie; par le mme. Paris-Nancy, i85i ; broch. in-8. (Ces deux opuscules sont adresss au concours pour un des prix de la fondation Montyon. ) Prcis analytique des travaux de l'Acadmie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, pendant l'anne i85o-i85i. Rouen, i85i ; 1 vol. in-8. Bulletin de la Socit libre d'mulation de Rouen , pendant l'anne 1 85o- 1 8*5 1 . Rouen, i85i; 1 vol. in-8. Journal de Chimie mdicale, de Pharmacie et de Toxicologie; n 1 ; jan- vier i85a; in-8. ( *8 ) V Agriculteur-praticien, revue d'agriculture, de jardinage et d'conomie ru- rale et domestique, sous la direction de MM. F. Malepeyre, Gustave Heuz et BOSSIN ; janvier i852; in-8. Nouvelles Annales de Mathmatiques, journal des candidats aux Ecoles Poly- technique et Normale; rdig par MM. TERQUEM et Grono ; dcem- bre 1 85 1; in-8. Revue thrapeutique du Midi, journal de Mdecine, de Chirurgie et de Phar- macie pratiques; par MM. les D" FuSTER et ALQUI; i e anne; n il\ ; 3o dcembre 1 85 1 ; in-8. The astronomical... Journal astronomique de Cambridge ; vol. II; n 9; 9 dcembre i85i; in-/j. Gazette des Hpitaux; n i5o de 1 85 1 et n 1 de i85a. PARIS. IMPRIMERIE DE BACHELIER, rue du Jardinet, 12. COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SANCE DU LUNDI 12 JANVIER 1852. PRSIDENCE DE M. PIOBERT. MMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. lectrochimie . Mmoire sur la reproduction de plusieurs composs minraux; par M. Becquerel. (Extrait.) Dans les oprations ordinaires de la chimie, lorsqu'on veut faire ragir les corps les uns sur les autres, on est dans l'usage de les pulvriser, de les dissoudre dans un liquide, ou de les amener l'tat de fusion igne; il est peu prs impossible alors d'observer les effets de dcomposition et de recomposition dus des actions lentes, comme la nature nous en offre un si grand nombre d'exemples, ainsi que les effets lectriques rsultant du contact immdiat de ces corps et qui peuvent concourir, dans certains cas, faire natre ou donner une plus grande nergie aux premiers. La chimie diffre donc de 1 lectrochimie, applique aux actions lentes, en ce que celle-ci emploie subsidiairement l'lectricit pour provoquer les affinits ou les rendre plus efficaces, et qu'elle exige la prsence de trois corps, dont l'un, au moins, doit tre l'tat solide et un autre l'tat liquide. Tel est le point de vue sous lequel j'ai constamment envisag l'lectrochimie, qui fournit des moyens d'analyse et de synthse dont l'analyse peut profiter. Ce genre de recherches a, en outre, l'avantage de faire connatre les condi- tions ncessaires pour que des dissolutions renfermant une ou plusieurs C. R. , l85a, I er Semestre. (T. XXXIV, P 2.) 5 (3b ) combinaisons puissent ragir sur des composs insolubles, avec lesquels elles sont en contact. Les actions lentes qui ont particulirement attir mon attention sont celles qui ont commenc s'exercer aussitt que les roches et les substances mtalliques et autres qui remplissaient les filons et les amas ont t en contact avec les eaux minrales surgissant de toutes parts de l'intrieur. Le temps devenait alors un lment pour l'accroissement des substances cristallises formes ; cet lment, la nature en dispose indfiniment, tandis que nous, dans nos laboratoires, nous ne pouvons l'employer que dans des limites restreintes, mais suffisantes cependant pour obtenir des effets bien marqus, dans une priode de sept annes, comme l'Acadmie va en juger par les rsultats que j'ai obtenus dans les expriences entre- prises en i845, sur la reproduction de substances minrales. Parmi les procds l'aide desquels on parvient cette reproduction, par la voie humide et sous l'influence d'actions lentes, je rappellerai les sui- vants, que j'ai dcrits dans un Mmoire prsent l'Acadmie le 26 mai i845 ( extrait des Comptes rendus des sances de l'Acadmie des Sciences; t. XX). Premier procd. Ce procd consiste faire ragir lentement une solution potassique ou sodique de silice ou d'alumine sur un couple form d'une lame de mtal oxydable et d'un fil de cuivre ou de platine autour de laquelle il est enroul, le tout renferm dans un bocal ferm avec un bou- chon de lige et abandonn aux actions spontanes. En i845, un appareil fut dispos avec une lame de zinc amalgam, entour d'un fil de cuivre, et une solution potassique de silice marquant 22 degrs l'aromtre; l'eau fut dcompose avec dgagement de gaz hydrogne et formation d'oxyde de zinc qui s'est dissous. Une quinzaine de jours aprs, on a commenc apercevoir sur la lame de zinc de trs-petits cristaux octadres rguliers ayant pour composition ZnO, HO. Le volume de ces cristaux augmente, avec le temps, sans dpasser toute- fois une certaine limite, 1 millimtre environ de ct. En oprant avec des dissolutions alcalines plus ou moins concentres, on a reconnu que la cristallisation tait d'autant plus nette et les cristaux plus gros, que le degr aromtrique ne dpassait pas 20 iS degrs. D'autres appareils ont t disposs, en i845, en substituant au couple zinc- cuivre un couple plomb-cuivre et en donnant la solution alcaline 25 degrs aromtriques ; le plomb a t attaqu peu peu, le protoxyde de plomb ( 3' ) iorm s'est dissous, et, aprs la saturation, il s'est dpos lentement sur la surface de la lame de plomb des cristaux de protoxyde anhydre de ce mtal (PbO). Ces cristaux, dont quelques-uns ont plusieurs millimtres de ct, sont transparents, d'une couleur verdtre, et donnent par la trituration une poussire jauntre. Ils sont implants les uns dans les autres, et ne laissent voir qu'une partie de leurs extrmits; d'autres indices concourent mon- trer que ces cristaux drivent d'un prisme droit rhombodal. Second procd. D'aprs des considrations lectrochimiqnes, con- signes dans le Mmoire prcdemment mentionn, j'ai t amen faire ragir le sulfure de plomb, ou la galne (Pb S), sur une solution sature de sulfate de cuivre et de chlorure de sodium, tendue de son volume d'eau distille, afin d'arriver la formation de diverses combinaisons de plomb ayant leurs analogues dans la nature. Au mois de mai 1 845, je fis plusieurs prparations avec de la galne et des mlanges de chlorure de sodium et de sulfate de cuivre, lesquelles fu- rent abandonnes des actions lentes jusqu' ce jour; voici les produits qui ont t forms dans l'espace de sept annes, soit sur les morceaux de galne, soit au fond, soit sur les parois des bocaux : i. Chlorure de sodium en cristaux cubiques, cubo-octadres et mme octadres, d'une grande nettet de forme et de transparence, et ayant de- puis quelques millimtres de ct jusqu' i centimtre; a . Chlorure de plomb en aiguilles et en cristaux cubiques lgrement jauntres, d'une grande puret de forme; 3. Sulfate de plomb en octadres cuniformes, avec plusieurs modifi- cations, formes entirement semblables celles des cristaux de sulfate de plomb d'Anglesea; 4- Chlorosulfate en aiguilles ; 5. Chlorure basique en cristaux microscopiques dissmins et l entre tous ces produits; 6. Sulfure de cuivre noir sans aucune apparence de cristallisation. Tous ces produits, qui recouvrent les morceaux de galne, donnent ces derniers l'aspect d'chantillons de minerais sortant de filons. Si, dans certains appareils, il s'est form du chlorure et du chloro- sulfate seulement, dans d'autres du chlorure et du sulfate de plomb cris- talliss, cela tenait, sans aucun doute, aux proportions du sulfate de cuivre et du chlorure de sodium, et la densit de la dissolution. J'ai reconnu, effectivement, que dans une dissolution sature de sel 5.. ( 3a ) marin et de sulfate de cuivre tendue de trois fois son volume d'eau, dans laquelle plongeait un couple voltaque form d'un morceau de galne en- tour d'un fil de platine, il s'est form, dans l'espace de sept annes, une quantit considrable de chlorure de plomb cristallis en cubes sans autres produits. J'ajouterai qu'ayant plac dans la mme dissolution un morceau de carbonate de cuivre bibasique (malachite), il s'est dpos galement dessus, des cristaux cubiques de chlorure de plomb, un peu plus gros que ceux qui se trouvaient sur la galne. Rien ne s'oppose ce que les ractions que j'ai dcrites plus haut ne se produisent dans la nature. En effet, les eaux pluviales qui arrivent dans les filons et les amas forms de composs mtalliques, se chargent quelque- fois de chlorure de sodium et de sulfate de cuivre, provenant de la dcom- position des pyrites cuivreuses ; les solutions qui en rsultent, une fois en contact avec le sulfure de plomb (galne), ragissent lentement sur lui et donnent lieu la formation des divers composs dcrits prcdemment. Les procds que je viens d'exposer m'ont permis d'obtenir deux autres composs, entre autres le plomb carbonate (PbO, CO 2 ) : on a mis dans une solution sature de carbonate de soude et de carbonate de cuivre, environ 3 dcilitres, une lame de plomb de 4 centimtres de long sur a de large, autour de laquelle tait enroul un fil de platine, pour constituer un couple voltaque; le tout a t plac dans un bocal de verre fermant imparfaite- ment et abandonn aux actions spontanes pendant sept ans. Peu peu le plomb est oxyd aux dpens de l'oxygne de l'air; l'oxyde form, lgre- ment soluble dans l'eau, a ragi sur le carbonate de cuivre, d'o est rsult de l'hydrate d'oxyde de cuivre et du carbonate de plomb (PbO, CO 2 ). Le carbonate tait en trs-petits cristaux, recouvrant la lame de plomb, dont la forme parat tre la mme que celle du carbonate de plomb naturel. J'ai obtenu galement cristallise la chaux carbonate (CaO, CO 2 ); cet effet, on opre la dcomposition d'un sel base de chaux, trs-peu soluble dans l'eau et assez rpandu dans la nature, tel que le sulfate de chaux, avec une dissolution de bicarbonate de soude, compos que l'on trouve dans quelques eaux minrales. On met dans une solution sature ou non sature de ce sel des lames de chaux sulfate (gypse de Montmartre) ; ces lames ne tardent pas perdre leur clat vitreux et se couvrir de petits cristaux rhombodriques appartenant la forme primitive de la chaux carbonate. Ces cristaux sont frquemment couverts de stries qui indiquent les trois principaux clivages du rhombodre primitif. A l'instant du con- tact, la chaux sulfate se dissout et ragit immdiatement sur le bicarbo- ( 33) nate. Il y a dgagement de gaz acide carbonique qui reste, en partie, en dissolution, en raison de la fermeture imparfaite du vase; formation de sulfate de soude et de carbonate de chaux, de telle sorte que les lames qui se dtachent successivement du gypse sont formes de petits rhombodres adhrant les uns aux autres, ce qui ne permet pas de supposer que leur formation soit due uniquement une double dcomposition ordinaire. Il est probable que l'action dissolvante de l'acide carbonique, qui se trouve dans la solution, intervient dans la production du phnomne. Les effets que je viens de dcrire se manifestent surtout avec des dissolutions de bicar- bonate faible degr (2 degrs aromtriques). Dans un autre travail, je ferai connatre les diffrents composs inso- lubles et cristalliss base de chaux que l'on obtient ainsi. Les faits exposs dans ce Mmoire mettent bien en vidence deux principes l'aide desquels on peut reproduire un certain nombre de com- poss insolubles cristalliss, semblables ceux que nous offre la nature : le premier consiste - oxyder lentement un corps, au milieu d'une solution sur les parties constituantes de laquelle l'oxyde form ragit, et d'o rsultent des oxydes et divers composs insolubles cristalliss; le second est relatif aux ractions lentes qui ont lieu lorsqu'une combinaison trs-peu soluble est mise en prsence d'une solution renfermant plusieurs combinaisons donnant lieu une double dcomposition : dans ce cas, il se forme des composs insolubles qui cristallisent. Je me suis attach, dans l'application que j'ai faite de ces principes la reproduction de certaines substances minrales, runir les conditions qui ont d concourir leur formation dans leur gisement ordinaire, afin de montrer que la nature avait pu employer de semblables moyens. zoologie. Observations sur la production d'animaux coquille spirale dans le corps des Sjnaptes ; par M. le professeur J. Muller, Correspon- dant de l'Acadmie. Dans la sance du i5 dcembre 1 85 1 , l'Acadmie a charg MM. Milne Edwards et Valenciennes de lui rendre un compte verbal des observations faites rcemment par M. Muller sur la production de Mollusques univalves dans l'intrieur du corps de certains Zoophytes de la famille des Holothu- ries. M. Milne Edwards prend aujourd'hui la parole pour s'aquitter de ce devoir; il exprime le regret de ne pouvoir, raison des rglements de l'Aca- dmie, insrer dans le Compte rendu une analyse du Mmoire imprim que ( 34 ) M. Muller a adress l'Acadmie sur ce sujet; pour se conformer ces rglements, il se borne exposer verbalement les principaux faits constats par le savant zoologiste de Berlin, et demander la publication de la Lettre ci-jointe, dans laquelle M. Muller a annonc sa dcouverte, sans chercher en donner l'explication. Lettre de M. Mullek. Pendant mon dernier sjour Trieste, j'ai dcouvert la gnration des Limaons coquille spirale (i) dans l'intrieur d'une Holothurie. Cette gnration s'effectue dans certains individus de la Sjnapta digitata [Holothuria digitata, Montagu), qui sont plus rares que les indi- vidus ordinaires de la mme espce (a) et qui ne s'en distinguent que par la prsence des tubes contenant les germes des Limaons. Les tubes qui donnent naissance aux Limaons sont au nombre de i 3, ils ont une longueur de i \ 3 pouces et sont plus ou moins contourns en forme de tire-bouchon. Ils manifestent quelquefois des mouvements spontans lents, mais trs-distincts. Ces tubes sont attachs, leur bout interne, au grand vaisseau sanguin, du ct libre de l'intestin; l'autre bout ils s'attachent l'intrieur de la tte de la Synapte, au mme lieu o aboutissent les organes gnitaux ordinaires. Comme les Synaptes vivantes se brisent facile- ment, on ne trouve pas toujours les tubes en connexion aux deux points; la connexion avec le vaisseau de l'intestin se conserve trs-souvent, l'autre trs-rarement, mais j'ai vu les tuh.es attachs aux deux bouts dans le mme individu. Les tubes ont aucune ressemblance avec les organes gnitaux ordinaires. Ils ne sont pas ramifis, et s'en distinguent autant par la structure de leurs parois, qui cependant ont une couche moyenne musculaire. Au bout interne des tubes, qui est renfl, il y a une invagination des parois du tube procdant trs-profondment en cul-de-sac dans l'intrieur du tube. Le bout renfl est introduit dans L'intrieur d'un prolongement latral large du grand vaisseau sanguin, de sorte que le vaisseau sanguin embrasse le bout renfl du tube, comme si mes lvres embrassent mon doigt introduit profondment dans ma bouche. (i) On voit, par le Mmoire imprim que M. Muller vient d'adresser l'Acadmie, sur le mme sujet, qu'il emploie le mot Limaon dans un sens trs -gnral , pour dsigner des ani- maux conforms la manire des Gastropodes. ( 2 ) L'auteur appelle individus ordinaires les Synaptes chez lesquelles il a reconnu l'existence de l'appareil hermaphrodite dcrit par M. Quatrefages. ( 35 } a Derrire le renflement, les parois du vaisseau adhrent organiquement au tube. Ainsi l'invagination en cul-de-sac du tube reoit le courant du sang dans son intrieur. La cavit du tube derrire le cul-de-sac est borde de cils vibrants jusqu'au bout externe du tube. Cette cavit contient l'ovaire et les capsules spermatiques, l'un derrire l'autre, comme la charge dans un fusil. L'ovaire a une capsule particulire sacciforme, vibrante sa surface extrieure. Les vitellus spars de l'ovaire restent dans les tubes et y sont entours des coques de l'uf. Chaque coque renferme quinze trente vitellus. Dans les mmes tubes s'oprent le fractionnement du vitellus, la formation de. l'embryon et l'volution complte des Limaons. On les y trouve au nombre de plusieurs milliers. Les jeunes Limaons, leur tat avanc, ont une coquille calcaire de -^ de ligne de diamtre i i tour de spireet de la forme gnrale des coquilles du genre Natica. Us sont pourvus des otolithes, d'un opercule et d'une cavit respiratoire loge dans la coquille et portant des filaments vibrants disposs en srie. Le fait observ Trieste, avec tous les dtails microscopiques, est confirm, pendant un sjour de deux mois, dans soixante-neuf individus de la Synapta digitata. Les organes gnitaux des individus ordinaires contiennent les ufs de la'Synapte. Quel est l'tat de ces organes dans les individus affects des tubes conchifres ? Je ne les ai pas trouvs dans tous les individus examins Trieste, c'est--dire dans les pices brises et gonfles par la liqueur abdo- minale. Mais ayant rapport un grand nombre d'exemplaires briss de Synaptes, conservs dans l'alcool, j'ai pu continuer les recherches sur ce point, et j'ai trouv des exemplaires ayant le tube conchifre et encore les organes gnitaux ordinaires, pas si grands comme gnralement, mais conte- nant des ufs de la Synapte bien forms. M. Poinsot prsente l'Acadmie un exemplaire de l'ouvrage qu'il a rcemment publi sous le titre de Thorie nouvelle de la rotation des corps. L'auteur donne, en peu de mots, une ide de son travail, dont l'objet principal a t, dit- il, d'approfondir cette thorie si difficile du mouvement des corps, afin de l'lever, s'il tait possible, un degr de clart qui la mt au rang des thories lmentaires. M. le Prsident annonce que le XVII e volume des Mmoires de l'Acadmie est en distribution au secrtariat. ( 36 ) RAPPORTS. ANATOMIE. Rapport sur le rsum d'un travail sur ht structure intime du foie, envoy le 11 mars 1 85 1 , dans nn paquet cachet, par M. Lereboullet, et agr par M. le Prsident de l'Acadmie dans la sance du 7 avril suivant. (Commissaires, MM. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, Duvernoy rapporteur.) Dans une Lettre adresse M. le Prsident de l'Acadmie, M. Lere- boullet a non-seulement demand l'ouverture de son paquet cachet, mais encore la lecture du rsum que ce paquet renfermait, et qui en tait la consquence, et l'insertion de ce rsum dans les Comptes rendus. Avant d'obtemprer cette double demande, M. le Prsident a cru devoir nommer une Commission pour faire l'Acadmie un Rapport ce sujet. Ce rsum est divis en soixante-sept propositions, dont cinquante et une concernent le joie normal, et seize la dgnrescence graisseuse de cet organe. Ces propositions sont tellement lies et coordonnes, elles donnent la fois une ide si complte de la structure intime du foie normal, et si neuve de son altration principale dans certaines maladies, ou dans les circon- stances artificielles durant lesquelles la respiration est imparfaite; elles en prsentent un tableau si clair et en mme temps si resserr, que vos Com- missaires se font un devoir d'en solliciter l'insertion dans le Compte rendu de la sance, toutefois aprs leur lecture, si l'Acadmie le juge propos. M. Lereboullet avait prlud ce travail important, par celui qu'il a eu l'occasion de faire sur le foie des Crustacs, dans sa Monographie de la Ligidie de Person, dont l'Acadmie a pris connaissance le 29 mai 1 843- La scrtion biliaire, y disait-il, est rduite ses lments les plus sim- ples. Elle n'a pour organes visibles que des cellules productrices, conte- nues dans une enveloppe membraneuse excessivement mince et transpa- rente (1). Au mois de mars 1 846, dans un Mmoire sur le mcanisme des scr- tions (2), M. Lereboullet ayant tendu ses recherches la plupart des glan- (1) Comptes rendus, tome XVI, page 1 160, et Annales des Sciences naturelles, 2' srie, tome XX, page i3i. (3) Gazette mdicale de Strasbourg du 20 mars 1846, et Annales des Sciences naturelles, 3* srie, tome V, page 175. ( 3 7 ) des, en conclut que les vsicules granuleuses qui remplissent les tubes scr- teurs, vers le fond ou le cul-de-sac de ces tubes, forment l'appareil de scrtion de ces glandes, et que la mme circonstance organique a lieu dans les glandes utriculaires. La structure intime du foie a t, depuis prs de vingt ans, le sujet de nouvelles recherches de la part des anatomistes les plus exercs dans ces investigations difficiles, qui supposent la fois une grande habilet dans les analyses organiques, surtout dans les injections, et dans l'emploi du micro- scope. Parmi les publications les plus remarquables faites de ces recherches, nous signalerons en premier lieu celles de M. Riernan, qui ont paru en 833, dans les Transactions philosophiques, et qui semblent avoir donn l'impulsion ces rcentes investigations. Nous nous bornerons indiquer ensuite les publications et les travaux sur ce mme sujet de MM. Krause (1837 et 1848); J. Mller (i83o et i843) ; Lambron (184.1); E.-H. Weber ("84" et i843); Krukenberg (i843); Natalis Guillot (1848); H. Retzius (1847) 5 J - Gerlach (1849); et Klliker (i85a). La seconde partie de l'ouvrage fondamental, sur Yanatomie microsco- pique du corps humain, que ce dernier vient de faire paratre, avec la date de 1832, et qui comprend un long chapitre sur la structure intime du foie, est postrieure de prs d'une anne au travail de M. Lereboullet. Ce chapitre se compose d'un historique impartial des travaux prc- dents, et de l'expos des propres recherches de l'auteur sur ces importants faits. M. Klliker admet bien que le foie se distingue de toutes les autres glandes par l'existence d'un parenchyme; que ce parenchyme est compos de cellules parois membraneuses, distinctes de leur contenu ; que ces cellules, lies entre elles par contigut, sont disposes en rseau dans chaque lobule ou dans chaque lot du foie ; que ce rseau remplit les mailles du rseau des vaisseaux capillaires sanguins d'un mme lobule, et rcipro- quement. Mais il n'a pu dcouvrir de liaison vidente ou de continuit entre ce rseau celluleux, qui constitue l'appareil scrteur du foie, et les premires apparences des canaux biliaires parois distinctes. C'est malheureusement une lacune, ajoute cet anatomiste clbre, dans l'anatomie fine du foie. M. Lereboullet nous parat avoir rempli cette lacune d'une manire satisfaisante, et avoir ainsi complt la connaissance de l'organisation du foie, pour l'intelligence du mcanisme de la scrtion de cet organe. C. II., (85, 1" Semestre. ( V. XXXIV, K%) 6" ( 38) Son travail a, de plus, le mrite de traiter d'une manire neuve el originale de la dgnrescence graisseuse du foie, qui est sa principale dgnrescence. Cette partie distincte de son rsum renferme plusieurs observations anatomiques qui conduisent des vues physiologiques d'un grand intrt sur les maladies durant lesquelles la fonction de la respiration est'entrave, et sur la composition intime du foie chez le ftus. Ce peu de lignes suffira pour justifier et faire agrer la demande que ce rsum d'un Mmoire sur le foie, par M. Lereboullet (i), soit insr dans le Compte rendu de cette sance. MMOIRES LUS. entomologie forestire. Note sur une invasion de l'Hj lsine pini perde dans une jeune pineraie dpendant de la fort communale de Petit- Mont ; par M. Eue Chevaxdier. (Extrait. ) (Renvoi l'examen de la Section d'Economie rurale laquelle est pri de s'adjoindre M. Milne Edwards.) . La foret o j'ai fait les observations dont je viens rendre compte l'Acadmie, est situe sur la partie extrme d'un contre-fort du versant occidental de la chane des Vosges, prsentant des pentes assez fortes au sud et au sud-ouest, et appartenant la formation du grs vosgien. En i832, on y a fait, sur une tendue d'environ 3o hectares, un semis de pins, en banquettes, qui tait cit dans le pays pour son bel accroisse- ment et la rgularit de son peuplement. Pendant l'hiver de 1849 a i85o, on a commenc, dans la moiti de cette jeune pineraie, une claircie qu'on a continue pour le surplus pendant l'hiver suivant. En i85r, vers la fin d'aot, une partie de l'claircie de cette anne tut tout coup envahie par une foule d'insectes si considrable, que les rameaux cotips par eux jonchaient le sol et que les jeunes pins prsentaient l'aspect d'un champ de crales qui a t ravag par la grle. Lorsque je visitai les lieux, dans le courant du mois de septembre, je reconnus immdiatement l'Hylsine, la nature des dgts oprs tout autant qu' ses caractres entomologiques. Bien fix sur la nature de l'insecte, je me suis occup surtout de rechercher les causes qui en avaient amen une (1) Qui vient d'obtenir le prix Portai dcern par l'Acadmie de Mdecine. ( 3 9 ) si prodigieuse multiplication sur ce point, ainsi que les phases qu'avait d suivre leur dveloppement. J'ai reconnu qu'on avait commis dans les deux claircies de nombreuses fautes auxquelles il faut probablement attribuer le dveloppement des insectes qui s'y trouvent aujourd'hui en si grand nombre. Ces claircies ont t faites d'une manire fort ingale; en gnral, on a enlev beaucoup trop de pins, surtout dans la seconde partie, en sorte qu' ct de massifs assez bien conservs, on y rencontre des vides nombreux rsultant de l'exploitation. Les pins abattus ont t coups beaucoup trop haut et ont laiss sur le sol des souches saillant de 12 20 centimtres. Enfin, une partie des produits de la premire coupe a sjourn dans la fort jusqu'au mois d'octobre 18J0, et la presque totalit des produits de la seconde jus- qu'au mois de novembre 1 85 1 . Il y avait l tout ce qu'il fallait pour favoriser la reproduction de l'Hylsine. En examinant les souches, j'ai trouv dans beaucoup d'entre elles les galeries caractristiques de la ponte et du dveloppement des larves. C'est surtout dans les souches les plus fortes, les plus hautes et dans celles places sur la lisire des vides, que j'ai rencontr ces traces bien marques; dans l'claircie de i85o, l'tat de vermoulure et de vtust des galeries prouve qu'elles sont de beaucoup antrieures celles que l'on voit dans les souches de la coupe suivante. En outre, un certain nombre de pins, placs presque toujours aux environs des vides et surtout dans le voisinage des lieux de dpt des bois faonns, prsentent les dformations conscutives de l'at- taque de l'Hylsine; leurs pousses terminales, dtruites en i85o, sont remplaces par des bourgeons latraux. Dans l'claircie de 1 85 1 , c'est dans le voisinage des dpts de bois faon- ns que l'invasion a produit le plus de ravages et qu'elle parat avoir com- menc. J'ai rencontr dans presque tous les morceaux de bois de 5 6 centi- mtres de circonfrence, placs l'extrieur des rles de bois ou des fagots, des galeries abandonnes, quelquefois tellement nombreuses, que l'corce tait toute vermoulue et se dtachait au moindre choc; ct de ces galeries abandonnes s'en trouvaient d'autres encore habites et dont tous les jours sortaient de nouveaux insectes. Il me parat donc hors de doute que l'invasion des Hylsines a t amene par les vices rpts de l'exploitation et surtout par le sjour beau- coup trop prolong des produits dans la fort. 6.. ( 4o) Il me reste entretenir l'Acadmie de quelques observations relatives a l'poque de la reproduction de l'Hylsine piniperde, observations qui sont en opposition avec ce qui avait t publi jusqu' prsent cet gard, et qui prsentent une certaine importance, mme au point de vue de la pra- tique forestire. Ds le 2 1 septembre, ct de galeries abandonnes dans les fagots T j'en avais remarqu d'autres dans lesquelles on voyait un nombre assez considrable de larves et de nymphes d'Hylsine divers degrs d'avance- ment, ainsi que des Hylsines nouvellement transforms. J'avais fait les mmes observations sur des pins secs. Dans d'autres pins qui commenaient dprir, j'avais trouv, au pied des arbres, des galeries rcemment aban- donnes, et, au-dessus, des galeries fraches, prsentant quelques larves et trs-peu de nymphes; enfin, dans l'un de ces pins dprissant, j'avais vu un de ces Coloptres occup percer dans le liber une galerie de ponte. Le I er novembre, frapp de l'augmentation du nombre des pins dp- rissants, j'ai coup et examin plusieurs de ces arbres dans lesquels j'ai retrouv les mmes faits que j'avais dj observs, et, en outre, un certain nombre d'Hylsines femelles dans des galeries de ponte trs-fraches; l'un de ces insectes tait occup percer un de ces trous qui semblent destins l'arage des galeries ou la sortie de la femelle aprs la ponte. Dans un jeune pin qui commenait jaunir, il n'y avait que quelques galeries de ponte, toutes fraches, ne s'levant pas plus de 1 o centimtres au-dessus du collet de la racine, et un Hylsine femelle occup creuser une de ces galeries. En rapprochant tous ces faits, il me parat hors de doute que, contrai- rement l'opinion de M. Ratzebourg, qui a rsum dans son excellent ouvrage toutes les observations faites sur ces insectes, la ponte de l'Hy- lsine piniperde peut avoir lieu en septembre, octobre et mme jusqu'en novembre, tout comme en avrils mai et juillet, et que ces pontes tardives peuvent donner naissance des couves qui hivernent sous l'corce, comme cela a lieu d'ailleurs pour tous les autres insectes xylophages. Ce fait de l'hivernage de la couve de l'Hylsine piniperde me parat prouv, en outre, par divers faits que j'ai rapports dans mon Mmoire. Mais ici se prsente une question dont je dois renvoyer la solution aux naturalistes. Les closions l'tat parfait qui ont eu lieu d'abord en juillet ou en aot avant l'invasion des pousses terminales, puis en septembre et octobre, les galeries de ponte fraches que j'ai observes dans ces mmes mois, la prsence mme des couves qui hivernent, prouvent qu'il y a en ( *i ) dans l'anne 1 85 1 des poques de ponte trs-diffrentes. Ces pontes appar- tiennent-elles une seule gnration, ou sont-elles la preuve d'une double gnration, comme on l'observe pour quelques autres xylophages et spcia- lement pour le Bostriche du mlze ? Je me contenterai de faire observer que les preuves d'une double gn- ration chez le Bostriche du mlze, rapportes par M. Ratzebourg, sont absolument du mme ordre que celles qui, dans mes observations, semblent indiquer une double gnration pour l'Hylsine piniperde, et que, dans l'hypothse contraire d'une gnration simple, il faudrait admettre, ce qui parat peu probable, que les insectes qui ont pondu dans les derniers mois de l'anne sont des femelles retardes de la ponte d'avril et de mai, et non les individus ns de cette ponte en juillet et aot. Quoi qu'il en soit, le fait seul de ces pontes tardives porte avec lui son enseignement pour le forestier. Il prouve, en effet, qu'il ne suffit pas d'en- lever les bois coups dans les pineraies avant l'poque normale de l'closion de l'Hylsine, mais qu'il faut aussi avoir bien soin d'exploiter sans retard les bois dracins ou briss par les orages de l't, et qui, sans cela, four- niraient des gtes favorables pour ces pontes tardives. J'ai dpos au laboratoire d'entomologie du Musum d'Histoire natu- relle, et je tiens la disposition de messieurs les Commissaires un certain nombre d'individus prsentant les divers tats dans lesquels j'ai rencontr, diffrentes poques, les larves, les nymphes et les insectes parfaits, ainsi qu'un certain nombre de jeunes arbres attaqus et des exemples de galeries de ponte toutes rcentes. De tout ce qui prcde, je crois pouvoir tirer les conclusions sui- vantes : i. Les claircies exagres dans les jeunes pineraies, l'abattage des arbres une trop grande hauteur au-dessus du sol, et le sjour prolong dans la foret des produits des coupes ou des arbres renverss par le vent, peuvent amener des invasions considrables de l'Hylsine piniperde ; i. L'closion normale de ce Coloptre ayant lieu ds le mois de juillet, il est important que la vidange des coupes tablies dans les pineraies se fasse avant cette poque ; 3. Il y a quelquefois dans l'arrire-saison une reproduction abondante de l'Hylsine piniperde (reproduction que je crois devoir attribuer une double gnration); 4- Par consquent, il faut avoir soin, pendant tout le courant de l't, (4* ) de ne pas laisser sjourner dans les pineraies les arbres abattus et les bois morts. physiologie. Influence des milieux gographiques , gologiques et chimi- ques sur l'organisation de l'homme et des animaux; par M. A. Fourcault. (Commission nomme pour diverses communications relatives la prsence de l'iode dans l'air, les eaux et les aliments.) Si l'on considre, d'une manire gnrale, l'influence des milieux am- biants sur l'organisation des tres vivants, on s'expose confondre les effets de causes diffrentes, que l'analyse doit distinguer. On a d'abord accord une grande importance la configuration du sol, aux remarquables acci- dents de l'corce terrestre, aux masses liquides qui la recouvrent, aux cou- rants qui la sillonnent de toutes parts, la mtorologie, etc. : de l la gographie des races, des plantes, des maladies, des orages; les observations de M. Arago nous ont fait connatre l'tendue des orages magntiques. Mais, la gologie en se perfectionnant nous l'a montr, les phno- mnes physiques et physiologiques attribus la configuration, aux acci- dents du sol, doivent tre rapports, au moins en partie, la composi- tion minralogique des roches primitives, la nature, la puissance, la superposition des couches terrestres ; de l l'action des milieux gologiques sur les races, sur les plantes, la production des maladies, des phnomnes mtorologiques. Le goitre et le crtinisme ont d'abord t attribus aux conditions gographiques, puis aux conditions gologiques, et aujourd'hui on reconnat que ces affections dpendent d'une cause chimique. Une foule de maladies sont soumises, dans leur dveloppement, aux premires con- ditions, l'influence de la configuration et de la nature du sol. Si ces conditions exercent, avec les vicissitudes atmosphriques, une action profonde sur les phnomnes de la vie, elles deviennent secondaires dans les affections caractrises, comme le gotre et le crtinisme, par les ano- malies de l'organisation. Il rsidte des recherches importantes de M. Bous- singault, dans les Cordilires de la Nouvelle-Grenade, que la population de la province d'Antioquia est prserve de ces affections endmiques dans cette chane de montagnes, par l'usage d'un sel iodifre extrait de sources salines abondantes ; non-seulement cette population est prserve de graves infirmits, mais elle offre une constitution forte, vigoureuse, et des formes rgulires. Cette dcouverte d'application, qui a dj obtenu la sanction (43) d'une longue exprience dans la Nouvelle-Grenade, devient aujourd'hui d'une haute importance pratique, par suite des analyses de M. Cantu, encore peu connues en France; des expriences si concluantes de M. Cha- tin ; des faits rapports par M. le D r Dubouloz, de Montmlian ; et enfin par mes observations ethnologiques et mdicales dans la valle de l'Isre. Il est donc possible de prvenir, par un procd conomique, par une for- mule simple, l'addition de l'iodure de potassium au sel ordinaire, la d- gradation physique, intellectuelle et morale des populations malheureuses des hautes chanes de montagnes, de celles qui habitent les valles et les plaines o l'on peut constater l'absence ou l'insuffisance de l'iode dans le sol, dans les eaux, dans les plantes. Maintenant il s'agirait de savoir si la petitesse de la taille, dans les r- gions O le goitre et le crtinisme sont inconnus, ne dpend point des diff- rentes proportions de cette substance dans les localits o l'on peut faire cette observation; il s'agirait encore de savoir si cette substance n'exerce aucune influence sur la nutrition et le dveloppement de l'organisme ani- mal, sur les espces domestiques vivant sur le littoral de la mer, sur celles qui habitent les hautes chanes de montagnes. Je me borne ici poser des problmes dont l'analyse chimique donnera un jour la solution. Les savantes recherches de M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire tendent tablir que les races humaines acquirent une grande taille dans les archipels; il fait remarquer que, parmi les animaux aquatiques, les espces qui vivent au sein des mers acquirent les plus grandes dimensions. Sans accorder ces vues une importance exagre, on peut admettre que la pr- sence de l'iode dans les eaux de la mer joue un rle, difficile mcon- natre, sur le dveloppement des animaux marins, sur leurs fonctions et sur leurs produits immdiats. En rsum, les faits noncs ci-dessus et les considrations qui s'y rat- tachent m'engagent conseiller aux agriculteurs et aux horticulteurs, qui habitent les contres o le goitre et le crtinisme sont endmiques, de dpo- ser des engrais ou des amendements iodifres dans le sol, de soumettre les animaux domestiques, qui donnent leur chair et leur lait, l'usage d'un sel iodifre. Ces mesures hyginiques, comme celle qui a t conseille par M. Boussingault, et ensuite par M. Grange, me paraissent propres dimi- nuer les ravages du crtinisme, des scrofules, de la consomption pulmo- naire dans les contres o ces affections sont endmiques, et prvenir le dveloppement du gotre, si frquent dans une foule de localits. ( 44 ) MMOIRES PRSENTS. ajatomie. Rsum d'un travail sur la structure intime du foie, prsent, le 27 fvrier i85i, V Acadmie de Mdecine de Paris, pour le concours pour le prix Portai; par M. Lekeboullet. (Commissaires, MM. Geoffroy-Saint-Hilaire, Duvernoy. ) i. Les organes prparateurs du liquide biliaire sont des cellules, c'est- -dire des lments organiques creux, analogues aux utricules des vgtaux. Ce fait est aujourd'hui hors de toute contestation. i. Le foie des Mollusques et celui des Crustacs (crevisse) ren- ferme deux sortes de cellules : des cellules biliaires et des cellules grais- seuses. 3. Ces deux sortes de cellules se multiplient par gnration endogne. 4- Les cellules graisseuses ne me paraissent tre que transitoires; je crois qu'elles se transforment elles-mmes en cellules biliaires par dpt de granules biliaires, et par disparition de la graisse qu'elles renfermaient. 5. Le foie des Vertbrs est compos de lobules, c'est--dire de petits amas d'lments scrteurs groups pour former des granulations de dimen- sion variable, mais qui dpassent rarement 1 millimtres. Ces lobules ou granulations hpatiques se confondent souvent les uns avec les autres. C'est dans le foie du Porc qu'on les distingue le mieux, parce qu'ils sont entours d'une enveloppe spciale en continuation directe avec la-capsule de Glisson. Dans le foie de l'Homme, les lobules sont toujours plus ou moins confondus. 6. Les deux couleurs du foie ne tiennent pas l'existence de deux substances distinctes, ni, par .consquent, l'accumulation plus ou moins grande de la bile dans ses canaux scrteurs ; elles dpendent uniquement du degr de rpltion des vaisseaux portes prilobulaires, ou des veines hpatiques qui occupent le centre des lobules (veines centrales). Lorsque le sang stase dans les veinules portales, la priphrie du lobule est plus fonce que le centre; c'est le contraire lorsque les veinules portales sont plus ou moins vides, tandis que le rseau central est encore rempli de sang, comme on le voit dans diverses altrations pathologiques, particulirement dans le foie gras. 7 . Il existe dans le foie de Porc, autour de chaque lobule scrteur, (45) une vritable enveloppe celluleuse que l'on peut facilement mettre en vi- dence, et qui spare nettement les lobules les uns des autres. Les lments fibrillaires qui forment cette capsule se continuent avec les gaines cellu- leuses des vaisseaux (capsule de Glisson). Dans l'Homme, on ne peut dmontrer aucune trace de cette enveloppe lobulaire. 8. Le lobule hpatique est, lni seul, un petit foie compos de cel- lules scrtoires, de rseaux capillaires sanguins affrents, et de rseaux capillaires sanguins effrents. g. Les cellules scrtoires ou biliaires des animaux vertbrs sont, comme celles des animaux sans vertbres, de vritables utricules. A la vrit, les parois opposes de ces sacs, fermes de toutes parts, sont plus ou moins appliques l'une contre l'autre; mais on peut les gonfler et les rendre ovodes en les traitant par le chloroforme : d'un autre ct, l'tude des cellules graisseuses fait voir que la graisse se dveloppe dans leur intrieur et soulve leurs parois. io. Ces cellules contiennent habituellement: i un noyau sph- rique avec un nombre variable de petits nucloles punctiformes, transpa- rents; a des granulations grises ou fauves, parses dans la cellule ou accumules en petits tas (granules biliaires); 3 des vsicules graisseuses trs-petites, rpandues au milieu des granules prcdents. 1 1. L'existence de ces divers lments, dans l'intrieur des cellules, n'est pas constante. Le noyau manque assez souvent, les granules biliaires ne sont pas toujours amoncels, et les vsicules graisseuses ne sont pas tou- jours distinctes. 12. Les dimensions du noyau sont assez constantes; cependant' j'ai rencontr plusieurs fois des noyaux beaucoup plus gros que de coutume, et que l'on pourrait trs-bien regarder comme des cellules incluses. 1 3. On trouve quelquefois des cellules contenant deux noyaux d'gale grandeur; cette circonstance, rare dans les foies sains, parat plus com- mune dans certains cas de maladie de ce viscre. i4. Quoique j'aie* observ quelques cellules endognes dans le foie de l'Homme, je ne puis affirmer que ces sortes de cellules existent l'tat normal. Elles sont, du moins, toujours s-rares dans l'Homme et dans les Mammifres, ainsi que dans les Oiseaux. i5. Les cellules endognes existent positivement dans les Reptiles (Grenouilles et Salamandres) et dans les Poissons. m 6. C'est dans.le foie des Poissons seulement que j'ai trouv des cel- lules graisseuses distinctes des cellules biliaires; encore les vsicules grais- C. K., i85a, " Semestre. (T. XXXIV, N 2.) 7 ( 46 ) seuses contenues dans ces cellules taient-elles petites et peu nombreuses. 17 . Dans le foie des ftus de Mammifres il existe deux sortes de cellules, des cellules graisseuses en grand nombre, et des cellules biliaires endognes, toujours plus petites que les prcdentes. i8. Les cellules graisseuses, qui composaient la presque totalit du foie d'un ftus de Lapin de quinze jours, taient remplies de vsicules d'gale grandeur. 19. Dans un ftus humain terme, je n'ai plus trouv de cellules graisseuses particulires, mais j'ai vu encore quelques cellules biliaires endognes. 20 . La prdominance des cellules graisseuses dans le foie des ftus non encore terme, et l'existence de ces cellules dans le foie des Poissons et dans celui des animaux sans vertbres, me confirment dans l'opinion que j'ai nonce plus haut (4) que ces cellules graisseuses sont le premier tat des cellules biliaires. ai". Le grand nombre des cellules endognes (graisseuses ou biliaires) dans les animaux infrieurs et dans les ftus, et la raret de ces cellules dans les Vertbrs suprieurs, nous autorisent regarder les cellules biliaires de ces derniers comme ayant atteint le terme de leur volution. 22 . Les cellules biliaires sont disposes, la suite les unes des autres. de manire former des sries longitudinales qui convergent toutes vers le centre du lobule. Ces sries longitudinales sont unies par des sries trans- versales plus courtes, de manire reprsenter un rseau mailles poly- gonales ou arrondies vers la priphrie du lobule, tandis que ces mailles sont allonges dans sa partie centrale. ^3. Chaque cordon du rseau est double, c'est--dire form par deux ranges de cellules qui se touchent par leurs bords, et ne laissent entre elles qu'un intervalle linaire. a/J. Mais ces deux ranges de cellules ne sont que juxtaposes ; elles se sparent facilement la plus lgre traction. 25. Les cellules qui constituent les sries sont, au contraire, trs- adhrentes les unes aux autres; voil pourquoi on rencontre souvent de ces sries simples de cellules encdh adhrentes, quand on racle une por- tion de la substance du foie. 16 . Les sries de cellules ou chanettes ne sont pas des tubes, comme le croit M. E.-H. Weber: les cellules qui les composent ne s'ouvrent pas les unes dans les autres; elles sont, au contraire, parfaitement circonscrites et indpendantes. (4?) 2 7- Le rseau form par les doubles chanettes ou doubles ranges de cellules biliaires occupe toute l'paisseur du lobule, depuis les vaisseaux priphriques jusqu'au vaisseau central. Il est donc inexact de dire que la scrtion se fait exclusivement la priphrie. 28 . Les mailles du rseau biliaire sont remplies par les cordons des vaisseaux sanguins du lobule. 29 . Les doubles cordons du rseau biliaire sont probablement entours d'une membrane propre qui constituerait la membrane fondamentale des tubes scrteurs; mais celle-ci est tellement adhrente la paroi des vais- seaux sanguins, qu'il est impossible de la prparer et de la mettre en vi- dence, de manire faire voir que les cellules biliaires ne sont que des cellules pithliales. 3o. A l'tat naturel les tubes scrteurs sont donc pleins, c'est--dire entirement occups par les cellules scrtoires ; la cavit de ces tubes est simplement linaire. 3i. Quand on fait pntrer une matire injection dans les voies biliaires, cette matire distend les intervalles linaires dont il vient d'tre question, comprime les cellules, et fait voir un rseau de canalicules qui prend la place du rseau de cellules dcrit plus haut (22 et suivants). 32. Les canalicules biliaires du lobule sont donc produits mcanique- ment par l'injection; ces canalicules, en effet, n'ont pas de parois propres, la matire injecte est en contact immdiat avec les cellules scrtoires. 33. Le reste du lobule est occup par un rseau vasculaire, form par la veine porte et par les racines des veines hpatiques. 34. Les mailles de ce rseau s'adaptent exactement aux cordons du rseau biliaire, et rciproquement, de manire que les deux rseaux sont troitement entrelacs. 35. En effet , le diamtre moyen des cordons des mailles , et des mailles elles-mmes, est, dans l'un et dans l'autre rseau , de o m ,oi5. 36. Les cordons du rseau sanguin sont des tubes parois propres et non des canaux; on peu? dmontrer l'existence des parois de ces vaisseaux et tudier leur structure. 37 . Le rseau portai occupe la priphrie du lobule; il est form par de petits tubes qui se dtachent, de courts intervalles, des veines prilo- bulaires et se capillarisent aussitt. Les mailles de ce rseau sont polygo- nales. 38. Le rseau des veines hpatiques remplit la moiti centrale du (48) lobule; ses mailles sont allonges et vont aboutir la veine centrale ou intralob ulaire.de Riernan. 3q. La scrtion biliaire ne se fait donc pas dans une portion circon- scrite du lobule, comme plusieurs auteurs l'ont crit; c'est--dire la pri- phrie, suivant les uns, au centre, suivant d'autres; mais elle a lieu dans toute son paisseur, puisque le lobule tout entier est compos de cellules secrtaires, et que les rseaux sanguins, comme les rseaux biliaires, le rem- plissent aussi en totalit. 4o- Tous les lobules ont leur axe travers par un vaisseau veineux (la veine centrale), qui se termine en cul-de-sac ou se divise en plusieurs ra- meaux divergents. 4 ,0 > Ces veines centrales s'unissent les unes aux autres pour se jeter dans une veine hpatique, ou elles s'ouvrent directement et sparment dans la veine hpatique, contre laquelle les lobules sont adosss. 4a. Si l'on ouvre une veine hpatique, on voit l'il nu , ou la loupe, les orifices des veines intralobulaires, situs presque toujours au centre des lobules dont on distingue le contour travers les parois de la veine. . 43 Les canaux biliaires extralobulaires, ou les conduits excrteurs qui sortent ds lobules, sont toujours multiples. Ils naissent sur tous les points de la surface du lobule, et, aprs s'tre runis un grand nombre de fois, comme les racines d'un arbre, ils abandonnent le lobule et forment un ou plusieurs conduits principaux, qui s'entourent avec les troncs cor- respondants de la veine porte et de l'artre hpatique, de la gane cellu- leuse connue sous le nom de capsule de Glisson. 44- La veine porte, aprs s'tre divise au milieu de la gane qui l'en- toure avec l'artre hpatique et les canaux biliaires, fournit des rameaux qui contournent les lobules, mais qui ne forment jamais, autour de chacun d'eux , un anneau vasculaire unique et complet. Chaque lobule reoit plu- sieurs rameaux de veinules portales voisines, et c'est la runion de ces ra- meaux prilobulaires qui forme l'anneau vasculaire, plus ou moins marqu, d'o part le rseau portai tabulaire. 45. L'artre hpatique, qui accompagne partout la veine porte, ne concourt pas directement la formation du lobule. Ses ramifications se perdent dans les parois des vaisseaux et dans la capsule de Glisson , et elle se capillarise surtout la surface du foie, dans le tissu fibreux sous-pri- tonal . (49) 46. Cependant les capillaires produits, par l'artre hpatique com- muniquent avec les capillaires de la veine porte; les injections passent facilement du premier vaisseau dans le second , surtout la surface du foie. 47- Les rsaux que forme l'artre hpatique la surface du foie ne, diffrent pas des rseaux de la veine porte sous-jacents ; ils ont exactement les mmes dimensions, et l'on peut s'assurer facilement que les deux r- seaux se continuent l'un dans l'autre, et n'en forment en ralit qu'un seul. . 48. Le sang de l'artre hpatique ne parat donc pas concourir la scrtion de la bile, ou du moins le rle qu'il joue dans cette scrtion est trs-secondaire et sans importance. 49- Les parois des conduits hpatiques du canal choldoque, de la vsicule biliaire, et du canal cystique sont doubles de follicules clos, ovodes qui, par leur runion, forment de petits sacs granuleux, colls - contre la paroi extrieure de ces conduits, et munis d'un canal excrteur qui s'ouvre dans leur intrieur. 5o. Les organes que M. Weber a dcrits sous le nom de vasa aber- ranlia joss transversce, comme des canaux biliaires extrmits borgnes, ne sont autres que ces sacs glanduleux dont M. Theile avait dj fait con- natre la nature. 5i. Les lments de ces sacs glanduleux, ou les follicules clos eux- mmes, sont tapisss intrieurement .par un pithlium vsiculeux, form de petites sphres granuleuses. Dgnrescence graisseuse du foie. 5a. La dgnrescence graisseuse du foie est due l'accumulation de la graisse dans les cellules biliaires elles-mmes. 53. Dans cette altration du foie, il ne se forme pas de cellules grais- seuses particulires; car, s'il en tait ainsi, on devrait trouver des cel- lules biliaires normales au milieu des cellules graisseuses, ce qui n'a jamais lieu. 54- Rien ne nous autorise admettre que la graisse se dveloppe en dehors des cellules, dans leurs interstices. 55. Les cellules biliaires peuvent doubler et tripler de volume par suite de l'accumulation de la graisse. 56. Ce dveloppement des cellules explique l'augmentation de volume des foies gras. ( 5o) 57 . Les cellules graisseuses perdent entirement leur caractre de cellules scrtoires; elles ne renferment plus de granules'biliaires, et la s- crtion biliaire est entrave. Aussi, la vsicule est-elle ratatine, et contient peu de bile. 58. La dgnrescence graisseuse produit une dcoloration de la substance du foie, qui marche de la priphrie du lobule vers son centre, et qui donne au foie un aspect rticul ou piquet. 5c/\ Cette dcoloration provient du dveloppement des cellules grais- seuses qui compriment les veinules portales et entrave la circulation du sang dans ces veinules. 6o. La marche de la dcoloration semble indiquer que la dgn- rescence graisseuse commence par la priphrie du lobule hpatique. 6i. Dans l'engraissement artificiel des Oies, le foie ne se charge de graisse que lorsque les diffrents organes du corps, et surtout les viscres abdominaux, en sont, pour ainsi dire, saturs. 6t.. Les cellules des foies d'Oies engraisses diffrent des cellules graisseuses pathologiques, en ce que la graisse qui remplit les premires reste sous la forme de gouttelettes distinctes, accumules dans la cellule, tandis que, dans les cellules pathologiques, la graisse se runit en gouttes de plus en plus volumineuses, et finit par former le plus souvent une grosse goutte unique,' qui distend la cellule comme un ballon. 63. Les cellules graisseuses des Oies ressemblent, sous le rapport de la disposition de la graisse dans leur intrieur, aux cellules graisseuses phy- siologiques des ftus ou celles des animaux infrieurs. 64. Le noyau des cellules normales disparat ds que commence la dgnrescence graisseuse; il en est de mme des granules biliaires. 65. La dgnrescence se fait simultanment dans toute l'tendue de la glande, mais toutes les cellules n'offrent pas le mme degr de dvelop- pement. 66. Le changement des cellules biliaires en cellules graisseuses n'a pas seulement lieu dans la phthisie pulmonaire ; on l'observe encore dans la tuberculose gnrale, dans le cancer, la cirrhose du foie, etc. 67. Le dveloppement de la graisse dans les cellules parat troite- ment li un ralentissement dans le travail nutritif, et, par consquent, la combustion organique, qui est la premire condition de ce travail. Lorsque la quantit d'oxygne absorb est moindre qu' l'tat normal (phthisie, tuberculose, cancer, et probablement toutes les maladies de la rutrition) ou lorsque les aliments respiratoires (fcules et autres) son! (Si') dans une proportion trop forte, la combustion de ces substances est incom- plte, et les lments chimiques qui les composent se combinent pour for- mer de la graisse qui se dpose dans les cellules biliaires. chimie applique. Recherche fie l'iode dans l'air, les eaux, le sol et les produits alimentaires des Alpes de la France et du Pimont. [Troisime et quatrime (ou dernire) parties]; par M. Ad. Chatix. (Extrait par l'auteur.) (Commission prcdemment nomme.) A. Les terres arables ne fournissent pas l'eau la mme quantit d'io- dures, et les variations qu'elles offrent cet gard sont, en gnral, dans le mme sens que celles observes dans l'air et dans les eaux douces lgres. On se fera une ide de ces variations en considrant que, lorsqu'il suffit de r ou de 2 grammes de terre prise sur les collines et les plateaux des environs de Paris, ou dans les champs de la Brie, de la Beauce, du Bour- bonnais ou de la Bourgogne, pour constater srement la prsence de l'iode, il faut, pour obtenir un rsultat correspondant, oprer sur un poids ordi- nairement double des terres de la Bresse ou de la plaine de Turin, et sur une quantit dcuple du sol arable de la Tarentaise, de la Maurienne et du Val d'Aoste. Une circonstance digne d'tre remarque, c'est que, dans une mme contre, les terres rougetres (ou ferrugineuses) et argileuses sont plus iodures que les terres blanchtres ou bitumineuses et quartzoschis- teuses. Je citerai comme exemple la valle du Graisivaudan, dont les terres jaunes et assez fortes de la rive droite sont analogues celles de la Bresse et des environs d'Alexandrie, tandis que les terres noires et lgres, com- munes sur la rive gauche,- se rapprochent de celles des hautes valles de l'I- sre et de l'Arc. La temprature de l'eau a une bien grande influence sur son pouvoir dissolvant par rapport aux composs d'iode contenus dans le sol. Telle terre schisteuse des Alpes, qui ne cde pas une quantit apprciable d'io- dures une eau dont la temprature est infrieure 4- 10 degrs centi- grades, en abandonne une proportion trs-sensible de 4- 20 -+- 5o degrs centigrades. A 100 degrs centigrades, 1 litre d'eau peut mme souvent extraire de 10 grammes de cette terre assez d'iode pour tre amene . l'tat d'une bonne eau potable. La pauvret des eaux des Alpes en iodures s'ex- plique donc non-seulement par l'tat de l'atmosphre, mais aussi par leur basse temprature. Sans doute qu'avant d'tre puis par les eaux pluviales (&) de la plus grande partie de l'iode qu'il pouvait leur cder, le sol des Alpes leur en a fourni longtemps, et peut-tre rconnatra-t-on que le goitre et le crtinisme ne sont devenus endmiques dans ces contres que depuis que ce principe y est plus rare. La prsence d'une certaine proportion de carbonate de potasse ou de soude dans l'eau destine extraire l'iode des terres fait que celles-ci sont mieux attaques ; cette addition est d'ailleurs absolument ncessaire pour fixer l'iode quand on opre une temprature leve. L'action des alcalis explique en particulier pourquoi toutes les eaux minrales alcalines sont iodures. Il est superflu de faire remarquer que les roches sous-jacentes ou mles au sol arable au milieu duquel elles se dcomposent doivent y ajouter plus ou moins d'iode suivant ce qu'elles en renferment. Ainsi les meulires dans lesquelles l'iode est abondant, le calcaire grossier o il est en propor- tion moindre, l'argile plastique o il s'est accumul, les oolithes moyenne et suprieure qui en renferment souvent des quantits notables, les roches talqueuses et les schistes ardoisiers o il est rare, les calcaires et dolomites saccharodes qui en sont absolument privs, ne sauraient videmment le fournir au sol en quantit gale. En rsum, trois circonstances, sa nature propre, les roches sous-ja- centes, la qualit et la quantit des eaux pluviales, influent sur la richesse du sol arable en iodures. >> Les matires alimentaires sont diversement iodures suivant le sol qui les produit. J'ai trouv moins d'iode dans le mas d'Aoste et d'Aiguebelle que dans celui de la plaine d'Alexandrie; dans les vins de Saint-Julien-en- Maurienne et de Moutiers que dans ceux de Montmlian et d'Asti, et sur- tout que dans les vins de la Bourgogne, d'Orlans et de Bordeaux; dans les fourrages des valles de l'Arc, de l'Isre et de la Doire-Balte, que dans ceux des bassins de la Seine et de la Loire ; dans le lait et les fromages du Mont-Cenis et de la ferme des Cassines-Saint-Martin ( prs Aoste) que dans les mmes produits achets au march de Paris; dans les bls de la rive, droite de la valle du Graisivaudan que dans ceux de la rive oppose. ' On voit bien maintenant pourquoi l'atmosphre des valles des Alpes, qui participe peu aux courants d'air gnraux, n'a pas d'ailleurs une ioduration apprciable qui lui soit propre. C'est que le sol ne cdant qwe des traces infimes d'iodure aux eaux qui le lavent, celles-ci, tombes de l'atmosphre peu prs prives d'iode, n'ont a leur tour presque rien lui rendre. ( 53 ) B. Il y a concidence gnrale entre l'abondance de l'iode dans l'air, les eaux, le sol ou les produits alimentaires, et l'absence complte du goitre et du, crtinisme, entre sa diminution progressive et le dveloppement cor- respondant de ces maladies. Cette concidence rsulte, non-seulement des faits d'ensemble observs par nous dans les Alpes, mais encore d'observa- tions dtaches faites dans les Pyrnes, le Soissonnais, la Brie, la Nivre, la Meurthe, le Jura, les Vosges, sur les bords du Rhin et en Suisse; elle est . confirme par les faits spciaux, notamment par ceux que M. Boussingault a recueillis dans les Cordillres de la Nouvelle-Grenade (i). Les causes du goitre (et du crtinisme) sont de deux sortes : i une cause spciale, qui est Y insuffisance de la somme d'iode introduite dans l'conomie; a des. causes gnrales ou accessoires, parmi lesquelles on compte: l'air humide et confin, les habitations basses, troites, fermes, mal exposes, le dfaut de lumire, les vents, en tant qu'ils sont humides et n'apportent pas d'iode., le relief des montagnes , qui se lie aux circonstances prcdentes, une alimentation pauvre en principes rparateurs, des vte- ments sales s'opposant aux fonctions de la peau, l'eau prive d'oxygne, mais seulement comme altre dans ses qualits toniques. J'admets encore: l'influence de l'ge, celles des sexes et du temprament, prouves par la frquence relative du goitre chez les femmes blondes, celle de l'hrdit, celle des occupations ou habitudes, qui parat rsulter surtout de la facilit plus grande avec laquelle les personnes qui portent des fardeaux sur la tte contractent le goitre. En gnral , certaines influences mcaniques , plus toutes les causes dbi- litantes, disposent contracter le goitre , auquel les agents toniques, tels que l'air sec, le vin, le fer, etc., donnent au contraire la facult de rsister en une certaine mesure ; d'o l'on est conduit dfinir le goitre : une forme spcifique des affections lymphatiques dtermine par une cause spciale, le dfaut d'iode. On peut ainsi classer les rapports qui existent entre l'iode, le goitre et le crtinisme : Zone premire, normale ou de Paris. Le goitre et le crtinisme sont inconnus. On trouve en moyenne que, dans cette zone, le volume d'air respir par un homme en vingt-quatre heures (7000 8000 litres suivant (1) M. le professeur Cantu, qui s'est le premier occup de la recherche gnrale de l'iode, a eu la pense du rle que joue ce corps dans l'hygine. C. K. , i85a, I er Semestre. (T. XXXIV, N 2. ) 8 ( 54 ) M. Dumas), le volume d'eau bue et la quantit d'aliments consomme dans le mme temps renferment chacun de j~ j~ de milligramme d'iode. Zone deuxime ou du Soissonnais. Le goitre est plus ou moins rare, le crtinisme inconnu. Ne diffre de la zone premire que par des eaux dures et prives d'iode. Zone troisime ou de Lyon et de Turin. Le goitre est plus ou moins frquent, le crtinisme peu prs inconnu. La proportion de l'iode est descendue de -~ -j-gV de milligramme. Zone quatrime ou des valles alpines. Le goitre et le crtinisme sont endmiques. La proportion de l'iode, dans la quantit d'air, d'eau et d'ali- ments consomme en un jour, est de 2 ;,' de milligramme au plus. Dans les zones intermdiaires, le goitre est subordonn aux influences gnrales ; dans la zone quatrime, le dfaut d'iode est prpondrant. On peut amener l'iode la proportion normale : dans la zone deuxime, en recueillant les eaux pluviales; dans les zones intermdiaires, par les mmes eaux, en faisant un choix parmi les sources iet en tirant ses aliments de contres riches en iode; dans la zone quatrime, par l'emploi des ali- ments prcdents et des eaux sulfo-iodes (aprs dsulfuration) prodigues par la nature aux contres les plus affliges du goitre, ainsi que par l'usage des sels iodurs dj conseills par M. Boussingault et par H$. Jules Grange. Les produits animaux et vgtaux devront tre iodurs par l'emploi des eaux salines, en boissons et en irrigations, ainsi que par les soluts pro- venant du lessivage chaud, par une eau alcaline, des terres et des roches les plus ferrugineuses. chimie. Sur la constitution physique et chimique des eaux naturelles. (Note contenue dans un paquet cachet dpos par M. E. Marchand, la sance du 21 juillet, et ouvert, sur la demande de l'auteur, dans la prsente sance, 12 janvier i852.) (Commission nomme pour diverses communications relatives la recherche de l'iode dans l'air, les eaux et les substances alimentaires.) Des recherches auxquelles je me livre depuis longtemps dj, sur la constitution physique et chimique des eaux naturelles, et sur leur origine gologique, il rsulte que : i. Toutes les eaux naturelles, moins de circonstances dont je vais parler, contiennent de l'iode et du brome. 2 . Toutes ces eaux contiennent de la lithine. ( 55 ) 3. Toutes, quand elles prennent leur source dans les terrains super- ficiels de la craie, ou dans les terrains calcaires, contiennent du fer. 4- L'origine de l'iode et du brome dans les eaux provient de l'en- lvement de ces principes aux eaux de la mer, par les vapeurs ou les par- ticules aqueuses qui s'en chappent incessamment, et qui, transportes sur les continents, retombent leur surface l'tat de pluie, de neige ou de grle. Les eaux de pluie et de neige contiennent gnralement une pro- portion apprciable d'iodures et de bromures. 5. Dans les pays bien boiss, l'iode et le brome peuvent disparatre du sein des eaux qui les tiennent en dissolution, en passant l'tat salin, sous l'influence des forces vitales, au nombre des principes minraux fixs par les vgtaux. Les cendres de la plupart des arbres de nos forts, orme, htre, sapin, etc., contiennent de l'iode. 6. Les causes dterminantes du goitre et du crtinisme ne se trouvent pas dans l'existence du carbonate de magnsie dans les eaux dont les goitreux et les crtins font usage pour leurs besoins alimentaires. 7. La cause dterminante de ces maladies existerait plutt dans l'absence de l'iode et du brome, du nombre des principes constitutifs de ces eaux. 8. La constitution physique et chimique des eaux varie pour chaque jour de l'anne, et mme pour chaque instant de la journe. Aux poques de l'anne o la temprature est la plus leve, la densit des eaux est aussi la plus forte, et leur richesse en principes salins plus considrable. Une varia- tion brusque dans la temprature en amne aussi une dans la constitution des eaux. g . On connat l'influence du dboisement sur l'abondance ou la raret des sources. On n'a cependant jamais tenu compte de l'influence de la vgtation en gnral, et en particulier de l'influence de la culture des plantes agricoles, sur ces mmes phnomnes. On admet mme que les sources sont plus abondantes en hiver qu'en t. Cette opinion est errone : il rsulte, de mes observations, que, dans les terrains calcaires au moins, les sources sont d'autant plus abondantes que la vgtation est plus active, et qu'elles dcroissent d'importance au fur et mesure que la vie vgtative s'teint. Elles sont leur minimum de rendement vers le i5 ou 20 janvier. io. Toutes nos eaux de sources, de rivires, de fleuves, contiennent des azotates, et cependant les eaux de la mer, qui reoivent ces divers fluides, ne contiennent plus de traces apprciables de ces sels. Cela tient ce que, d'une part, sous l'influence de l'acte respiratoire des Poissons, 8.. ( 56 ) les azotates contenus dans l'eau, en passant avec celle-ci au travers de leurs branchies, subissent une dcomposition dont le rsultat est de l'am- moniaque. D'autre part, dans les profondeurs de l'Ocan, se trouve une quantit considrable de Mollusques univalves et bivalves (Hutres, Mou- les, etc.), qui excrtent continuellement une certaine quantit d'hydrogne sulfur libre qui, en se trouvant l'tat naissant, doit encore ramener l'tat d'ammoniaque l'acide azotique des azotates avec lesquels il se trouve en contact. La boue ou vase qui se dpose au sein des eaux, contient des cristaux de phosphates ammoniacomagnsiens, et les eaux contiennent de l'acide sulfhydrique. ii. L'acide sulfhydrique libre ou combin se retrouve souvent aussi, sinon toujours, dans les eaux de pluie. C'est lui qui alimente de soufre les plantes de la famille des Crucifres. i 2. Enfin, de ce dernier fait, il rsulte que les endroits infects par l'acide sulfhydrique peuvent tre assainis en y cultivant des plantes appar- tenant cette famille. chimie. Recherches sur les formes cristallines et les proprits chimiques et physiques de l'acide titanique et des autres oxydes isomorphes ( premier Mmoire); par M. Ladrey. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Dumas, Regnault, Dufrnoy.) Le Mmoire que j'ai l'honneur de prsenter l'Acadmie renferme les premiers rsultats d'un travail qui a pour objet l'tude compare de l'acide titanique, du bioxyde d'tain et du bioxyde de manganse. Dans cette pre- mire partie, j'examine les formes cristallines des diffrentes espces min- rales constitues par ces trois oxydes. Je fais voir d'abord que la forme fon- damentale de la brookite peut tre choisie et place de telle sorte que la srie rhombique de cette espce soit trs-voisine de la srie ttragonale de l'anatase. Si l'on calcule les axes des deux sries, on trouve : Anatase (srie ttragonale) a'.b'.c = \ ,772 : 1 '. 1 , Brookite (srie rhombique) a.b'.c = \ ,799 : 1 ,07 '. 1 . Dans cette srie, le prisme rhombodal droit de la brookite a un angle de 9 35o'. En partant des expriences de M. Henri Rose sur l'acide titanique, et en les comparant aux proprits que nous prsentent les varits naturelles de ce mme acide, j'arrive des consquences assez importantes sur les ph- (5 7 ) nomnes qui ont d accompagner la formation de ces composs. Pour les vrifier, je montr que si l'on part de la forme fondamentale donne parles clivages de l'anatase, et qu'on cherche driver de cette pyramide la forme secondaire du rutile dsigne ordinairement par b' (voyez Minralogie de M. Dufrnoy, tome II, page 666); -cette drivation pourra se faire par une loi trs-simple, et l'on sera conduit, pour toutes les autres formes du rutile, des coefficients simples et parfaitement admissibles. Seulement, en prenant l'axe vertical de l'anatase et en calculant les angles des diverses formes du rutile, on trouve constamment une diffrence de i degr avec les angles observs. Cette diffrence disparat si l'on prend pour axe vertical 1,821, et l'on arrive directement un nombre trs-voisin du prcdent, en obser- vant que dans l'anatase et la brookite l'augmentation de densit se trouve accompagne d'un allongement de l'axe vertical, puis en calculant la valeur de ce dernier qui correspondrait la densit du rutile. Je n'ai pu tablir d'une manire certaine un rapprochement analogue pour les deux formes du bioxyde d'tain, cause de l'incertitude qui rgne sur les valeurs d'angles donnes par M. Daubre. Cependant il est trs- probable que les deux sries rhombique et ttragonale de cette substance viendront se placer auprs des prcdentes. Passant ensuite au bioxyde de manganse, j'ai compar les formes de la pyrol usit et de la polianite, et j'ai montr l'analogie qui existe entre leurs sries cristallines et celles des substances tudies prcdemment. En rsum, j'ai fait voir, par cette discussion, que la loi donne par M. Pasteur, et qui tait dj vrifie par un grand nombre de corps dia- morphes dont les deux formes prsentent une symtrie diffrente, se trouve vrifie dans le cas o il y a dimorphisme, sans que le systme cris- tallin soit chang. De plus, l'acide titanique, qui avait t cit comme faisant exception cette loi, nous donne le premier exemple de sa vrification par les trois formes d'un corps trimorphe. Les composs que j'ai examins viennent confirmer les ides mises par M. Laurent sur l'isomorphisme, et montrent un groupe de corps qui prsentent tous les caractres d'un groupe d'espces isomorphes, et dont les formes cristallines appartiennent des systmes diffrents, mais sans cesser d'tre trs-rapproches les unes des autres. Dans un second Mmoire je ferai connatre plusieurs sries d'exp- riences auxquelles la comparaison prcdente m'a conduit naturellement, et qui pourront servir complter l'histoire compare de ces composs. (58) mtorologie. Examen de la composition chimique de l'eau de pluie aux diffrentes poques de Vanne. (Lettre de M. Barral.) \ l'occasion des recherches de M. Ghatin sur l'iode contenu dans l'atmosphre et dans certaines eaux de pluie, je vous prie, non pas comme rclamation, mais comme moyen de prendre date, de vouloir bien annoncer l'Acadmie que, depuis juillet dernier, l'un des astronomes attachs l'Observatoire de Paris me remet, mois par mois, les eaux de pluie recueil- lies sur la plate-forme et dans la cour de cet Observatoire. J'en fais men- suellement l'analyse. Je me propose de continuer ce travail durant plu- sieurs annes, et mme d'analyser les eaux tombes certains jours, lorsque les circonstances mtorologiques l'indiqueront. Je me propose aussi de prsenter chaque anne l'Acadmie les rsultats que j'aurai obtenus. Les rsultats que m'ont fournis les six derniers mois de l'anne passe seront soumis sous peu de jours l'Acadmie. chimie applique. Emploi du sulfate de zinc pour la conservation des matires animales; rclamation de priorit adresse , l'occasion et une communication rcente deM. Falcony, par M. Straus-Durckheim. (Renvoi la Commission charge d'examiner le Mmoire de M. Falcony.) M. Falcony a prsent l'Acadmie, dans la sance du i dcembre i85i, un Mmoire sur la dcouverte qu'il crut avoir faite de la proprit antiseptique du sulfate de zinc. Je n'ai pas rclam alors la priorit ce sujet, pensant qu'un objet de si peu d'importance ne mritait pas de fixer l'attention d'une Socit aussi haut place que l'Acadmie, o ne devraient tre admises que les dcouvertes capables d'influer notablement sur les progrs des sciences. C'est cette haute considration pour cette Compagnie savante, qui m'a en tout temps empch de soumettre son jugement les dtails des dcouvertes que j'ai t assez heureux de faire dans la science que je cultive, dtails que je me suis content d'indiquer dans les divers ouvrages que j'ai publis ; mais comme M. Filhol, et, aprs lui, M. Siret, ont demand la priorit sur cet objet, tant en leur nom qu'en celui de plusieurs autres personnes encore, permettez, Monsieur le Prsident, qu' mon tour je vienne la rclamer, surtout ayant dj fait connatre cette proprit du sulfate de zinc, en i84a, dans mon Trait pratique d ' Anatomie compara- (59) tive ou l'Art de dissquer les animaux de toutes les classes, tome I, page 1 77, oj'indique comme telle cette substance, dont je faisais dj usage longtemps avant pour la conservation de mes pices anatomiques. Il est vraiment re- marquable que cet ouvrage, qui se trouve entre les mains de la plupart des anatomistes comparateurs, comme le seul, tant en France qu' l'tranger, qui traite de l'art de dissquer les animaux, soit prcisment rest inconnu tous ces Messieurs, qui se sont occups du soin de chercher une liqueur capable de remplacer l'alcool pour la conservation des prparations anato- miques. Je faisais autrefois usage, pour conserver les corps des animaux que je dissquais, d'une solution de sulfate d'alumine; et c'est chez moi qu'en janvier i833, M. Gannal en vit pour la premire fois l'application que j'en faisais pour cela, ce qui lui suggra l'ide d'employer ce moyen la momi- fication, ainsi qu'il m'en fit la remarque. Or, comme le sulfate d'alumine attaque les os, en dissolvant leurs parties calcaires, j'ai cherch une autre substance qui pt le remplacer, sans avoir ce dsavantage. Dans les diverses expriences que je fis cet gard, j'ai trouv plusieurs substances qui jouis- sent des degrs diffrents de la proprit antiseptique, et que j'ai gale- ment indiques dans mon ouvrage; mais c'est le sulfate de zinc qui me pa- rat le mieux remplacer l'esprit-de-vin, sans toutefois pouvoir lui tre par- tout substitu / sur lequel il a cependant l'avantage de ne pas contracter les organes ; niais il ne conserve rellement que la chair des Animaux vert- brs et celle des Insectes parfaits, et non celles des Mollusques et des Zoo- phites, qui s'y ramollissent au point de devenir entirement glaireuses. Je viens de dire que le sulfate de zinc conservait les chairs des Insectes parfaits, ayant la trs -remarquable proprit de dissoudre au contraire compltement celles de leurs larves, l'exception toutefois des tguments. Ce fait de chimie organique a ceci de remarquable, tant pour la chimie . que pour l'anatomie et la physiologie comparatives, qu'il prouve que, dans un trs-court espace de temps, dans quinze jours, le temps que dure la m- tamorphose des larves de l'animal, il s'opre aussi en lui une mtamorphose chimique par laquelle ses muscles changent de nature; en mme temps qu'il prouve que la facult contractile de ces organes sous l'empire de la volont, e rside pas exclusivement dans une substance qui soit, chimiquement par- lant, la mme. Cette particularit, jointe plusieurs autres, montre que la chimie animale, au lieu d'tre traite d'aprs les mmes principes que la chimie minrale, devrait au contraire tre fonde sur la zoologie et l'ana- tomie, qui lui donneraient une tout autre forme. J'en ai bien fait le plan, (6o) mais il ne peut tre excut que par des chimistes ; et comme cette partie de cette belle science ne saurait devenir lucrative, je pense que jamais per- sonne ne voudra s'en occuper. zoologie. Rclamation de priorit adresse, l'occasion d'une commu- nication rcente de M. Cailliaud, sur les moyens employs parles Pho- lades pour percer les pierres. (Extrait d'une Lettre de M. Robertsox.) (Renvoi l'examen de la Commission nomme pour le Mmoire de M. Cailliaud.) Le Rapport de M. Cailliaud n'est autre que la reproduction de la Lettre que j'adressai le I er juin dernier aux naturalistes les plus distingus et aux journaux scientifiques les plus rpandus de mon pays, et qui, publie dans thenew Edimburg Magazine, the Naturalist, theZoologist, etc., me valut les adhsions et les remercments de professeurs illustres, tels que Owen, Torbes, Rymer Jones, Harvey, etc. Le Rapport de M. Cailliaud n'est autre que le Rapport fait par moi the natural History section of the British Associationjor the Advancement of Sciences , dans la runion d'Ipswich, le i juillet dernier, Rapport consi- dr digne d'un dbat qui dura trois heures. En aot, je prsentai mes Pholades vivants et travaillant la perfora- tion des pierres, pendant deux jours, la Provincial mdical Association au Palais-Royal, the Pavillon Brighton, Sussex, en prsence d'une nom- breuse assemble de professeurs en mdecine, parmi lesquels je citerai les clbres docteurs Hodgkin, Mantell, etc. Le 3i aot, j'arrivai Paris avec mes Pholades encore vivants. Le i4 novembre, je soumis leur pierre M. le professeur Valenciennes du Jardin des Plantes, et plus tard, j'expliquai ma dcouverte M. le professeur Cha- tin de l'hpital Beaujon, et l'action mcanique des Pholades perforant par leurs coquilles, pieds et siphon branchial. M. Mixot soumet au jugement de l'Acadmie un travail ayant pour titre: Des aptitudes physiologiques du cheval, apprciation de ses qualits intimes par l'tude du pouls de la sant, et l'examen des formes et des habitudes extrieures. (Commissaires, MM. Magendie, Rayer.) .'(?) CORRESPONDANCE. M. le Ministre de la Marine demande l'Acadmie un exemplaire des Comptes rendus de ses sances pour le service mdical de l'le de la Ru- nion. (Renvoi la Commission administrative.) M. le Ministre des Finances de Russie adresse, pour la Bibliothque de l'Institut, un exemplaire de V Annuaire magntique et mtorologique pour l'anne 1 848. M. Kitpffer, directeur de l'observatoire physique central de Saint- Ptersbourg, remercie l'Acadmie pour l'envoi rgulier qu'on lui fait des Comptes rendus. M. Nes d'Esenbeck, prsident de l'Acadmie des Curieux de la Nature, adresse la premire partie du XXIII e volume des Nova Acta. M. l'Inspecteur gnral de la Navigation adresse le tableau gnral des hauteurs de la Seine pendant l'anne 1 85 1 , observes chaque jour l'chelle du pont de la Tournelle. M. Arago prsente, au nom de l'auteur M. Plateau, un exemplaire de la premire livraison d'un Trait de Physique l'usage des gens du monde. M. Arago met sous les yeux de l'Acadmie un travail imprim de M. Feilitzsch, concernant Y clipse totale de Soleil du 28 juillet i85i, et annonce l'intention de faire prochainement l'Acadmie une communi- cation concernant les phnomnes observs par l'astronome prussien, et les consquences qu'il a cru pouvoir en dduire. physique applique. Emploi de la vapeur d'eau pour teindre les incendies. Lettre de M. Foubneyron.) Je lis dans le journal anglais le Times, du 7 de ce mois, que le nouveau paquebot-poste vapeur l'Amazone, capitaine Symons, parti de South- ampton le vendredi 1 janvier, 3 h 3o m aprs midi, pour les Indes occi- G. K., iS5a, l" Srtnectre. (T. XXXIV , N 2. ) 9 ( 6* ) . dentales et le golfe du Mexique, est devenu la proie des flammes neuf heures aprs son dpart, et que, des cent cinquante-trois personnes bord, on n'en cite que vingt et une de sauves. N'est-il pas affligeant de penser qu'un si grand dsastre a pu s'accom- plir sans que personne ait song que l'on avait le remde ct du mal r et, dans l'agent moteur, un moyen de salut assur? En effet, on tait en pleine vapeur ; le navire filait huit nuds et demi; l'incendie s'tait dclar tout prs de l'une des chaudires. Il n'y avait donc qu' diriger la vapeur des chaudires dans l'espace voisin, assez resserr, que le feu venait d'envahir, et entretenir cet espace plein de vapeur pour teindre compltement l'incendie en peu de temps, et sans grande fatigue pour personne. Malheureusement, le capitaine ne savait pas ou ne s'est pas rappel cette proprit de la vapeur qu'il avait sous la main ; et il a pay de sa vie, avec beaucoup d'autres, cet oubli ou ce manque de connaissance d'une chose si prcieuse pour la navigation vapeur. Ce qu'un capitaine de la marine anglaise, charg d'un commandement important, ne savait pas ou n'a pas pu se rappeler temps, au moment du danger, est-il bien certain que tous les officiers de notre propre marine en soient instruits, et qu'ils s'en souviendraient dans une position aussi pril- leuse? J'aime le supposer; mais il me semble qu'il n'est pas tout fait inu- tile, en prsence de l'incendie et du naufrage de V Amazone, de rappeler la communication que j'ai eu l'honneur de prsenter l'Acadmie le 16 no- vembre 1840. Cette communication avait pour but de faire connatre le succs obtenu, cette poque, de l'application de la vapeur l'extinction d'un incendie. Depuis 1840, le mme moyen, employ plusieurs fois, a russi de la mme manire. Ce serait donc rendre un service vritable que de faire consigner dans les instructions des officiers, commandant des navires vapeur, la recommandation, en cas d'incendie, de remplir, avec la vapeur d'eau forme et se formant dans les chaudires, les espaces envahis par le feu aussitt qu'il se dclare leur bord; et d'avoir soin d'empcher, dans ce cas, qu'il ne reste personne aux endroits que la vapeur doit occuper ; car, sans cette prcaution, malheureusement facile oublier dans les moments de trouble et de prcipitation, on trouverait, aprs l'extinction de l'incendie, autant de victimes que la vapeur aurait pu envelopper d'hommes dans les espaces o on l'aurait lance. ( 63 ) J'espre que l'Acadmie ne regardera pas comme une chose inutile de porter, avec l'autorit qui lui appartient, le rappel de ces faits la connais- sance de M. le Ministre de la Marine. MM. Bouet. et Mante prsentent des preuves photographiques obtenues sur une matire qui, dans le commerce, porte le nom d' ivoire Jactice. Cette matire, disent les auteurs dans la Lettre d'envoi, peut recevoir un poli aussi parfait que le plaqu d'argent, et, par cela mme, conserver toutes les finesses du clich, n'tant pas cotoneuse et ne se dsagrgeant pas dans les prparations, comme le papier. Un grand avantage qu'elle offre encore est de pouvoir, une fois prpare, se conserver des mois entiers sans subir aucune altration. Prparation des plaques d'ivoire factice. Avant de soumettre la pla- que dans le premier bain, on la dcape avec un papier de verre trs-fin qui te toute trace grasse et facilite l'imbibition ; dans cet tat, on la plonge entirement dans la solution suivante, o on la laisse environ une minute : Muriate d'ammoniaque .... 20 grammes , N 1 . I Eau filtre 200 grammes. En la retirant, on l'accroche par un petit trou que l'on aura pralablement fait un des angles de la plaque, on la laisse s'goutter compltement, et, lorsqu'elle ne prsente plus de liquide sa surface, on la passe au second bain : Nitrate d'argent 4 grammes , N 2. ( Eau distille 200 grammes. On la plonge de la mme manire et on la laisse le mme temps dans ce bain que dans le premier ; mme manire de scher : il va sans dire que ceci se fait l'abri de la lumire du jour. Lorsque la plaque est bien sche, on peut s'en servir ainsi, ou bien la polir avec un tampon de coton imbib d'alcool et de tripoli. Lorsqu'elle aura acquis la lumire un peu plus de force que l'on en dsire, on la retirera pour la laver dans de l'eau, et ensuite la fixer l'hyposulfite chaud ou froid : , 1 Hyposulfite de soude 20 grammes, ( Eau filtre 100 grammes. Une fois que l'preuve aura acquis le ton que l'on dsire on la lavera encore grande eau pour dissoudre tout l'hyposulfite qu'elle pourrait contenir, on la suspendra ensuite pour laisser vaporer le plus d'eau pos- (64) sible, et, avant qu'elle soit tout fait sche, on la pressera entre des petites planchettes minces de bois blanc, ce qui finira de lui retirer toute sou humidit, et lui fera conserver une forme droite en schant. M. Marcel de Serres adresse Une Note ayant pour titre-: Ptrification des corps organiss, et particulirement des coquilles, dans le sein des mers actuelles. Cette Note ayant dj paru dans un journal d'histoire naturelle, nous devons nous borner en reproduire ici le titre. M. Dupr communique un moyen qu'il a imagin pour accrotre l'effet mcanique produit par une pile agissant sur des lectro-aimants. Les indications donnes dans cette Note n'ayant pas paru suffisantes, on attendra, pour en rendre compte, les dveloppements ultrieurs que l'au- teur se propose sans doute de donner. M. N Sire annonce l'intention d'adresser une Note sous pli cachet, et demande sous quelle forme doit tre fait ce dpt. M. Beixot prsente un paquet cachet. L'Acadmie en accepte le dpt. La sance est leve 5 heures. A. ERRATA. (Sance du 5 janvier i85a.) Page 8, ligne 4 de la note, au lieu de son autre principe immdiat, lisez deux autres principes immdiats. PARIS. IMPRIMERIE DE BACHELIER, me du Jardinet, 12. COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. i m un SANCE DU LUNDI 19 JANVIER 1852. PRSIDENCE DE M. PIOBERT. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. M. le Ministre de l'Instruction publique transmet l'ampliation d'un dcret du Prsident de la Rpublique, qui approuve la nomination de M. de Senannont la place vacante, dans la Section de Minralogie et de Gologie, par suite du dcs de M. Beudant. Sur l'invitation de M. le Prsident, M. de Senarmont prend place parmi ses confrres. statistique. Statistique compare des effets du cholra dans les annes i83a et 1849; par M. Charles Dupin. Dans une priode de dix-sept ans, l'pidmie du cholra s'est mani- feste deux fois en France par une grande invasion. Il m'a sembl qu'il devait tre d'un vif intrt de faire connatre le rapport des effets produits par cette pidmie aux deux poques dont nous parlons. En 1 832, le nombre des naissances tant de g38,i86 le nombre des dcs s'lve g33,733 alors l'accroissement annuel de la population descend 4>453 Passons la seconde invasion du cholra. C. R.,i352, 1" Semestre. ( T. XXXIV , N 3. ) ' ( 66) En 1 84g, le nombre des naissances tant de 995,466 le nombre des dcs s'lve 982,008 alors l'accroissement annuel de la population descend . . . . 1 3,458 Dans les deux cas, on le voit, il s'en faut de bien peu que la popula- tion ait t rendue compltement stationnaire. Pour apprcier les pertes relatives supportes aux deux poques mises en parallle, il faut les comparer avec le total de la population franaise. Premire poque , i83a. Dcs annuels g33,733 Population totale 32,547 ,109 Le rapport de ces deux nombres donne 28,689 dcs par million d'ha- bitants. Seconde poque , .849- Dcs annuels 982 ,008 Population totale 35,727,730 Le rapport de ces deux nombres donne 27,486 dcs par million d'ha- bitants.. Il rsulte de l qu'en 1 849 la mortalit par million d'habitants est de 1203 dcs moindre qu'en i832. Je ne me suis pas content de ce premier aperu. J'ai pris, pour chaque poque, les dcs des cinq annes prcdentes. J'ai divis leur valeur moyenne par la population existante au milieu de cette poque, afin d'a- voir une expression suffisamment approche de la mortalit dgage de l'influence qu'exerce le cholra. Je vais donner les rsultats de ce calcul. Premire poque. DATES. DCS ANNUELS. = AUGMENTATION de la population. 791 ,125 83 7 ,l45 803,453 80g, 83o 802,761 189,071 i 3g, 402 161 ,074 l5 7>994 i83, 9 48 l828 l82Q i83o 83i 4,o44,3i4 | = 8o8, 863 83 1,489 ! = 4'5,745 (6 7 ) Je cherche ensuite le diviseur de la moyenne annuelle des dcs poul- ies cinq annes i83n 1 83 1 inclusivement. Population au milieu de i832 32 ,747 , 109 Moins demi-augmentation des cinq annes prcdentes. . 4 r ^ ,74^ Diviseur 32 , 33 1 , 364 808 ,863 _-' t c i' 3a .uita 33, ,364 _ 2; ' 02:) (,eces ' par million d'habitants, valeur moyenne de 1827 i83i inclusivement. Influence du cholra pour i832. Par million d'habitants. Dcs pendant l'anne de cholra i832 28,68g Dcs moyens des cinq annes immdiatement ant- rieures , affranchies du cholra 25 ,024 Mortalit qu'on peut attribuer au cholra de i832, par million d'habitants 3 ,665 Seconde poque. BATES. DECES ANNUELS. AUGMENTATION de la population. 1844 l845 776,526 754,701 83 i, 498 856,026 844,1 58 979 8 237,332 151,975 62 , 555 104,590 i81t ,848 4,062,909 | = 8i2, 58i 747, 250 i= 373,625 Dtermination du diviseur du dcs moyen annuel. Population au milieu de 1849 35,727,730 La moiti de l'augmentation des cinq annes prc- dentes 373 ,625 Population moyenne de i844 1848 35,354, io ^ 812, 58i 35 mi " ions , 354,io5 22,984 dcs. 10. (68) Par consquent, pour les cinq annes immdiatement antrieures 1849, ^ a mortalit moyenne est de 22,984 dcs par million d'habitants. Influence du cholra pour 1849- Par million d'habitants. Dcs pour 1849, anne de cholra 27 ,486 Dcs moyens des cinq annes immdiatement ant- rieures, affranchies du cholra 22 ,g84 Mortalit qu'on peut attribuer au cholra de i84g 4 >5o2 En dfinitive, nous arrivons ces rsultats dignes d'attention : Le cholra de 1 849 , comparativement aux dcs moyens des cinq annes prcdentes, prsente un accroissement, par million d'habitants , gal 4?5o2 dcs. Le cholra de 1 83a, comparativement aux dcs moyens des cinq annes prcdentes, prsente un accroissement, par million d'habitants, gal 3,665 dcs. La mortalit qu'on peut attribuer l'invasion du cholra prsente, d'aprs ces donnes, en 1847, un accroissement qui l'emporte de 228 mil- limes sur la mortalit comparable de i832. Il semble, d'aprs cela, que nous n'avons pas encore atteint la priode dcroissante du redoutable flau. Je suis le premier faire remarquer que la mthode d'induction que je viens d'employer ne porte pas avec elle une rigueur mathmatique. Cinq annes conscutives sont propres, sans doute, faire disparatre les l- gres ingalits annuelles qu'on peut considrer comme purement for- tuites. Mais il peut exister, et je crois qu'il existe, des ingalits priodiques dignes d'un srieux examen, et qu'on n'a pas encore apprcies. Il peut rgner, diffrentes poques, des maladies prdominantes qui ne soient pas les mmes, et qui se trouvent, des degrs fort ingaux, empires par l'pidmie gnrale. Il y a l, pour les hommes de l'art, matire aux recherches les plus importantes. La statistique a fait sOn devoir en constatant avec exactitude les rap- ports qui rsultent des faits. C'est, ensuite, aux hommes minents, dans les sciences mdicales, dcouvrir les causes relles des rsultats con- stats. On doit naturellement se demander comment il a pu se faire que l'pidmie de 1849, ayant accru les dcs qui lui sont propres, de 228 (6 9 ) pour mille comparativement l'pidmie de i83i, elle n'ait pas sembl faire d'aussi grands ravages et causer une terreur aussi profonde? " Nous trouverons la solution de cette question si nous considrons les pertes prouves par l'effet du cholra, dans le dpartement de la Seine, celui de tous o l'intensit du mal est arrive au plus haut degr, soit en i83a, soit en 1849- Premire invasion du cholra ( i832). En i832, dcs du dpartement de la Seine . 53,382 En i83i , population du dpartement 9^5, 108 De ces deux nombres, nous concluons, par million d'habitants , une mortalit reprsente par 57,087 dcs. Seconde invasion, du cholra ( i84g)- En 1849, dcs du dpartement de la Seine 60,284 En i85i, population du dpartement de la Seine . . i,422,o65 En admettant seulement 1 ,400,000 pour la population de 18/19, on trouve , pour la mortalit de cette anne , par million d'habi- tants 4 2 >9 i; > dcs. C'est--dire une diminution de '4>7 a dcs. Le dpartement de la Seine n'a donc prouv, en 1849, que les trois quarts de la mortalit qui l'avait frapp en i83a. En dfinitive, la diffrence caractristique entre les deux invasions consiste dans ce fait trs- remarquable : Tandis que la mortalit due au cholra surpasse, pour 1849, de 2 3 pour 100 la mortalit de i83a , le maximum des dcs totaux dans le d- partement le plus frapp de tous est, au contraire, de 24 f pour 100 moindre en 1849 i u ' en i83a. Ce maximum tant moindre l'poque la plus r- cente, quoique la perte totale ait t plus considrable, elle a fait moins d'impression. Je terminerai ces observations par un rapprochement analogue celui que j'ai dj prsent plus d'une fois sur l'allongement de la vie moyenne des Franais depuis quatre-vingts ans. De 1 771 1780 inclusivement, la mortalit moyenne des Franais, Par million d'habitants Sans pidmies extraordinaires, s'lve 33, 000 En i832, premire poque d'invasion du cholra, la mortalit s'lve 28 , 689 En 1849, seconde poque d'invasion du cholra, la mortalit s'lve 27,486 (7) Par consquent , i si l'on avait doubl la mortalit due au cholra en i832, la totalit des dcs par million d'hommes n'aurait pas gal la mortalit telle qu'elle existait de 1770 1780, sans pidmies extraordi- naires. i. Si l'on avait doubl la mortalit due au cholra dans l'anne 1 849, la totalit des dcs par million d'hommes serait encore reste plus loin de la mortalit telle qu'elle existait de 1770 1780, sans pidmies extraor- dinaires. Je m'abstiens de prsenter aucun commentaire, sur ces simples rap- prochements : ils parlent d'eux-mmes. analyse mathmatique. Mmoire sur le dveloppement des quantits en sries limites; par M. Augustin Cauchy. Lorsqu'une quantit ne peut tre calcule directement, on peut re- courir, pour la dterminer, un dveloppement en srie. Mais les sries que l'on suppose illimites et prolonges indfiniment, ne peuvent tre ad- mises dans le calcul qu'autant qu'elles sont convergentes. D'ailleurs la d- termination d'une quantit l'aide d'une srie convergente devient labo- rieuse et mme impraticable, lorsque les termes de cette srie dcroissent trs-lentement ; or c'est l prcisment ce qui arrive dans un grand nombre de cas, et surtout quand il s'agit de calculs dans lesquels entrent des fonc- tions priodiques, ainsi que nous allons l'expliquer. Souvent, dans les applications de l'analyse mathmatique, particuli- rement en astronomie, on rencontre une ou plusieurs fonctions du sinus et du cosinus d'un angle p, et la solution des problmes exige le dveloppement d'une telle fonction en une srie ordonne suivant les sinus et les cosinus des multiples de l'angle p, ou, ce qui revient au mme, en une srie ordon- ne suivant les puissances ascendantes et descendantes de l'exponentielle trigonomtrique dont l'angle p est l'argument. Or le coefficient de la n teme puissance est reprsent par une intgrale dfinie, ou mieux encore par une mojenne isotropique relative l'argument p ; et, quoique cette moyenne isotropique puisse, en gnral, tre dveloppe par des procds divers en srie convergente, toutefois, lorsque l'exposant n a une valeur consi- drable, il arrive frquemment que les sries convergentes obtenues offrent des sommes dont la dtermination, mme approximative, exigerait le calcul de plusieurs milliers de termes. J'ai cherch les moyens de parer un si grave inconvnient, et j'y suis parvenu en remplaant les sries illimites ( V ) par des sries limites convergentes ou mme divergentes. Entrons ce sujet dans quelques dtails. Pour qu'une fonction donne Z de l'exponentielle trigonomtrique z soit dveloppable en une srie convergente ordonne suivant les puissances ascendantes et descendantes de z, il suffit que cette fonction Z reste mono- drome et monogne dans le voisinage de la valeur i attribue au module de z. Sous cette condition, le coefficient A de z" dans le dveloppement sera la moyenne isotropique entre les diverses valeurs du produit z~"Z, et cette moyenne isotropique ne variera pas si, aprs avoir remplac le module i de z par un autre module r, on fait varier celui-ci entre deux limites, l'une infrieure, l'autre suprieure l'unit, mais tellement choisies que la fonc- tion Z ne cesse pas d'tre monodrome et monogne. Ces deux limites du module r sont inverses l'une de l'autre, c'est--dire de la forme et , a lorsque Z est une fonction relle de l'angle p ; et je prouve que leur consi- dration fournit prcisment le moyen de dvelopper le coefficient A, quand n est un trs-grand nombre, en une srie convergente ou diver- gente, mais qui dcrot trs-rapidement dans ses premiers termes. Je montre, de plus, comment, aprs avoir prolong cette srie jusqu' un terme num- riquement insensible, ou, si elle est divergente, jusqu' son plus petit terme qu'il est facile de reconnatre, on peut la complter par un reste qui est gnralement de l'ordre du dernier des termes conservs, et que j'ap- prends dvelopper en une srie nouvelle, toujours convergente; enfin, je montre comment on peut fixer l'avance le terme auquel on doit s'arrter ou dans la premire srie, ou du moins clans la seconde, pour obtenir, avec une approximation donne, la valeur cherche du coefficient A. Jusqu' prsent, nous avons suppos qu'il s'agissait de dvelopper une fonction priodique suivant les puissances ascendantes d'une seule expo- nentielle trigonomtrique z. Si, la fonction propose renfermant deux expo- nentielles de ce genre, par exemple z et z, , on tait forc de la dvelopper suivant leurs puissances ascendantes; alors, aprs avoir trouv le coefficient \ de s", il resterait encore dvelopper A suivant les puissances ascen- dantes de z, , et dterminer, pat exemple, dans ce dveloppement le coeffi- cient A , , de z','. ou le coefficient A , _, de z-,". . Or ce dernier problme est lui-mme du nombre de ceux dont la solution, quand n, est un trs-grand nombre, semble exiger un travail immense. Je fais voir qu'on peut encore (70 le rsoudre, l'aide de sries limites, convergentes ou mme divergentes, mais rapidement dcroissantes dans leurs premiers termes, et compltes par des restes qui se dveloppent en sries convergentes. Je montre aussi qu'on peut fixer l'avance le terme auquel on doit s'arrter, soit dans la srie limite, soit dans le dveloppement du reste, pour obtenir, avec une approximation donne, la valeur cherche du coefficient A n> i ou A_ _ Hi . Le principe sur lequel je m'appuie pour dvelopper en sries limites 'es coefficients A et A n> t o A, _ Bi me paraissant digne de quelque . atten- tion, je l'indiquerai ici brivement. On sait que l'on dtermine avec la plus grande facilit le reste qui complte une progression gomtrique mme divergente. D'ailleurs une intgration relative une variable peut transformer une suite constamment croissante, et, par consquent, divergente, en une suite qui, avant de crotre, commence par dcrotre, et dcroisse mme trs-rapidement dans ses premiers termes. Cela pos, pour obtenir le reste propre complter une srie divergente qui dcrot trs-rapidement dans ses premiers termes, il suffit videmmentde transformer ses divers termes, de manire ce qu'ils soient produits par une intgration dfinie applique aux termes correspon- dants d'une progression gomtrique. Or une semblable transformation est prcisment celle qu'oprent les formules auxquelles on est conduit par le calcul des rsidus, et par la considration des moyennes isotropiques. Il tait donc naturel de s'attendre ce que l'emploi de ces formules permt, dans les applications de l'analyse mathmatique, de tirer des sries limites mme divergentes, des dterminations sres et rapides, que souvent les sries illimites et convergentes ne pouvaient donner. Le principe gnral que je viens de rappeler est spcialement appli- cable la solution de divers problmes d'astronomie. On sait, en effet, que le calcul des perturbations des mouvements plantaires suppose le dve- loppement de la fonction nomme perturbatrice en une srie ordonne suivant les cosinus d'arguments reprsents par des fonctions linaires des multiples des anomalies moyennes. On sait aussi que la partie constante d'un argument quelconque, et le coefficient du cosinus de cet argument, sont trs-difficiles dterminer par les mthodes ordinaires, lorsque les multiples des anomalies moyennes deviennent trs-considrables; et cette circonstance est prcisment celle qui, jusqu' ces derniers temps, rendait peu prs impraticable le calcul des perturbations d'un ordre trs-lev. Toutefois, depuis quelques annes, on est parvenu dterminer des pertur- bations de ce genre, soit comme l'a fait M. Le Verrier, dans son Mmoire (?3) sur la grande ingalit de Pallas, en ayant recours une double interpo- lation qui concerne le systme de deux variables, soit, comme je l'ai fait moi-mme, dans les Comptes rendus de 1845 [t. XX, p. 774 et suivantes], en recourant aux thormes gnraux que j'avais tablis cette poque et une interpolation simple. On peut mme, comme je l'ai montr dans le Mmoire du 1 juin i845, dterminer directement, par de nouvelles for- mules, et sans interpolation d'aucune espce, les perturbations longues priodes avec une exactitude d'autant plus grande qu'elles sont d'un ordre plus lev. Mais en soumettant un nouvel examen mes formules de i845, j'ai reconnu qu'elles peuvent tre avantageusement remplaces par les formules plus simples que je donne aujourd'hui. Analyse. Soit Sv une fonction donne du sinus et du cosinus de l'argument p. Soit encore ce que devient la fonction 1 tellement choisies, que la fonction Z ne cesse pas d'tre, entre ces limites, monodrome et monogne. C. H., l85, i Semestre. ( T. XXXIV, N<> 5- ) I * (74 ) Soient maintenant 2 = ae ai et z' = aie*'' 1 les valeurs de z correspondantes aux modules a, a', et pour lesquelles la fonction Z cesse d'tre monodrome et monogne. A ces valeurs de z cor- respondront ordinairement des valeurs nulles ou infinies de la fonction Z qui deviendra infiniment petite ou infiniment grande pour une valeur infi- niment petite de la diffrence z z ou z z'. C'est ce qui arrivera, par exemple, si S\. est de la forme (4) *=&> P, Q,... R dsignant des fonctions entires de sin^?, cos p, et s, t,..., des exposants positifs quelconques. Alors, pour obtenir z et z', il suffira de rsoudre par rapport la variable z les quations (5) P = o, Q = o,..., et de chercher parmi leurs racines celles qui offriront les modules les plus voisins de l'unit (*). Si, pour fixer les ides, on suppose que z i soit racine de l'quation P=o, la fonction Z de z pourra tre prsente sous la forme (6) Z = (i_z,z-)-*F(z), F (z) tant une fonction qui restera monodrome et monogne dans le voi- sinage de la valeur z t attribue la variable z, et si, parmi les racines des quations (5), z = be i , est celle qui offre le module immdiatement infrieur au module a de z t , la fonction F (z) restera gnralement monodrome et monogne entre les limites b et a' du module r de la variable z. (*) Lorsque P, Q,. . ., A sont des fonctions relles de cosp et sinp, la racine z' est conjugue a -, de sorte qu'on a z' = ae- Ki , a' = -- a (75 ) Considrons maintenant, d'une manire spciale, le cas o la fonction Z est de la forme indique par l'quation (6), la fonction F(z) tant mono- drome et monogne entre les limites r = b < a, r= a', et cherchons dans ce cas la valeur de A_. Si d'abord on suppose la fonction F(z) rduite l'unit, on aura sim- plement (7) A n = CKilz"(i-zzr')-<] = [s] n , la valeur [s] tant s(s-hi). . .(s + n i) i . i ... n Si au contraire F(z) diffre de l'unit, on aura (8) AL = ^[z"(i-z,z)-'F(z)]. Or un moyen trs-simple de calculer, dans cette dernire hypothse, la valeur de A_ et de la dvelopper en une srie dont les termes successifs dcroissent trs-rapidement pour de grandes valeurs de n, sera videmment de dvelopper, sous le signe 3TL, la fonction F(z).en une srie ordonne suivant les puissances ascendantes de la diffrence z z,. En supposant que le dveloppement de cette fonction soit convergent, on trouvera ( 9 ) , F(z) = F(z,) + !^$ F'(z,) + (j ^F"(z, ) +...; par consquent l'quation (8) donnera ( 1 o)A.^ Mn z;JF(^-^z,F(zJ + ( ^ 1 -^ 2) z;F"(z,)-...) > et il est clair que, pour de trs-grandes valeurs de n, les premiers termes de la srie renferme entre les parenthses dans la formule (io) dcrotront trs-rapidement avec ceux de leurs facteurs qui dpendent de , c'est--dire avec les termes de la suite i i i, ; > t r? *-%' etc.-., Mais, le plus souvent, les sries que renferment les formules (9), (10) seront 11.. (76) divergentes, et, par suite, ces formules devront tre rejetes. Toutefois, dans ce cas-l mme, pour obtenir encore avec une grande facilit la valeur de A_ B , quand n sera un trs-grand nombre, il suffira encore de dvelopper F(z) en une srie ordonne suivant les puissances ascendantes de la diff- rence z z t , mais en limitant la srie et en oprant comme il suit. L'quation (8) subsistera pour tout module de z, renferm entre les limites a, a'. Si d'ailleurs F(z) conserve une valeur finie pour z = o, et si l'on nomme u une variable distincte de z, mais dont le module, suprieur celui de z, soit encore renferm entre les limites a, a', on aura la lettre 3K, indiquant une moyenne isotropique relative l'argument de la variable u. Enfin, en dsignant par m un nombre entier quelconque, on aura Donc , si l'on pose, pour abrger, (i3) Um = (_rri. 2 ... m2 ;^^-^L, et H-(i-s,y-')~F(iQ . ('*) p m = JIL3It {u _ Zi)m{u _ z) ; la formule (8) donnera (i5) a_ = [ S]n z: 1 1 + t-i^i Vl + . + {h+ -fc m _ t) , m _, | -h Pm . Or, l'aide des formules (i3), (i4), (i5), on dterminera facilement, d'abord les valeurs de v m et de p m , puis la valeur de A_. Ainsi la dtermi- nation du coefficient A_ rsultera du calcul des divers termes de la srie limite, comprise entre parenthses dans la formule (5), et de l'valuation du reste p m . Ajoutons que, pour obtenir le dveloppement de ce reste en une srie convergente, il suffira de dvelopper le rapport ( 77 ) en progression gomtrique l'aide de la formule Il U M 1 (16) =Vr* + + 7 f";.? et que la mthode ici applique la dtermination du coefficient A_ s'ap- pliquera encore avec la mme facilit la dtermination du coefficient A. Il reste dire comment les valeurs de v m et de p m se modifient, quand F (z) devient infinie pour z = o. C'est ce que nous expliquerons dans un autre article. Nous montrerons aussi comment des principes exposs dans ce Mmoire on peut dduire le dveloppement d'une fonction en une srie double ordonne suivant les puissances ascendantes et descendantes de deux exponentielles trigonomtriques. zoologie. Note sur l'encphale du Microcbe, et sur une application nouvelle de la classification par sries parallles ; par M. Is. Geoffroy- Saint-Hilaike. Lorsqu'il y a onze ans, je reconnus et annonai l'absence, chez quel- ques Singes, des circonvolutions crbrales, jusqu'alors admises chez tous les Mammifres suprieurs, les rsultats de mes observations, aprs m'avoir beaucoup tonn moi-mme, excitrent une grande incrdulit. En 1 843, un savant mdecin et physiologiste, que la science a eu le malheur de perdre depuis, M. Leuret, les contestait encore devant l'Acadmie (i). Et cepen- dant, cette poque, ce n'tait plus chez une espce seulement, le Mari- kina, mais chez les Ouistitis, que j'avais constat l'existence d'un cerveau lisse. De plus, M. Ovven avait observ, de son ct, des faits analogues qu'il a mme publis le premier; et, par ses observations et les miennes, il tait devenu manifeste que l'absence des circonvolutions et anfractuosits cr- brales est le caractre, non de quelques espces exceptionnelles, mais de la dernire des quatre tribus qui composent la grande famille des Singes. Je puis maintenant affirmer que les Hapaliens ne sont mme pas, parmi les Mammifres de l'ordre des Primates, les seuls dont le cerveau s'carte, sous ce point de vue si important, des conditions humaines; con- ditions regardes si longtemps comme constituant l'un des caractres essen- tiels du premier ordre des Mammifres. Le sujet de mes nouvelles obser- vations est le singulier Primate que Buffon a fait connatre sous le nom de < i) Voyez les Comptes rendus des sances de l' Acadmie des Sciences , tome XVI , p. 1872. ( 7 8 ) Petit Mongous et sous celui de Rat de Madagascar (i), que mon pre a, le premier, en 1796 (2), ramen dfinitivement, sous le nom de Maki nain, la famille des Makis, ou, comme nous disons aujourd'hui, des Lmurids, et qu'il a, depuis, rig (3) en un genre distinct, sous le nom, aujourd'hui gnralement admis, de Microcbe, Microcehus; nom qui rappelle la trs- petite taille de ce Primate. Aucun individu de ce genre, fort rare dans les collections, n'avait encore t vu vivant en Europe, ma connaissance du moins, lorsque j'ai saisi, en i85o, l'occasion d'en acqurir un pour la Mnagerie du Musum. Sa mort, tout rcemment survenue, m'a permis de constater le fait intressant qui fait le sujet de cette Note. Le cerveau est lisse, comme chez les Hapaliens, ainsi que chacun peut le voir sur le dessin que j'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Acadmie. Comme chez les Hapaliens aussi, il existe latralement un sillon qui spare le lobe antrieur du lobe moyen. L s'arrtent d'ailleurs les ressemblances : le cerveau du Microcbe est tabli sur le type gnral de la famille des Lmurids, celui des Hapaliens sur le type gnral de la famille des Singes. C'est ainsi, pour citer la diffrence la plus remarquable, que, chez le Microcbe, le cervelet reste compltement dcouvert en arrire des hmisphres cr- braux : chez les Ouistitis et les autres Hapaliens, au contraire, les hmi- sphres recouvrent entirement le cervelet, et mme le dpassent un peu ; leur dveloppement, part l'existence des circonvolutions, tant aussi riche, ou mme, les Samiris et quelques autres excepts, plus riche que dans tout le reste de la famille des Singes. Ainsi la seconde famille des Mammifres a, comme la premire, ses espces cerveau lisse : double et trs-grave objection, soit contre des vues physiologiques souvent dveloppes par les phrnologistes, soit surtout, et ici sans rsolution possible, contre les tentatives faites, dans ces dernires annes, pour fonder la classification des Mammifres sur le nombre des lobes crbraux et sur la prsence ou l'absence des circonvolutions (4). (1) Petit Mongous , en 1765, dans l'Histoire naturelle, tome XIII, page 177; Rat de Madagascar, en 1776, dans les Supplments , tome III, page i^g. ( 2 ) Mmoire sur les rapports naturels des Makis , dans le Magasin encyclopdique , 2 e an- ne, tomel, page 20. ( 3) Cours de l'Histoire naturelle des Mammifres , leon XI, page 2z{; 1828. (4) J'avais eu le premier, et ds 1 828 [Dictionnaire classique d'Histoire naturelle, tome XIV, page 65g), la pense d'tablir la classification sur des caractres auxquels les thories, alors gnralement admises, attribuaient une trs-grande importance. Ds mes premiers essais , j'ai (79) Le fait que je viens d'annoncer, offre ainsi, plusieurs titres, un vri- table intrt pour la zoologie et l'anatomie compare. Je n'aurais pas cru, nanmoins, devoir le dtacher d'un travail que je poursuis depuis quatre annes, en commun avec M. le D r Auzias-Turenne, sur l'encphale des Mammifres, et particidirement des Primates, si ce fait ne m'avait fourni une occasion, trs-prcieuse et trs-dsire, de vrifier une induction qu'on et pu prendre, jusqu' ce jour, pour une conjecture fort hasarde. Quand M. Leuret, en i8/j3, se refusait admettre l'absence des circon- volutions crbrales chez les Ouistitis, c'tait surtout par des raisons toutes thoriques, dduites de l'ide gnrale que, fidle disciple de M. de Blain- ville, il se faisait de la srie zoologique, selon lui essentiellement linaire et uniformment dcroissante (i). C'est d'aprs des vues thoriques, dduites de l'ide que je me fais de la srie zoologique, comme essentiellement mul- tiple et paralllique, que j'ai pu annoncer l'avance que, les Lmurids jusqu' prsent connus, ayant tous des circonvolutions crbrales, le Micro- cbe, qui pourtant est incontestablement un vritable Lmurid, devait, au contraire, contre toutes les analogies apparentes, manquer de ces mmes circonvolutions. Lorsque j'ai propos, en i832, la substitution, la classification en srie unique et linaire, jusqu'alors adopte, de la classification par sries parallles, j'avais pour but d'arriver une expression plus complte des rapports naturels des tres. On avait toujours donn une grande attention aux affinits qui unissent les diffrents types compris dans un mim groupe; on avait, au contraire, nglig les affinits qui relient les types homologues que l'observation montre si souvent dans des groupes diffrents, et qui, de l'un l'autre, se rptent comme autant de termes correspondants. Ces suites de termes correspondants sont ce que j'appelle sries parallles; sries dont l'emploi, grce aux travaux de plusieurs de mes anciens lves, est devenu aujourd'hui trs-gnral en zoologie, et a mme t tendu, par quelques-uns, plusieurs parties de la botanique, et, par l'un de mes illustres matres, l'anthropologie. reconnu que les faits taient en opposition avec les donnes de ces thories. Depuis , les mmes vues ont t reprises, et dveloppes avec talent, et non sans un vritable profit pour la science; elles comptent aujourd'hui d'illustres partisans. Mais le nombre des faits qui les con- tredisent, s'accrot de jour en jour, et elles ne sauraient prvaloir dans la science. (i) Voyez la Note dj cite, de M. Leuret, page 1 373, et ma Rponse publie la suite, page 1 37^ . ( 8o ) L'application de ces vues l'ordre des Primates date dj de plusieurs annes. Sans parler des paralllismes secondaires, aujourd'hui si manifestes, qui existent entre les Singes de l'ancien et du nouveau continent, le paral- llisme des deux grandes familles des Primates, les Singes et les Lmurids, ne saurait plus aujourd'hui tre contest. L'une et l'autre de ces familles commencent par des genres de grande taille, frugivores, cinq molaires comme chez l'homme; toutes deux se continuent par des genres plus petits, souvent mme trs-petits, d'abord frugivores encore, puis insectivores, et qui ont ordinairement six molaires, et en tout trente-six dents; d'o, entre des animaux caractriss essentiellement par la disposition trs-diffrente de leurs dents, la reproduction exacte des mmes nombres dentaires, et l'appli- cation possible d'une formule commune, qui est la suivante : 4 01 + C-i- 3m + 3M) = 36D(.). Malgr quelques difficults relatives une modification particulire du systme dentaire chez les Hapaliens, il est facile de voir que, dans la com- paraison des deux sries parallles des Singes et des Lmurids, les Ouis- titis et les Microcbes se trouvent reprsenter des termes de mme ordre, en tant que ralisant, de part et d'autre, le type le plus infrieur et le plus compltement insectivore de la srie. Chacun de ces genres en est en mme temps le plus petit. De l des variations corrlatives dans les appareils, qui tous prsentent les caractres gnraux, d'une part, de la famille des Singes, de l'autre, paralllement, de la famille des Lmurids, mais avec des modifications secondaires parfaitement analogues. De l, quant aux encphales en particulier, les doubles rapports signals plus haut, le cer- veau tant, chez l'Ouistiti, comme type appartenant la famille des Singes, (i) Entre les systmes dentaires de ceux des Singes et de ceux des Lmurids auxquels cette formule n'est pas applicable, il n'y a pas identit numrique; mais la similitude est trs-grande, et le paralllisme est encore confirm. Ainsi, la formule ci-dessus donne tant celle des Singes et des Lmurids six molaires, voici celles des Singes et des Lmurids qui en ont cinq seulement : Sinces, premire et seconde tribu .... ^ (2.1 + C-]- 2 m -j- 3M.) = 3a D. Lmurids , premire tribu 2(2l + C + 2/ + 3M)| , -h 2( I + C + 2m + 3M)j~ Formules identiques , un seul terme except , et qui ne diffrent qu'en apparence , par suit' des simplifications rsultant de l'existence des mmes nombres dentaires aux deux mchoires chez les Singes. ( 8i ) considrable et trs-tendu en arrire, chez le Microcbe, comme faisant partie des Lmurids, trs-restreint dj et ne s'tendant que jusqu'au cer- velet, et chez l'un et l'autre, comme insectivores, trs-dgrad quant aux circonvolutions. C'est l ce que la thorie indiquait l'gard du Microcbe, ce que je n'ai pas craint d'annoncer, et ce que l'observation a montr ds que la mort de l'animal nous a permis de mettre son encphale dcouvert. La vrification, par l'observation, de rsultats thoriquement prvus, est, sans nul doute, pour la thorie d'o ils drivent, une confirmation qui n'est pas sans valeur. J'ai espr que le fait, annonc dans cette Note, int- resserait, ce point de vue, les zoologistes, et qu'il pourrait les encourager s'avancer dans une voie quelques gards nouvelle. Depuis qu'on a compris que l'histoire naturelle n'est pas seulement une science d'observa- tion, mais aussi, et essentiellement, une science de raisonnement, les induc- tions auxquelles on a recours, ont gnralement pour objet de prvoir que des conditions dj connues dans un genre, un ordre, une classe, se retrou- veront chez d'autres tres du mme genre, du mme ordre, de la mme classe : je crois avoir montr que la considration des sries parallles peut conduire, de plus, des inductions d'un ordre prcisment inverse, c'est- -dire faire prvoir, l'aide de rapports longtemps ngligs, dans un genre, une famille, une classe, des conditions qui ne sont encore connues que dans un autre genre, une autre famille, une autre classe (i). zoologie. Sur le Gorille; par M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire. Le Musum d'Histoire naturelle a reu, il y a trois jours, un don d'un si grand intrt pour la science, que je me fais un devoir de l'annoncer ds aujourd'hui l'Acadmie. M. Penaud, capitaine de vaisseau, commandant (i) On se tromperait beaucoup en supposant que les prvisions auxquelles peut conduire la comparaison de deux ou plusieurs sries parallles , ne sauraient avoir lieu que d'une famille l'autre. La srie des Rongeurs tant parallle la srie des Insectivores, animaux d'un autre ordre, la glande latrale du Rat-d'eau devait tre naturellement recherche et trouve , par cela seul qu'on connaissait une glande latrale chez quelques Insectivores ; et , l'inverse , quelques Rongeurs ayant le poil susceptible d'tre feutr et employ dans la chapellerie, l'existence, parmi les Insectivores, d'espces semblables pelages, tait par cela mme indique; et tel est, en effet, le pelage du Desman. Je cite ce dernier exemple, afin de montrer que la considration du paralllisme des sries pourrait conduire mme, par voie d'induction, des faits pratiques. C. R., i85a, i Semestre. (T. XXXIV, N 5. ) I2 ( 8 2 ) la frgate vapeur l'Eldorado, qui vient d'arriver Lorient, a bien voulu mettre notre disposition, en mme temps que d'autres objets d'une moin- dre valeur scientifique, deux individus d'un Singe appel au Gabon Gina ou Engina, et qui est l'espce, si remarquable et encore si peu connue, que les naturalistes dsignent sous le nom de Gorille. De ces deux individus, l'un est donn au Musum par M. le capitaine Penaud ; c'est un jeune sujet qui avait t embarqu vivant avec un Chim- panz du mme ge, et qui malheureusement a succomb, ainsi que son compagnon, pendant la traverse. Tous deux sont conservs en entier dans l'alcool. Le second Gorille est nu mle adulte, galement conserv dans l'al- cool ; don beaucoup plus prcieux encore, d M. le D r Franquet, mde- cin de la marine nationale. Ces objets, jusqu' prsent uniques en Europe, offrent pour la science un double intrt; c'est la fois la dmonstration dfinitivement acquise de l'existence d'une seconde espce africaine dans le groupe de Singes, le plus remarquable par les analogies de son organisation physique avec celle de l'homme. En mme temps, et ce titre, le don que nous venons de rece- voir est d'une importance beaucoup plus grande pour la science, c'est la connaissance, enfin compltement obtenue, de l'tat adulte d'animaux qui, si longtemps, n'avaient t connus que dans l'enfance. C'est M. Savage, missionnaire protestant, qui a dcouvert, en 1847, sur les bords de la rivire de Gabon, le Singe qu'il a nomm, et que tous les zoologistes nomment d'aprs lui Gorille, Troglodytes Gorilla. Ds 1828, mon pre avait souponn l'existence, sur la cte d'Afrique, d'une seconde espce de Singe anthropomorphe. Mais dix-neuf ans s'taient couls sans que rien ft venu confirmer sa prvision, lorsque parut le travail de M. Savage (1); et aprs ce travail lui-mme, la plupart des naturalistes doutaient encore de l'existence spcifiquement distincte du Gorille. Depuis, ni M. Wyman (2;, par une Notice o il confirmait les rsultats des observations de M. Savage, ni M. Owen lui-mme (3), par un Mmoire (1) Dans le Journal of the natural History de Boston , 1847 - (2) Dans les Transactions of zoological Society of London , la suite du Mmoire de M. Owen, ci-aprs indiqu. (3) Dans les Procecdings 0/ the zoological Society, 1848, et depuis dans les Transaction of the zoological Society, tome III, page 38 1 . (83) o, quelques mois aprs M. Savage, il tablissait de son ct la mme espce sous le nom de Troglodytes Savagei, n'avaient russi faire dispa- ratre tous les doutes. L'un et l'autre ne s'appuyaient encore que sur l'examen du crne et des dents, personne n'ayant pu apporter en Europe ou en Am- rique des lments plus complets de dtermination. Ces lments ont t enfin partiellement obtenus un an plus tard, et c'est le Musum d'Histoire naturelle de Paris qui les a reus. En avril 1849, un chirurgien de la marine nationale, M. Gautier-Laboulaye, a enrichi le Musum, non-seulement d'un crne adulte, mais aussi d'un squelette galement adulte, qui devinrent aussitt le sujet d'tudes trs-suivies de la part de M. de Blainville : c'tait l'un des travaux dont s'occupait avec prdilection notre illustre confrre, lorsque la mort l'a subitement frapp. Tels sont les matriaux dj possds par le Musum et par la science au moment o, grce au double don que je viens d'annoncer, il nous devient possible de connatre compltement le Gorille dans son organisa- tion, soit extrieure, soit intrieure, et de dterminer exactement ses carac- tres et ses rapports, soit avec le Chimpanz, soit avec les Orangs. L'adulte est, en particulier, un objet d'un intrt hors ligne. Depuis plusieurs annes, les Hollandais avaient pu se procurer et procurer aux principaux Muses de l'Europe des Orangs Outans adultes, et nous avions pu suivre dans cette espce les singulires transformations par lesquelles un Primate, d'abord trs-voisin de l'homme, principalement par sa tte globuleuse, sa face courte et aplatie, son front lev et presque humain, finit par se rapprocher des Cynocphales eux-mmes par l'acuit de l'angle facial, la dpression du front, le prolongement de la face en un vritable museau, et l'norme dveloppement des crtes crniennes. Les Singes anthropomorphes d'Afrique, et notamment le Chimpanz, dcrit par Buffon (qui le nomme Jocko), et figur par lui sous des traits presque humains (1), sont-ils dans le mme cas que les Orangs Outans? Ne reproduisent-ils que dans l'enfance les traits et le type de l'homme? Dj on avait pu rpondre affirmativement, et les remarquables travaux de VI. Owen surtout ne pouvaient laisser aucun doute cet gard. Mais la question n'avait t rsolue que d'aprs la comparaison de ttes osseuses de diffrents ges, le Chimpanz n'tant pas plus connu l'tat adulte que le Gorille lui-mme ( 2 ) . (0 T. XIV, PI. I. (2) L'tat adulte des Troglodytes n'tait comni, les parties osseuses exceptes, que par \1. . (84) Cette lacune dans nos connaissances et dans nos collections, que je signalais, tout rcemment encore (i), comme l'une des plus regrettables, est celle que vient de remplir M. le D r Franquet. L'individu que nous lui devons, est, sans nid doute, tout fait adulte : ses canines normes et l'tat de ses tguments en fournissent, ds le premier aspect, les preuves vi- dentes. Ses dimensions sont considrables : sa hauteur est celle d'un homme de moyenne stature; mais les membres postrieurs tant relativement trs- courts chez le Troglodytes Gorilla^), le corps est beaucoup plus long, et, en mme temps, d'un diamtre beaucoup plus considrable que celui d'un homme. Voici les donnes telles qu'elles rsultent de mesures prises en Afrique par M. Franquet : m Hauteur i ,67 Circonfrence au col 0,^5 Circonfrence la poitrine 1 ,35 Envergure 2,18 Le Gorille est, d'aprs ces mesures, le plus grand des Primates connus. Je mets sous les yeux de l'Acadmie un profil, de grandeur naturelle, dessin par M. Werner, et plusieurs figures photographiques que je dois l'obligeance de M. Terreil, aide-prparateur de chimie au Musum. C'est par ces figures seulement que je ferai connatre aujourd'hui le Gorille : je crois remplir un double devoir, en annonant, ds cette sance, l'arrive d'un objet aussi prcieux, et en rservant M. le D r Franquet, qui est attendu Paris, le soin de le dcrire et de faire connatre lui-mme l'Acadmie le rsultat des observations et des recherches dont le Gorille va devenir le sujet. une peau trs-incomplte de l'un de ces animaux qui existe au Muse du Havre. Est-ce celle d'un Chimpanz adulte ou d'un Gorille? Elle est si incomplte, que nous ne saurions le dire, au moins pour le prsent: la tte et les quatre membres, c'est--dire toutes les parties caractristiques, manquent cette peau, nanmoins fort prcieuse; car, jusqu' ce jour, ell* nous donnait seule une ide de la taille d'un Troglodyte adulte. (1 ) Catalogue des Primates du Musum d'Histoire naturelle, page iij. (2) En employant ici le nom donn l'espce par l'auteur qui l'a fait connatre le premier, je suis loin d'affirmer que ce nom doive tre conserv. La conformation des mains, celle des organes des sens sont, chez le Gorille, trs -diffrentes de celles que l'on connat chez le Chim- panz, et les diffrences entre l'un et l'autre, un premier examen du moins, nous ont sembh que spcifiques. Le genre Gorilla, si nos tudes ultrieures nous conduisent l'admettre, plus serait intermdiaire, quelques gards, aux genres Troglodytes et Simia ; d'autres, et notamment par la conformation presque exactement humaine des mains antrieures , il serait plus voisin de notre espce que ceux-ci eux-mmes. (85) cristallographie. Considrations sur la dtermination des conditions dans lesquelles devraient se trouver les molcules matrielles qui constituent le globe terrestre, pour que les effets de la cohsion des corps cristalliss qui existent sa surface pussent tre expliqus par les lois de l'attraction newtonienne (suite); par M. Seguin. J'ai indiqu dans un de mes prcdents Mmoires (1) quel tait le mode sous lequel on devait envisager l'action que des molcules mat- rielles, runies entre elles par la cohsion, exercent les unes sur les autres pour parvenir donner une explication satisfaisante de ce phnomne, sans avoir recours d'autres lois qu' celles de l'attraction en raison directe des masses et inverse du carr des distances. Pour complter ces considrations, j'entrerai aujourd'hui dans quel- ques dtails afin de dterminer quelles seraient les conditions de masse, de densit, de distance et d'arrangement qu'il faudrait attribuer aux mo- lcules qui, par leur runion, forment les corps qui sont dous de la pro- prit de cohsion, pour permettre ces corps de rester organiss lorsqu'ils se trouvent sous l'influence d'une masse puissante comme la terre, et que le calcul indique que l'attraction de cette masse, sur les diverses parties de ces corps, est plus grande que l'attraction de ces mmes parties entre elles, en considrant les unes et les autres comme concentres respectivement leur centre de gravit. Et c'est en effet de cette manire que doit tre formul le problme ; car si l'on veut rduire l'explication de la cohsion la simple loi de l'at- traction, il faut que lorsqu'un corps, dont la tnacit est assez grande pour rsister l'effort de son propre poids pour en oprer la rupture, se trouve librement suspendu et retenu seulement par son extrmit suprieure, que l'action exerce par ses propres molcules les unes sur les autres, au point d'attache, soit plus grande que celle de la terre sur toute la masse des molcules qui se trouvent places entre elle et ce mme point d'attache. Prenons pour exemple le cas qui se prsente lorsque l'on suspend verticalement une verge de fer par une de ses extrmits. Le calcul indique alors que la cohsion du mtal est gale l'effort qui est exerc par une colonne de 6,000 mtres de longueur, et que, pass cette limite, le poids de la partie infrieure en dterminerait la rupture. Si donc on isole, par la (1) Comptes rendus de la sance du 27 septembre 1848, page 3i4- ( 86) pense, une file de molcules dans le sens de la longueur de cette verge, ou qu'on la considre comme simplement compose d'une file de mol- cules la suite les unes des autres, il faudra qu'au point o s'oprera la rupture, l'attraction des molcules appartenant respectivement chacune des files qui se trouvent en de et au del de ce point, soit gale celle que la terre exerce sur la totalit des molcules qui se trouvent places entre la terre et ce mme point de rupture. Pour dterminer cette action, j'examinerai de quelle manire l'attrac- tion agit dans ce cas sur les molcules, en supposant d'abord que deux corps A et B, de forme sphrique, ayant chacun un volume gal celui de la terre et de mme densit, se trouvent en contact par un point de leur surface, et que la somme de leurs masses et la distance qui les spare sont reprsents par l'unit. Leur action rciproque sera alors videmment exprime par * = i . Si l'on suppose actuellement ces corps diviss en sphres de i mtre de diamtre et ayant la mme densit, le diamtre de la terre tant, en nom- bres ronds, de \i millions de mtres, le nombre de sphres composanl chacune des deux masses sera de (12,000,000)*, et l'attraction de chacune de ces sphres, sur celle avec laquelle elle se trouve en contact, sera ex- . , (l2,OO0,O0o) 3 I j, V ., , , , prime par - = : d ou il suit, qu en supposant la uen- 1 19.nnn.nnn * 12,000,000 (12,000,000)' site de chacune des sphres douze millions de fois plus grande, ou, en d'autres termes, que leur nombre soit douze millions de fois plus petit, chacune d'elles jouira de la proprit d'exercer sa surface une attraction gale celle des deux grands corps l'un sur l'autre. Mais, comme l'attrac- tion des sphres en contact doit tre, ainsi que nous l'avons vu, assez puissante pour en soutenir une file de 6,000, il faudra que leur action ce point soit 6,000 fois plus considrable, et c'est ce que nous obtiendrons en augmentant leur densit dans ce rapport et en diminuant le nombre dans 1 .. . , , 1 . (1 2,000,000 ) 3 , la mme proportion, ce qui le rduira a = - = 24 X io". r r * 12,000,000X0000 Indpendamment de l'action que les deux sphres ou molcules en contact, qui font partie d'une file, exerceront individuellement l'une sur l'autre, chacune d'elles exercera, sur toutes celles de la mme file, une action qui sera mesure par leur masse divise par le carr de la distance qui les spare. En nommant a, b les petites sphres ou molcules apparte- ( 8 7 ) nant respectivement aux files qui se trouvent en de et au del du point de contact, et ordonnant leurs distances partir de ce point, on trouvera que la somme de l'attraction des deux files l'une sur l'autre se compose : i. De l'attraction de a suri = r^r, i; Total. >.". De l'attraction de a suri' ; - = 7 de a! sur b = ?tt = y (2)' 4 3. De l'attraction de a sur b" = j^- = - (3) 2 . 9 de a' sur b' = 4~ = - \ Total = i. ( 3 ) 9 ( de a" sur b = y^- = - W 9 et ainsi de suite, eu suivant la loi qui se manifeste ds les premiers termes d'une manire vidente. La question se rduira donc trouver, entre des limites dtermines, la somme des termes de la suite i, -> ^> T > etc. 234 En ajoutant ensemble les 9 premiers termes, on trouve 2,83. Si l'on prend les 90 termes suivants et que l'on en cherche la somme, on arrivera la mme valeur puisqu'on aura dix fois plus de termes ayant chacun one valeur moyenne dix fois moindre, et en divisant tous les autres termes en sries dont le nombre des termes soit successivement dix fois plus grand, c'est--dire de 900 9,000, de 9,000 90,000, etc. , il en sera de mme pour chacune d'elles (1), en sorte que la somme des termes de la (1) S'il restait quelques doutes cet gard, je ferais observer que le premier terme de la srie sera exprim par 1 1 1 1 1 1 1 1 _ >H l-3+7 + +H r-TJ-J-- = 2,83, les premires diffrences 2 le deuxime terme sera les diffrences 111 1 1 1 11 -? > 1 > 6 12 20 3o 4 2 56 72' iii 1 1 10 il 12 98 99 1 1 1 MO l32 98X99' (88) suite pourra tre exprime par le logarithme de leur nombre multipli par la somme de l'une des sries; soit dans le cas qui nous occupe 2,83 x log 6,000 = 2,83 X 3,778 = 10,76, soit 10 pour simplifier les calculs. On pourra donc, par suite de cet autre effet de l'attraction ajout au premier, supposer les mollcules dix fois moins denses, et leur quantit dix fois plus considrable, c'est--dire de 24 X io' ou 240,000 millions. On voit que l'action exerce ici par les sphres ou molcules les unes sur les autres, est due deux causes distinctes qu'il importe de considrer chacune en particulier. La premire est dpendante de l'tat de division et de densit sous lequel on considre la matire; cette action de molcule molcule n'a pour effet ni d'augmenter ni de diminuer la longueur to- tale que formeraient les molcules si on les supposait toutes places la suite les unes des autres, et le mcanisme du calcul indique qu'il en doit tre ainsi. On voit en effet que, dans le cas qui nous occupe, nous avons pour , (1?., 000, 000 Y . .. 1 cette longueur - - -J s 24,000 millions de mtres, puisque D 12,000,000x0,000 l ^ le troisime terme les diffrences I 00 + I 101 I I 102 I I 99 8 999 : 10100 998X999 On voit que la seule cause d'erreur du calcul que j'ai tabli , ne pourrait provenir que de l'influence qu'exerceraient les diffrences de valeur des diffrences, entre les divers termes des sries. Or ces diffrences, qui sont considrables entre les termes de la premire srie, deviennent si excessivement petites dans les suivants, qu'elles atteignent ds le troisime terme le millime de sa valeur; on peut donc regarder la valeur intermdiaire entre deux termes comme l'expression exacte de la moiti de leur somme , et , par consquent, le pre- mier terme de la srie 1 + 1 2 + I 3 + - ,.+ 1 9 I 10 4- I 1 i 1 -i 12 -+-. sera gal au second 1 , 99 qui contient dix fois plus de termes ayant une valeur dix fois moindre, puisqu'on peut divi- ser cette srie en 9. parties qui auront chacune respectivement une valeur sinon gale, du moins trs-approximative de celle des deux termes conscutifs de la premire auxquels ils correspondent. (8 9 ) chaque sphre a i mtre de diamtre, et que pour toute autre quantit et des sphres de i millimtre de diamtre par exemple, on aurait galement (12,000 ,000,000V , 1 1 1. - - - -t. - = 241000,000,000,000 de sphres ayant un dia- 1 2,000,000,000 X 0,000,000 ' mtre mille fois plus petit, ce qui formerait la mme longueur de 24>o millions. La seconde cause qui influe sur le nombre des sphres ou molcules d'un systme dont les diverses parties doivent jouir de la proprit de coh- sion dans des limites dtermines, est due l'tat de division et de densit sous lequel on considre ces mmes molcules, et l'on voit, d'aprs ce que nous venons de voir, que ce nombre croit suivant une loi qui est fonction du logarithme du nombre de ces mmes molcules. Il suffirait donc, pour rsoudre la question et donner une explication satisfaisante des phnomnes de la cohsion, sans avoir recours d'autres causes que celle de l'attraction newtonienne, de supposer que les molcules qui constituent les corps se groupent en affectant de se placer en files d'au- tant plus longues que cette proprit de cohsion est plus marque chez eux, et que leur dimension est porte un degr de tnuit si avanc, qu'elle dpasse toutes les notions que nous pouvons nous faire des quantits infi- niment petites : opinion du reste qui, comme on sait, a t admise par la presque gnralit des physiciens qui ont fait de cet objet le sujet de leurs mditations; car la consquence de cette excessive tnuit sera de les aug- menter dans une norme proportion, et l'on comprend qu'alors le loga- rithme du nombre qui exprime la quantit de molcules contenues dans une file d'une longueur finie, aussi petite qu'on voudra, pourra tre lui- mme assez grand pour augmenter indfiniment la force attractive qui lie entre elles les diverses parties du systme, et permettre de supposer que la densit de chaque molcule, et par consquent l'attraction qu'elle exerce individuellement sur sa voisine, est d'autant moindre , que le logarithme du nombre qui exprime la quantit de molcules qui constituent la file est plus grand. On sera donc matre d'assigner au nombre de ces molcules les valeurs que l'on jugera susceptibles de s'accorder avec les divers phnomnes qui sont une suite des proprits de la matire; et c'est ce que je me propose d'examiner et de soumettre l'Acadmie dans un nouveau Mmoire, en faisant voir que des molcules soumises leur attraction rciproque et aban- donnes elles-mmes dans un espace indfini, tendront ncessairement C. R.. 18&, l Semestre. (T. XXXIV, JN 3.) '3 (9) se runir en files rectilignes, groupes symtriquement, et rayonnant autour d'un centre commun, v M. Arago, l'occasion de la nouvelle donne par divers journaux d'un vnement qui aurait pu interrompre les communications lectriques entre la France et l'Angleterre, met sous les yeux de l'Acadmie un spcimen du cble sous-marin au moyen duquel se fait la transmission. M. Payen fait hommage l'Acadmie d'un exemplaire du Compte rendu de la sance publique de la Socit centrale d'Agriculture. [Voir au Bulle- tin bibliographique. ) M. Flourens prsente, au nom de l'auteur, M. de Humboldt, un nou- veau volume du Cosmos, dition allemande. {Voir au Bulletin bibliogra- phique.} M. le Prsident annonce que le XIII e volume du Recueil des Mmoires des Savants trangers est en distribution au secrtariat. RAPPORTS. CALCUL DES probabilits. Rapport sur un Mmoire de M. Jules Bienaym, Inspecteur gnral des finances, concernant la probabilit des erreurs d'aprs la mthode des moindres carrs. (Commissaires, MM. Lam, Chasles, Liouville rapporteur.) a L'Acadmie nous a chargs, M. Lam, M. Chasles et moi, de lui ren- dre compte d'un Mmoire de M. Bienaym, inspecteur gnral des finances, sur la probabilit des erreurs d'aprs la mthode des moindres carrs. Cette mthode clbre, et aujourd'hui d'un trs-frquent usage, a t donne d'abord par Legendre dans ses Nouvelles mthodes pour la dtermination des orbites des comtes publies en i8o5, et, depuis, elle a t l'objet des travaux d'un grand nombre de gomtres, parmi lesquels nous citerons Laplace et M. Gauss. Elle donne aux astronomes en particulier un moyen rgulier et uniforme de rsoudre les quations de condition du premier degr, en plus grand nombre que les inconnues, qui se prsentent eux quand ils veulent rectifier les lments des orbites et les masses des corps clestes. La rgle est de multiplier chacune des quations de condition par le coefficient de chacune des inconnues successivement; d'ajouter les pro- duits donns par les coefficients de la mme inconnue, ce qui fournit autant (9 ) de nouvelles quations que d'inconnues; enfin de rsoudre ces quations de la manire ordinaire. Les solutions, ainsi obtenues, jouissent de la pro- prit de ne renfermer que les moindres erreurs possibles pour une proba- bilit donne. Ce n'est pas, bien entendu, un minimum absolu ; c'est un minimum relatif au choix des multiplicateurs qu'on peut appliquer aux quations de condition, pour former ensuite, en les ajoutant, de nouvelles quations qui les remplacent et qui ne soient plus qu'en nombre gal celui des inconnues. Les multiplicateurs que nous venons d'indiquer sont les plus avantageux que l'on puisse choisir. M. Bienaym, dans le Mmoire dont nous rendons compte, admet ou plutt dmontre de nouveau ce beau thorme. Quand il n'y a dans les quations de condition qu'une seule inconnue, M. bienaym s'ac- corde aussi, avec les gomtres qui l'ont prcd, sur le calcul de l'er- reur subsistante et de la probabilit qu'elle peut avoir. Mais, quand il y a plusieurs inconnues, la formule qu'on donne pour calculer l'erreur et la probabilit de chacune d'elles lui semble dfectueuse, comme ne four- nissant que l'erreur et la probabilit que l'inconnue dont on s'occupe pour- rait avoir si elle tait seide, et quelque grandes que fussent les erreurs des autres inconnues. Or, dit M. Bienaym, un des premiers principes de la thorie des probabilits, c'est que, quand plusieurs vnements arrivent simultanment, la probabilit du concours de ces vnements est le produit des probabilits de chacun ; de sorte que la probabilit de ce concours est infrieure la probabilit de chaque vnement pris part, et elle est d'autant plus petite qu'il y a plus d'vnements. videmment, il en est de mme des erreurs de plusieurs inconnues : la probabilit que ces erreurs restent toutes la fois dans certaines limites, ne peut tre que le produit des probabilits spares que chacune ne s'carte pas de ses limites propres; et, par consquent, cette probabilit du concours des erreurs de grandeur limite doit tre notablement infrieure la proba- bilit des limites de chaque erreur considre isolment, quelles que puissent tre les autres. C'est donc une dfectuosit que d'assigner comme probabilit de l'erreur d'une inconnue faisant partie d'un systme dterminer, celle qu'elle aurait si elle tait seule; au lieu de donner des rgles pour calculer la probabilit de l'ensemble des erreurs du systme, qui ne peuvent, en ralit, tre isoles les unes des autres. Le point de vue nouveau o s'est plac M. Bienaym a d naturelle- ment le conduire des calculs nouveaux aussi et plus compliqus. L'au- teur s'en est tir avec beaucoup d'adresse et de talent; on voit qu'il est au i3.. (9* ) courant de tous les progrs, mme de dtail, que les sciences mathmatiques ont pu faire dans ces derniers temps. Indpendamment mme de toute ide d'application aux grandes questions de philosophie naturelle, les gomtres liraient encore son Mmoire avec intrt. Mais le calcul des probabilits, auquel se rattachent les noms imposants de Pascal, de Fermt, de Huy- ghens, de Jacques Bernoulli, de Laplace, de Fourier, de Poisson, etc., n'est pas une pure spculation abstraite. Restreint de justes limites, il est pratiquement utile. On en a souvent abus, il est vrai : ce n'est pas une raison d'en proscrire l'usage. En rsum, nous pensons que le Mmoire de M. Bienaym est trs- digne d'tre approuv par l'Acadmie, et d'tre insr dans le Recueil des Savants trangers. [.es conclusions de ce Rapport sont adoptes. VOMKVATIOIVS. L'Acadmie procde, par la voie du scrutin, la nomination d'une Com- mission charge de prparer une liste de candidats pour la place d'Acadmi- cien libre vacante par suite du dcs de M. Maurice. Cette Commission doit, aux termes du rglement, se composer du Prsi- dent de l'Acadmie et de six autres Membres pris, deux parmi les Membres des Sections de Sciences mathmatiques, deux parmi les Acadmiciens libres, et deux parmi les Membres des Sections de Sciences naturelles. D'aprs les rsultats du scrutin , la Commission se composera de MM. Arago et Poncelet, Flourens et Chevreul, Hricart de Thury et Duver- noy, et de M. Piobert, Prsident de l'Acadmie pour la prsente anne. MEMOIRES LUS. KCONOMIE RURALE. Observations sur un nouvel ennemi de nos crales, prcdes de considrations sur la ncessit de faire voyager quelques na- turalistes ,qfinqu 'ils puissent tudier les agents destructeurs de nos rcoltes sur les lieux mmes o ils exercent leurs ravages; par M. F.-E. Gitrin- Mf.neville. (Commissaires, MM. Dumril, Milne Edwards, de Gasparin.) ... Il existe, dans le dpartement des Basses-Alpes, une localit recu- le et alpine, situe sur les frontires du Pimont, le canton de Saint-Paul , compos de quatre ou cinq communes, dont les habitants souffrent, depuis (93) dix ans, des ravages qu'une espce particulire d'insectes fait dans les c- rales qui forment, avec l'lve des bestiaux, leur principale ressource. Ils cultivent le seigle, le froment, l'orge et l'avoine avec beaucoup de soin et d'intelligence, dans tous les terrains de leurs valles, et, comme leurs bls et leurs seigles sont trs-beaux et trs-renomms, on vient leur en acheter de fort loin pour semence. Jusqu' ces dernires annes, les habitants du canton de Saint-Paul vendaient beaucoup de crales, qu'on leur payait toujours 5 6 francs de plus par hectolitre que celles des autres localits. Malheureusement, un insecte a dtruit, depuis quatre ou cinq ans, cette source de bnfices, ce produit qui apportait le bien-tre dans plusieurs communes. Avant cette maladie, tout en vendant une partie de la rcolte, on pouvait garder assez de bl et de seigle pour la consommation ; mais, depuis quatre ou cinq ans, on est oblig d'acheter des crales au dehors au lieu d'en vendre. Sur la demande du maire de Saint-Paid, M. le D r Signoret, je me ren- dis dans cette commune o je sjournai du 6 au 10 juillet 1849, et 3 e P ar " courus diverses localits, telles que Srnes, Larche, Meyrones, pour appr- cier au moins les effets du mal dont on se plaint, et tcher d'observer l'in- secte qui on attribue ces ravages. J'appris, dans cette rapide tourne, que le mal avait commenc se montrer avec une certaine intensit, en 1844 et i845, Srnes, section de la commune de Saint-Paul, distante de ce lieu de 2 kilomtres environ. L'anne d'aprs (1846), ces insectes avaient envahi Fouillouse, Mlezen, Tournoux et Grisole, ainsi que Saint-Paul mme. En 1847, l es dgts augmentrent considrablement dans toutes ces com- munes, et, au dire des principaux habitants, on n'a presque pas eu de r- colte depuis ce temps. Ces insectes ne rongent pas la plante, ils la sucent et s'attaquent aux feuilles et la tige, au point, de faire prir la plante, qui se rabougrit et sche sur place. C'est surtout le matin que l'on voit de nombreux individus de ces insectes runis sur les jeunes froments ou seigles, o ils sont si rap- prochs, que la plante en est noire. Ces insectes sautent et s'envolent de tous cts quand on en approche. Avant de me rendre Saint-Paul, j'avais pri M. Signoret de tcher de m'envoyer quelques individus de ce terrible insecte, ce qu'il avait fait en en plaant quelques-uns dans une lettre, et j'avais t trs-surpris de voir qu'ils appartenaient l'ordre des Hmiptres et au groupe des Cicadelles. Dans cette lettre, M. Signoret m'avait annonc que la saison n'tait pas favorable pour les observer; mais que, cependant, j'en verrais encore quelques indi- ( 94) vidas dans les champs dvasts. C'est ce qui eut lieu, en effet; et les 6 et 7 juillet, en parcourant, avec les principaux habitants, les champs de Srnes et de Saint-Paul, je pris un assez grand nombre de ces Cicadelles dans des pices de bls et de seigles fortement altrs par leurs ravages. Je craignais quelque erreur ; je ne pouvais croire qu'un suceur qui parat se trouver dans d'autres localits, o l'on ne se plaint pas de lui, ft la vritable cause des dsastres que l'on me montrait dans toutes les proprits que je visitais, le voulus voir si tous les cultivateurs taient du mme avis; je me rendis seul dans diffrentes proprits, chez des paysans : je les priai de me cher- cher l'insecte qui suce leurs bls au printemps, et tous m'apportrent la mme espce, disant qu'en hiver mme, mais surtout au printemps, quand la neige avait fondu et que les jeunes bls taient dcouverts, on en voyait des millions dans les champs, poss sur ces bls tendres et les suant. Ayant tudi cet Hmiptre Paris, j'ai bientt reconnu qu'il forme une espce qui n'a pas encore t dcrite dans les ouvrages systmatiques. J'en ai ob- serv un assez grand nombre, conservs dans l'alcool ou desschs; j'ai pu voir quelques individus l'tat de larves, d'autres ayant dj des rudi- ments plus ou moins dvelopps des ailes et des lytres, et j'ai fait la des- cription suivante de ce nouvel ennemi de nos crales. Genre JASSUS, Fab. Germar (fam. des Cicadaires, Latr. ; fam. Cica- dellina , Burm.), groupe des Jassides, Serville et Amyot. Jassus df.vastans, Gur., nouvelle espce. Tte d'un jaune d'ocre, avec le vertex mar- qu de taches noirtres, dont les postrieures sont sinueuses et de forme constante. Front jaune, allong, marqu de raies transverses arques et noires de chaque ct, se runissant deux lignes longitudinales places sur le milieu, et ne se touchant pas. Clypeus allong, bord de noir, avec une ligne de cette couleur au milieu, n'atteignant pas sa base. Lora gale- ment noir, et joues plus larges, sans taches. Prothorax et cusson jaune d'ocre, avec des taches brunes plus ou moins marques et nombreuses, formant quelquefois deux ou quatre espces de lignes longitudinales macu- laires, ou vaguement marques, d'autres fois occupant presque toute la surface. Dessous du thorax et abdomen noirs; celui-ci ayant le bord post- rieur et les angles latraux des segments plus ou moins finement lisers et tachs de jaune, et quelquefois entirement noirs. lytres d'un jaune ple, demi-transparentes, avec quelques taches brunes, plus grandes vers l'ex- trmit. Ailes transparentes, avec une trs-petite portion lgrement enfu- me l'extrmit. Pattes jaunes, rayes de noir, avec les jambes ponctues de noir au ct externe, et les tarses noirs, base des articles jaune. (95) Longueur : a -| millimtres; habitat : Saint-Paul. / Avant de faire connatre les tentatives faites par quelques propritaires, pour essayer de dfendre leurs bls et leurs seigles des attaques de cet in- secte, je crois ncessaire de donner quelques notes que j'ai prises sur le canton de Saint-Paul, et sur le mode de culture des crales dans ces loca- lits recules. Le canton de Saint-Paul se compose de trois communes : Saint-Paul, l'ouest, Meyronnes et Larche. Ces trois communes comprennent les ha- meaux de Srnes, Fouillouse, Mlezen, Maurin, Tournoux et Maison- Mane. Les portions cultives de ces diverses communes sont une hauteur de 12 1700 mtres au-dessus du niveau de la mer; l'tendue des terres crales est, d'aprs la matrice cadastrale, de 1 1 73 hectares, et la population s'levait, l'poque de mon passage, 3,089 mes. Les froments cultivs dans l'arrondissement de Saint-Paul appartiennent deux varits, l'une barbue et l'autre sans barbes. Quant au seigle, il forme une magnifique varit gros grains, pis un peu barbus, et qui a pour principal caractre d'avoir ses grains en partie hors de leurs balles quand il approche de la maturit. On est dans l'habitude de le cou- per avant qu'il soit sec, sans cela beaucoup de grains se perdraient. J'ai vu commencer la rcolte sur quelques points mieux exposs, et j'ai remar- qu qu'on le met immdiatement en gerbes, lesquelles sont mises debout par petits groupes de huit dix, et avec les pis en haut. Il est probable que ce javelage suffit pour que les grains et la paille prennent le degr de siccit convenable. Au bout de quelques jours, on enlve ces gerbes avec prcaution, en les plaant dans de grands draps, et on les rentre ainsi sans risquer de rpandre le grain. Les avoines sont aussi trs-renommes. Celles de la commune de Larche, situe 1 782 mtres au-dessus du niveau de la mer, passent pour les meil- leures de la Provence. L'lve des bestiaux procure beaucoup d'engrais, et, comme le pays est trs-froid et que les champs sont couverts de neige pendant une grande partie de l'anne, on fume abondamment chaque anne. J'ai vu (8 juil- let 1849) ^ es champs labours et prpars pour recevoir l'ensemencement sur lesquels on rpandait du fumier d'curie, et qu'on labourait pour en- terrer ce fumier, afin de pouvoir les ensemencer vers le 1 5 aot, et ainsi de suite successivement jusqu' la fin de septembre. Cette habitude de bien fumer donne aux crales une vigueur et une beaut remarquables. Il n'est pas rare de voir des froments de plus de 1 mtre de haut et des seigles de ( 96 ) i m ,5o au moins. On peut s'expliquer ainsi la beaut des produits et com- prendre qu'ils soient recherchs pour grains de semence. On sme depuis le 1 5 aot jusqu' la fin de septembre. S'il ne pleut pas au moment o le bl sort de terre, il languit, et les insectes ont le temps de le sucer et de le faire prir. L'anne 1848 a t dans ce cas, et presque tous les propritaires qui avaient ensemenc au mois d'ot ont t obligs de recommencer. Dans d'autre cas, on a remarqu que l'ensemencement tardif donnait lieu aux mmes inconvnients, aux attaques de ces dsastreux insectes. Dans ce cas, la jeune plante ne trouve plus une temprature suffisante pour prendre rapidement de la force, elle ne peut rparer assez prompte- ment les dperditions de sve que cet Hmiptre lui fait prouver. Dans ces montagnes, et la hauteur considrable o se trouvent les cultures, la rcolte des crales a lieu des poques trs-varies. Ainsi, on voit des froments dont l'pi est peine sorti, d'autres qui commencent fleurir, d'autres qui jaunissent, et d'autres prts tre coups, suivant qu'on se trouve dans des localits plus ou moins leves, plus ou moins abrites, ou exposes au midi. Tel tait l'tat des froments du 3 au 10 juillet, poque de mon passage dans ces montagnes. Outre quelques essais d'ensemencements htifs et tardifs, pour savoir l'influence qu'ils auraient sur l'action des insectes, M. Andr, propritaire Saint-Paul, l'une des principales victimes du flau, a essay de rpandre du sulfate de fer en poudre sur un de ses champs de bl, et dit en avoir obtenu un rsultat avantageux. Dans ce cas, le sulfate de fer aurait-il rendu la vigueur au bl et ht sa vgtation? Aurait-il agi en changeant le got des sucs de la plante, en les rendant dsagrables l'insecte? Ou bien n'aurait-il eu aucune influence, et ce champ aurait-il t pargn par une tout autre cause? Une exprience isole, non comparative, faite sans aucune prcau- tion, sans qu'on ait constat positivement la prsence des insectes, ne peut donner qu'une indication trs-vague, et doit tre faite de nouveau, avec toute la prcision convenable, pour que ses rsultats puissent tre consi- drs comme certains. Pour moi, dans une course rapide, une poque o l'on ne pouvait, pour ainsi dire, que constater les dgts graves dont se plaignent les habi- tants du canton de Saint-Paul, il m'a t impossible de me livrer des tudes efficaces sur ce flau. En admettant que l'insecte en question soit la seule cause du mal, il est vident que l'on ne peut rien conseiller ces agricul- teurs, pour s'en dbarrasser, avant d'avoir pu l'observer diffrentes ( 97 ) poques de l'anne. Dans tons les cas, il me semble difficile d'admettre que l'apparition de cet insecte soit la consquence d'une maladie des crales, comme on cherche expliquer commodment beaucoup de faits analogues. Autant vaudrait dire qu'un troupeau qui entre dans une pice de bl, et la mange, est aussi la consquence d'une maladie de ces bls. TOXICOLOGIE. De l'limination de certains poisons. Comparaison des pro- cds de recherches. Action de Ccthy lamine et de l'amylamine sur l'co- nomie animale ; par M. A.-F. Orfila. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Magendie, Dumas,- Pelouze.) Quand un poison a t absorb et port dans les diffrents tissus d'un tre vivant, sjourne-t-il indfiniment dans ces tissus, ou bien en est-il expuls? Dans ce dernier cas, combien de temps l'conomie animale met-elle oprer cette expulsion ? Enfin, par quelles voies le poison est-il emport au dehors? Ces trois questions rsument tout ce qui se rapporte l'limination des substances toxiques. Les expriences relatives cette tude exigent un temps trs -long. Aussi, en dix-huit mois, ne m'a-t-il t possible de soumettre l'preuve que quatre corps vnneux : le bichlorure de mercure, l'actate de plomb, le sulfate de cuivre et l'azotate d'argent. Ces expriences m'ont appris que, quand on administre des animaux du bichlorure de mercure, de l'actate de plomb, du sulfate de cuivre ou de l'azotate d'argent, pendant quelque temps : Le mercure disparat en gnral de leurs organes en huit ou dix jours (une seule fois je l'y ai trouv le dix-huitime jour ); Le plomb et le cuivre se retrouvent dans le foie, dans les parois intes- tinales et dans les os, huit mois aprs qu'ils ont cess d'tre introduits dans l'estomac ; L'argent, dont la prsence dans le foie peut tre dans quelques cas dmontre au bout de six mois, ne se retrouve dans aucun organe chez d'autres animaux, sept mois aprs l'administration de l'azotate d'argent. Dans le cours de- ces recherches, j'ai vu que le plomb, le cuivre et le mercure passent dans l'urine; mais tandis que les deux premiers sont en- trans par la scrtion rnale, seulement pendant deux jours aprs l'admi- 0. R., i85a, i" Semestre. (T. XXXIV. N5.1 ! 4 (9) nistration du compos cuivreux ou saturnin, le troisime, c'est--dire le mercure, continue tre emport par ce produit excrmentitiel huit jours aprs l'introduction de la prparation hydrargyrique. Jamais je n'ai pu d- celer l'argent dans l'urine des animaux qui prennent de l'azotate d'argent. Qu'il me soit permis d'appeler un moment l'attention sur les applica- tions que le mdecin lgiste peut faire de la connaissance de l'limination des substances vnneuses. Quand je commenai ce travail, j'avais surtout en vue de faciliter la solution de quelques problmes qui peuvent entraver ou arrter la marche de la justice, si les experts ne possdent pas sur cette partie de physiologie toxicologique les notions les plus prcises. Quelques exemples suffiront pour montrer le parti que peut tirer de cetfe tude la mdecine lgale. A. Un individu, qui a suivi un traitement mercuriel au sublim cor- rosif, meurt quatre mois aprs avoir cess cette mdication, empoisonn par une prparation mercurielle. L'analyse, excute d'aprs les procds connus jusqu' ce jour (et dornavant je supposerai toujours cette condi- tion), fait dcouvrir du mercure dans ses organes. La dfense peut, cause des antcdents, lever les plus grands doutes sur l'origine de ce mtal. D'aprs mes expriences, on peut affirmer que ce mercure ne provient pas des mdicaments hydrargyriques pris quatre mois avant sa mort; car, aprs l'administration du sublim corrosif, le mercure ne reste pas plus de dix- huit jours dans les tissus animaux. B. Qu'un homme survive quinze jours un empoisonnement par le sublim corrosif, il est trs-probable que les experts consults par la justice ne trouveront pas de mercure dans ses organes. Ils commettraient cepen- dant une grossire erreur, s'ils concluaient qu'il n'y a pas eu empoisonne- ment. Cette erreur est impossible quand on connat les faits prcdemment indiqus. C. Un ouvrier d'une fabrique de cruse meurt deux mois aprs avoir cess de manipuler des prparations saturnines. Dans ses organes, l'expert trouve du plomb d'empoisonnement. Ce plomb a-t-il t administr par une main criminelle, ou provient-il simplement des composs que cet ouvrier a pu absorber la fabrique ? Pour faire cette question une rponse satisfaisante, l'expert devra tudier avec soin le dveloppement, la marche et les symptmes de la maladie qui a prcd la mort, et combiner ces donnes avec celles que fournit l'tude de l'limination. (99) Comparaison des procds proposs jusqu' ce jour pour rechercher le plomb, le cuivre et le mercure contenus dans des substances organiques. Il tait rationnel de faire cette comparaison avant d'tudier l'limination des prparations saturnines, cuivreuses et mercurielles. Quelle valeur auraient eu les expriences faites sur cette question, si je n'avais pas recher- ch ces mtaux par le procd le plus sensible? Comme cette comparaison peut trouver son application dans une foule de recherches, je lui consacre, dans le Mmoire que j'ai l'honneur de soumettre au jugement de l'Aca- dmie, un chapitre spcial. Trois procds sont en prsence pour la recherche du plomb et du cuivre ; ils ne diffrent rellement entre eux que par l'agent employ pour la carbonisation de la matire animale; ces agents sont : i. L'acide azotique; 2. L'acide azotique mlang d'un quinzime de chlorate de potasse; 3. L'acide sulfurique. De mes expriences, je conclus que la carbonisation par l'acide azo- tique est suprieure aux deux autres; que le mlange d'acide azotique et de chlorate de potasse ne donne pas d'aussi bons rsultats; et enfin que le procd qui consiste carboniser par l'acide sulfurique est bien distanc par les prcdents. Quand il s'agit de rechercher du mercure, le meilleur des procds connus consiste carboniser la matire organique par l'acide sulfurique. M. Lanaux propose de dtruire cette matire par un courant de chlore. Des expriences comparatives m'ont dmontr que ce dernier procd est plus sensible que le premier. action de Vthylamine et de Vamylamine sur l'conomie animale. Frapp des analogies que prsentent les proprits physiques et chimiques de ces bases avec celles de l'ammoniaque, j'ai voulu savoir s'il existe de l'analogie dans les effets que ces substances produisent sur l'conomie ani- male. Des chiens soumis comparativement l'action de ces alcalis et de l'ammoniaque, prsentent les mmes symptmes d'empoisonnement et les mmes lsions de tissus. L'analogie est complte, soit qu'on introduise ces corps par le tube digestif, soit qu'on fasse respirer les animaux dans des atmosphres charges de ces substances. 14. ( IOO ) MMOIRES PRSENTS. zoologie. Sur un dent d' Abyssinie <{iii semble voisin de l'Oryctrnpe du Cap, le Mocaqa. (Note de M. Antoine d'Abbadie.) (Commissaires, MM. Isid. Geoffroy-Saint-Hilaire, Duvernoy.) Le i 2 mai 1847, J e ns un dessin au trait, du corps d'un animal qu'on me dit tre celui du Auc qui, selon le rapport de tous les Abyssins, dterre les cadavres humains et qui est, par consquent, regard comme un animal des plus immondes. Les naturalistes le compareront l'Oryctrope du Cap. Une bte de proie avait mang les gros viscres de cet animal. La plupart des ctes et une portion de l'pine dorsale avaient t ainsi emports, ce qui explique l'tat grle du corps dans mon dessin, o les extrmits seules sont bien rendues. Le nom gnrique de cet animal est Auc ou dterreur. Spcifiquement, les Abyssins le nomment Mocaqa. Voici quelques dimensions de mon individu, qui tait une femelle : Du bout de la queue au nez 1 ,33 Longueur de la queue o,44 Longueur de l'oreille o , ig Du bout du nez la naissance de l'oreille. ... . > 2 4 Largeur de la queue sa naissance 0,1 3 Du bout des ongles au talon T 0,22 Du bout des ongles la tte du fmur .... )47 Longueur du poil o ,o3 o ,04 Longueur des cils 0,06 Longueur des ongles des pieds de devant. ... o,o4 Longueur des ongles des pieds de derrire. . . o,025 Le pelage de cet animal est gris, c'est--dire ml de poils noirs et blancs; ces poils sont peu fournis. La queue est blanche et finit en pointe mousse. La tte est blanche, sauf un peu de poil noir sur le front, mais peu. Le poil noir abonde surtout sur les cuisses et les avant-bras, mais en dehors seulement. Les oreilles sont sans poil, mme en dehors, et bien blanches en dedans. Les yeux sont petits, avec des cils rares, distants et garnissant les deux paupires, mais sur la partie antrieure seulement. Les trois petites rides au-dessus de la bouche sont distinctes des narines qui sont la mme hauteur, tout fait sur le devant du groin ; elles sont larges de 4 millimtres au plus, et spares par un intervalle de 1 centimtre. Les trois rides qu'on voit dans la figure, sur la partie droite du groin, sont ( ioi) rptes symtriquement sur le ct gauche. Le groin, aminci autour de la commissure des lvres, s'largit un peu vers le bout. Le carpe est pourvu de quatre doigts, sans trace extrieure de pouce. Le tarse, au con- traire, a cinq doigts, dont un pouce assez dtach. Mais ce qui frappe le plus dans cet animal, c'est la force relative des ongles qui sont noirtres, ce qui les fait ressortir sur le blanc sale des paumes. Toutes les parties blanches sont d'une teinte sale, l'exception de la partie intrieure des oreilles qui est d'un blanc clatant. Le corps ne se distingue pas'de la partie postrieure de la tte. La section de la queue est une ellipse, dont le grand axe serait parallle une ligne horizontale qui joindrait les deux cuisses, en supposant l'animal debout et la queue pendante verticalement. Cette queue parat devoir balayer la terre, ainsi que les indignes le disent d'ail- leurs. Le calais est form de grands sillons osseux et transversaux. Mchoire infrieure termine en pointe mousse, sans dents apparentes. Je cherchai inutilement la langue. L'anus est grand, profond, et 6 ou 7 centimtres de la vulve qui semble place dans une bourse prominente. Ce qui reste du ventre est blanc et presque sans poils. Il en est de mme de la partie interne des membres. Je voulais conserver la peau de cet animal et prparer convenablement son squelette, mais, comme les prjugs abyssins s'y opposaient, je dus me borner l'enterrer. Au bout d'une anne, je recueillis soigneusement tout ce que je pus trouver des ossements. J'ai l'honneur de les prsenter l'Acadmie, dans l'espoir que les naturalistes en auront assez pour dcider si le Mocaqa appartient une nouvelle espce. Les Abyssins appellent aussi Auc ou dterrent, un animal que j'ai vu le 5i mars i845, en accompagnant l'arme abyssine en Gojjam. Un fusilier venait de tuer cette bte; mais, comme j'tais spar de mes gens, et que ma mule rtive voulait tout prix regagner le gros de l'arme, je dus me borner examiner cet animal sans mettre pied terre. y Cette bte, appele spcialement Faro, avait une taille un peu inf- rieure celle d'un de nos cochons de moyenne grandeur, et toutes ses formes la rapprochaient videmment du genre Sus. Le groin est blanc, plus long et beaucoup plus effil que celui du cochon. La bouche, ouvrant en dessous, cache toutes les dents lorsqu'elle est ferme ; les yeux sont trs- petits, les oreilles petites et droites, le ventre blanc; le dos, poils noirs et blancs, prsente dans l'ensemble une couleur de gris perl. Les ongles sont trs-dvelopps, blancs, longs de 5 6 centimtres, et forts en pro- portion. La queue, qui descend presque terre, est sans poils en touffe, , ( 'oa ) grosse, large de 8 10 centimtres sa naissance, et se termine graduelle- ment en pointe mousse. C'est, aprs les forts ongles, le trait le plus saillant de cet animal. On m'a assur qu'il ne sort que de nuit, n'attaque l'homme que lorsqu'il est provoqu, et qu'il saisit alors d'abord ses parties gni- tales, qu'il est trs-agile, et qu'on n'a de chances contre lui qu'en balayant vivement la terre avec un bton, parce que ses jambes se cassent aisment. Un chasseur abyssin me dit ce qui suit sur cet animal : Il y a trois sortes de Faro, l'un poils noirs et blancs; le deuxime, poils fauves, et le troisime pelage noir. Sa principale force est dans les biceps des membres antrieurs et dans son cou ; ses dents sont petites comme celles du chien. Lorsqu'il marche, sa" queue trane terre, et il ne la relve jamais. Il ne sort que de nuit, attaque en bondissant, et est fort redout. Une nuit je trouvai trois Faro ensemble; l'un d'eux m'attaqua : un ptre qui survint le terrassa d'un coup de bton, et je l'achevai avec ma lance. physique DU GLOBE. Sur la dviation au sud des corps qui tombent. (Extrait d'une Note de M. Dupr. ) . (Commission prcdemment nomme pour l'exprience de M. Foucault.) Uaplace a donn des formules pour calculer la dviation des corps qui tombent ; cet illustre gomtre tient compte dans son analyse de toutes les donnes de la question : on peut donc tre surpris en voyant faire aujour- d'hui des expriences pour constater vers le sud une norme dviation laquelle ses calculs ne conduisent pas. M. Petit, qui l'on doit ces nou- velles recherches (voir le Compte rendu de la sance du 18 aot i85i), ne donne pas la formule laquelle il est parvenu; j'ai donc d, pour exami- ner cette question, me placer d'abord son point de vue, et, par la simple rsolution d'un triangle rectangle que forment la distance des deux circon- frences considres par M. Petit et les perpendiculaires abaisses des extr- mits de cette distance sur la tangente commune, perpendiculaire dont les pieds concident sensiblement, je suis arriv trouver que, aprs le temps t , cette distance est d = j*_ S i n jl.i = o, 00846 sin il . ***=*, ooid4 j R dsignant le rayon moyen de la Terre qui donne partout une approxima- tion suffisante dans ce genre de questions, et / la latitude. En appliquant cette formule aux boulets mis en exprience par M. Petit, on trouve, comme il l'annonce, une dviation de 5o 60 mtres; mais il ( io3 ) est remarquer que cette dviation proportionnelle la hauteur de la chute dont elle est ^- pour la latitude de 45 degrs, serait dj 8 mm ,4pour une chute de 4 m ?9 correspondant i seconde, et qu'elle serait 172 milli- mtres pour une chute de 100 mtres : il est donc impossible d'admettre qu'elle ait pu chapper aux observateurs de la dviation l'est qui et t presque totalement masque par cette dviation perpendiculaire beaucoup plus forte. Il est ais, d'ailleurs, de montrer que Laplace ne s'est point tromp dans cette occasion et que M. Petit a pris par inadvertance la verticale que donne le fil plomb au lieu de la vritable direction de la pesanteur, abstraction faite de la force centrifuge; c'est dans le plan de cette dernire direction et de la perpendiculaire au mridien que s'effectue le mouvement d'un corps qui tombe. Ainsi, dans la chute d'un corps abandonn lui- mme du haut d'une tour, on doit distinguer le parallle rencontr la surface terrestre par la direction de la pesanteur mene par le point de dpart de celui que rencontre cette direction modifie par la force centri- fuge et indique par le fil plomb. Le premier de ces parallles est plus au nord d'une quantit facile calculer et gale la valeur trouve prcdem- ment pour d. La cause de dviation vers le sud, indique par M. Petit, ne fait donc que compenser cette tendance une dviation au nord laquelle il n'a point pens. Toutefois cette compensation, qui serait sensiblement exacte dans le vide, ne l'est pas dans l'air, et la rsistance de ce fluide donne le moyen d'observer la dviation au sud observe en Allemagne. Elle tient ce que t de la chute dans le vide est moindre que le temps de la chute dans l'air d'un nombre de secondes V qui n'influe pas sur la dviation au nord, et qui influe, au contraire, sur la sparation des circonfrences; de sorte qu'il reste en fin de compte une dviation au sud ayant pour expression A == 8 mm , 46 sin il[{t -+- t'f - t 2 ] = 8 mm , 46 . sin 2 / . (a' -+- t' 2 ). Elle n'est pas apprciable quand on opre sur des hauteurs tout fait petites. Pour une chute de 100 mtres, ona = 4">5 environ; t'' 1 est ngli- geable en comparaison de 2 W, et il vient, la latitude tant 45 degrs, A = t' . 75 millimtres. ( io4 ) On voit qu'un refard de et mme de de seconde d la rsistance de 1 io 20 l'air, permettrait de constater par exprience ce genre de dviation. L'application de tout ceci au mouvement d'un boulet qui monte el descend n'offre aucune difficult. kcokomie rurale. Rclamation de priorit concernant l'indication de mesures prendre pour prvenir ou diminuer les dgts causs par cer- tains insectes xjlophages; par M. ug. Robert. (Extrait.) (Renvoi la Commission charge d'examiner le Mmoire de M. Chevandier.) Dans la dernire sance de l'Acadmie, M. Chevandier a lu une Note sur les insectes nuisibles aux pins, et a tir entre autres consquences de ses observations, qu'il fallait avoir soin, pendant tout le courant de l't, de ne pas laisser sjourner dans les pineraies, des arbres abattus et les bois morts. Or dans le Mmoire que j'ai prsent, en 1847, l'Acadmie des Sciences, sur des recherches relatives aux murs de divers insectes xjrlo- phages et au traitement des arbres attaqus par ces animaux, je crois tre arriv peu prs aux mmes conclusions. Ayant reconnu que les dgts s'observaient principalement dans le voisinage des tas de bois en grume, provenant des claircies ou des arbres morts et mourants dans l'intrieur des massifs, je donnai le conseil de con- tinuer claircir les pinires comme par le pass ; mais qu'aussitt qu'on aurait reconnu la prsence des larves d'ffylesinus et de Charanon (Pis- sodes annotatus) dans ces tas de bois, d'en tirer parti sur-le-champ ou bien de les corcer, de les immerger, de manire, en un mot, dtruire, par le feu ou l'eau, les nouvelles gnrations qui tendraient en sortir. J'ajoutai qu'il ne fallait pas se proccuper des fagots et du menu bois, les Scolytes des pins et le Charanon, ne trouvant pas l'corce de ces dbris assez paisse pour la nourriture de leurs prognitures, ne s'y mettaient jamais ; et ne pas enclore les champs voisins des pinires avec des perches de sapin, moins qu'on n'et pris, auparavant, le soin de les corcer. physiologie vgtale. Nouvelles recherches sur la respiration des Plantes ; par M. Garreac. (Extrait par l'auteur. (Commissaires, MM. de Jussieu, Brongniart.) Les plantes, comme les animaux, ne peuvent entretenir leur chaleur ( o5 ) vitale qu' la condition de respirer; mais la respiration des premires est considre, dans ses rsultats, comme entirement oppose celle des se- conds, bien qu'il ait t reconnu que, la nuit, la respiration des feuilles est exclusivement animale, et qu'elle l'est constamment dans les fleurs, les cham- pignons, les liges, les racines, les parasites., les graines en germination, etc. Mais si l'on est trs-fond admettre que les animaux, en respirant, brlent du carbone qu'ils expirent sous forme de gaz acide carbonique, et que les feuilles et les jeunes pousses des plantes rduisent cet acide pour en retenir le carbone, il ne l'est pas autant de dire que l'action rductrice que < es dernires exercent sur l'acide carbonique constitue leur respiration. En examinant la composition de la matire animale des plantes, ses mouvements vitaux et ses relations de quantits avec le volume d'oxygne consomm et transform en gaz acide, j'ai pu constater qu'elle joue le prin- cipal rle dans la respiration animale des plantes, et que cette respiration a lieu dans toutes les parties des plantes, le jour comme la nuit; seulement elle est, en partie, voile dans les feuilles et les jeunes pousses par l'action rductrice qu'elles exercent sous l'influence de la lumire ordinaire du jour et du soleil. Des expriences varies m'ont prouv que plus un organe est riche en matires protiques vivantes, plus l'accs de l'air lui est facile, et plus aussi il consume de carbone dans un temps donn. Fait-on respirer des bour- geons dans une atmosphre limite, le volume d'oxygne qu'ils consom- ment est peu prs double de celui consomm par les feuilles entirement accrues; les relations sont encore plus marques pour la respiration des plantules. Vient-on doser l'azote des organes qui ont respir, on le trouve d'autant plus abondant que la quantit de carbone consomme a t plus considrable. Ces faits, dj constats par moi en 1 85 1 {Annales des Sciences naturelles), semblent acqurir une importance nouvelle par la constatation d'une respiration diurne, dans les feuilles, en tout semblable leur respiration nocturne. Ce phnomne peut tre aisment constat en faisant respirer, en vase clos, les parties feuilles des plantes en prsence de l'eau de baryte, sous l'influence directe du soleil, ou, mme l'ombre, quand la temprature est assez leve pour activer le mouvement du fluide vital ; la base se recouvre alors d'une pellicule plus ou moins forte de car- bonate barytique, suivant les plantes, d'o l'on peut recueillir et doser l'acide expir. Quand la respiration des feuilles, en vase clos, a lieu en l'absence d'une base, il est assez rare que ces organes laisseut un rsidu d'acide car- C. R , i85, i Semestre. (T. XXXIV, N 5.) 5 ( io6) bonique dans leur atmosphre, parce qu'ils agissent incessamment sur celui qu'ils expirent, et le rduisent. Mais si, comme il vient d'tre dit, leur respiration se fait en prsence d'un corps capable de fixer l'acide form, une partie de ce dernier chappe l'action rductrice des feuilles, et peut tre recueilli. On prouve que les choses se passent bien rellement ainsi, en faisant respirer les parties vertes feuilles, par couples de mme espce et peu prs de mme poids, de manire que l'un des sujets fonc- tionne dans une atmosphre garnie d'eau de baryte, tandis que l'autre respire dans une deuxime atmosphre de mme volume, en l'absence de base ; dans le premier cas, on recueille toujours des quantits notables d'acide carbonique qui a chapp l'action rductrice des feuilles, tandis qu'il est rare d'en constater dans le deuxime, ou, si l'on en trouve, les quantits en sont incomparablement moindres. Si la temprature s'abaisse, l'acide est expir en quantit moindre; si elle s'lve, il augmente, l'om- bre ou au soleil : de sorte que c'est prcisment dans les conditions les plus propres favoriser sa rduction, que ce gaz est expir en plus forte propor- tion. D'aprs cela, on pourrait supposer que la plante, dans cette dernire condition, se trouve dans un tat morbide momentan, et que l'acide expir est le rsultat d'un acte antiphysiologique; l'exprience suivante tmoigne qu'il n'en est pas ainsi. Deux cymes de Fagopyrum cymosum partant de la mme souche, an mme degr de dveloppement, et trs-approximativement de mme poids, respirrent au soleil pendant six heures dans deux atmosphres de 6 ooo cen- timtres cubes; l'une en prsence de 200 centimtres cubes d'acide carbo- nique, l'autre en prsence d'eau de baryte. La premire rduisit ia5 centi- mtres cubes de gaz acide (sans compter celui qu'elle a d expirer), et l'eau de baryte en prsence de laquelle la seconde avait respir, donna l'analyse 1 1 centimtres cubes de l'acide expir, qui avait chapp l'action rduc- trice des feuilles. La respiration des matires protiques des plantes ayant pour effet de dcarboniser certaines parties des organes qui les reclent, et cela le jour comme la nuit, il est naturel de se demander si l'acide carbonique atmosph- rique est capable non-seulement de compenser la perte que fait la plante, mais encore d'en accrotre le carbone. Cette question peut tre rsolue eu quelque sorte pratiquement de la manire suivante : en plaant de l'eau de baryte prsentant 'ioo centimtres de surface, au contact de l'air, par un temps calme, on recueille, une heure aprs, une pellicule de carbonate qui, dcompose, donne 1 5 centimtres cubes d'acide carbonique, soit 180 centi- ( 07 ) mtres cubes pour douze heure^ de jour. Or, une cyme de Fagopyrum 4t cinq fejjilles prsente cinq fois plus de surface; elle reoit donc le contact immdiatpendant douze heures de jour seulement, de 9^0 centimtres cubes d'acide, quantit trente-cinq quarante fois plus grande que la perte qu'elle fait. D'aprs cela, il existe dans les plantes, ou au moins dans les feuilles et les jeunes pousses, deux actes simultans, contraires dans leurs effets, l'un comburant, l'autre rducteur ; et c'est la prdominance de., l'effet du second sur celui du premier qu'est due l'accumulation du carbone dans la plante. Le premier de ces actes dcarbonise certaines parties du vgtal, ef produit, sinon en totalit, du moins en grande partie, la chaleur vitale des plantes; et l'on peut le considrer comme constituant plus spcialement leur respiration. Le second accumule le carbone dans les plantes, et cet acte semblable, quant l'effet, celui pour lequel l'oxyde d'ammonium, l'eau, certains oxydes mtalliques, l'acide carbonique du sol sont rduits, peut tre regard comme rentrant plus spcialement dans les fonctions assimilatrices. PHYSIOLOGIE vgtale. Sur les relations qui existent entre l'oxygne consomm par le spadice de /'Arum italicum, en tal de paroxysme , et la chaleur qui se produit; Mmoire de M. Garreau. (Commissaires, MM. de Jussieu, Brongniart, Boussingault. ) chimie applique. Etudes sur les tangues des ctes de la basse Normandie; par M. Isidore Pierre. (Commissaires, MM. Dumas, Payen, de Oasparin.'i Les principales consquences auxquelles conduit ce travail, me pa- raissent, dit l'auteur, pouvoir se rsumer ainsi : v i. On peut valuer environ deux millions de mtres cubes l'im- portance annuelle de l'extraction de la tangue sur le littoral de la Manche, compris entre l'embouchure de la Rance et celle de l'Orne ; a. Le mouvement annuel de fonds, auquel cette extraction de la tangue donne lieu directement, peut tre valu quatre ou cinq millions de francs ; 3. L'usage de la tangue doit remonter une poque fort recule, puisqu'on trouve des documents authentiques du XII e sicle qui en font mention comme d'une chose dj bien ancienne ; i5.. ( io8 ) <4, 4. Les tangues sont des mlanges, en proportions variables, de car- bonate de chaux, d'argile, de sable quarfeeux, feldspath ique et micac, contenant une petite quantit de matires salines (chlorures, sulfa^s,* phos- phates), et de matires organiques plus ou moins azotes; 5. Plusieurs de ces tangues, soumises la lvigation, ont donn une matire tnue, plus riche en carbonate de chaux, en phosphates et en azote, que les tangues elle-mmes ; 6. l^s tangues prouvent, par une exposition de plusieurs mois l'air, un accroissement de volume qui peut aller 9 ou 10 pour 100; cet accroissement est facilit par le pelletage; 7 . Le grillage des tangues donne lieu aussi un accroissement de volume, et ce foisonnement est quelquefois assez considrable; 8. Le poids du mtre cube de tangue marchande varie entre 1000 et i5oo kilogrammes, suivant la qualit, suivant la provenance; 9 . Les tangues ne sont presque jamais employes sortant des tan- guires, mais aprs une exposition de trois cinq mois l'air dans des chantiers de dpt; io. La tangue parait agir sur le sol principalement par son carbonate de chaux ; cependant on ue peut refuser une action relle aux matires salines (chlorures, sulfates, phosphates), et aux matires organiques azotes qu'elle contient; ! i. La tangue doit encore agir mcaniquement par l'effet divisant et ameublissant des matires sableuses et argilosiliceuses qui s'y trouvent; ia. Il est encore difficile de se prononcer d'une manire affirmative sur les avantages que pourrait offrir la tangue cuite; 1 3. Les tangues ne peuvent tre considres comme rsultant d'ap- ports fluviatiles ; i4- Elles doivent tre produites par des dbris de coquilles et des roches contre lesquelles ces coquilles se sont uses, broyes, sous l'influence de l'agitation de la mer; i5. Enfin, leur transport diffrentes distances peut facilement s'ex- pliquer par l'existence des courants qui rgnent sur la cte de la Manche, et leur dpt, par le passage de l'eau de la mer de l'tat d'agitation l'tat de repos, dans les anses, baies, etc., o ce repos est encore facilit par les cours d'eaux qui marchent en sens contraire du flot dont ils tendent a diminuer la vitesse et la densit. A. la suite de ce Mmoire, dans lequel sont mentionnes les recherches antrieures relatives la tangue, l'auteur a plac comme pices justi- De sable siliceux. ( '9 ) ikatives les rsultats des analyses faites successivement par M. Chevreul, par M. Vitalis, par M. Pajen, par M. Clauss, par M. Marchai, par M. Pigault de Beaupr et par M. Bivol. Note de M. Chevreul. M. Chevreul a fait, il y a vingt ans, l'analyse d'une tangue du port de Cherbourg, qui lui a donn les rsultats suivants; ils sont extraits d'un Mmoire imprim en i83 dans le tome I er des Nouvelles Ahnhlet du Musum d'Histoire naturelle, page i3i. ... D'aprs cela, le sable est compos : De matire soluble dans l'eau o ,019 00, 38 Sous-carbonate de chaux 0,814 16,28 Sous-carbonate de magnsie > OI 9 00, 38 Quartz et minraux siliceux .' 4 '3i 82,6?. Peroxyde de fer, et alumine mle peut-tre de phosphates de chaux et de magnsie provenant des coquilles o , o 14 00 , 28 4.997 9994 Conclusions. 11 est visible que le sable fertilisant peut agir en agriculture de diverses manires : i. Comme divisant les terres fortes; 2 . Comme sous-carbonate calcaire; 3. Par les sels alcalins qu'il contient : ces sels sont de la mme nature que ceux qu'on obtient en faisant vaporer les eaux de la mer; 4- P ar l a matire organique azote qui y est, en partie, l'tat solu- ble. La matire organique insoluble se trouve probablement contenue dans les dtritus des coquilles. Remarque. 1 Pour que la publication d'analyses de matires employes en agricul- ture comme fertilisantes ft aussi utile que possible, il faudrait indiquer eu mme temps : 1". La nature du sol o ces matires sont d'un bon usage; 2 . Les rapports de ce sol avec le climat du pays dont il fait partie; > 3. La culture du sol considre sous le point de vue des moyens mcaniques employs pour le prparer, et sous celui des moissons qu'on y rcolte. En effet, si une matire fertilisante est absolument bonne lorsqu'on l'envisage par rapport la nature de ceux de ses lments qu'elle est sus- ( no) ceptible de cdei' aux plantes cultives dans un sol o elle a t rpandue, elle peut avoir d'autres qualits simplement relatives ce sol et au climat de ce mme sol. Or ce sont ces divers modes d'action qu'il faudrait fixer en les dterminant, d'aprs une discussion approfondie de faits fournis par la chimie, la climatologie et la culture. botanique. Sur le Papyrus des anciens et sur le Papyrus de Sicile ; . par M. Ph. Parlatore. (Commissaires, MM. de Jussieu, Brongniart, Richard.) Il y a un an, dit l'auteur, je m'occupais du Papyrus de Sicile pour en parler dans le second volume de ma Flore d Italie avec les autres Cypra- ces qui croissent dans la pninsule et dans les les italiennes. En parcou- rant les diffrents chantillons de cette plante dans l'Herbier central italien, qui se conserve au Muse d'histoire naturelle de Florence, et dont j'ai la direction, j'eus le bonheur d'y trouver, outre ceux que j'avais rapports de mes excursions, ou que j'avais reus d'autres botanistes siciliens, un chan- tillon de Nubie que mon ami M. le chevalier Figari, du Caire, m'avait en- voy en 1 84 4 avec une riche collection de plantes d'Egypte et d'Ethiopie. Cet chantillon, quoique incomplet, me prsentait nanmoins des diff- rences dans l'ombelle et surtout dans les involucelles de chaque rayon de celle-ci ; ces involucelles avaient, du reste, cinq ou six folioles au lieu de trois, comme on l'observe ordinairement dans le Papyrus de Sicile. Ces dif- frences m'engagrent faire des recherches sur cette plante, ainsi que sur celle de Sicile; et c'est aprs avoir obtenu des renseignements ou des plantes de Nubie, d'Egypte et de Syrie, et avoir suivi l'histoire du Papyrus et con- sult diffrents Herbiers et Muses dans mon dernier voyage au nord de l'Europe, que je crois tre arriv connatre que le Papyrus de Sicile, que les botanistes considrent aujourd'hui, d'aprs Linn, comme la mme plante que celle d'Egypte, est une espce bien distincte, introduite en Sicile, probablement de la Syrie, peu avant le X e sicle, au temps de la domination arabe, et que le Papyrus des gyptiens, maintenant peu prs ou mme tout fait dtruit en Egypte, appartient la mme plante qui vit encore en Nubie. A raison de l'intrt que prsentent ces recherches pour la botanique et pour l'illustration d'une plante si justement clbre chez des anciens qui ont fait usage, pour nous transmettre leurs connaissances, du papier qu'elle fournit, je soumets les rsultats de ces recherches au jugement de l'Acadmie des Sciences de Paris, esprant que ce nouveau travail trouvera le mme ac- cueil bienveillant qu'ont dj eu le bonheur d'y trouver quelques-uns de mes travaux. ( M ) chimie. Mmoire sur la rduction du chlorure d'argent l'tat mtallique par le sucre sous l'influence des alcalis caustiques ; nouveaux- procds pour obtenir l'argent fin; application des faits nouveaux observs l'affi- nage en grand des mtaux prcieux; par M. Casaseca. (Commissaires, MM. Dumas, Pelouze.) chimie applique. Rponse aux diverses rclamations concernant son Mmoire sur l'emploi du sulfate de zinc pour prvenir ou arrter la putr- faction des matires animales; par M. Falcony. (Commission prcdemment nomme.) CORRESPONDANCE. M. le Ministre de l'Instruction publique invite l'Acadmie lui trans- mettre quelques renseignements qui lui sont ncessaires pour complter, dans Y Annuaire des Socits savantes de la France pour i852, l'historique de l'Institut. Des dispositions ont t prises pour que les renseignements demands soient transmis immdiatement l'Administration. Le mme Ministre consulte l'Acadmie sur le degr d'intrt que peuvent avoir pour la science les travaux de M . Coulvier- Gravier, concernant les observations d'toiles filantes, travaux pour lesquels une rmunration lui a t accorde et sera continue s'il y a lieu. Une Commission, compose de MM. Mathieu, Pouillet, Babinet, Laugier, Mauvais, est charge de faire un Rapport en rponse la question pose par M. le Ministre. M. le Directeur gnral de l'Administration des Douanes envoie pour la Bibliothque de l'Institut un exemplaire du Tableau du cabotage pendant l'anne i85o, ouvrage rcemment publi par son administration et qui forme la suite et le complment du Tableau du commerce extrieur pendant la mme anne, adress au mois de septembre dernier. M. Dubois, d'Amiens, prie l'Acadmie de vouloir bien le comprendre dans le nombre des candidats pour la place d'Acadmicien libre vacante par suite du dcs de M. Maurice. ( Renvoi la Commission nomme dans la prsente sance. ) ( Ht ) chimie obganique. Note sur l'absorption des ulmates solubles par les plantes; par M. J. Malaolti. M. Soubeiran a dmontr l'absorption des ulmates alcalins pendant la vgtation, par deux expriences. p Premire exprience. Une plante de Lampsane, dont les racines taient plonges dans une dissolution d'ulmate d'ammoniaque, a continu vgter et prosprer. La dissolution, que l'on changeait tous les jours, se dcolorait en partie. Seconde exprience. Des haricots et de l'avoine ont trs-bien par- couru toutes les phases de la vgtation dans un sol priv de matires orga- niques, et contenant un peu de sulfate et de phosphate de chaux, et que l'on arrosait de temps en temps avec de l'ulmate d'ammoniaque. Ceux qui ne croient pas l'absorption de l'humus accepteront difficile- ment des rsultats obtenus avec une plante (la Lampsane) qui se trouvait dans un tat anormal; ils ajouteront que rien -foe prouve que les haricots et l'avoine aient accompli leur vgtation sous l'influence de l'ulmate d'am- moniaque, puisque dans le sol il devait se trouver du phosphate et du sul- fate de cette base. En effet, si l'on met du sulfate de chaux, ou de la pou- dre d'os calcins ( plus forte raison du phosphate tribasique de chaux ar- tificiel) en contact avec de l'ulmate d'ammoniaque, il se forme de l'ulmate de chaux, eten.mme temps du sulfate etdu phosphate d'ammoniaque ; de mme, si l'on met du phosphate et du sulfate d'ammoniaque en contt avec de l'ulmate de chaux, il y a encore double dcomposition. Dans tous les cas, il y a partage, et il se forme quatre sels. J'ai cru complter la dmonstration de M. Soubeiran, en faisant une exprience l'aide de la balance. J'ai rempli la moiti de deux grands entonnoirs avec du gravier, el l'autre moiti avec de la brique pile contenant un centime d'os calcins, et autant de craie. J'ai sem sur ces deux sols artificiels, humects avec de l'eau distille, la mme quantit de graine de cressonette. En attendant la germination, j'ai prpar, au moyen de la tourbe, de l'ulmate d'ammonia- que parfaitement neutre, que j'ai divis en deux lots gaux, ayant chacun le volume de 2 litres. Un des lots a t mis part l'autre a t rserv pour l'arrosage d'un des deux sols. T-.es graines ayant lev quatre jours aprs les semailles, on a commenc les arroser tous les jours, les unes avec roo centimtres cubes d'eau dis- tille, les autres avec le mme volume d'ulmate d'ammoniaque. Aprs cinq ( "3) arrosages, la diffrence entre les deux vgtations tait dj fort marque : celle qui tait baigne priodiquement par l'ulmate tait d'un vert fonc ; l'autre, baigne par l'eau, tait d'un vert clair. Aprs dix-huit arrosages, c'est--dire aprs vingt-deux jours d'exp- riences, la plante la plus luxuriante menaant de verser, je fais la rcolte. A cet effet, j'enlve horizontalement de chaque entonnoir une forte couche de terre que je dpose sur un crible dont la toile mtallique, mailles trs- larges, plonge dans l'eau distille. Bientt la terre se dlaye, sort du crible, et les plantes peuvent tre spares avec leurs racines. Les deux jKcoltes dessches l'air et dans les mmes circonstances pesaient, celle arrose avec de l'eau, ia gr ,55o; celle arrose avec l'ulmate d'ammoniaque, i5 gr , i5o. Le sol imprgn d'ulmate a t lav jusqu' ce que l'eau s'coult limpide et incolore; ensuite on y a vers de l'acide chlorhydrique tendu, et ds que l'eau d'gouttage a indiqu une faible raction acide, on a bou- ch l'entonnoir; aprs vingt-quatre heures on l'a dbouch, et l'on a recom- menc les lavages, que l'on a continus jusqu' ce que l'eau devnt neutre. Au traitement par l'acide chlorhydrique a succd un traitement par l'eau ammoniacale. Celle-ci est sortie de l'entonnoir, d'abord trs-noire, ensuite elle est devenue incolore. On a altern les deux traitements jus- qu' ce qu'on ait t sr que dans la terre il n'y avait plus trace d'acide ulmique. Toutes les eaux colores par l'ulmate d'ammoniaque ont t runies au reste du lot employ. Celui-ci a t amen neutralit et au volume de % litres. On a ajout alors aux deux lots des quantits gales de chlorure de calcium dissous : il s'est form aussitt deux prcipits qui ont t jets sparment sur deux filtres faits avec le mme papier, et amens au mme poids. Les deux prcipits ont t soigneusement lavs, desschs, d'abord l'air libre, et puis dans le vide de la machine pneumatique, enfin ils ont t pess avec la mme balance qui avait servi quilibrer les deux filtres vides. L'ulmate de chaux provenant du liquide qui avait t conserv comme point de comparaison, pesait 2 gr ,6oo de plus que l'autre ulmate. Ulmate de chaux du tmoin 5 ,r ,700 Ulmate de chaux de l'exprience 3 r ,ioo C. R., l85a, l" Semestre. (T. XXXIV, N<>3 ) '" ( "4 ) Or, o gr ,5oo de ce sel ont produit o sr ,t3o sulfate de chaux = o gr ,o53 de chaux. Par consquent, l'ulmate d'ammoniaque, employ l'arrosage de la eressonette, a perdu 2 gr ,367 d'acide ulmique, tel qu'il se trouve dans l'ul- mate de chaux dessch dans le vide. On pourrait supposer que l'acide ulmique ft rest dans le sol, sous une forme inconnue qui aurait chapp l'action des ractifs; mais cette transformation ne pourrait pas tre le rsultat du contact del'acide ulmique, soit avec les parties terreuses, soit avec les parties externes des racines. Or il s'agit de prouver que cet acide est absorb, et non pas de dire ce qu'il devient aprs l'absorption. Cette exprience et celles de M. Soubeiran me semblent dmontrer V absorption des ultnales solubles pendant la vgtation, et en mme temps leur utilit. chimie ORGANIQUE. Transformation de la marmite en sucre; par M. Lhermite. La diffrence essentielle qui existe , quant la composition lmentaire, entre le sucre et la mannite, consiste dans un lger excs d'hydrogne que celle-ci renferme pour la mme quantit d'oxygne. En considrant d'ail- leurs l'ensemble des affinits qui lient entre eux ces principes immdiats des vgtaux, on devait s'attendre voir, dans des conditions donnes, l'un les deux se transformer dans l'autre. Ce passage ne semble point avoir encore t tudi. La manne rcente et bien pure ne subit point la fermentation alcoo- lique, mais, la longue, elle est passible d'une altration particulire. De blanche, opaque, sche et presque friable, elle devient rousse, translucide et gluante. Elle est alors assez hygromtrique pour se dissoudre dans L'eau qu'elle emprunte l'atmosphre, et cette dissolution, au contact de la le- vure de bire, se transforme bientt en alcool et acide carbonique. Ce qui prcde explique pourquoi l'on a trouv du sucre dans l'ana- lyse de la manne : c'est que l'on avait opr sur une matire qui dj par- tiellement tait devenue grasse. Si, sous une influence oxydante, la mannite a pu passer l'tat de sucre, il n'est pas douteux qu'elle ne puisse se produire par l'action d'une cause dsoxygnante sur le sucre lui-mme; que c'est ainsi, par exemple, ( "5) qu'elle prend naissance dans le jus de betterave abandonn la fermentation visqueuse. chimie applique. Note sur l'influence du chlore humide dans le traitement de la glucosurie; par M. A. Bobiekbe. Les expriences de M. Alvaro Reynoso ont permis de constater la con- cordance qui existe entre certains phnomnes de l'acte respiratoire et la prsence du sucre dans les urines. Les observations de M. Bouchardat sur l'influence favorable des inspirations d'oxygne dans la glucosurie s'ac- cordent parfaitement avec les rsultats analytiques de M. Alvaro Reynoso, et permettent d'entrevoir la possibilit d'un traitement bas sur le rtablis- sement de la proportionnalit entre les substances combustibles de l'orga- nisme et les gaz comburants introduits dans le poumon. J'ai pens que si l'oxygne pouvait tre class parmi les agents thra*. peutiques propres combattre la prsence du sucre dans les urines, c'est- -dire pendant la pleursie, la bronchite chronique, l'asthme, etc., on ne pourrait avoir recours son emploi qu'en l'affranchissant des inconvnients signals par M. Bouchardat, inconvnients qui ont toujours, au reste, ac- compagn l'usage de l'oxygne gazeux. Dans un travail adress l'Acadmie des Sciences le 7 fvrier 1 848 et dont les conclusions sont insres dans le Compte rendu de ses sances, je crois avoir prouv, par des expriences prcises : i que l'action toute sp- ciale du chlore humide dans certaines affections du poumon doit tre attri- bue l'oxygne mis en libert par suite de la dcomposition de l'eau ; i que l'inspiration du chlore humide propose il y a longtemps comme convenable dans le traitement de la phthisie produit une excitation gnrale due aux proprits de l'oxygne naissant et non une action spciale du chlore; 3 que l'inspiration de l'oxygne l'tat naissant obtenu parce moyen ne saurait tre remplace par l'introduction dans le poumon d'oxygne pralablement recueilli et enferm dans un rservoir quel- conque. J'ai t conduit me demander si l'emploi de l'oxygne naissant obtenu par l'inspiration d'une faible quantit de chlore humide ne pourrait pas tre utilement adopt dans le but de remdier aux inconvnients signals par M. Bouchardat. Le seul cas dans lequel j'aie pu faire une observation complte tait caractris par un emphysme pulmonaire bien 16. . ( u6) dtermin. L'urine prcipite par le sous-actate de plomb, filtre, puis dbarrasse de l'excs de sel plombique par le chlorure de sodium, et enfin traite par la levure de bire d'une part, et la solution alcaline de tarlrate de potasse et de cuivre de l'autre, fournissait les caractres d'un liquide manifestement sucr. Sous l'influence du chlore, dont la dose a t graduel- lement augmente, j'ai vu le sucre diminuer jusqu' ce que les conditions normales de la respiration fussent compltement rtablies. Si, ce qu'il appartient la mdecine de prciser, les inspirations d'oxy- gne pouvaient avoir quelque rsultat utile dans le traitement de la gluco- surie, il serait dsirer que ces inspirations fussent de prfrence effectues l'aide d'oxygne naissant, c'est--dire obtenu par les fumigations de vapeur d'eau chlore. Pour dcider cette question, il serait utile de prati- quer l'usage de ces fumigations tout en examinant chimiquement les urines, dans les circonstances pathologiques ou l'hmatose est incomplte. M. du Moncel adresse quatre courtes Notes ayant pour titre : Sur les lectromoleurs ; Sur l'emploi de la lumire lectrique aux travaux sous- marins et la navigation,- Addition une Note prcdente concernant la thorie de l'auteur sur la rpartition des vents selon les saisons; Remar- ques sur le rsum donn par M. Rozet de ses observations mtorologiques. Cette dernire Note est renvoye l'examen de la Commission nomme pour les communications de M. Rozet, concernant la mtorologie. M. le gnral Daumas demande que ses diverses recherches sur l'Algrie, qu'il avait prcdemment soumises au jugement de l'Acadmie, et qui n'ont pu, d'aprs une rsolution dj prise depuis longtemps relativement aux ouvrages imprims, tre renvoyes l'examen d'une Commission spciale, soient admises au concours pour le prix de Statistique fond par M. de Montyon. (Renvoi la Commission du prix de Statistique.) M. IXevec Derotrie prie l'Acadmie de vouloir bien lui faire savoir quelle poque il pourra faire prendre copie d'un travail qu'il a prsent au concours pour le prix de Statistique de i85i. La Commission ayant aujourd'hui termin l'examen des pices qu'elle avait juger, M. Neveu Derotrie pourra faire prendre, ds prsent, copie de son Mmoire. ( "7) M. Gaietta adresse une Note sur diverses questions concernant la phy- sique gnrale, la physique du globe, la composition chimique de certains principes immdiats des vgtaux, la physiologie et la mdecine. M. Brachet poursuit ses communications sur la navigation arienne la navigation sous-marine compares entre elles. L'Acadmie accepte le dpt de trois paquets cachets prsents Par M. d. Boi i.i.wn. Par M. Leclercq, Et par M. E. Wartmann. La sance est leve 5 heures. F. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Acadmie a reu, dans la sance du ia janvier i85a, les ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences; tome XXXIV; i er semestre i852 ; n i ; in-4. Thorie nouvelle de la rotation des corps; par M. PoiNSOT; in-4. Des terrains de transport et tertiaires mis dcouvert lors des fondations du Palais de Justice Montpellier ; par M. Marcel DE SERRES; in-4. (Prsent, au nom de l'auteur, par M. Constant Prvost.) Des rgles de l'application du chloroforme aux oprations chirurgicales; par M. le D r SDILLOT; broch. in-8. Mmoire sur une varit nouvelle de tumeur sanguine de la vote du crne, suite de lsion traumatique; par M. Gustave Dufour; in-8. Analyse et discussion des nouvelles expriences faites principalement en An- gleterre sur la rsistance de la fonte, du fer et de quelques autres matriaux; i re partie : Fonte; par M. Couche ; in-8. Annales agronomiques. Recueil de Mmoires sur l Agriculture , publis par- ordre du Ministre de l'Agriculture et du Commerce; i re srie; tome II; novembre i85i; in-8. Annales forestires ; dcembre i85i; in- 8. Annales des maladies de la peau et de la syphilis, publies par MM. Alphe Cazenave et Maurice Chausit; dcembre i85i; in-8. ( n8 ) Encyclopdies populaires : PHYSIQUE; parMM. J. Plateau et Quetelet ; i re partie; par M. J. PLATEAU, professeur l'Universit de Gand; i vol. in-12. Bruxelles. Annales de l'observatoire physique central de Russie, publies par ordre de Sa Majest l'Empereur Nicolas, sous les auspices de M. le comte Wrontchinko, Ministre des Finances de l'Empire de Russie ; par M. Kupffer, directeur de l'observatoire physique central; n os i, 2 et 3; in-4. Compte rendu annuel adress M. le comte Wrontchinko, Ministre des Finances; par M. Kupffer, directeur de l'observatoire physique central ; anne i85o. Saint-Ptersbourg, i85i; in-8. Novorvm actorum Academi Csare Leopoldino-Carolin natur Curio- sorum Tomus XXIII, seu decadis lerti Tomus quartus; i85i ; in-4. The journal... Journal de la Socit royale gographique de Londres ; vol. XXI. Londres, i85i;in-8. On the alluvia. . . Sur les formations d'alluvion de la Babylonie et de laClvd- de. (Extrait du London and Edimburg philosophical Magazine, juin 1839); par M. BEKE; in- 8. The astronomical... Journal astronomique de Cambridge; vol. II; n os 3o et 3i; in-4- Monatsbericht.. . Comptes rendus mensuels des sances de l'Acadmie royale des Sciences de Prusse; novembre i85i ; in-8. Astronomische... Nouvelles astronomiques ; n 788. Optische... Recherches optiques faites l'occasion de l'clips totale de Soleil du 28 juillet i85i; par M. Feilitzsch, professeur Greifswald. Greifswald, 1 85a ; in-8. (M. AraGO s'est charg de rendre un compte verbal de cet ouvrage.) Calcolo . . . Calcul des perturbations produites par les attractions de Jupiter, Saturne, la Terre et Vnus, sur les lments elliptiques de la plante de Riela; par M. J. Santini. Venise, i85i; in-4- Journal des Connaissances mdicales pratiques et de Pharmacologie; t. V; n 7 ; in-8. L'Abeille mdicale; 9 e anne; n 1; in-4. Gazette mdicale de Paris; 22 e anne; n 2 ; in-4. Gazette des Hpitaux; 25 e anne; n os 2, 3 et 4; in -fol. Rforme agricole scientifique et industrielle; octobre i85i; in-4, ( n9) L'Acadmie a reu, dans la sance du 19 janvier i852, les ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences; 1"* semestre i85a ; n 2; in-4- Notices et extraits des manuscrits de la bibliothque nationale et autres biblio- thques, publis par l'Institut national de France, faisant suite aux Notices et extraits lus au comit tabli dans i Acadmie des Inscriptions et Belles-Lettres ; tome XVII; a e partie. Paris, i85j; in-4. Institut national de France. Sance publique annuelle des cinq Acadmies, du samedi a5 octobre i85i, prside par M. de Tocqueville, Prsident de l'Acadmie des Sciences morales et Politiques. Paris, i85i ; in-4. Institut national de France. Rapport du Secrtaire perptuel de l'Acadmie des Inscriptions et Belles-Lettres, sur les travaux des Commissions de cette Aca- dmie pendant le second semestre de l'anne i85i ; lu le g janvier i852; in-4. Socit nationale et centrale d'Agriculture. Sance publique de rentre, tenue le dimanche 16 novembre i85i, prside par M. HMCART DE Thury. Paris, i85i;broch. in-8. Journal de Mathmatiques pures et appliques, ou Recueil mensuel de Mmoires sur les diverses parties des Mathmatiques; publi par M. JOSEPH Liouville; octobre i85i ; in-4. Annales des Sciences naturelles; rdiges par MM. MlLNE EDWARDS, Ad. Brongniart et J. Decaisne; 3 e srie; tome XV; n 6; in-8. Rosmos . . . COSMOS, Essai d'une description physique du monde; par M. le baron Alexandre de Humroldt; 3 e volume, 2 e partie. Stuttgart et Tu- bingen, i85i; in-8. ERRATA. (Sance du 12 janvier i85a.) Page 35, lignes 35 et 36, au lieu de M. le Prsident annonce que le XVII e volume des Mmoires de l'Acadmie est en distribution au secrtariat , lisez M. le Prsident annonce que la deuxime partie du tome XVII des Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothque nationale et autres Bibliothques est en distribution au secrtariat. Page 3^ , lignes 23 et 24 , au lieu de ces importants faits , lisez cet important sujet. PARIS. IMPRIMERIE DE BACHELIER, rue du Jardinet, 12. ( lao ) d. d o e da zgKKZ ok^'zoo dod (KOdoZZKKZeSOKddSoiSSgtctflO'odd 3 3 c -i - c c o > s son O O V _Q . s h te . -c ~ * 3 3 = S = i?2 o 2 o & -^ x - - - - "_ - w - a 2 3 3 O 3 o O o ! > 3 3 3 O O O te "' 2 s- ;w > > ;> * _ S 3 3 3 3 t. O O O o -CJ 3 3 O O U&,HUHUUUUHSmuSUCJKUUUUH&iUUUUCJU as r- CS m rvo co co cr/o vf oo fnom vf co f) co vj wiottoxiiflio M C O Vf Vf OC)cO>00'0--"-'OCeOOel-"Vf0 + + +I+ + + +I+ + + +I+ + + +I I I++I+ + + + + + 00 CO -00 r^c^ir^r^r^ c^.00 r-vrcO 00 if) co if) f) -00 -t V) vf CO V) if) - O r^if) r^ t^OO r^ r>.vf c^ c^if) rvo co f> co co if) c-^if) co o vf m co ifT cT + + + + + + + ++ + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + as es O O sa o -1 s* se ta vf co Ciel o if) O Vf O O") ~ -00 O O vf vf co m 00 00 t-^CO (S vf co co - into vf vf vf ro -~noiocoo^-CMfflM ++++++++++++++++++++++ I +++++++ o r^vf cr.io ro cTro ro m oiOio o ovi-omio om o c-* o co co ro c- vf if) co r~.ro ro ro r-ro ** c^ur> 00 ro vf o ro O - co Vf c~> ~ co CT.vf if) Oiio m oco ti cr.vf if> - ovo [>oti - - ro -io ooo vf m o m oco > if> co 3 .S vf r^ B co 00 c vf ro" o a. U H O O o ~ co 3 3 3 ci ri - 3 3 3 o -a -O S^ P^ ^ o o c 35 + O S 3 m B 3 ai > O av ov co o - + + + + 00 Vf if) r^lf) if) + + + ro + ro - 00 Vf + + + + if) CTco O ~ M r^if) c^ r^ r> Vf 'K0V0MI ^> 1 O00O Vf 00 O M O 50 r^UO 00 O - 00 >C rO (S Vf O Vf OS O vf ro tO ^O t->^0 ^O Vf vo t-^in c-"sO M Vf f) W O vf ro vf vf O>rocO - v0 00vf (-ftCTsfi - aoo ~ rjiro ai o o > noo ci m oc oo CO Vf vf + + + Vf + C. M ro - c^ 00 vf m OXO CO om M ~ -coro vf m CO vf co CO ro 00 - vf vf n m m m vf m io vf x> onwo>n0 ro - t^vf Vf c^ r^ r*. r^ vf Vf rvo ~ vf CO vf c^-vf " vf m O 00 CT: - vf co O - - 00 O c^n o CT.vflO O CO r^vf co 00 r^VO V5 vf r^ c^ r^lO cocoCOOrolOrolOtotnts co vf vf ++++++++++++++++++++++++++++++ i+++ + c^~ ai- - - -rovf axO vf m covf-oo o mco -inroco c^tn r^ro O - V> CT. O co Cj c^ CT. O - - - CT.ro ro 00 co - CV-O CTjco CT.o 00 r^ M m CO O vf co co 00 CT.co vf CT.CO CT: O co co O O vf - 00 vf CTiCO CO W CO M io vf o inmic vf m io vf if) cococof)f)>f)if)f)iooif)io vf vf vf in in co co 00 CO f) o m co co Vf m JT> V) - r^vf co O O V) CT) r^. 00 r^ro vf r~- -r r^ O co ro IO c^ro o ro vf o >f) - 00 r^co o O vf o O co 0100 >.f> m r^ io vf m tf)inio>f)>f)>nf)f)cococof)n>f)ninif>coo>f) vf vf vf m m co co - cT:m CO vf 00 co vf n m if) r*> r^> r^> ci Vf If) ro vf if) CO c^CO CT. O ro Vf m CO tr-OO CT. O - _ _ ____-: r. ro vf if) co r^CO CT. o ro COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SANCE DU LUNDI 26 JANVIER 1852. PRSIDENCE DE M. PIOBERT. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. analyse mathmatique. Mmoire sur le dveloppement des quantits en sries limites (suite); par M. Augustin Cauchy. Soit toujours Z une fonction de z qui reste monodrome et monogne, tandis que le module r de z varie entre les limites a < i, a' > i. Comme on l'a dit, le coefficient A_ de z~" dans le dveloppement de Z suivant les puissances ascendantes et descendantes de z sera dtermin par la formule (i) A_ = 3It(z"Z). . Soient, d'ailleurs, z, = ae ai , z' = a'e a '\ les valeurs de z, correspondantes aux modules a, a', pour lesquelles la fonction Z cesse d'tre monodrome et monogne; et supposons, pour fixer les ides, Z = (i-z,z-')-'F(z), C. R., i85a, i Semestre. (T. XXXLV, N4.) 17 ( I22 ) s tant un exposant positif quelconque, et F(z) une fonction qui reste monodrome et monogne pour des valeurs du module r comprises entre les limites b et a'. On aura (a) A_ n = ^[z(i-z,z-'r s F(z)]; et, si F (z) est dveloppable suivant les puissances positives de z, on aura (3) A^ = [,], s ;|i + ^ Ut+ ... + (w + ^-^^ i) ^,| +Pwi les valeurs de u^, et p m tant donnes par les formules (i3) et (i4) de la page 76. Si, au contraire, en dveloppant F (z) suivant les puissances entires de z, on obtient un dveloppement qui renferme les deux espces de puis- sances positives et ngatives; alors, en nommant , v deux variables dont les modules u, v, compris entre les limites b, a', soient, le premier infrieur, le second suprieur au module de z, on devra remplacer la formule (1 1 de la page 76, par la formule plus gnrale a \ -FM _ F() 4) F(z) = ait 3K, *-* {Voir, dans le tome XX, la formule (20) de la page 212.] Alors aussi la formule (3) continuera de subsister si l'on dtermine les valeurs de v m et de p m , non plus l'aide des quations (i3) et (14) del page 76, mais l'aide des formules (5) = ( -0".-V-<<^-- ( -^L]. (6) . = ~ - ' - :;{:: ;, F w - ~ ~i:zxfcy ) D'ailleurs, en diffrentiant m fois par rapport z l'quation (4), et posant ensuite z = z , on tirera de cette quation , jointe la formule (5), (7) Um = (-.r z ;F( 3 ,). En consquence, l'quation (3) donnera ^-[iZ-fiz, F' (z,) -(-... (8) A_ = [,] n z: " +I [,-^_, , :f . l1WM , (Tl i ( .23 ; La formule. (8) fournit un moyen facile, surtout lorsque n est un trs- grand nombre, d'obtenir la valeur du coefficient A_. Lorsque la srie, dont cette formule offre, entre parenthses, les premiers termes, est con- vergente, il suffit d'attribuer au nombre m une. valeur infinie, pour repro- duire l'quation (io) de la page n5. Mais, dans ce cas-l mme, il est avan- tageux de recourir, pour la dtermination de A_, la formule (8), en dduisant de l'quation (6) la valeur exacte ou approche du reste p m . Ajoutons qu' l'aide des formules (6) et (8), on peut atteindre, dans la dtermination de A_, tel degr d'approximation que l'on voudra. Entrons, ce sujet, dans quelques dtails. On peut, l'aide de divers procds, et particulirement en recher- chant les modules principaux des fonctions renfermes sous le signe 3l, dduire de la formule (6) une quantit &,, sinon gale, du moins sup- rieure au module p m . Cela pos, pour que l'erreur commise dans la dter- mination du coefficient A_ s'abaisse au-dessous d'une unit dcimale d'un certain ordre, il suffira de ngliger, dans la formule (8), le reste p m , en attribuant au nombre m, s'il est possible, une valeur telle, que la valeur correspondante de d m soit infrieure cette unit dcimale. Lorsqu'il devien- dra impossible de satisfaire cette condition, on devra recourir une valuation approximative du reste p m . On pourra, par exemple, dvelopper p, en srie convergente et limite l'aide de la formule (6) jointe aux sui- vantes : , > u u W ' (9) ,7 = i-\ pfr (_-)' IO) = H I---H... + -t^4 et l'on trouvera ainsi les valeurs de u l7 v t et q t tant dtermines par les formules (ta) n -+ m n -+- m l-hi _/ u'Fiui ' s + n i s+n / ' (u z,)" 1 (.3) _ , + _,+ + /_, -/!() ' n + m -f-i n + m + l ' (c z,)"' (i4)s,= 3TL3K z n+m+l ( , _ Z/ Z" 1 )"-' C 1 "' F ( C) , w ^ *'"" ( I Z, Z~ l ) m " u'F(ll) ( z,) m (<> z) {u z,) m (z u) in.. ( 124 ) A l'aide de divers procds, et spcialement en recherchant les modules principaux des fonctions renfermes sous le signe 31L, on pourra dduire de la formule (i4) une quantit z t , sinon gale, du moins suprieure au module de ^; et alors, pour que l'erreur commise dans la dtermination de p m s'abaisse au-dessous d'une unit dcimale d'un certain ordre, il suffira de ngliger ; dans la formule (i i), en attribuant au nombre l une valeur telle, que i t soit infrieur cette unit dcimale. Il est bon d'observer que la valeur de ; , dtermine par la for- mule (i4)> se rduit, pour /= o, la valeur de p m fournie par l'qua- tion (6). Par suite aussi on peut prendre pour c?, ce que devient z ( quand / s'vanouit. Donc, en dfinitive, la dtermination du coefficient A_ , avec un degr d'approximation donn, pourra tre ramene la*dtermination d'une limite t t suprieure au module de t , et de la valeur que devra pren- dre le nombre l pour que cette limite s'abaisse au-dessous d'une quantit donne. Reste maintenant indiquer les procds les plus simples qui puissent servir la solution de ces deux derniers problmes. C'est ce que nous essayerons de faire dans un prochain article. conomie rurale. Transport et closion des ufs de Saumon. (Communication verbale de M. Coste.) J'ai demand la parole pour communiquer l'Acadmie le rsultat d'une exprience relative l'empoissonnement des eaux. Cette exprience dmontre que les ufs de Saumon et de Truite, parvenus au terme de leur dveloppement, peuvent, comme probablement ceux de toutes les es- pces, rester assez longtemps hors de l'eau pour tre transports de trs- grandes distances et clore ensuite dans tous les rservoirs qu'on voudra peupler. Tant que les jeunes poissons sont encore renferms dans leur en- veloppe, ils s'y trouvent non-seulement protgs par elle, mais conservs dans des conditions qui leur permettent de vivre plusieurs jours, pourvu qu'on ait la prcaution de les entourer de vgtaux humides. C'est ce dont l'Acadmie peut s'assurer en voyant les jeunes Saumons vivants, ns au Collge de France, qui sont dans le bocal que je fais passer sous ses yeux, Les ufs qui ont produit ces jeunes Saumons m'ont t envoys de Mulhouse par les soins de MM. Berthot et Detzem, ingnieurs du canal du Rhne au Rhin, qui ont organis, prs de l'cluse n 4 de la branche d'Hu- ningue, un tablissement d'closion o les rsultats, cause de la perfec- ( 1^5 ) don des procds qu'on y emploie, dpassent de beaucoup ceux qui avaient dj t obtenus en Bresse par Ghin et Rmi. Ces ufs, placs dans une bote de fer-blanc perce de trous sa paroi suprieure, entours d'herbes aquatiques humides, sont arrivs au Collge de France par la diligence. Je les ai dposs, quarante heures aprs qu'ils avaient t retirs de l'eau, dans un bassin o j'avais tabli un courant continu. Peu de jours aprs leur immersion, ils sont presque tous clos, et les poissons qui en proviennent vivent et grandissent de manire me faire esprer que je russirai les acclimater dans les rservoirs o je les con- serve. ?> Des ufs de Truite, fconds avec de la laitance de Saumon, m'ont aussi t envoys par MM. Berthot et Detzem ; ils ne sont pas encore clos, mais leur dveloppement a lieu avec la plus grande rgularit, et il est pro- bable que j'obtiendrai des mtis, comme l'ont dj fait MM. Berthot et Detzem. On pourra donc, si les expriences entreprises dans cette direction donnent des rsultats satisfaisants, peupler toutes les eaux douces de Truites saumones ,. comme on les peuple de Carpes ou de Brochets. A l'occasion de la communication prcdente, M. Milne Edwards donne quelques dtails sur les travaux entrepris par la Commission de pis- ciculture institue au Ministre de l'Agriculture. Cette Commission, dont M. Coste est Membre, s'est beaucoup occupe, tant de la multiplication du Saumon et des autres espces les plus importantes de la famille des Truites, que des moyens employer pour effectuer le transport des ufs de pois- sons fconds artificiellement, et elle a pu constater dj des rsultats int- ressants. Sur sa demande, le sieur Ghin, ce pcheur si intelligent qui, le premier, avait employ en France d'une manire pratique le procd des fcondations artificielles, a t charg d'apporter du lac de Genve et du lac du Bourget des ufs d'Omble chevalier, de la grande Truite saumone, et de plusieurs autres poissons fort estims, et de les placer dans les eaux de Fontainebleau, de Versailles, etc. , etc. Le premier de ces envois a t fait il y a environ six semaines ; d'autres ont eu lieu plus rcemment, et la Commission a tout lieu d'esprer que ces essais seront couronns de succs. La Commission a pris aussi en trs-srieuse considration les expriences commences l'anne dernire par MM. Berthot et Detzem sur la production des mtis. Au mois de novembre dernier, M. Milne Edwards, comme Pr- sident de la Commission de pisciculture, a reu de M. Berthot des poissons ( '26 ) d'un an obtenus par cet exprimentateur zl au moyen d'ufs de Saumon fconds par de la laitance de Truite, et il a galement reu du sieur Ghin des communications verbales au sujet de produits analogues obtenus par ce pcheur l'anne dernire. Du reste, l'ensemble de tous ces travaux, dirigs ou excuts par la Commission de pisciculture, sera bientt l'objet d'un Rapport administratif; et M. Milne Edwards ne doute pas que M. le Ministre n'autorise la Commission en communiquer tous les rsultats l'Aca- dmie. Remarques de M. Dureau de la Malle l'occasion des prcdentes communications . J'ai fait, pendant le cours de ma longue vie, plusieurs sjours dans le Nivernais et dans les dpartements o prennent leur source les rivires et les cours d'eau qui se jettent dans la Seine, surtout dans l'Yonne, au-dessus de Montereau et de Nogent-sur-Seine. J'ai t frapp de la quantit de frai de Saumon et de petits Saumons (que je pris d'abord pour de trs-jeunes Vrons) qui surnageaient ou frtillaient sur l'eau claire de ces affluents, et que je voyais toujours augmenter en remontant vers leurs sources. On y pche ces Saumons dans des filets, et l'on y en trouve depuis le poids de i dcagramme jusqu' celui de i kilogramme. J'ai t dgot bien vite de manger de ce Saumon, car ce poisson, enfant, jeune, mme arriv au poids de i kilogramme, n'a pas la saveur fine du Saumon adulte et vieux, ce qui m'explique pourquoi les domesti- ques stipulent, en se louant pour l'anne, en Ecosse et en Hollande, qu'on ne leur fera pas manger du Saumon plus de trois fois par semaine. Les nombreux pcheurs que j'ai interrogs m'ont assur que, dans les limites indiques plus haut, ils n'en prennent que rarement d'un kilogramme et demi, et que, pour la plus grande partie de l'anne, ou n'en prend pas d'adultes ni de vieux entre Auxerre et Paris, Nogent et la capitale. Les migrations des poissons entrant comme preuve accessoire, dans ma Climatologie compare, je reprendrai ces recherches, et je tcherai de trouver la date, ou du moins les limites prcises de l'arrive des pres et mres talons de la mer aux sources, et du dpart de leurs familles des sources pour la mer. Je ne doute pas que les mmes faits ne puissent tre observs pour l'Alose et les autres poissons qui vivent aussi bien dans l'eau douce que dans l'eau sale. ( ia 7 ) optique. Sur divers phnomnes de diffraction ou d'inflexion; par Lord Brocgham. (Extrait par l'auteur. ) \ . Les franges ou bandes qui paraissent dans l'image rflchie d'un miroir rectangulaire peu large et assez inclin, ou moins troit et plus inclin, et dans l'image forme par les rayons passant entre deux bords parallles et flchis par ces bords proches l'un de l'autre, s'arrangent en groupes dont la largeur et les teintes varient diffrentes distances du miroir ou des bords. A une certaine distance, lorsque la largeur est petite, la couleur est bleue au centre, rouge ou brune des deux cts du centre, puis brune au centre, bleue des deux cts; plus loin, une seule ligne parat noire, mais, examine avec une loupe, elle semble pourpre fonc; plus loin, elle est plus large, et brune, puis grise, puis blanche. Aprs la ligne noire, les franges externes sortent et paraissent dans l'ombre, et elles ne varient pas de couleur, mais seulement de largeur diffrentes distances. Avec un miroir triangulaire angle assez aigu ou avec des bords flchisseurs inclins sous un angle aigu, les mmes diffrences des franges se font voir une seule distance du tableau au miroir ou aux bords, et les franges avant le point noir, [ou pourpre fonc, paraissent continues aprs ce point-l dans celles de l'ombre. Ainsi, il parat que les rayons se croisent ce point-l. Mais un obstacle, inter- pos d'un ct du pinceau, n'efface pas les franges du ct oppos, comme il devrait le faire, et comme il le ferait dans le cas de rayons passant par le foyer d'une loupe ou d'un miroir. 2. La proposition de M. Fresnel {Mmoires de l'Institut, 1822 , que la dilatation des franges (faisceaux lumineux) dpend uniquement de. la largeur de l'ouverture, doit tre modifie ; au moins elle n'est pas d'accord avec les phnomnes de flexion par des bords placs en succession l'un aprs l'autre. La largeur et l'loignement des rayons directs des franges ainsi formes sont en raison inverse de la distance horizontale des bords. Si elles sont formes par un trait ou pinceau de rayons parallles ou hori- zontaux, et que les bords soient placs sur une barre parfaitement horizon- tale et gradue, de manire que la distance en ligne verticale entre les deux bords reste toujours la mme, et, par consquent, l'ouverture reste de la mme largeur, les franges suivent la loi de^" = 1 x tant la distance ho- rizontale des bords, et y la largeur ou l'loignement des franges; si l'on observe les franges formes par les bords directement opposs l'un l'autre, ( i8 ) elles ne suivent pas la proportion inverse de la distance des bords, c'est-- dire de la largeur de l'ouverture; le lieu (locus) desjy n'est pas l'hyperbole conique j = Les mesures paraissent rpondre plus l'hyperbole cubi- que y= H; l'loignement de l'asymptote est beaucoup plus rapide, et le' rayon de courbure beaucoup moins grand. Il y a difficult avec la courbe y=, car la _ valeur oc 5= 1 elle croise l'hyperbole conique, et les phnomnes ne rpondent pas une diffrente proportion des franges en de et eu del d'une certaine largeur d'ouverture. 3. Les bandes internes de l'ombre de corps trs-minces (pingles, etc.) suivent la loi explique. Elles sont attires vers un bord opaque approch du pinceau, et elles subissent un changement de largeur, la plus petite devient d'abord gale aux autres plus prs de l'axe de l'ombre et mme plus grande avant que toutes ces bandes disparaissent ; mais l'effet est beaucoup moins considrable et moins facile distinguer que dans l'action du bord sur les franges externes du corps mince. Il y a aussi une grande diffrence entre ces bandes internes et les franges externes, en ce qui regarde la posi- tion de l'obstacle qui intercepte les rayons. Cette position, avant ou aprs le corps qui forme les franges, affecte diversement les deux espces de bandes. 4. La bande centrale, grise fonce, et les deux bandes noires avoisi- nautes sont altres, mais beaucoup moins par le bord interpos. Ces bandes centrales paraissent suivre une loi diffrente de celle que suivent les bandes colores, en ce qui regarde leur largeur des distances diffrentes du corps mince, au moins si l'explication du phnomne par l'interfrence leur est applicable ; car cette doctrine devrait donner l'quation 772 y \Ja 7 + x > sjb- + x* les mesures ne s'accordent pas avec cette formule. Avant d'entrer dans l'om- bre du corps mince, et de faire disparatre toutes les bandes internes, les franges du bord traversent l'ombre, et puis, en avanant le bord, ses franges paraissent au del de l'ombre. Une lame diaphane produit les mmes effets, et l'on voit ses franges au del de l'ombre, tandis que les bandes internes reparaissent. L'ombre du bord de la lame de mica ou de verre trs-mince fait voir deux suites de franges, l'une externe, l'autre interne, comme si un ( I2 9 ) corps opaque trs-mince tait plac sur le bord, mais avec cette diffrence que l'ombre du bord de la lame n'a aucune bande interne ni colore, ni grise ou noire comme l'a celle du corps mince. M. Seguin an adresse des vues sur la cosmologie. Nous attendrons, pour les insrer au Compte rendu, des dveloppements qui nous semblent ncessaires. MMOIRES PRSENTS. hydraulique. Mmoire sur le mouvement d'un liquide pesant qui s'coule par un orifice rectangulaire horizontal; par M. Th. d'Estocquois ; transmis par M. le Ministre de l'Instruction publique. (Extrait par l'auteur.) Ce Mmoire, dit l'auteur, a pour objet de dterminer la vitesse d'cou- lement de l'eau par un orifice rectangulaire horizontal, la contraction de la veine ayant lieu sur un des cts du rectangle seulement ; dans ce cas, le calcul m'a conduit trouver le coefficient de contraction gal au cosinus de l'angle que font avec la verticale les filets les plus extrieurs de la veine. Si l'orifice est en mince paroi plane, des considrations particulires conduisent 0,707 pour la valeur approche du coefficient de contraction. Ce nombre diffre trs-peu de la valeur dduite des expriences de M. Bidone. anatomie compare. Mmoire sur. les circonvolutions du cerveau; par M. Camille Dareste; prsent par M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Dumril, Geoffroy-Saint-Hilaire, Milne Edwards.) Le travail que je prsente l'Acadmie a pour objet de faire ressortir quelques vues gnrales qui me paraissent rsulter de la comparaison de tous les faits que la science possde, au sujet des circonvolutions du cer- veau des Mammifres. Deux physiologistes habiles ont rcemment essay, dans ces derniers temps, de coordonner tous les faits relatifs l'histoire des circonvolutions crbrales. Leuret avait essay, dans un ouvrage malheureusement inachev, de faire connatre les relations qui existent entre les degrs de dveloppement des facults intellectuelles et ceux du systme nerveux lui-mme. L'tude C. R., i85a, i r Semestre. (T. XXXIV, IN A.) l % ' ( i3o ) des circonvolutions tient une grande place dans cet ouvrage ; Leuret avait reconnu que les dispositions que prsentent les circonvolutions peuvent se rattacher un certain nombre de types, et il avait essay, en consquence, de donner une classification des Mammifres, fonde sur la disposition de leurs circonvolutions. Mais Leuret n'ayant tudi les circonvolutions que d'aprs leurs caractres extrieurs, n'avait pu tablir qu'une classification artificielle, dans laquelle les caractres ngatifs, tels que l'absence des cir- convolutions, ont une valeur gale aux caractres positifs rsultant de telle ou telle disposition de ces replis. Dans un Mmoire prsent rcemment l'Acadmie, Mmoire encore indit, mais dont les rsultats sont reproduits dans un Rapport de M. Du- vernoy, M. Gratiolet a tabli cette rgle, qu'il existe, en effet, daris chaque groupe naturel de la classe des Mammifres un type particulier d'organi- sation crbrale, et que ce type restait le mme, qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas de circonvolutions; de telle sorte qu'il y a, dans un certain nombre de familles, des espces plus parfaites cerveau pliss et des espces dgra- des cerveau lisse. En comparant avec soin tous les faits que possde la science, je crois tre arriv dmontrer que le plus ou moins de dveloppement des cir- convolutions n'est point en rapport avec le dveloppement des facults intellectuelles, mais qu'il suit uniquement le dveloppement de la taille. Les ordres de la classe des Mammifres, dont la taille est trs-leve, prsentent un cerveau trs-riche en circonvolutions, tandis que le cerveau est lisse ou peu prs lisse dans les groupes des Rongeurs et des Insecti- vores, dont la taille est trs-petite. Ainsi la relation que je cherche dmon- trer dans mon Mmoire peut s'appliquer l'ensemble de la classe des Mammifres, quand on la considre un point de vue trs-gnral. Mais cette relation acquiert un bien plus haut degr d'vidence, quand on l'applique chaque groupe en particulier. L, en effet, en comparant les petites espces aux grandes, on voit, toujours et partout, que les grandes espces diffrent des petites par le nombre et la complication des circonvo- lutions du cerveau. J'ai pu tablir cette relation dans les familles des Singes, des Lmu- rids, des Chiroptres, des Carnivores, des Insectivores, des Rongeurs, des Marsupiaux, des Pachydermes et des Myrmcophagids. Or, bien que les faits que j'ai recueillis soient encore en petit nombre relativement la classe entire, comme il n'en est pas un qui ne confirme la rgle que j'ai pose, je ne puis voir dans cette concidence un simple effet du hasard. ( i3i ) Ce qui a lieu pour le cerveau parat aussi avoir lieu pour le cervelet. J'ai, en effet, recueilli un certain nombre de faits qui montrent que le nom- bre des lamelles du lobe moyen de cet organe est.en rapport avec la taille de l'animal. On peut expliquer ces faits en comparant, dans chaque famille natu- relle, la srie des cerveaux, depuis ceux qui prsentent une surface lisse, jusqu' ceux qui possdent des circonvolutions nombreuses et trs-deve- loppes, aux divers degrs de dveloppement des hmisphres crbraux des plus grandes espces. On sait, en effet, que les circonvolutions ne se dveloppent que tardivement la surface du cerveau, et qu'elles sont d'abord trs-simples, mme sur les cerveaux o elles ont, l'ge adulte, un dveloppement considrable. Les petites espces doivent donc, en ce qui. concerne leur cerveau, tre compares aux jeunes individus des grandes espces des mmes familles, comme elles l'ont t, depuis longtemps dj, d'aprs d'autres considra- tions, par M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire. Enfin je fais remarquer, en terminant, que l'tude attentive des Tables que les physiologistes ont dresses sur la mesure des rapports du poids du cerveau celle du poids du corps, conduit ce rsultat que, dans un mme groupe nature], le cerveau est proportionnellement plus volumineux chez les petites espces et chez les jeunes individus des grandes espces, que chez les grandes espces parvenues l'ge adulte. Comme les relations du poids du cerveau avec le dveloppement de l'intelligence sont des faits admis par tous les physiologistes, il en rsulte que, toutes choses gales d'ailleurs, le dveloppement de l'intelligence est plus considrable chez les petites espces que chez les grandes. Ce rsultat est tout fait contraire l'opinion gnralement admise que le dveloppement des circonvolutions est une condition du dveloppe- ment de l'intelligence, puisque les petites espces, qui ont relativement la plus grande masse crbrale, ont le cerveau lisse ou presque lisse. anatomie. Essai sur V anatomie philosophique et l'interprtation dequelques anomalies musculaires du membre thoracique dans l'espce humaine; par M. Ad. Richard; prsent par M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Dumril, Geoffroy-Saint-Hilaire, Mil ne Edwards.) Dans le Mmoire que j'ai l'honneur de soumettre au jugement de l' Aca- 18., ( i3a ) demie, j'ai essay de montrer toute l'importance que peut offrir l'tude trop nglige en France des anomalies des muscles; j'en ai recueilli un trs-grand nombre sur J'homme. Dj Meckel a fait voir que souvent les anomalies des muscles les rapprochent de dispositions normales chez les animaux, et que dans la mme espce, chez l'homme par exemple, elles conduisent des rapports analogiques entre les deux paires de membres; partout, j'ai trouv une confirmation de cette ide de Meckel. Mais l'objet du Mmoire est un point tout nouveau, bien que consquent avec la loi de Meckel; choisissant une rgion restreinte du corps humain, le membre thoracique, je montre que, si l'on compare celui-ci l'abdo- minal, il est des muscles qui existent la cuisse, la jambe, au pied, et manquent totalement au bras, l'avant-bras, la main. Eh bien, ces muscles, ngligs dans le type normal du membre tho- racique, y apparaissent de temps en temps de toutes pices, souvent avec le dveloppement en tout proportionnel du membre homologue, d'autres fois l'tat rudimentaire. Ces muscles anormaux, vritables espces tratologiques , fixes et inva- riables dans leurs caractres fondamentaux, se trouvent dcrits, au nombre de quatre, dans mon Mmoire. Voulant caractriser ceux que j'ai jusqu'ici dcouverts, je les nomme : muscle tibial postrieur de l'avant-bras; muscle pdieux de la main; muscle grand Jmor adducteur du bras ; enfin rotule du coude. Il en doit exister d'autres, qu'une tude persvrante dcouvrira coup sur au membre thoracique comme l'abdominal ; c'est un champ nouveau ouvert aux investigations anatomiques. Je termine en montrant que le rsultat de ces recherches est une con- firmation des lois de la philosophie anatomique auxquelles est attach le glorieux nom des Geoffroy-Saint-Hilaire. conomie rurale. Rponse de M. Eue. Chevandier la rclamation de M. Eugne Robert. (Commission prcdemment nomme.) Dans la sance de l'Acadmie, du 19 janvier, M. E. Robert lui a adress une rclamation de priorit relativement une Note sur une inva- sion del'Hylsine piniperde que j'avais prsente dans la sance prcdente. M. E. Robert pense que la partie de ce travail relative aux moyens de pr- venir les dgts causs par ce Xylophage, reproduit peu prs les conclu- sions d'un Mmoire prsent prcdemment par lui l'Acadmie. ( i33 ) La Lettre de M. E. Robert ayant t renvoye la Commission charge de l'examen de mon Mmoire, j'attends avec confiance le juge- ment de messieurs les Commissaires. Je crois cependant devoir faire observer, ds aujourd'hui, que les moyens de prservation, plus ou moins 'praticables, indiqus par M. E. Robert, ne pourraient tre employs qu'aprs qu'on aurait reconnu la pr- sence des insectes, par consquent peut-tre trop tard, et ncessiteraient en tous cas une surveillance minutieuse et de tous les instants; au con- traire, les mesures dont j'ai propos l'adoption auraient, je crois, pour rsultat, de prvenir les apparitions de ces insectes d'une manire normale et indpendante d'observations que les agents, prposs la garde des forts, ngligeraient presque toujours de faire. La rclamation de M. Robert ne me parat donc point fonde. analyse mathmatique. Second Mmoire sur l'introduction des variables continues dans la thorie det nombres; par M. Hermite. (Extrait par l'auteur. ) (Commission prcdemment nomme.) Je me suis propos, dit l'auteur dans la Lettre jointe son Mmoire, de montrer que les principes sur lesquels j'ai fond l'introduction des varia- bles continues dans la thorie des nombres, conduisent une mthode nouvelle pour l'tude des quations algbriques coefficients entiers. L'une des consquences de ces principes avait t la thorie gnrale de la rduc- tion des formes binaires de degr quelconque ; en les tendant des formes plus gnrales, j'ai t amen au thorme suivant, qui est la base d'une classification des irrationnelles algbriques : Les quations en nombre illimit, coefficients entiers, pour lesquelles le produit des carrs des diffrences des racines a une mme valeur, ne contiennent qu'un nombre essentiellement fini d'irrationnalits dis- tinctes. mcanique applique. Mmoire sur la coulisse de Stephensoq, servant conduire le tiroir de distribution des machines vapeur et principalement ds machines locomotives ; par M. Phillips. (Commissaires, MM. Morin, Combes.) M. du Moncel soumet au jugement de l'Acadmie une Note addition- nelle son Mmoire sur la rpartition des vents suivant les saisons, et un ( i34 ) tableau d'observations mtorologiques faites Martinvast, prs Cherbourg, pendant le second semestre de i85i . (Renvoi la Commission prcdemment nomme.) M. Mall-Nivelle adresse une addition un Mmoire qu'il avait prc- demment prsent, sur un systme de propulsion destin aux bateaux vapeur; il prie l'Acadmie d'inviter la Commission qui a t nomme l'occasion de sa premire communication , vouloir bien hter son travail . (Renvoi la Commission prcdemment nomme. ) M. Rolland prsente au concours pour le prix destin rcompenser les inventions qui peuvent rendre un art ou un mtier moins insalubres, les appareils de panification qu'il a imagins. Il adresse, cet effet, la description, la figure et le modle en relief des appareils qui fonctionnent dans sa boulangerie. (Commission des Arts insalubres.) CORRESPONDANCE. M. F. Delessert prie l'Acadmie de vouloir bien le comprendre au nombre des candidats pour la place d'Acadmicien libre vacante par suite du dcs de M. Maurice. M. le premier Secrtaire de la Socit impriale des Naturalistes m Moscou annonce l'envoi du tome IX des nouveaux Mmoires de cette So- cit. (F^oiraa Bulletin bibliographique.) mtorologie. Sur la quantit de pluie tombe Bayonne et Saint- Pierre d'Irube. (Lettre de M. d'Abbadie.) Le climat de Bayonne est trs-pluvieux et l'existence des arcades ou rues couvertes montre que cette remarque a t faite depuis longtemps. Afin d'avoir un de ces chiffres sur lesquels la science aime s'appuyer, j'ai confi un ombromtre bascule M. l'abb Chilo, professeur de physique au grand Sminaire. C'est au milieu du jardin de cet tablissement, non loin des remparts de la ville, que cet ombromtre a t plac i mtre au- dessus du sol et 20 mtres d'altitude. Voici le rsum des quantits de ( 35 ) pluie tombes en i85i : Janvier i4o millimtres. Fvrier 65 Mars 171 Avril 117 Mai 86 Juin 26 Juillet . 207 Aot 56 Septembre 79 Octobre ig3 Novembre . 3o3 Dcembre .' 3 1 Total pour i85i '474 Par suite de ces observations, Don Agostin de Hurriaga m'a fait par- venir celles qu'il faisait depuis neuf ans Saint-Pierre d'Irube, village situ prs de Bayonne et 2 kilomtres du grand Sminaire. Voici le rsum de huit annes d'observations : 1 842 1 529 millimtres . i843 .'. 1391 1844 i5ii 1845 I 79^ 1846 i555 1847 i564 1748 '. 1574 1 85o 1 226 Moyenne i5 18 En France, le bassin de la Sane fournissait jusqu'ici la plu$ grande quantit de pluie, puisque la moyenne de quatre annes donne 89 1 mil- limtres. Ce chiffre est bien infrieur celui de Saint-Pierre d'Irube, et il est mme prsumable que l'ombromtre du grand Sminaire, situ l'ouest de Bayonne, donnera un rsultat encore plus lev puisque la somme des dix premiers mois de i85i est 1 133 millimtres, tandis qu'il n'est tomb Saint-Pierre d'Irube que 1021 millimtres de pluie pendant le mme intervalle. chimie. Recherches sur la composition du minerai de tungstne,- par M. J. Persoz. (Prsent par M. Dcmas.) Il rgne beaucoup d'incertitude sur la composition du minerai de ( i36) tungstne. Plus d'un chimiste a eu l'occasion de faire la remarque qu'il restait quelque chose dcouvrir pour expliquer les nombreuses particu- larits qu'offrent ses composs dans- les ractions qu'on leur fait subir; et l'on voit, en effet, que, malgr les intressantes recherches publies dans ces dernires annes sur les tungstates, on peut avancer sans trop de t- mrit qu'on n'est pas parfaitement fix sur les caractres qu'il convient d'assigner ces sels, et qu'on l'est moins encore sur leur composition. Ce sujet, sur lequel les donnes sont si contradictoires, a-t pour nous, dans ces derniers temps, l'objet d'une tude particulire. Il n'est nullement dans nos intentions d'entretenir aujourd'hui l'Aca- dmie de toutes les expriences 'que nous avons faites sur les tungstates ; nous prendrons seulement la libert de lui soumettre certains rsultats qui nous semblent de nature lui offrir quelque intrt Lorsqu'on traite l'acide tungstique brut, tel qu'on le retire du traite- ment du wolfram, par cinq ou six fois son poids de nitre, en prenant la prcaution d'oprer des tempratures graduellement leves, on retire trois espces de sels, dous de caractres distincts et engendrs par des acides qui ne peuvent tre confondus. Si l'on se borne chauffer le mlange une temprature un peu sup- rieure celle du point de fusion du nitre, une partie seulement de l'acide tungstique brut est attaque, et les bulles de vapeurs nitreuses qui appa- raissent d'abord cessent de se dgager ds que cette premire action est accomplie, pourvu que la temprature reste stationnaire. En traitant par l'eau chaude le produit de cette premire fusion , on obtient en dissolution un sel A, et un rsidu insoluble x. Ce rsidu x, trait par un grand excs de nitre, en levant la temp- rature du mlange un degr de chaleur un peu infrieur celui o le nitre se dcompose, une nouvelle portion de l'acide tungstique brut est attaque, et la masse, de pteuse qu'elle tait d'abord, devient trs-fluide, mais non transparente. Quand cette masse saline est lessive par l'eau en bullition, celle-ci se charge et de l'excs de nitre et d'une grande quantit d'un sel que nous dsignerons sous le nom de sel B. Aprs ces lavages, il reste dans l'eau, tant qu'elle est charge de nitre, un rsidu insoluble qui passe imm- diatement autravers des filtres ds que l'eau pure a accs sur lui. Nous dsignerons ce rsidu sous le nom de sel C insoluble. Reprenons maintenant, dans l'ordre que nous avons suivi, les produits que nous sommes parvenus sparer. Sel A. La dissolution A, abandonne elle-mme, laisse d'abord ( '3 7 ) dposer, s'il y en a, le nitre libre, et se prend ensuite, par le refroidisse- ment, en une masse cristalline qui, selon les circonstances de temprature et le degr de puret du sel, se prsente avec les caractres apparents de l'acide borique, ou avec ceux du chlorate de potasse. Chose bien remar- quable, ces cristaux sont composs essentiellement de nitre, d'eau et de quelques millimes d'un sel du groupe tungstique; soumis l'action de l'eau bouillante, ils se dcomposent, et l'on obtient du nitre pur en disso- lution et un dpt floconneux qui, trait par l'acide chlorhydrique con- centr, se rsume, aprs de nombreux lavages au moyen de cet acide, en une poudre farineuse insoluble dans les acides avides d'eau et trs-soluble dans l'eau. La solution vapore sec, pour en expulser l'acide chlorhydrique, laisse un rsidu blanc-jauntre, qui se redissout parfaitement dans l'eau s'il n'est pas accompagn de corps trangers, et qui fournit une solution poss- dant au plus haut degr les caractres acides. Cet acide A rougit fortement la teinture de tournesol; sa solution ne prcipite pas le nitrate argentique; trait par le zinc, il est rduit et passe l'tat d'oxyde infrieur du bleu le plus pur. Enfin, trait par les acides avides d'eau, cet acide en solution perd son eau d'hydratation, et rgnre immdiatement la poudre farineuse dont nous avons parl plus haut. Place sous le vide de la machine pneumatique, la solution de l'acide A ne tarde pas se transformer en une masse cristalline jaune, comme le soufre qui vient de cristalliser par fusion, ou d'un blanc de lait, en affectant la forme d'octadres rguliers, quand l'acide approche de son plus grand tat de puret. Sel B. La solution de ce sel se compose et d'un excs de nitre et de tungstate de potasse proprement dit, avec lequel on peut prparer l'acide tungstique et des sels que nous pouvons volont amener un tat de puret et de composition dtermins, o ils prcipitent invariablement en jaune par le chlorure stanneux. Sel insoluble C. Ce sel , trait au rouge par deux fois son poids de potasse caustique et la masse fondue reprise par l'eau, on obtient un rsidu insoluble d'oxyde ferrique et une liqueur qui, sature par l'acide nitrique ajout en lger excs, donne par l'bullition un prcipit pulvrulent blanc laiteux, qui est encore un autre acide distinct des prcdents. Libre, comme dans toutes les combinaisons o nous l'avons tudi, cet acide, que nous dsignerons provisoirement sous le nom d'acide C, ne peut jamais tre trait par l'eau pure sans passer au travers du filtre. Du reste, il jouir C. M., 185.., i" Semestre. (T. XXXIV, N4 ) *9 ( '38 ) de la plupart des caractres de l'acide tungstique, et, comme lui, est so- luble dans l'ammoniaque et dans les autres alcalis caustiques; il est atta- quable par le bisulfate potassique, prcipitable de ses dissolutions par cer- tains acides, rductible par l'hydrogne en passant volont l'tat d'oxyde bleu, d'oxyde gris, ou enfin de mtal ; mais il diffre cependant de l'acide tungstique par des caractres tellement tranchs et permanents, qu'il est impossible de confondre ces deux acides. Ainsi, par exemple, blanc dans son tat naturel, il passe, sous l'influence de la chaleur, au jaune, pour revenir, par le refroidissement, son tat primitif. Il est insoluble dans l'acide chlorhydrique, dans les circonstances o l'acide tungstique s'y dis- sout trs-bien, et il est au contraire soluble dans l'acide nitrique lorsque, toutes circonstances gales d'ailleurs, l'acide tungstique est tout fait in- soluble dans cet agent. Par d'autres caractres, cet acide semble se rap- procher de l'acide niobique; cependant il en diffre par plusieurs proprits importantes que nous exposerons lorsque nous aurons pu comparer exp- rimentalement ces deux acides. Les trois sels que nous avons isols, nous paraissent tre bien dfinis et distincts, mais, par leur mlange, ils ragissent tellement les uns sur les autres, qu'il en rsulte de profondes modifications dans leurs proprits respectives, et ces modifications varient elles-mmes suivant le rapport dans lequel ils sont mlangs. C'est ce qui explique toutes les particularits contradictoires de l'histoire des tungstates. Nous ne nous dissimulons pas combien la communication que nous faisons aujourd'hui laisse dsirer, mais nous n'avons d'autre but que de prendre date. L'tude des corps auxquels nous avons affaire prsente tant de difficults, qu'il nous faudra plusieurs mois pour achever notre travail ; car il ne s'agit de rien moins que de reprendre avec l'tude de ces nouveaux corps, l'histoire complte des tungstates. Nous esprons que l'Acadmie voudra bien avoir gard cette circonstance, et qu'elle ne nous refusera pas son indulgence. chimie organique. Recherches sur la populine. (Extrait d'une Lettre de M. Piria M. Dumas.) Vous savez qu'en 1 83o Braconnot annona la dcouverte d'une matire cristallise, qu'il parvint extraire des feuilles et de l'corce du tremble (Populus tremul), et qu'il appela populine. C'est cette substance que je viens d'tudier et dont je prends la libert de vous entretenir. ( i3g) Apres avoir vainement cherch ddoubler la populine au moyen de la synaptase, j'ai eu recours d'autres agents, et les ractions que j'ai observes m'ont conduit envisager cette substance comme un groupement complexe rsultant de la runion de l'acide benzoque, de la salignine et du sucre de raisin dans une seule molcule. Les produits de dcomposition qui en drivent, par l'action des diffrents ractifs, sont exactement les mmes que ceux qui rsulteraient de la mtamorphose des groupements secondaires qu'elle renferme. Ainsi, avec un mlange de bichromate de potasse et acide sulfurique, la populine produit de l'hydrure de salicyle en grande abondance; par l'bullition avec l'acide nitrique concentr, elle se transforme en acide nitrobenzoque, en acide phnique trinitr, et en acide oxalique; enfin, sous l'influence des acides, elle se ddouble en acide ben- zoque, en salirtine et en sucre de raisin. Je passe sous silence les autres ractions qui dcoulent de la constitution mentionne. La composition lmentaire de la populine est reprsente par la for- mule C 40 !! 22 ' 6 + 4 Aq. A 100 degrs, elle perd ses 4 quivalents d'eau et devient compltement anhydre. Cette formule rsulte de la runion d'- quivalents gaux d'acide benzoque, de salignine et de sucre, avec limi- nation de 4 quivalents d'eau par l'effet du double accouplement, comme il rsulte de l'quation suivante : C^ 4 H 6 O 4 + C> 4 H 8 O 4 4-C ,2 H ,2 O ,2 -4HO = C 40 H 2:! O ,8 . Ceci tabli d'une part, vous voyez qu'on pourrait encore regarder la populine comme le rsultat de la runion d'une molcule d'acide benzoque avec une molcule de salicine, moins 2 quivalents d'eau, comme il arrive dans tous les cas analogues. On aurait en effet : G w H' 8 O 14 + C< 4 H 6 O 4 aHO = C* H 22 O'V * Cette dernire manire d'envisager sa constitution molculaire m'ayant fait entrevoir la possibilit de convertir la populine en salicine, j'ai fait des exp- riences dans cette direction, par lesquelles mes prvisions se sont ralises avec un bonheur inattendu. Il suffit en effet de faire bouillir de la populine avec de l'eau de baryte, pour obtenir, au bout de quelques minuts, une solution parfaitement limpide et incolore qui, aprs la sparation de l'excs de baryte par un courant d'acide carbonique, ne renferme autre chose que du benzoate de baryte et de la salicine. La salicine ainsi prpare se ddouble sous l'influence de la synaptase et des acides, comme la salicine ordinaire, et se comporte absolument de la mme manire avec les autres ractifs. 19.. ( i4o) L'analyse de la salicine artificielle m'a donn, dans deux expriences, les nombres suivants : Carbone 54, 20 54,65 Hydrogne.... 6,36 6,4 1 qui se confondent avec ceux qu'on avait obtenus par l'analyse de la salicine naturelle. Si l'on fait dissoudre froid de la populine dans dix ou douze fois son poids d'acide nitrique pur i,3oD., ilse produit un nouveau corps, quej'ap- pelle benzohlicine par des raisons puises dans sa constitution molculaire. La benzohlicine n'est pas dcompose par la synaptase ; mais, sous l'in- fluence des acides et des alcalis, se ddouble en acide benzoque, en hydrure de salicyle et en sucre de raisin. Ce corps, par consquent, est l'hlicine ce que la popidine est la salicine, et il serait peut-tre convenable de rem- placer le mot populine par celui de benzosalicine. La benzohlicine se trans- forme en hlicine quand on la fait bouillir avec de la magnsie caustique, qui lui enlve l'acide benzoque, sans altrer l'hlicine produite. Avant de terminer cette Lettre dj assez longue, permettez-moi de vous communiquer un autre fait, sans importance sans doute, mais qui pourra fournir des donnes aux chimistes qui s'occuperont du mme sujet. C'est l'existence de l'homologue de l'actone dans la srie thalique. L'thalone s'obtient avec la plus grande facilit en distillant rapidement de l'acide tha- lique avec un excs de chaux teinte. Pour le purifier, il suffit de le faire cristalliser plusieurs fois dans l'alcool bouillant, qui le dissout d'autant mieux qu'il est plus concentr. Il se prsente en petites lames nacres, dont voici la composition : Carbone 82,46 82,94 Hydrogne.... i3,g4 4>4 Ces rsultats conduisent la formule C M H"0 2 , qui donnerait : C" 3 7 2 82,67 H* 2 62 i3, 7 8 O 2 16 3,55 45o 100,00 physique du globe. Note sur la temprature moyenne du sol une petite profondeur, dans la zone torride; par M. le gnral Joacquin Acosta. J'ai fait, depuis mon arrive, des observations demeure sur la tem- ( i4. ) prature moyenne de diverses stations dans les Cordilires : i Guaduas (5 degrs latitude), environ i ooo mtres de hauteur sur le niveau de la mer : la valle s'tend du sud au nord; terrain diluvien sur le grs crtac; i. Dans la valle de Chipanta, vers l'est, sur la route de Bogota, i 4oo mtres d'lvation sur la mer ; schistes et marnes du terrain crtac plongeant sous le grs; 3.- A la ferme de la Cumbre, l'lvation de i 8oo mtres ; sol de con- glomrat qui couronne le grs crtac. Voici les rsultats : UAUTEUR EN MTKES. TEMPR. MOYENNE DE l'aIK par plusieurs milliers d'observations. TEMPRATURE CONSTANTE 1 pied environ sous terre, couvert. 1022 i4a5 1817 23,0 20,0 17,2 23,0 20,5 17,0 Ce dcaissement constant de 1 degr par i33 mtres m'a dtermin, aprs avoir dj bris cinq baromtres dans mes courses, me contenter maintenant de la hauteur approche dduite de la temprature souterraine, prise par la mthode due M. Boussingault, ressource prcieuse pour les voyageurs dans nos montagnes. Mais, en voulant vrifier la formule dduite des observations de hauteur et de temprature, j'ai trouv des anomalies; ' je me suis propos de faire des observations comparatives, avec le baro- mtre et le thermomtre souterrain, depuis Honda, aoo mtres de hau- teur, jusqu' la chapelle de Guadalupe, 3 200 mtres. METEOROLOGIE. - Observations de Nijn-Taguibk. (Lettre de M. Diwidoff M. Arago. ) La premire priode dcennale des observations mtorologiques que je fais suivre Nijn-Taguilsk, ayant pris fin avec l'anne 1849, j a * runi les cahiers qui s'y rapportent en un volume que j'ai l'honneur de soumettre l'Acadmie par votre bienveillant intermdiaire. Si l'Acadmie approuve cette division, je solliciterai la nomination d'une Commission qui voudrait bien examiner l'ensemble du travail, en tirer les dductions, et m'honorer de ses avis pour la suite. Le Rapport de la Commission, joint aux dix pre- ( 14* ) miers cahiers, clorait la premire srie des observations mtorologiques de l'Oural, et permettrait de relier le volume. M. Ollive Meinadier fait remarquer que dans l'indication qu'a donne le Compte rendu d'un Mmoire prsent par lui, a la sance du 11 dcem- bre 1 85 1 , un mot a t oubli dans le titre, et une lettre change son nom (un y pour un i). Le titre correct du Mmoire est en effet : Conditions de rationalit des racines des quations du troisime et du quatrime degr. M. Teissier se plaint de M. Arago qui, dit-il, ne lui a pas accus rcep- tion d'un opuscule adress l'Acadmie au mois d'aot dernier, et portant pour titre : Idalisme astronomie physique; il prsente ensuite des vues qui lui sont propres sur la scintillation, sur certains phnomnes observs dans la dernire clipse totale du soleil, et termine sa communication par l'an- nonce d'une quadrature du cercle. M. Housez prsente des considrations sur ce qu'il nomme les photo- sphres des plantes, et des vues thoriques sur la dure de la rotation d'Urantis. M. Martin de Brette adresse un Mmoire ayant pour titre : Projet d'ap- pareil pour l'application de la lumire lectrique l'clairage. Ce Mmoire tant lithographie, ne peut, comme l'auteur en exprimait le dsir, devenir l'objet d'un Rapport. M. Gaetta envoie une nouvelle Note sur diverses questions de physio- logie et de physique. M. Gloria adresse un paquet cachet. L'Acadmie en accepte le dpt. A 4 heures et demie, l'Acadmie se forme en comit secret. ( 43) COMIT SECRET. M. lit < <>i i Ki i., au nom de la Section de Physique, prsente la liste sui- vante de candidats pour la place de Correspondant vacante par suite de la nomination de M. tireswter la place d'Associ tranger. Kn premire ligne et par ordre alphabtique : MM. Ohme, Erlangen, en Bavire; Plateau, Gand. \u second rang et par ordre alphabtique : MM. Amici, Florence; Dove, Berlin; Grove, Londres ; Henri, Princeton (tats-Unis d'Amrique) ; Jacobi, Saint-Ptersbourg; Matteucci, Pise ; Neumann, Berlin; Person, Besanon; Plucker, Bonn ; Weber, Gttingue. Les titres de ces candidats sont discuts. L'lection aura lieu dans la prochaine sance. La sance est leve 5 heures trois quarts. A. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Acadmie a reu, dans la sance du 19 janvier i852, les ouvrages dont voici les titres : Mmoire sur l'emploi des ciments vents compars aux ciments vifs, suivi de quelques observations sur les ciments brls ou cuits jusqu' ramollissement ; par M. Vicat; broch. in-8. (Extrait des Annales des Ponts et Chausses, mars et avril i85i.) Administration des Douanes. Tableau gnral des mouvements du cabotage pendant l anne i85o. Paris, i85i; grand in-4- ( i44) Sige de Rome en i84g, par l'arme franaise. Journal des oprations de l'artillerie et du gnie, publi avec l'autorisation du Ministre de la Guerre. Pa- ris, 1 85 ; in-4. Dictionnaire des altrations et falsifications des substances alimentaires, mdi- camenteuses et commerciales , avec l'indication des moyens de les reconnatre; par M. A. Chevallier; tome II. Paris, i852; in-8. Diptres exotiques nouveaux ou peu connus; par M. J. MacQuart ; 4 e sup- plment. Paris, i85o-i85i; i vol. in-8. Notice sur la production de l'acide borique en Toscane; par M. le comte dp: Larderel. Paris, i85r; broch. in-4. Album des diverses localits formant les tablissements d'acide boracique fonds en Toscane ( 1818); par M. le comte DE Larderel; grand in-fol. Mmoire sur un nouveau type pyrnen parallle la craie proprement dite ; par M. A. Leymerie; broch. in-4. Encyclopdie moderne. Dictionnaire abrg des Sciences, des Lettres, des Arts, de l'Industrie, de l'Agriculture et du Commerce ; nouvelle dition, publie par MM. FiRMiN Didot frres, sous la direction de M. LON Renier; tomes XXVI et XXVII; in-8. Du pays primitif du ver soie et de la premire civilisation; par M. de Pa- ravey ; broch. in-8. Encyclopdie Roret. Nouveau manuel complet de Numismatique du moyen ge et moderne; par M. J.-B.-A.-A. Barthlmy; avec atlas. Mmoires de l'Acadmie nationale de Metz. Lettres, Sciences, Arts, Agricul- ture ; Zi e anne ; i85o-i85i. Metz, i85i;in-8. Mmoires de l'Acadmie impriale des Sciences de Saint-Ptersbourg; 6 e srie; premire partie : Sciences mathmatiques et physiques ; tome IV, 3 e et 4 e livrai- sons ; tome V, 3 e et 4 e livraisons. Saint-Ptersbourg, i84o,-i85o; in-4. Mmoires de l'Acadmie impriale des Sciences de Saint-Ptersbourg ; 6 e srie; seconde partie : Sciences naturelles; tome V, 5 e et 6 e livraisons; tome VI, 4 e livraison. Saint-Ptersbourg, 1849; m -4- Mmoires prsents /' Acadmie impriale des Sciences de Saint-Ptersbourg, par divers savants et lus dans ses assembles; tome VI, 4 e ? 5 e et 6 e livraisons. Saint-Ptersbourg, 1 849- 1 85i ; in-4- Recueil des Actes des sances publiques de l'Acadmie impriale des Sciences de Saint-Ptersbourg, tenues le 28 dcembre 1847 et ^ e 2 9 dcembre 1848. Saint-Ptersbourg, 1849; m -4- Rulletin de la classe historico-philologique de l'Acadmie impriale des Sciences ( <45 ) de Saint-Ptersbourg; tomes VI, VII et VIII. Saint-Ptersbourg- Leipzig, 1849, i85oet i85i ; in-4. Bulletin de l'Acadmie rojale de Mdecine de Belgique; anne i85i-i85a; tome XI, n 1. Bruxelles, i85i; in-8. Annales de la propagation de la Foi; janvier i852; in-8. Bibliothque universelle de Genve; dcembre 1 85 1 ; in-8. Journal d'Agriculture pratique et de Jardinage , fond par M. le D r Bixio, publi par les rdacteurs de la Maison rustique, sous la direction de M. BarraL; 3 e srie; tome IV; n 1 ; 5 janvier i852; in-8. Journal des Connaissances mdico-chirurgicales , publi par M. le docteur A. Martin-Lauzer ; n 05 1 et 2; I er et i5 janvier i85a; in-8. Novi commentarii Academi scientiarum Instituti Bononiensis, tomus deci- mus. Bononiae, 1849; m -4- Memorie. . . Mmoires de l'Acadmie des Sciences de l'Institut de Bologne; tome 1 er . Bologne, i85o; in-4. De mariolim occupante planilies et colles Itali, Grci, Asi minoris, etc.; auct. J.-J. BlANCOM; fasc. 1 4. Bononice, i85o; in-4. Beobachtungen . . Observations de l'observatoire de l'Universit impriale de Dorpat; par M. J.-H. Madler ; 2 e volume. Dorpat, i85o; in-4- Beitrge. . . Essai sur fanatomie et ta physiologie des Mollusques; par M. G. -A. -F. Rerer. Knigsberg, i85i; in-8. Vijfde bijdrage. . . Cinquime essai pour servir la connaissance de la faune ichthyologique de Borno; opuscule de 2 feuilles |; par M. Bleeker. Batavia, i85i; in-8. Bijdrage . . . Essai pour servir ta connaissance de la faune ichthyologique de Biouw; par M. Bleeker. Batavia, octobre 1 85 1 . Afmetingen . . . Mesure des crnes des indignes de Java, Sumatra, tes Nias, Borno, les Clbes, les Moluqueset la Nouvelle-Guine ; par le mme; \ feuille d'impression; in-8. Astronomische. . . Nouvelles astronomiques; n 789 . Gazette mdicale de Paris; n 8 1 et 3. , Gazette des Hpitaux; n oa 5 7. L'Abeille mdicale; n 2. Moniteur agricole ; 5 e anne ; n 4 La Lumire; i e anne; n 5. C. R., i85i, i Semestre. (T. XXXIV, N 4.) 2 ( '46 ) L'Acadmie a reu, dans la sance du 26 janvier i852, les ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de V Acadmie des Sciences; i er semestre 1862 ; n 3; in-4. Annales de Chimie et de Physique; par MM. ARAGO, Chevreul, Dumas, Pelouze, Boussingault , Regnault; 3 e srie; tome XXXIV; jan- vier i852 ; in-8. Journal de Mathmatiques pures et appliques, ou Recueil mensuel de Mmoires sur les diverses parties des Mathmatidiies ; publi par M. Joseph Liouville; novembre i85i; in-4. Du pronostic et du traitement curatif de ipilepsie; par M, Th. Herpin. Paris, 1862; 1 vol. in-8. La Buccomancie; par M. William Rogers. Paris, i85i; in-8. Formules et Tables nouvelles pour la solution des problmes relatifs aux eaux courantes; par M. de Saint- Venant. Paris, i85i; in-8. Tables hydrauliques et mthodes graphiques dduites de formules nouvelles pour les problmes sur les eaux courantes; par le mme. Paris, i85a; bro- chure in-8. Recherches sur les coi*ps de Wolf. Thse pour le doctorat en mdecine, pr- sente et soutenue le %L\ mai i85o; par M. Eugne Follin. Paris, i85o; in-4. (Cet ouvrage st adress pour concourir aux prix de Mdecine et de Chirurgie de la fondation Montyon . ) Des Observations mtorologiques , de leur utilit et de la manire dont il faut les faire; par M. Th. Du Moncel. Cherbourg, i85i; broch. in-8. Note sur l'lectromagntisme et ses applications; par le mme; broch. in- 8. Recherches nouvelles sur les nombres premiers; par M. A. de Polignag. Paris, i85i ; broch. in-4. (Prsent, au nom de l'auteur, par M. Cauchy. ) Expdition dans les parties centrales de l'Amrique du Sud, de Rio de Janeiro Lima et de Lima au Para; excute par ordre du Gouvernement franais pendant les annes i843 1847, mus la direction de M. Francis DE CastELNAU. Quatrime partie : Itinraires et coupe gologique ; i re livraison. Paris, i852 ; in -fol. Annales de la Socit d'Horticulture de Paris; dcembre i85r; in-8. Annales mdico-psychologiques; par MM. Baillarger, Brierre de Bois- mont et Cerise; janvier 1862; in-8. Bulletin de l'Acadmie nationale de Mdecine, rdig sous la direction de ( i47 ) MM. F. Dubois (d'Amiens), secrtaire perptuel, et Gibert, secrtaire annuel; tome XVII; n os 6 et 7; 3i dcembre i85i, et i5 janvier i85a; in-8. Bibliographie forestire franaise, ou Catalogue chronologique des ouvrages franais ou traduits en franais et publis depuis l'invention de l'imprimerie jus- qu' ce jour, sur la sylviculture, l arboriculture forestire , et sur les matires qui s'y rattachent, etc.; publi par les Annales forestires , et rdig par M. D.-A. Jacquemart. Paris, i85a; in-8. Journal d'Agriculture pratique et de Jardinage, fond par M. le D r Bixio, publi par les rdacteurs de la Maison rustique, sous la direction de M. Barral; 3 e srie; tome IV; 20 janvier i852 ; n 2 ; in-8. Journal des Connaissances mdicales pratiques et de Pharmacologie; t. V; n 8 ; 20 janvier i85a; in-8. Recueil encyclopdique d'agriculture, publi par MM, BoiTEL et Londet; tome II; n os 1 et 2; to et 2 5 janvier 1802; in-8. Rpertoire de Pharmacie , recueil pratique rdig par M. le D r BOUCHARDAT ; 8 e anne; tome VIII; n 7 ; janvier i852; n-8. Revue thrapeutique du Midi , journal de Mdecine, de Chirurgie et de Phar- macie pratiques ; fond par M. le professeur Fuster, et rdig par MM. les D n Barbaste et Louis Saurel; i5 janvier i852 ; in-8. Acadmie de Reims. Programme des concours ouverts pour l'anne i852; i feuille in-8. Nouveaux Mmoires de la Socit impriale des Naturalistes de Moscou; tome IX; in-4- Bulletin de la Socit impriale des Sciences naturelles de Moscou; publi sous la rdaction du D r Renard; anne i85i ; n 2. Moscou, i85i; in-8. The astronomical* . . Journal astronomique de Cambridge; vol. II; n 10; i er janvier i852. Denkschriften. . . Mmoires de l'Acadmie impriale des Sciences de Viorne , classe des Sciences mathmatiques et des Sciences naturelles; vol. II ; 3 e livraison . Sitzungsberichte... Comptes rendus des sances de l'Acadmie impriale des Sciences de Vienne; classe des Sciences mathmatiques et des Sciences naturelles; vol. VI; n os 1 5. Astronomische. . . Nouvelles astronomiques ; n 790. Gazette mdicale de Paris; n 4 ; in-4- Gazette des Hpitaux; n 03 8 10. Moniteur agricole ; 5 e anne; n 5. PARIS. IMPRIMERIE DE BACHELIER, rue du Jardinet, 12. ( '48 ) a ' ; - m O _; O es O s3 6-1 5/2 85 O SS CD ( Si n _ S O >fi oo c== S Ci Ci ^ c o 6 ^ w w h p^w 6 ^ 9 ^VO b + -s; w 6 c d t fc ik ,d 3 v v ^ zz wkww ! b C Ed ZZOZddiCKOOOWaBBiZHaJKaiieaiZgZZCZZZZ 5 = t- = C - S O H ; t/1 f: O O - " co 3 3 3 ce c: es - ~ tri 'S S 3 S2> * S - '5 o. 3 3 3 o -a -a V a =9 in-a -c -o -3 -c > -4) =) ""': ra ' 6SJl.!iS^x S Ji f> J jj x '.ri !, >% ^ t-, S S^va/oivvvvvTrs .v=."SJ>>;>>>>(*>J 1 3S33>:*33> sp.-j >.^^-j>jfJ- s o 64 .? 5 : 3 s : s s a 3^ o s o o s = o o = *5 : = s a s a HuuuuuuuuuHPacQmouMeauK'Wu-wuKuzmpq>- ; ; VO vf VO CO t-^vo co vf vf oo XOO r*. o o vo co fi vf r^ o c^ - m vf vo co in co r^ O M Vf CO ~ fi VO - c^ Ci r - - " CO CO C O Vf CO -iO c on^ 1 * Vf O O - -M ) * + + + + + + + + + + + + +I + I 1 1 ! I+ + + +I + I 1 1 1 1 + +I + -> O rvo - o~.cn vo o fi Ci o co c~. VO 6=1 1 *? 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MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. chimie. Remarques sur la communication de M. Piria, insre au dernier numro du Compte rendu ; par M. Biot. La formation artificielle de la salicine, en la drivant de la populine par des ractions chimiques, n'est pas seulement un rsultat curieux, et intressant par lui-mme. Ce fait ouvre la voie a une srie de recherches importantes, dont le succs peut tre ds prsent prvu. M. Piria s.e trouve aujourd'hui, plus que personne, en possession des matriaux nces- saires pour les effectuer; et, sans doute, il n'a pas besoin qu'on les lui dsigne. Mais, soit que les seuls conseils de son talent, le portent ou ne le portent pas suivre ce fil, que sa dcouverte met dans ses mains, il m'a paru qu'il ne serait pas inutile pour la science chimique d'en indiquer les consquences dsormais certaines, quelle que doive tre l'poque plus ou moins prochaine, laquelle lui-mme, ou d'autres exprimentateurs, entre- prendront de les dvelopper. La sret des prvisions est la pierre de touche des doctrines scientifiques ; et, plus elles sont nouvelles, plus il est propos de leur appliquer cette preuve, afin que les expriences ult- rieures montrent irrvocablement , si elles sont assures , prcaires , C". R., i85, I er Semestre. (T. XXXIV, N S.) 21. ( i5o) fcondes, ou striles. Tel est le motif des rflexions que je vais prsenter l'Acadmie. Personne, ma connaissance, n'a encore examin, si la populine pos- sde le pouvoir rotatoire molculaire. Je n'ai pu trouver cette substance dans aucun laboratoire de Paris; et ainsi je partage, cet gard, l'in- certitude commune. J'examinerai donc successivement la dcouverte de M. Piria, dans la supposition que la populine aurait, puis n'aurait pas, la proprit dont il s'agit. M-. Bouchardat a depuis longtemps prouv, que la salicine naturelle, dissoute dans l'eau, soit pure, soit trs-lgrement acidule, dvie, vers la gauche de l'observateur, les plans de polarisation des rayons lumineux qui la traversent. Son action, dans ce sens, est nergique. Le mode de dis- persion de ces plans, est sensiblement pareil. celui des sucres et du quartz (i). Ce sont l des proprits spcifiques attaches aux molcules qui la constituent. Je suppose maintenant que la populine soit elle-mme doue du pou- voir rotatoire. Si le corps que M. Piria en a driv, est identique la salicine naturelle, il devra prsenter les mmes caractres optiques et cris- tallographiques, que celle-ci. Alors, on aura tudier le progrs des modi- fications, que la forme et le pouvoir rotatoire subissent, mesure que la transformation chimique s'opre. Ce sera un travail de recherches tout fait analogue celui que M. Pasteur vous a prsent, il y a deux ans, sur* l'acide aspartique et l'acide malique naturels, chiquement drivs de l'as- paragine( 2 ). Les rsultats n'en seront ni moins curieux, ni moins importants. Si, au contraire, le produit obtenu par M. Piria, ne possde pas le pouvoir rotatoire de la salicine naturelle, il ne lui sera pas identique, mais isomre, et devra en tre molculairement distingu. L'tude de cette iso- mrie fournira alors le sujet d'un travail optique et cristallbgraphique, tout pareil celui que M. Pasteur vous a prsent l't dernier, sur l'acide aspar- tique artificiel de M. Dessaignes, et sur l'acide malique galement inactif, qu'on en dduit (3). Les rsidtats n'en seront pas moins fconds, puisque la salicine naturelle donne lieu des drivs actifs, dont il faudra suivre (i) Comptes rendus des sances de l'acadmie des Sciences pour i844> tome XVIII , p. 298. . \t) Comptes rendus des sances de l'Acadmie des Sciences pour i85o , tome XXXI , p. 48o et 60 1 . Annales de Chimie et de Physique , 3 e srie , tome XXXI , page 67 . (3) Comptes rendus des sances de l'Acadmie des Sciences pour 1 85 1 , tome XXIII , p. 217 ft 54g- Annales de Chimie et de Physique , 3 e srie, tome XXXIV, page 3o. ( .5. ) comparativement les proprits et les formes, dans leurs correspondanls inactifs. Considrons maintenant le cas oppos de l'alternative ; celui o la po- puline ne possderait pas le pouvoir rotatoire. Alors, si la salicine artifi- cielle de M. Piria s'en trouvait doue, ce serait une importante dcouverte. Car cela offrirait le premier exemple d'un corps actif, driv artificiellement d'un corps inactif. Si, au contraire, comme on devrait bien plutt s'y at- tendre, la salicine artificiellement drive de la populine inactive, tait pa- reillement inactive, elle serait isomre la naturelle. Alors la comparaison de ces produits, et de leurs drivs de mme ordre, serait un sujet d'tude tout semblable celui que renferme le dernier Mmoire de M. Pasteur. Ainsi, quoi qu'il arrive, la dcouverte de M. Piria, offre un champ fcond de recherches optiques, chimiques, et cristallographiques, qui peut aujour- d'hui s'explorer par des mthodes toutes faites, dont l'application ne de- mande que du zle, de la patience, et dont le succs est certain. C'est une bonne fortune dans les sciences exprimentales, que les prvisions sugg- res par un fait nouveau, puissent tre exprimes aussi nettement, sans tmrit. Mais ces prvisions, tout assures qu'elles soient, ne donneront heurs fruits qu' une condition, qu'il est indispensable d'y joindre. C'est que l'on portera dans l'apprciation des caractres optiques, le mme soin, le mme esprit de prcision que l'on exige aujqurd'hui dans les dterminations chi- miques et cristallographiques. La diversit, je dirai presque aussi la subti- lit, des indications que ces caractres peuvent fournir, ne saurait s'estimer, mme se concevoir, que par une pratique minutieuse de leurs dtails, ren- dus sensibles, et prservs de toute erreur, par la bonne disposition des appareils. Les tudes auxquelles ils ont donn lieu en France, ont t peu prs irrprochables, sous ce rapport, ayant t jusqu' prsent suivies par un trs-petit nombre de physiciens, forms aux habitudes de prcision qui se sont aujourd'hui introduites, chez nous, dans toutes les parties de la physique. Malheureusement, ces utiles exigences, n'ont pas t encore aussi bien comprises l'tranger. On s'y est fi, trop prcipitamment, des ap- pareils, qui pouvaient tout au plus manifester les symptmes les plus appa- rents des phnomnes, et non pas en fournir des mesures exactes. De l pourraient natre des rsultats fautifs qui retarderaient, les progrs de la science, en l'encombrant d'erreurs que l'on prendrait pour des vrits. C'est un danger, contre lequel il m'a paru essentiel de prmunir les obser- vateurs. 21 . . ( ito ) hygink publique. Communication de M. Becquerel, sur l'amlioration de la Sologne. Charg, depuis 1848, par le Conseil gnral du Loiret, de lui faire, chacune de ses sessions, un Rapport sur les tudes entreprises pour l'am- lioration de la Sologne, je ne me suis pas born seulement lui rendre compte des travaux de messieurs les ingnieurs des Ponts et Chausses char- gs de ce service, j'ai cherch encore lui exposer les documents scienti- fiques de nature l'clairer sur cette importante question, qui intresse au plus haut degr une population maladive et pauvre rpandue sur une super- ficie de 3oo lieues carres. Les annes prcdentes, j'ai pris la libert de prsenter l'Acadmie mes trois premiers Rapports; aujourd'hui, j'ai l'honneur de lui offrir celui del dernire session, en lui demandant la permission d'appeler son atten- tion, pendant quelques instants, sur plusieurs passages qui n'ont pas seule- ment un intrt de localit, mais encore, du moins je le suppose, un intrt historique et d'utilit publique. Si mon Rapport n'avait pas reu l'assenti- ment de personnes claires habitant la Sologne et qui la connaissent pat- consquent parfaitement, je me serais abstenu de lui faire cette communi- cation, que je m'efforcerai, toutefois, de faire aussi courte que possible. Il existe en Sologne une grande tendue de terrains sablonneux, cou- verts de bruyres, particulirement sur les plateaux, loin des marnires, et qui sont plus propres recevoir des semis d'arbres verts que des crales. J'ai dmontr, dans mon Rapport, par de nombreux documents his- toriques et des faits dont on peut constater encore l'existence aujourd'hui sur les lieux mmes, que la Sologne, dans des temps plus ou moins reculs, tait couverte de forts peuples d'essences semblables celles qui se trouvent dans le centre de la France. Sur la rive droite de la Loire, les forts de Dreux, d'Iveline, de Ch- teauneuf, de Lorges, d'Orlans et de Montargis paraissent tre des restes de la clbre fort des Carnutes, qui s'tendait sur les deux rives.de la Loire et dans laquelle les druides clbraient leurs mystres. Le Gatinais tait aussi entirement plant en bois. Les forts du Blaisois se rattachaient celles de la Sologne, sur la rive gauche de la Loire, et on en retrouve encore de nombreux dmembrements que j'indique dans mon Rapport. Un certain nombre de ces dmembrements sont aujourd'hui dans un tat de dprissement graduel qui permet de suivre les changements successifs que .les forts ont prouvs avant d'tre rduites ( i53 ) l'tat de bruyres. Cet tat de choses existe depuis longtemps, et les causes qui ont concouru l'amener sont nombreuses; parmi les principales, je citerai les conqutes, les guerres incessantes qui ont ravag la France dans les temps de barbarie et dans le moyen ge, les industries qui ont em- ploy le bois comme matire premire, les usagers, en y comprenant le libre pacage du btail, et une lgislation insuffisante pour empcher les abus. Dans le IX e sicle, par exemple, les Normands par leurs incursions, et plus tard les flots de Croiss qui se portaient vers les lieux saints, furent cause que des terres, abandonnes dans beaucoup d'endroits, restrent in- cultes, furent envahies par les eaux stagnantes ou devinrent striles. Un grand nombre de forts, ngliges ou dtruites, devinrent insensiblement, dans le nord et dans l'ouest, les landes de la Bretagne, les dserts de la Champagne, et les vastes dserts du Poitou; dans le centre et dans l'est, les terres marcageuses et les landes de la Sologne, du Berry, du Gatinais, de la Bresse et du Forez; dans le midi, probablement les champs de sable du Mdoc, les terrains graveleux du Limousin et du Prigord, etc. Ces causes de destruction des forts ont concouru mettre la Sologne dans l'tat o elle se trouve aujourd'hui; mais par cela mme qu'elle a t jadis en grande partie boise et peuple d'essences qui ornent les forts voisines, rien ne s'oppose ce que l'on revienne cet tat primitif, dans les parties qui ne peuvent tre livres la culture des crales, faute de marne que l'on ne se procure facilement que sur les lisires del Sologne. Il faut pour cela, je le sais, du temps, de la persvrance, l'appui du Gou- vernement et l'emploi des ressources que les progrs des sciences mettent la disposition de l'intelligence de l'ingnieur et de l'agriculteur; il faut assainir et continuer les semis d'arbres verts qui russissent si bien dans plusieurs parties de la Sologne et qui contribueront former, au bout d'un certain nombre d'annes, une couche d'humus dont l'agriculture tirera parti plus tard, soit pour la culture des crales, soit pour celle des arbres forestiers. Bien qu'on ait attendre d'heureux rsultats de la culture des arbres verts en Sologne, il ne faut pas croire cependant que tous les terrains leur conviennent et que l'on puisse y cultiver indiffremment telle ou telle es- pce; l'exprience a dj prononc cet gard : dans les terrains sablon- neux et profonds, sans tre secs, mais humides i mtre de profondeur, les Pins y croissent en gnral parfaitement bien, principalement le Pin mari- time; il en est de mme du Pin Laricio et du Pin silvestre ou de Riga. Ce ( i54 ) dernier a l'avantage sur le Pin maritime qui ne vient utilement que dans une nature de terrain, de crotre convenablement dans des terrains plus hu- mides et plus compactes, tel point qu'il n'existe pas de localit, en So- logne, l'exception des terres tout fait marcageuses, o l'on ne puisse le cultiver. Quant aux Sapins, ceux qui russissent le mieux sont l'Epica et le Pin argent de Normandie. Au boisement des arbres verts se rattache le gemmage, au moyen du- quel on enlve cette essence sa sve rsineuse, opration fructueuse dans les Landes, qu'on a voulu pratiquer en Sologne et qui ne doit pas tre faite sans discernement, comme l'exprience l'a prouv depuis quelques annes. Le Pin maritime, quand ses racines rencontrent le tuf, cesse de cro- tre, dprit et meurt souvent, comme on l'observe dans une grande partie de l'immense terrain situ entre les deux Sauldres, dont le sous-sol, une profondeur de 3o centimtres environ, est compos de galets presque purs ou de tu'f. Ce gemmage n'y est pas possible, par la raison toute simple qu'il ne peut tre pratiqu utilement avant vingt-cinq ans, encore lorsque l'arbre est d'une belle venue; cet ge, les Pins sont en grande partie morts. Il faut donc renoncer l'espoir, de ce ct ainsi que dans les ter- rains analogues, de tirer profit du gemmage ; y compter, ce serait se bercer d'illusions, qui entraneraient de fcheux mcomptes, dont on a dj de tristes exemples. Le gemmage ne doit tre pratiqu qu'avec une rserve extrme, et aprs avoir fait des incisions graduelles et de peu d'tendue, afin de s'as- surer que les sujets ne dprissent pas par cette opration, et -ne semblent pas diminuer, au lieu d'augmenter, comme en offrent un exemple les ma- gnifiques Pins de la terre de la Brosse, appartenant M. Mallet de Chilly, o l'on gemme depuis trois ans. Ces Pins sont puiss, et se refusent, par consquent, une opration qui se prsentait d'abord sous d'heureux aus- pices ; il faut donc de la prudence pour la pratiquer utilement. L'amlioration de la Sologne, depuis 1847, a proccup vivement le Conseil gnral du Loiret, qui a vot chaque anne, ainsi que celui de l'un des dpartements intresss, des fonds pour les tudes, aux frais des- quelles le Gouvernement a galement contribu ; mais sa dernire ses- sion, le Conseil gnral du Loiret a fait plus, il a vot la somme ncessaire pour excuter, comme spcimen devant servir d'exemple aux propritaires, et sur une longueur de a kilomtres, une rigole flanc de coteau, por- tant bateau, destine l'assainissement, l'irrigation et au transport de la marne sur les plateaux. Esprons que de tels efforts, encourags sur une ( '55 ) plus vaste chelle par le Gouvernement, hteront la rgnration d'une contre que Lavoisier appelait de tous ses vux. En effet, il s'exprimait ainsi dans un Rapport l'Assemble provinciale d'Orlans, que j'ai eu entre les mains : Le sol de la Sologne est en gnral malsain, et si nous ne vous en parlons pas, ce n'est pas que nous cherchions mnager votre sensibilit. M. l'abb de la Geard, l'un de vos procureurs-syndics, nous a dj instruits que la vie moyenne des hommes en Sologne tait plus courte que dans le reste de la gnralit ; quelle affligeante vrit ! Mais la cause de l'insalubrit du climat est. connue; elle tient l'imp- ntrabilit du sol et la stagnation des eaux, qui forment de cette pro- vince un marais pendant l'hiver. Le remde n'est ni inconnu, ni diffi- cile : un canal qui traverserait cette province, rassemblerait les eaux et leur procurerait un coulement ; il donnerait aux denres un dbouch qui leur manque ; en augmentant la valeur des bois, il favoriserait les plantations auxquelles la Sologne est propre, surtout celle du Pin. Le projet de ce canal ne prsente ni de grandes dpenses, ni de grandes difficults. En 1787, Lavoisier a donc trac la route que l'on suit aujourd'hui pour l'amlioration de la Sologne, la seule qui puisse conduire au but que l'on se propose ; gloire lui en soit rendue ! astronomie. Sur les phnomnes particuliers aux clipses totales de Soleil; par M. Faye. D'aprs les nouvelles que j'ai reues de Russie, l'hypothse que j'avais propose pour expliquer certains phnomnes des clipses totales n'a point t confirme par les observations : la conclusion de M. O. deStruve parat tre que la cause de ces phnomnes mystrieux ne se trouve pas dans notre atmosphre. Je l'avais cherche l, car il ne pouvait tre question, mon avis, d'en placer le sige dans une atmosphre hypothtiquement attribue au Soleil (1). Il est facile de montrer, en effet, que plusieurs comtes ont pass librement dans la rgion circumsolaire o les protubrances apparaissent pendant les clipses. Une autre cause dterminante d'imaginer ici autre chose que des nuages suspendus dans une cinquime ou sixime enveloppe du Soleil, (1) Celle dont il est question dans la Mcanique cleste (t. IV, p. 3i8 et suiv. ) est ici hors de cause: ( i56) c'est la ncessit o se trouvent les partisans.de' cette dernire hypothse de rejeter, comme autant d'illusions, les phnomnes lumineux qui se sont vus, non plus en dehors, mais sur le disque mme de la Lune. Or ces faits m'ont paru tout aussi bien tablis que les autres. Enfin la clbre thorie qu'Herschel a donne des taches du Soleil, thorie sur laquelle on a bas l'explication des faits dont il s'agit ici, donne prise bien des difficults et n'est nullement accepte dans la science d'une manire dfinitive. Tout en renonant l'hypothse que j'avais propose, d'aprs les maximes d'Olbers, en vue de provoquer et de guider des recherches nou- velles, et en mnageant surtout la possibilit d'une vrification, je dois dire que les opinions antrieurement mises ne me semblent pas avoir, pour cela, gagn en probabilit, et je crois devoir inviter les astronomes por- ter leur attention sur les motifs qui empchent, mon gr, d'adhrer ces opinions. analyse mathmatique. Sur les restes qui compltent les sries limites; par M. Augustin Cauchy. Les formules que j'ai donnes dans les prcdents articles permettent de dvelopper une moyenne isotropique de la forme 3H(z n Z) en une srie limite dont les termes dcroissent trs-rapidement quand n est un trs-grand nombre, et d'exprimer les restes qui compltent ces mmes sries l'aide de moyennes isotropiques relatives aux arguments de deux variables z et u ou z et v. On peut alors dterminer sans peine, sinon des valeurs exactes de ces restes, du moins des limites suprieures leurs modules, en s'appuyant sur quelques propositions gnrales que je vais noncer. i er Thorme. Soit f (z, u) une fonction des variables z, u qui demeure monodro me, monogne et finie dans le voisinage d'un certain module /-de la variable z, et d'un certain module u de la variable u. Dsignons d'ailleurs a l'aide de la notation Af(z, u) le plus grand des modules que puisse acqurir la fonction f (z, u), lorsqu'on fait varier les arguments de z et u, entre les limites n, -+ n, sans altrer les modules r et u. Soit enfin K la plus petite valeur que puisse acqurir le module Af (z, u) considr comme fonction des modules r et u, quand on fait varier ceux-ci entre des limites ( '57 ) telles, que la fonction f (z, u) ne cesse pas d'tre monodrouue, monogne et finie. Le module de la moyenne isotropique 3Tv3L{{z, u) sera infrieur au module Af(z, m), et, plus forte raison, au module principal K. 2 e Thorme. Soit f (z) une fonction de z qui demeure monodrome, monogne et finie dans le voisinage d'un certain modide r attribu la va- riable z. Soient encore a , a_ les coefficients des puissances , n dans le dveloppement de f (z) suivant les puissances ascendantes et descen- dantes de z. Si a n , a_ se rduisent des quantits positives, le. module de Olf(z) sera infrieur la quantit positive f (r). Si les coefficients a n , a_ n ne se rduisent pas des quantits positives, alors, en dsignant par a, a_ n leurs modules respectifs, et par

[*+,](, -a')'* '" [n+i] m ( Si, dans cette mme hypothse, on posait z = eP'\ on aurait Z = [i aacos(/> a) -h a 2 ] - *. Donc, si l'on nomme A_ le coefficient de e-"f" dans le dveloppement de l'expression [ i 2 a cos ( p a) -+- a 2 ]-', on aura Il ' J ^ , *(* + (' *) ( 2 ~ ') ^a _ i +i "*" i.2 ( + i)( + a) . (>+i). ..{s+m^i) (i-f).. .(-,) (' -H l J m ,.a...i (n + l)...( + ) A ) la lettre X dsignant le rapport _ , , et B m tant un nombre compris entre les limites o, i . Il importe d'observer que la formule ici obtenue ne subsiste pas seulement dans le cas o, le rapport X tant infrieur l'unit, la srie comprise entre parenthses dans le second membre est convergente. Cette formule subsiste aussi dans le cas o, le rapport X tant suprieur l'unit, la srie devient divergente, et elle permet encore, dans ce dernier cas, d'obtenir avec facilit, quand n est un trs-grand nombre, une valeur trs- approche du coefficient A_. analyse mathmatique. Sur le changement de variable indpendante dans les moyennes isotropiques ; par M. Augustin Cauchy. Il est souvent utile de remplacer, dans une moyenne isotropique, une 22.. ( &o ) variable indpendante par une autre. On y parvient, dans un grand nombre de cas, en s'appuyant sur la proposition suivante : Thorme. Soient f(z) et u = (p(z) deux fonctions qui demeurent monodromes, monognes et finies dans le voisinage d'une certaine valeur k attribue au module r de la variable z = re pi . Soient encore p et zs le module et l'argument de la fonction u, en sorte qu'on ait cri u = pe ; puis, en attribuant au module p une valeur particulire h, concevons que l'on dtermine z l'aide de la formule (i) ( 16a ) le module h de u tant suprieur l'unit. Cela pos, on trouvera mm-- Donc, en vertu du thorme, on aura encore (S) a = ^{^( I -^)- i F[( I + V /731 i )]}, le signe 31c tant relatif l'argument ts de la variable u. Si, pour fixer les ides, on prend F (z) = r , les formules (4) et (5) donneront l'une et l'autre = H.= i.3.5. 2.4.6- 2 Le thorme ci-dessus tabli peut tre utilement appliqu la solution d'un grand nombre de questions diverses. Il fournit, par exemple, le moyen de dvelopper une fonction implicite d'une variable en une srie ordonne suivant les puissances ascendantes et descendantes de cette variable. Dans le cas o le dveloppement trouv renferme seulement les puissances ascendantes de la variable, ce dveloppement concide avec la srie de Lagrange. Le thorme nonc offre encore, ainsi que nous le montrerons dans une autre sance, le moyen de dterminer facilement les coefficients des termes dont les rangs sont indiqus par de trs-grands nombres dans le dveloppement d'une fonction en srie ordonne suivant les puissances ascendantes et descendantes de deux exponentielles trigonomtriques ; et, par suite, les perturbations plantaires d'un ordre tres-lev. CONOMIE RURALE. Migrations et fcondations artificielles des Poissons et des Mollusques de mer et d'eau douce chez les Romains; remarques sur la Note de M. Coste et sur V improvisation de M. Mil ne Edwards; par M. Dureau de la Malle. J'avais indiqu, propos de la Note de M. Coste et des remarques de M. Milne Edwards, au sujet de la fcondation artificielle des poissons, quelques faits semblables, et notamment sur la fcondation naturelle du Saumon dans les affluents de la Seine et de l'Yonne. Ces observations indi- quaient le sige d'un vaste laboratoire prpar par la nature pour ces curieuses expriences. v Dj, dans mon conomie politique des Romains, commence en 1818, ( i63 ) imprime en 1840 (i), dans le chapitre des Viviers, et dans le livre III de Varron, de Villaticis pastionibus , que j'ai traduit tout entier, j'ai runi beaucoup de faits relatifs la fcondation des poissons et leurs .migra- tions de l'eau de mer dans l'eau douce. J'ai montr que, chez les Ro- mains, elles taient prescrites, rgles (2) et opres artificiellement diverses poques de l'anne reconnues par l'exprience pour tre favorables l'hy- gine, l'engraissement, la fcondation et la production des mtis, des mulets, en un mot des hybrides ichthjologiques artificielles de plusieurs espces de poissons. Us les avaient aussi opres avec succs sur les mol- lusques et acquis des mtis et des varits trs-utiles et trs-remarquables dans leurs immenses parcs d'hutres et d'escargots, o ils tenaient part et mariaient, des temps prfixes, beaucoup d'espces diffrentes. Ces hybrides ichthyologiques doivent produire, pour certains genres de poissons, ce qu'elles ont produit, dans le rgne vgtal, pour les cucur- bitaces, ce qu'a produit enfin, chez les anciens et les modernes, la greffe par emplastration pour des vgtaux diffrents de genre et d'espce, feuilles persistantes ou caduques. La science aura trouv le moyen de crer, dans cette classe de la zoolo- gie, peut tre mme dans celle des mollusques (les hutres et les escargots), une certaine quantit de mulets, de mtis ou de varits dont le nombre peut galer, un jour, celui des pommiers, des poiriers, des vignes, des roses et des dahliaSj Les Confrres que j'ai cits tendront ces curieuses expriences que ma vieillesse ne peut entreprendre. Ils ont pour eux la science profonde, l'invention et la jeunesse. Je serai trop heureux si j'ai contribu leur indiquer les lieux o doit se placer le sige de leur laboratoire, et je me contenterai du titre modeste de pionnier ou de cicrone de la science. RAPPORTS. M. Fate indique l'Acadmie ce qu'il a trouv d'intressant dans les communications de M. Depoisson, mais il ne pense pas qu'elles puissent devenir l'objet d'un Rapport. (1) Tome II, pages 209 2i4- (2} Comme la transhumance de leurs brebis laine fine, des bords de la mer dans les montagnes. ( 64) NOMINATIONS. L'Acadmie procde, par la voie du scrutin, la nomination d'un Cor- respondant qui remplira, dans la Section de Physique gnrale, la place laisse vacante par suite de la nomination de M. Brewster une place d'As- soci tranger. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants tant 55, M. Plateau obtient 44 suffrages, M. Ohme 8 MM. Amici, Matteucci et Weber chacun i . M. Plateau, ayant runi la majorit absolue des suffrages, est dclar lu. MEMOIRES PRESENTES. i'hysiologik. Troisime partie des recherches sur la pupille; par MM. Bidge et Vaixer. (Communiqu par M. Flourens. ) (Commission prcdemment nomme.) L'irritation locale de l'il nous a fourni quelques rsultats int- ressants. Sur un animal vivant, l'effet constant de l'irritation galvanique de l'il est la contraction de la pupille, et cet effet dure plus ou moins long- temps, suivant les diffrents animaux. Sur des lapins, la contraction de la pupille se produit aprs une irritation trs-courte, telle que celle produite par quelques tours d'une machine rotation de force mdiocre. La contrac- tion, dans ce cas, ne se produit pas immdiatement, mais seulement quelques minutes aprs que la cause d'irritation a cess, et elle dure ensuite souvent plus d'un quart d'heure. Sur les grenouilles, l'intervalle entre la galvanisation et la contraction est encore plus long, et s'lve souvent un quart d'heure. La contraction qui se produit est aussi d'une nature plus permanente, continuant pendant une heure ou deux, et souvent plus. L'effet de l'thrisation, sur la pupille du lapin comme sur celle de l'homme, est variable, mais en gnral il y a dilatation produite. Si l'on y ( 65 ) applique eu mme temps le galvanisme, on observe, en cas que l'animal soit encore susceptible de sentir de la douleur, que la pupille se contracte par son influence; si le sujet est compltement insensible, l'irritation ne produit aucun changement de la pupille. Sur un animal rcemment tu, en galvanisant l'il, on produit une dilatation considrable de la pupille, comme l'a fait voir M. E. Weber. Cet effet continue se produire tant que l'irritabilit musculaire reste trs-grande; plus tard, la dilatation ne se fait plus d'une manire gnrale, mais se produit seulement sur les parties de l'iris les plus irrites. Ainsi, lorsque les deux ples sont placs deux points diamtralement opposs de la corne, la pupille devient une ellipse rgulire avec son grand diamtre sur la ligne des deux ples. En variant la position des ples, on peut, volont, produire ainsi une ellipse dont le grand diamtre est vertical, hori- zontal ou oblique. Lorsqu'un des deux ples est plac beaucoup plus loin du bord de l'iris que l'autre, la plus grande contraction se fait prs du plus prochain'ple, et la pupille prend une forme irrgulire. La dilatation de l'iris, dans ces cas, parat dpendre de l'irritation musculaire, car elle se produit de la mme manire lorsque l'il a t enlev ; celui-ci peut mme tre vid de ses humeurs ; le cristallin tant enlev ainsi que la sclrotique et la corne, l'effet du galvanisme se fait encore sentir de la mme manire sur l'iris. Au moyen des expriences que nous venons d'indiquer, on peut dis- tinguer plusieurs degrs dans la contraction des muscles de l'iris : le pre- mier, qui est celui de la contraction; le deuxime, celui de la neutralit ou de l'immobilit; le troisime, o il y a dilatation, et le quatrime, o il n'y a que dilatation partielle. Sur les mammifres, ou ne peut jamais produire que les deux premiers pendant la vie; mais sur la grenouille, mme pen- dant la vie, on peut en obtenir trois, celui de contraction, celui d'immobi- lit, et enfin celui de dilatation ; pour produire ce dernier, il faut porter l'action de l'ther jusqu' l'insensibilit complte. Les seuls phnomnes vitaux visibles sont de lgers battements de cur trs-lents et irrguliers. De cet tat l'animal ne se rtablit qu'aprs une heure ou deux. Aprs la destruction complte du cerveau et de la moelle pinire sur la grenouille, le galvanisme produit encore la dilatation.de la pupille. Sur les lapins, comme sur les autres mammifres, la cessation de la respiration, pendant quelques instants, est mortelle; la transition rapide de la vie la mort est immdiatement accuse par les pupilles, qui restent immobiles pendant que l'insensibilit est complte, mais qui se dilatent au C*R. . |5a, i"- Semestre. (T. XXXIV, N S ) 23 ( >66) moyen de l'irritation galvanique, aussitt que la mort a lieu ; quelques secondes suffisent pour le passage d'un degr l'autre. Dans les oiseaux, o les muscles de l'iris sont stris, le galvanisme pro- duit toujours la contraction de la pupille aprs la mort ; cette contraction se produit galement si l'oeil est enlev, s'il est vide de ses humeurs, et mme lorsque l'iris est compltement spar des autres parties de l'il. Aprs la section et la dsorganisation du sympathique cervical, l'action dilatante de la belladone reste la mme ; ce qui prouve que l'augmentation de la pupille ne dpend pas, dans ce cas, d'une influence du narcotique sur le sympathique, comme on l'avait suppos. Aprs la section et la dsorganisation du sympathique, l'action galva- nique svir l'il reste la mme; mais aprs la section de la cinquime paire, soit au-dessus, soit au-dessous du ganglion, l'irritation galvanique de l'il produit la dilatation au lieu de la contraction. Au moyen de cette exp- rience, on peut obtenir, sur un il, les mmes phnomnes qu'aprs la mort,- tandis que l'autre produit son effet ordinaire. Aprs la section d'une des moitis latrales de la moelle allonge, on produit, sur l'il du mme ct, les mmes phnomnes qu'aprs la divi- sion du tronc de la cinquime paire. Aprs cette demi-division, on obtient aussi la dilatation de la pupille par le galvanisme. Rcemment, nous avons eu l'occasion de vrifier sur l'homme la plupart des observations que nous avions faites sur le sympathique des animaux. Sur un homme qui fut dcapit dans cette ville, le 12 dcembre, nous avons, immdiatement aprs la dcollation, dcouvert le cordon du sympathique qui restait, et le galvanisme a produit aussitt, sur la pupille qui tait contracte, une dilatation au plus haut degr. Aprs que la cause irritante fut enleve, la pupille revint graduellement son premier tat. Aprs avoir rpt 'cette exprience maintes fois toujours avec le mme effet, devant de nombreuses personnes, parmi lesquelles se trouvaient plu- sieurs mdecins, nous avons expos au galvanisme le nerf moteur oculaire commun ; par celui-ci, la contraction n'a pas t moins manifeste que la dilatation au moyen du sympathique. Avec la contraction, il se produisit en mme temps l'adduction du globe oculaire, mais nous n'avons point observ cette rtraction vers le fond de l'orbite, comme cela se voit sur le chien et le chat. La galvanisation du trijumeau ne nous a donn aucun rsultat sur le ganglion du gosier, et en arrire de ce corps; mais, en avant du ganglion,. ( 6 7 ) lorsque l'action du cordon du sympathique et celle du premier ganglion cervical avaient cess, il s'est produit une dilatation de la pupille. Nous avons observ cet effet environ une demi-heure aprs la mort; cette poque, le nerf oculo-moteur avait cess de produire de l'effet sur la pupille. En mme temps qu'il se produisit une dilatation de la pupille, il se produisit, chaque application des ples sur le tronc du trijumeau, une forte action de la mchoire infrieure, avec claquement des dents. L'irrita- tion locale de l'il, cette poque, causait d'abord une contraction de la pupille qui fut immdiatement suivie de sa "dilatation suivant la direction du courant, de manire former une ellipse allonge. Ces derniers effets se produisaient encore lorsque nous avons cess nos expriences. mdecine. Note sur un nouveau remde pour le Tnia ou Ver solitaire . (Note de M. A. d'Abbadie.) (Commissaires, MM. Richard, Andral, Rayer.) On sait que le tnia ou ver solitaire existe peu prs universellement chez les chrtiens d'Abyssinie. Dans ce pays, les condamns mort ont toujours trois jours de gcce, non pas pour se pourvoir en cassation, mais pour expulser leur ver ; car on prtend qu'il abandonne le cadavre, et sa vue est regarde comme des plus immondes. Selon les indignes, il parat chez les enfants ds qu'ils ont commenc manger la viande crue , la- quelle on attribue d'ailleurs l'origine de cette maladie. En effet, le tnia est trs-rare parmi les peuplades de l'Abyssinie auxquelles leur religion ou leurs prjugs dfendent l'usage des viandes non cuites. Parmi les huit ou dix remdes les plus usits pour cette maladie, on ne connat, en France, que le kosso, improprement appel cousso. C'est un purgatif drastique qui fatigue l'estomac, et occasionne souvent des nauses si fortes, que le patient ne peut le digrer ; d'ailleurs il doit tre ritr tous les deux mois, et enfin il n'effectue jamais de gurison radi- cale. En outre, j'ai vu l'usage du kosso produire des dyssenteries toujours opinitres et quelquefois mortelles. Le musanna est exempt de tous ces inconvnients. C'est l'corce d'un arbre qui crot prs de la mer Rouge, dans les environs de Muawwa. La dose est de 60 70 grammes, pulvriss avec soin, et administrs dans un vhicule demi-fluide, par exemple du miel ou de la bouillie de farine. On prend ce remde deux ou trois heures avant le repas, et le tnia est expuls le lendemain, gnralement sans purgation ni tranches. Quelque- fois la gurison n'a lieu que le deuxime ou troisime jour. a3.. ( i68 ) Bien qu'en Abyssinie l'efficacit du musanna soit universellement admise, je n'ai pas voulu jusqu'ici en entretenir les savants de l'Europe, o la dite habituelle et l'hygine diffrent tant de celles des contres inter- tropicales. Il fallait d'abord voir l'effet du nouveau mdicament sur les Europens, et cet effet, j'ai donn plusieurs doses de musanna M. le docteur Pruner-Bey, qui pratiquait au Caire, et qui a constat dix-neuf gurisons dues ce remde. Ds mon retour en France, j'ai remis une dose de musanna " un membre distingu de notre diplomatie, qui avait successivement et vainement essay de tous les remdes connus contre le tnia, sans mme omettre le kosso. Ses essais infructueux l'avaient rendu trs-dfiant, et il eut soin d'attendre plusieurs mois aprs l'usage de mu- sanna avant de m'crire qu'il se croyait radicalement guri de sa longue et fcheuse maladie. Malgr ce concours de tmoignages, je n'ai garde d'affirmer l'effica - cit constante de ce remde, avant un nouveau et svre examen, dont je livre l'initiative la savante sollicitude de l'Acadmie. A cet effet, je lui adresse trois doses de musanna. J'augmenterai cette quantit au besoin. cristallographie. Septime Mmoire sur le groupement des atomes dans les molcules, et sur les causes les plus intimes des formes cristallines; par M. A. Gapdin. (Extrait par l'auteur.) Depuis plus de vingt ans j'ai consacr presque toutes mes penses l'tude des lois mystrieuses qui rgissent l'agglomration des atomes entre eux pour former des molcules, et des molcules entre elles pour former des cristaux. Je crois aujourd'hui tre parvenu dcouvrir les principes qui prsident leur arrangement. Premier principe. Hors les molcules ttratomiques de quelques corps simples, toutes les molcules, sans exception, sont composes dfiles d'atomes parallles l'axe rel ou fictif de la molcule. Deuxime principe. Hors le systme cubique, tous les cristaux, sans exception, sont composs de molcules ayant leurs axes rels ou fictifs pa- rallles entre eux, c'est--dire parallles aux files d'atomes qui composent les molcules. Troisime principe. Hors les molcules en prismes rhombodaux et rectangulaires droits, les centres rels ou fictifs des files d'atomes dans les molcules, ou des molcules dans les cristaux, tant lis par des lignes droites, ces droites se coupent mutuellement sous des angles de 90 et 60 degrs. ( i6g) Quatrime principe. Sauf les molcules planes, ttradriques, cubi- ques et en prismes rhombodaux ou rectangulaires, toutes les molcules sont des doubles pyramides trois pans, quatre pans ou six pans, pris- mes ou non; ces doubles pyramides se groupent par trois et six autour d'une, dans le systme hexagonal, par quatre et par huit autour d'une, dans le systme carr, avec ou sans ceinture de molcules linaires de pre- mier ordre, pour engendrer des molcules plus composes qui, a leur tour, reprsentent des tables ou des prismes trois, quatre et six cts, avec- doubles pyramides tronques. Molcules de premier ordre. Sans noncer d'autres principes, qui me mneraient trop loin, il importe de fixer notre attention sur le rle impor- tant que remplissent ces molcules linaires ,de premier ordre, composes d'un atome d'une espce compris dans une ligne droite entre deux atomes d'une autre espce. Telles sont les molcules d'eau, de silice, d'acide car- bonique, d'hydrogne carbon, etc. C'est l'lment gnrateur de toutes les molcules composes qui ont un centre. Il est reprsent une fois au moins dans les molcules les plus simples dont il constitue l'axe, et autant de fois perpendiculairement l'axe que la base a de cts, sauf le triangle quilatral. Dans le groupe d'acide starique en relief que je prsente au- jourd'hui, il est ralis quatre-vingt-neuf fois dans les plans verticaux, et' quatre-vingt-dix fois dans la table ou plan moyen passant par l'axe. Preuves de ma thorie. Ces preuves sont la gnration du rhombodre avec ses six clivages, au moyen d'hexadres et dodcadres triangles iso- cles ; la gnration du prisme rhombodal d'environ soixante cent vingt par ces mmes molcules, quand elles sont mles de molcules isomorphes trangres, et, par consquent, l'explication du bimorphisme du carbonate de chaux. Ces preuves sont la gnration du prisme oblique, du feldspath potassique, et l'inclinaison de son axe calcule avec rigueur, et trouve con- forme la nature; puis les macles des feldspaths, la gnration du cube par des octadres base .carre, prismes ou non, expliques aussi ; la duplication de la molcule des sulfates pressentie d'abord par moi, et dmontre par la vrification de toutes les proprits caractristiques des cristaux de gypse. Ces preuves sont enfin l'explication complte de la double obliquit du prisme de certains feldspaths, dcoulant, selon moi, de la base triangulaire quilatrale de prismes axifres de ces molcules, et la prvision de i atome en trop, annonc par moi l'avance, en dpit de la loi et de l'analyse de Berzelius, fait constat dans les procs-verbaux des sances de l'Acadmie. Je prsente aujourd'hui l'application de ma thorie la srie des acides ( 7 ) organiques 4 atomes d'oxygne, qui sont, comme on sait, au nombre de dix-neuf. Je reconnais vraie l'existence de ces 4 atomes dans tous; mais, dans quelques groupes, je trouve en plus ou en moins une molcule d'hydrogne carbon. Je montre la vraie cause de cette loi, qui ne parat plus rigoureuse la suite de cette tude. Enfin, remplaant les atomes de ces acides organiques par des substi- tutions fictives d'atomes de potassium ou sodium, aluminium, silicium et oxygne, je retrouve, dans ces composs organiques, les feldspaths, les micas, la pyromorphite, la cardirite et les zolithes du rgne minral, tout comme j'avais trouv prcdemment les formes molculaires des cristaux solubles de nos laboratoires, dans la famille des feldspaths. Ainsi donc, en rsum, aprs tre parti des densits des corps en vapeur, et avoir par l dtermin le vrai nombre d'atomes que ces corps renferment, j'en ai conclu invinciblement que la silice est SiO 2 . Avec cette molcule linaire, comme lment, j'ai simplifi toutes les formules des minraux renfermant de la silice, et montr que les molcules taient des polydres dtermins, vrifiant, par leur agrgation symtrique, les conditions cristal- lographiques, aussi bien que les anomalies jusqu'alors inexplicables. La nouvelle application que je viens de faire de ma thorie toute une srie du rgne organique montre quel auxiliaire puissant elle serait pour la vrification des analyses, si, enfin, on arrivait en reconnatre la vrit. M. Gaudin, dans la lettre qui accompagne son Mmoire, prie l'Acadmie de vouloir bien se faire rendre compte de l'ensemble de ses communications sur le mme sujet, et fait remarquer que la Commission qui avait t nomme l'poque de la prsentation des premires parties de ce travail a perdu successivement plusieurs de ses Membres. MM. lie de Beaumont, Dufrenoy et de Senarmont sont dsigns pour remplacer, dans la Commission qui ne se composait plus que d'un seul Membre, les Membres dcds. gomtrie. Mmoire sur les plans diamtraux des surfaces algbriques ; par M. Breton (de Champ). [Extrait par l'auteur.] (Commissaires, MM. Poncelet, Chasles, de Senarmont.) Euler et Waring, et plus rcemment Wantzel, se sont occups de' la thorie des diamtres rectilignes des courbes planes, mais ne l'ont point tendue aux plans diamtraux des surfaces. Le prsent Mmoire a pour objet de faire connatre les diverses dispositions que peuvent prsenter ces ( !7' ) plans lorsque le nombre en est limit et qu'ils appartiennent des surfaces algbriques. Je suppose expressment que les quations de ces surfaces en x, y, z sont ramenes la forme rationnelle et entire par rapport ces variables, et que sous cette forme elles sont irrductibles, hypotbse nces- saire pour rendre tout fait rigoureuse la thorie des plans diamtraux. On entend, en effet, par plan diamtral, celui qui divise en leurs milieux les cordes parallles d'une surface. Cette dfinition n'est pas complte, tant que l'on n'a pas dmontr que, parmi les - points milieux de chaque corde, dans une surface du n leme ordre, il ne peut y en avoir qui soient dans un certain plan, sans que tous les autres points milieux se trouvent aussi dans ce mme plan. Or je dmontre que cette proposition est vraie poul- ies surfaces dont l'quation est irrductible, de sorte que l'quation d'une telle surface, doue d'un plan diamtral, peut tre ramene en prenant ce plan pour celui des xy, et l'axe des z parallle aux cordes conjugues, la forme F(ar, y, % 2 )= o. Je fais voir encore qu'il n'y a, pour chaque plan diamtral, qu'un seul systme de cordes conjugues, de mme que pour un systme de cordes il ne peut y avoir qu'un seul plan diamtral. Quand tous les plans diamtraux d'une surface se coupent suivant une mme droite, on dduit facilement de la thorie des diamtres rectilignes, que les cordes respectivement conjugues ces plans sont toutes paral- lles un mme plan. A l'gard des plans diamtraux qui, tant en nombre limit, ne se cou- pent pas suivant une mme droite, j'tablis les propositions suivantes : I. Tous ces plans se coupent en un mme point. II. On peut toujours dterminer un ellipsode qui admette les mmes plans diamtraux et directions de cordes conjugues que la surface propose. III. F (jr, y, z) = o tant l'quation de la surface rapporte aux axes de cet ellipsode, si l'on appelle a, b, c les longueursdes demi-axes, et qu'on crive x = ax', y = by', *z = cz', la transforme F {ax', by, cz') = o en x',y, z' aura le mme nombre de plans diamtraux que la propose, et leur disposition reproduira l'un des types dont voici la dfinition : Premier type. Trois plans passant par le centre et les artes d'un octadre rgulier inscrit la sphre. Deuxime type ( le premier n'en est qu' un cas particulier ) . Un nom- bre quelconque de plans se coupant sur un mme diamtre, de manire diviser la surface de la sphre en parties gales, et un plan perpendiculaire ce diamtre. . ( J 7 a ) Troisime type. Six plans passant par le centre et les artes soit du cube, soit du ttradre rgulier inscrit. Quatrime type. Neuf plans, dont trois passent par le centre et les artes de l'octadre rgulier inscrit, et six par le centre et les artes du cube qui a pour sommets les centres de figure des faces de cet octadre. Ce type est form de la superposition du premier et du troisime. Cinquime type. Quinze plans passant par le centre et les artes soit de l'icosadre, soit du dodcadre rgulier inscrit. Les deux manires de concevoir ce dernier type ainsi que le troisime, ne donnent qu'une seule disposition de' plans diamtraux. Les surfaces algbriques n'admettent aucune disposition de plans dia- mtraux en nombre limit, qui ne rentre dans l'une de celles qui viennent d'tre numres. .mcanique applique. Thorie gnrale des moteurs hydrauliques ; par M. J. Porro. (Commissaires, MM. Poncelet, Combes, Morin.) Transmettre un organe solide dispos au mouvement suivant une ligne quelconque droite ou courbe la plus grande quotit possible du travail dynamique que la gravit imprime et entretient dans une masse liquide en mouvement. Voil l'nonc le plus gnral du problme des moteurs hydrauliques. L'industrie demandera une courbe ferme et plus particulirement un cercle, parce qu'elle a besoin de la continuit du mouvement. Le solide {le rcepteur) sera donc gnralement un corps de rvolution autour d'un axe situ d'une manire quelconque dans l'espace, garni d'aubes, d'augets ou autres appendices qui le rendent propre recevoir l'impression du fluide. La veine fluide incidente affectera, au moment du choc, une certaine direction qui, prolonge, ne rencontrera gnralement pas l'axe, et qui ne sera pas toujours contenue dans un plan normal l'ax.e, mais toujours entre ces deux lignes ; si elles ne se rencontrent pas dans l'espace, on pourra imaginer l'apothme ou la normale commune qui sera leur plus courte distance : j'ai dsign par la lettre p cet apothme dans les quations de condition que j'ai tablies. Cette quantit, dont on ne s'tait jamais occup, joue un rle spcial dans le calcul de toutes les phases du phno- mne hydraulique en question. La thorie conduit aux consquences sui- vantes : ( '73) i. Quand p est trs- petit, la vitesse qui produit le maximum de ren- dement est trs-grande, quelle que soit la position et l'inclinaison de l'axe dans l'espace et quel que soit l'angle d'incidence de la veine fluide sur le plan qui contient l'axe, et l'apothme, et la distance du point d'incidence l'axe. i. L'inclinaison de l'axe dans l'espace est indiffrente pour le maxi- mum de rendement, abstraction faite du poids du rcepteur et de ses rsis- tances passives; mais, en introduisant dans le calcul la condition du minimum des matriaux ainsi que des rsistances passives propres au rcepteur, l'axe devient ncessairement vertical ; la position horizontale de l'axe correspond, au contraire, au maximum des dimensions du rcepteur. 3. Aucune roue hydraulique, si elle reoit et met l'eau par le mme bord des appendices cela destins, ne peut donner le maximum de ren- dement. 4- La phase la plus convenable pour l'entre du fluide dans le rcep- teur est celle o il s'loigne de l'apothme, non pas celle o il s'en approche. 5. Quelle que soit la distance de l'axe au point d'incidence, si la vitesse rotative du rcepteur est telle, que tous les points situs la distance p de l'axe se trouvent anims d'une vitesse gale la moiti de la vitesse du fluide, l'instant qui prcde immdiatement l'incidence, on obtient le maximum de rendement; en de ou en del de cette limite, le rendement varie plus lentement que la vitesse. <3. La courbe que la thorie assigne pour les aubes, du moins dans toute la partie qui reoit l'incidence (courbe que je nomme atuptique), est reprsente par l'quation diffrentielle dy x 3 +- y'x +- 2p y y.i 2 + y 1 p 2 OX yZ _J_ x \ y _|_ 2 p y. y^.2 _|_ yl ^2 La courbe convenable pour l'mission est une spirale loxodromique ; ces deux courbes peuvent se raccorder directement ou par une courbure intermdiaire arbitraire. 7. Une roue hydraulique, construite d'aprs cette thorie, peut se placer galement au-dessus du bief suprieur, au-dessous du bief infrieur (submerge), ou une hauteur intermdiaire quelconque entre les niveaux des deux biefs; elle peut tre mue indiffremment par l'coulement d'un liquide ou d'un fluide lastique ; son effet peut mme devenir ngatif, c'est- -dire que par l'intervention d'une force emprunte un autre moteur on C. R., i85a, i" Semtstre. (T. XXXIV, NB.) a 4 ( '74 ) peut la faire fonctionner comme machine lvatoire d'un trs-grand effet, s'il s'agit d'un liquide, ou comme ventilateur (et c'est mme le meilleur des ventilateurs), s'il s'agit de l'air ou de tout autre fluide lastique. Mue par la vapeur, une telle roue constitue la meilleure machine rotation immdiate; elle utilise la dtente de la manire la plus complte. 8. Pratiquement comme thoriquement, cette roue s'applique gale- ment aux plus grandes comme aux plus petites chutes, et admet, sous le minimum de volume et de frais d'tablissement, les plus grandes quantits d'eau disponibles. 9 . Quand une roue de ce genre, employe comme moteur hydrau- lique, est submerge, elle prouve se mouvoir une perte de travail dyna- mique reprsente par dpv "iorH" 3 -ho,6rH"\ Dans cette formule, qui convient galement toutes les turbines connues, sauf modifier un peu les coefficients numriques, /* est le rayon de la roue, t" est le nombre de tours que fait la roue par seconde de temps. io. Le rendement diminue trs-peu en basses eaux : un cinquime du volume total il peut dpasser encore 0,75. ii. L'exprience a dmontr l'exactitude de ma thorie dans des applications nombreuses qui ont vari depuis les plus petites forces jusqu' cinquante chevaux. Trois cent vingt-sept expriences officielles faites au frein et au dyamomtre, sur un moteur de cette espce, ont dmontr que le rendement moyen par un cinquime du vannage total, ne descend jamais au-dessous de 0,70, et que dans les conditions normales du mouvement il peut dpasser 0,80. mcanique applique. Description d'un appareil automobile lever de l'eau y employ utilement depuis plus d'une anne dans un jardin mara- cher de Versailles ; par M. A. de Caligxy. (Commission nomme pour une communication rcente du mme auteur sur une pompe sans soupapes.) oc Un tuyau de conduite fixe dbouche en amont dans un bief aliment par les eaux motrices. Il dbouche en aval dans un bief infrieur, o il se recourbe verticalement; cette dernire extrmit, il porte un anneau extrieur, sur lequel est fix un cuir bien horizontal. Les deux extrmits du tuyau fixe sont ouvertes sans aucun tranglement. ( '75 ) Un tuyau vertical, maintenu par des guides fixes, et portant son pied un anneau, vient se poser alternativement sur l'anneau fixe du premier tuyau, de sorte que les deux tuyaux sont alternativement runis, de ma- nire ne former qu'une sorte de siphon renvers. Je suppose d'abord qu'on veuille faire fonctionner l'appareil avec la main. Si le tuyau vertical est lev, l'eau du bief d'amont s'chappe par l'es- pace rest libre entre les deux tuyaux, et la vitesse partie de zro s'acclre graduellement dans le tuyau fixe. Si le tuyau vertical est ensuite baiss, l'eau, en vertu de sa vitesse acquise, s'lve une certaine hauteur au- dessus du niveau du bief d'amont, et verse par le sommet de ce tuyau. Ce qui ne s'est point vers par ce sommet redescend, fait une oscillation en retour au-dessous du niveau du bief d'amont, et le tuyau vertical est aban- donn par cette eau, sans qu'elle tombe au bief d'aval. Alors on peut relever le tuyau vertical et recommencer le jeu; ainsi de suite indfini- ment. Le principe, aujourd'hui vrifi trs-en grand, qui distinguait ma pre- mire ide sur ce systme, consiste en ce que les sections transversales n'tant jamais bouches, il n'y a pas de coup de blier possible ; de sorte qu'avec des parois trs-faibles, il a pu tre excut en grand d'une manire durable. L'eau leve est reue dans un vase annulaire fixe, dispos autour du sommet du tuyau vertical, le sommet tant un peu recourb en forme de champignon. Le phnomne nouveau, objet spcial de cette description, a pour effet de faire redescendre le tuyau vertical de lui-mme, quoique ce dernier soit soulev, au moyen d'un balancier, par un contre-poids plus lourd que lui, de manire rendre la machine automobile sans cataracte, comme on va l'expliquer. MM. Thenard, Clment Desormes et Hachette ont signal un phno- mne de succion qui, dans certaines circonstances exceptionnelles, fait marcher contre-courant des plaques beaucoup plus larges que les orifices des vases devant lesquels elles sont disposes. On sait combien cet ordre de phnomnes a, jusqu' ce jour, embarrass les constructeurs, qui taient loin de se douter qu'on en pourrait tirer parti. Le phnomne de succion dont il s'agit parait, d'ailleurs, en diffrer d'une manire essentielle. Je rappellerai d'abord une exprience trs-curieuse de du Buat, qui a pu tre conteste, mais qui reoit ici une confirmation d'un nouveau genre. Il avait conclu d'observations faites, au moyen de manomtres, sur les ( '76) divers points de la face antrieure d'un prisme plong dans un courant d'eau, qu'il y avait une vritable succion, mme une certaine distance du pourtour de cette face. Quelle que puisse en tre la cause, j'ai peiiM que, si l'on obligeait les filets liquides prendre des directions analogues a celles qu'ils prennent autour de ce prisme, tout en supprimant la partie solide centrale de ce prisme, de manire ne conserver que l'anneau sur lequel du Buat a observ une succion, cette succion, si elle tait bien relle, ferait avancer cet anneau contre-courant. C'est, en effet, ce qui est arriv lorsque j'ai prsent le tuyau vertical au-dessus du tuyau de con- duite fixe, recourb verticalement, dont l'eau a t oblige de dvier au- tour du tuyau vertical mobile, en soutenant, dans l'intrieur de celui-ci, une colonne liquide un niveau plus lev que le bief infrieur, et dont la raction entretenait la dviation dont il s'agit. Les vibrations du sommet de cette colonne liquide intrieure 'sont intressantes. Cette raction avait de plus un effet positif, parce que le tuyau vertical mobile portait, sa partie infrieure, un anneau d'un diamtre moindre que le sien, mais gal celui du tuyau fixe. Il y avait donc une cause positive de pression qui se joignait la succion pour faire redescendre le tuyau mobile. On peut produire, dans certains cas, une onde annulaire assez curieuse. Dsirant voir jusqu' quel point la succion pourrait avoir quelque analogie avec celle dont on doit la connaissance MM. Thenard, Clment Desormes et Hachette, j'ai prolong extrieurement, au moyen d'une forte plaque de zinc, le plan horizontal infrieur de l'anneau du tuyau vertical mobile. Mais cela n'a fait que diminuer la force de descente de ce tuyau dans le liquide; cela n'a jamais eu aucun avantage, mme quand cette couronne extrieure tait trs-rduite, de manire, du moins, ne plus nuire. C'tait le contraire qui paraissait devoir se prsenter d'aprs les faits connus dont il s'agit, s'il n'y avait pas quelque chose d'essentiellement distinct, comme je l'ai fait pressentir par l'tude prcdente sur les expriences de du Buat, qui permettent de bien distinguer ces effets de ceux dont la connaissance est due MM. Thenard, Clment Desormes et Hachette. En relevant ensuite les bords extrieurs de cette couronne connue ceux d'un parapluie renvers, j'ai considrablement augment la force de succion, par suite de la manire dont cette disposition a modifi la dviation des filets liquides. Enfin, j'ai fait passer un plan fixe horizontal par l'orifice du tuyau fixe, ( '77 ) dispos prcisment au-dessous du tuyau mobile, de manire former un vritable ajutage annulaire divergent avec le parapluie renvers dont je viens de parler, l'poque o le tuyau vertical est soulev. Il est rsult de cette disposition une augmentation considrable dans la force de succion. On conoit que cet effet dpend de l'tendue du parapluie renvers, et que cet ajutage doit, d'ailleurs, tre utile pour ne pas laisser perdre une quantit notable de la force vive restante l'eau qui s'chappe au bief inf- rieur, et qui peut tre en partie employe agir par succion sur la colonne liquide. Il est enfin rsult de ces diverses causes runies une force de succion telle, qu'il a fallu la modrer pour ne pas endommager l'appareil. Or il est remarquer que le parapluie renvers, utile pour augmenter la succion, est utile aussi, dans certaines limites, pour modrer la percussion du tuyau sur son sige, cause de la manire dont il est oblig de dplacer, en descen- dant, la couche d'eau qui est au-dessous de lui. Quand l'appareil ne marche pas encore; si le tuyau vertical est baiss, le moindre branlement suffit pour causer des vibrations, la suite des- quelles le tuyau se lve de lui-mme lorsqu'il y a assez d'eau en amont. Il reste expliquer comment le tuyau vertical se relve de lui-mme chaque priode. Pour cela, il suffit de voir comment les choses se passent pendant l'ascension de la colonne liquide. Il y a alors une pression qui, agissant l'intrieur du tuyau vertical sur l'anneau infrieur de ce tuyau, l'empche de se relever. Quand cette cause n'existe plus, la fin de l'oscil- lation en retour, ce tuyau est soulev par un contre-poids suspendu une des extrmits d'un balancier ordinaire, tandis qu'il est suspendu lui-mme l'autre extrmit. Ce genre d'appareils, convenablement disposs, a march mme sous une petite chute de 20 centimtres. Un blier hydraulique se serait arrt. Quand on veut lever l'eau beaucoup plus haut que le double de la chute au-dessus du niveau du bief infrieur, on rtrcit convenablement la section du tuyau d'ascension, sans diminuer le diamtre de ce tuyau, en disposant sa partie centrale un cylindre vertical fixe, termin infrieure- ment par une pointe. Au moyen de cette disposition, l'appareil a march, indfiniment abandonn lui-mme, sous des chutes trs- variables. Quant la quantit d'eau leve, on la varie si l'on veut, au moyen du contre- poids, en variant l'effet utile. ( i78) hygine publique. Mmoire sur la constitution physique et chimique des eaux potables et leur influence sur le dveloppement endmique du goitre et du crtinisme; par M. Marchand. (Renvoi la Commission nomme pour diverses communications relatives l'absence de l'iode dans l'air et les eaux des pays goitres.) Ce Mmoire offre le dveloppement des principales propositions conte- nues dans une Note adresse l'Acadmie, le ai juillet i85o, sous forme de paquet cachet, paquet ouvert, sur la demande de l'auteur, dans la sance du \i janvier dernier. M. Marchand annonce l'intention de com- plter prochainement son travail ; le prsent Mmoire a surtout pour objet d'tablir que les causes dterminantes du goitre et du crtinisme ne se trouvent pas dans l'existence du carbonate de magnsie dans les eaux bues par les populations, mais plutt dans l'absence de l'iode et du brome du nombre des principes constitutifs de ces eaux. botanique. Note sur l'organisation et les affinits des espces qui composent le genre Meliola, 7Y. , par M. Ed. Bornet. (Commissaires, MM. de Jussieu, Brongniart, Decaisne) M. Dumoncel soumet au jugement de l'Acadmie deux Notes ayant pour titre : l'une, Sur l'anmographe lectrique tabli d'aprs le systme Du- moncel ( cette Note, est jointe une addition de date postrieure); l'autre, Sur un moteur lectromagntique, tabli d'aprs le principe constat par M. Guillemin. en i844> c'est--dire l'attraction du fer doux sous la seule influence d'un multiplicateur. ( Renvoi l'examen de la Commission nomme pour de prcdents Mmoires du mme auteur. ) Une communication de M. Dmidoff, relative aux observations mtoro- logiques qui se font par ses soins Nijne-Taguilsk, a t, dans la sance pr- cdente, renvoye l'examen d'une Commission compose de MM. Pouillet, Habinet, Regnault. Une Commission, compose de MM. Poncelet, Morin, Combes, a t nomme pour l'examen d'un Mmoire de M. d'Estocqcois sur la vitesse de l'coulement de l'eau par un orifice rectangulaire horizontal. ( '79) CORRESPONDANCE. M. le Ministre de l'Instruction publique invite l'Acadmie hter le travail de la Commission qui a t nomme pour faire un Rapport sur le degr d'intrt que prsentent les observations d'toiles filantes, faites par M. Coulvier-Gravier . M. le Ministre demande, en outre, que la Commission lui indique quelles justifications M. Coulvier- Gravier aurait fournir pour recevoir l'indemnit alloue par l'Assemble lgislative. La Commission a t convoque, et son Rapport sera transmis M. le Ministre aussitt qu'il aura t soumis l'Acadmie. astronomie. Observations de la comte cPEncke, jaites au grand equatorial de Markree; par M. Graham. (Extrait d'une Lettre de M. Cooper, communiqu par M. Le Verrier.) Positions de la comte. Temps moyen Nombre toiles de Greenwich. a S de comparaisons de comparaison. 1 852. Janvier 17,30475 23 h ii n, i7 , ,83+43i'26",2. 10 a, b 20,29675 23. i5. 11 ,6o4-4-5o. 10 ,7 10 t Positions des toiles de comparaison. a B. A. C 8127 23 , 'i2 n, 46 s ,59 4- 4 34' i9",47 b Weisse! 252 23.12.36,5g 4-3o.i4>32 Lalande 4^53 23. 14 29,43 4-4 I -35,85 e Les positions de la comte ont t corriges de la parallaxe, mais non de l'aberration. Il en rsulte pour les corrections des positions donnes dans le Nautical Almanac : a ) I .27,05 8 255. 2,6 12 L'Intensit de la lumire de la comte a augment depuis le S4 janvier- 4 3.47.21 y (8) 2.33,86 12 52.26,7 16 Mesures trs-exactes. 7 4.19. 4 s (10. 11) 4.i3,8o 8 162.21,5 12 La comte extrmement faible par le clair de Lune. >7 4.46.47 s (") 4. 5,27 4 i44-54,8 8 Le lever de la Lune empche la continua- tion des observations. 18 4-48 8 () 1.59,42 II 219.27,5 12 M 21 5 16.27 >) (.0) 2.54,70 12 21.52.3 16 An commencement des observations la comte tait trs-faible. Plus tard , je la vis trs-bien. Elle avait un diamtre apparent de 20 secondes. Les observations furent troubles par des coups de vent. 23 5.22. 2 6 (M. 12) 2.37,72 4 i47-53,o 8 Observations interrompues par des nuages Mars 2 6.i3.32 X (") 3 . 1 5 , 5o 8 285.43,1 12 La comte trs-bien visible. Mesure? exactes.' 4 6.32.28. m (10. u) 6.29,20 8 68.43,5 12 Vers Ja fin des observations la comte fut trs-faible . J'ai aussi observ la comte le 1 er mars ; mais, vu que ce jour la comte n'tait visible qu' peine et par moments, cause de brouillards assez forts, et que les toiles de comparaison se trouvaient des distances qui ga- laient peu prs le diamtre du grossissement le plus faible de notre lu- nette, j'ai prfr de rejeter entirement les observations de ce jour. ( i83) Nous tirons des observations prcdentes : TEMPS MO YEN 1881. de Poulkova- b m s Janv. 24 6.40.57 Fvr. 1 6.26.29 4 6 . 5o . 2 I 7 7. 10. Il 7 6.58.3o 18 6.55.55 21 7. 12.22 23 7 10. 4 Mars 2 7.33.54 4 7-44-56 * = a 5' 27 ,08 p 1.24,09 7 + 2. 1,97 5 + 1.16,93 6 + 2.21 , l4 1 . 1 6 , 00 >i + 1 . 5,21 e +1.24,06 x 3. 9,00 F +6. 4,47 Dec). l = Dcl.a + o' 3,28 P 0.22,46 7 -4- 1 33,78 5-4. i,86 t 3.20,70 I .32,20 + 2 . 42 , 1 3 8 2,i3,58 X + 0.52,96 fi + 2.21 ,22 A l'exception de a et de 7, toutes les toiles de comparaison taient trop faibles pour tre observes dans la lunette du cercle mridien. Or il fallait dterminer, l'aide du grand rfracteur, leurs relations par rapport des toiles assez brillantes pour tre exactement observes l'aide du cercle mridien. Ce travail, rendu galement plus difficile que d'ordinaire, par la raret des toiles dans le voisinage du ple de la voie lacte, fut excut dans plusieurs suites d'observations pendant l'automne courant. Les observations, corriges de l'effet de la rfraction, ont donn : eu M. p = ad p + 6' 24^35 3 = ad S 44.3i,86 e = ad s 10.44)43 = ad 10. 2,63 r> = ad + g i3,63 8 = ad 8 i8.ii,85 X = ad X + 19.25,06 f* = ad ft + 17.30,42 EN DECXl. - 4' I9*9 2 + i.i4>'4 + 2. o,53 + O.X4.17 1-57,92 0.22,17 + i.i3,44 - 8. 3 7 , 9 3 La diffrence en dclinaison, entre fx et ad[j., tait trop forte pour qu'on pt excuter la comparaison directe des deux toiles entre elles. Par cette raison, je fus oblig de joindre jx, en premier lieu, avec une autre petite toile fi' de 10 e grandeur. Cette opration donna : Aii = *d' + ao' ao",o,5 dclin, ju. as dclin, /a,' 4'9%72- ?5.. ( 184 ) La distance entre fx,' et ad p., fut observe = 5' 1 7", 36, et l'angle de position = ai 2 16'; d'o nous dduisons : JR.p.' = Mad[j. 2'5o",53 dclin, f/.' = dclin. c?/ll 4' 28", 21. La combinaison de ces valeurs donne la relation entre fi. et ad[j., cite dans la liste prcdente. La dtermination, l'aide du cercle, mridien, des positions absolues des toiles de comparaison ou des toiles auxquelles les toiles de comparai- son furent rapportes, ne put galement se faire avant l'automne. C'est M. Sabler que nous devons cette dtermination. Comme toutes les observa- tions de cet astronome expriment, les diffrentes dterminations de ces toiles se distinguent par un accord admirable, malgr la faiblesse de quel- ques toiles, et contiennent ainsi en elles-mmes la preuve de leur exac- titude. Chaque toile fut observe trois fois. Aprs avoir rduit les diff- rentes positions observes aux positions moyennes pour le commencement de l'anne, nous avons trouv : m MOYENNE. DCLIN. MOYENNE TOfLE. GRANDEUR. pour 1 85 1,0. POIIR l85l,0. h m s a (8-9) 23.23.23,38 i25' o",5 adp (8-9) 4l.28,83 - - 9>9 7 (8) 48 54,36 -+- 0.25. i4,6 ad 3 (89) 59.13,97 + 1 . i.5i,7 ad g (9 10 ) 0.21 35,84 2.5i . 9,1 adX, (8) 24.17,92 3. 2.21,2 ad ri (9) 30.27,74 3.34.38,5 ad 9 (9 I0 ) 37.21 ,80 4- o.56,3 ad\ (9- ,Q ) 53 i3,6o 5.17.12,9 ad p (9) 5 7 58, 14 5.48.36,2 Les rductions qu'il faut ajouter ces positions moyennes pour obtenir les positions apparentes correspondantes aux jours d'observation de la co- mte, sont : ( i85 ) DATES. RDUCTIONS En R. En dclin. a ad p y ad S ad t ad ad v ad 9 ad X ad a 24 Janvier. 1 Fvrier. 4 7 '7 18 21 23 2 Mars. 4 ',4g i,46 i,44 1,42 1,40 1,39 , 1 ,39 !,38 ',37 1,37 8;o 8,3 8,8 9. 9, 5 ~ 9 5 9,7 9>7 9,9 10,0 La sommation des quantits correspondantes dans les diffrentes Tables prcdentes, nous donne maintenant les positions de la comte. J'ai aussi ajout chaque coordonne les coefficients par lesquels la parallaxe hori- zontale de la comte doit tre multiplie, pour donner les corrections cor- respondantes de la coordonne. 1881. TEMPS MOYEN de Poulkova R * 0,401 p DCL1N. * Janv. 24 h m s 6.4o.57 35o . 45 . i,3 -+- _ 1 II 1.25. 5,2 -+- 0,872 p Fvr. 1 6.26.29 355.26.5o,8 + 0,399 P 5. 0,6 -+- o,865 p 4 6 5o.2I 357. i5.i5,8 -+- 0,434 p + 0.26.39,5 -t- 0,862 p 7 7 .5o. II 35 9 . 453,5 + 0,45g y; + o.58.55,o + 0,861 p 7 6.58.3o 5. i5. i3,3 -+- 0,462 p + 2 -49 3 9,4 -h o,853 p 18 6.55.55 5.52.49,3 + 0,461 p -4- 3 o.53,6 -+ o,853 p 21 7. 12.22 7 46-54,i + 0,478 p + 3 . 35 . i 3 , -t- o,852 p 23 7.10. 4 9. 3.!8,5 +- o.479 P + 3.58.io,8 -h o,85i p Mars 2 7.33.54 i3.34. '9,5 + 0,498 p + 5.19. 9,4 -+- o,852 p 4 7.44.56 - 14.52.46,4 + o,5o3 p -t- 5.42. 9,5 -+- o,854 P Il parat trs-difficile d'indiquer, priori, le degr d'exactitude de ces positions, car l'accord des diffrentes observations du mme soir entre elles, n'y peut gure conduire, parce que, dans les objets extrmement faibles, mais qui possdent encore un diamtre apparent considrable, on ne peut ( i86) tre sr d'avoir point toujours sur le mme endroit de la matire nbu- leuse.. Approximativement, j'estime l'erreur probable de chaque coordonne, donne dans la liste prcdente, environ 2 seconds. Au moins je suis convaincu que, ds que la comparaison de ces positions avec la thorie mnerait des diffrences extraordinaires de plus de 5 secondes, il y au- rait un'indice trs-fort que la position serait affecte d'une erreur relle. Cette comparaison n'a pu tre excute ici ; car quelque excellente qu'tait l'phmride de M. Le Verrier pour trouver la comte, elle ne pouvait pas servir la comparaison de nos observations, vu qu'elle ne s'tendit que jusqu'au 16 fvrier, et qu'elle ne donna pour les ascensions droites que les secondes entires en temps. chimie. Sur de nouvelles combinaisons du cobalt; pareil. Roggjski. M. Claudet vient de publier dans un journal anglais (Pkilosop. Mag., oct. i85i), et, depuis, dans les annales de Chimie et de Physique, 3 e srie, t. XXXIII, p. 483, un Mmoire sur de nouvelles combinaisons ammonia- cales du cobalt, Mmoire dans lequel il signale entre autres l'existence d'un chlorure d'une composition tout fait extraordinaire et sans exemple dans la srie des combinaisons connues. Sur l'invitation de M. Gerhardt, j'ai entrepris, dans son laboratoire, des expriences sur le mme sujet, dans le but d'claircir la composition de ce corps singulier, et de chercher de nouveaux faits qui permissent de se rendre compte de sa vritable nature. J'ai dcouvert, dans le cours de ces recherches, un nouveau compos entirement diffrent de celui de M. Claudet, et qui promet de jeter quelque lumire sur le problme que je cherche rsoudre. C'est un chlorure ana- logue aux chlorures ammoniacaux dcouverts par M. Reiset, ou, plutt, aux chlorures ammoniacaux du mme mtal dcouverts plus rcemment par M. Gerhardt et correspondant aux sels platiniques. En effet, mon nou- veau chlorure appartient aux sels cobaltiques et non aux sels cobalteux ordinaires. Il cristallise en petits prismes jaune-orang enchevtrs, extr- mement solubles dans l'eau, tandis que le sel de M. Claudet s'obtient en petits octadres cramoisis et presque insolubles dans ce liquide. D'aprs plusieurs analyses, le nouveau chlorure renferme Co a Cl% 3N 3 H 6 , formule qui devra se traduire par Cl H, N 8 H s co, en donnant co la valeur de Co. ( *8 7 ) En effet, c'est un chlorhydrate qui donne, par double dcomposition, un sulfate, un nitrate, un actate, etc., correspondants. Une raction carac- tristique du mme chlorure s'obtient avec le bichlorure de platine. Lors- qu'on mlange ensemble les dissolutions des deux sels, il se produit, froid, un prcipit jaune qu'on prendrait pour du chloroplatinate d'ammo- niaque, mais qui se distingue de ce sel en ce qu'il se dissout dans l'eau chaude et cristallise, par le refroidissement, en petits prismes. Ce prcipit est le chloroplatinate de la base contenue dans mon nouveau chlorure; il renferme PtCl 2 , Cl H, N 2 H 5 co. Cette base, laquelle je donne le nom de dicobaltin amin , reprsente une molcule double d'ammoniaque dans laquelle i atome d'hydrogne est remplac par son quivalent de cobalticum. Elle est entirement ana- logue aux bases obtenues avec le platine par MM. Gerhardt et Reiset, ainsi que le fait voir le rapprochement suivant : ; N 2 H 5 Pt, diplatosamine, NH 2 Pt, platosamine; N 2 H*Pt 2 , diplatinamine, , NH Pt 2 , platinamine; N 2 H 5 co, dicobaltinamine, NH 2 co, cobaltinamine (inconnue); Je m'empresserai de communiquer l'Acadmie les rsultats complets de mes recherches ds que je les aurai acheves.- Je dois dire aussi, en ter- minant, que ma nouvelle base ne se trouve pas indique dans les deux Notes communiques rcemment par M. Fremy. CHIMIE. Sur le nitrite de plomb ; par M. Antonio Goms. M. Nickls a annonc l'Acadmie (i), il y a quelque temps, l'iso- morphisme du nitrate de plomb et du nitrite du mme mtal cristallis avec de l'eau, sans donner d'ailleurs l'appui, ni des mesures cristallogra- phiques, ni des analyses compltes de ce nitrite. La formation de ce der- "nier sel par le gaz carbonique et les paillettes jaunes dcrites par M. Pe- ligot sous le nom fthyponitrate de plomb, et considres par M. Gerhardt comme un sel double basique de nitrate et de nitrite, rendait un peu dou- teuse la composition assigne au sel considr comme nitrite. J'ai donc entrepris au laboratoire, et sous la direction bienveillante de M. Gerhardt, des analyses compltes de ce compos. Dans l'hypothse de M. Nickls, il doit renfermer 65,4 pour 100 de (i) Comptes rendus des sances de l'Acadmie des Sciences, t. XXVII, page 244i J 848. ( i88 ) plomb; or toutes mes analyses faites sur des sels parfaitement cristalliss dmontrent que telle n'est point la composition du corps, et qu'il renferme bien moins de plomb. Quant l'eau, j'ai trouv sensiblement la mme quan- tit qui a dj t indique par M. Berzelius. Pour ce qui est de l'azote, la proportion contenue dans le sel en est trop faible pour qu'on puisse la prendre en considration dans la discussion des formules. C'est d'ailleurs le dosage tout fait direct du plomb qui peut seul dcider la question. Voici mes analyses : i. -j". 3. 4. 5. Formule Nickl. Plomb 63,7 63 >7 63 > 5 63 ' 3 63 > 3 65 >4 Azote 8,3 8,5 8,8 Hydrogne o,5 o,6 o,6 o,6 La seule formule qui s'accorde avec ces dosages est celle d'un sel double neutre compos de i atome de nitrate de plomb et de 3 atomes de nitrite : NO'Pb, 3NO a Pb-t- 2Aq. Cette formule exige : Plomb ; 63,8 Azote 8,5 Hydrogne. . . . o ,6 On remarque que ce corps est le sel neutre qui rsulte de la dcom- position par l'acide carbonique d'un sel double semblable, mais basique; seulement, il est remarquer que dans la dcomposition de ce dernier, il s'limine en mme temps de l'acide nitrique, car la solution devient extr- mement acide, par le passage de l'acide carbonique, et, quand on l'aban- donne sur l'acide sulfurique, elle met constamment des vapeurs incolores d'acide nitrique. C'est mme seulejnenl la faveur de cet acide nitrique que le sel est maintenu en dissolution ; car, lorsqu'on fait bouillir les cris-. taux avec de l'eau, il se forme une grande quantit de sous-nitrate de plomb bibasique sans qu'il y ait aucun dgagement de gaz. La composition que je viens d'indiquer pour le sel, considr tort comme un nitrite simple, est intressante en ce qu'elle est entirement sem- blable celle de plusieurs autres combinaisons de nitrate de plomb, comme on peut le voir par les formules suivantes : ( 8 9 ) NO 3 Pb, PO 4 Pb* -+- 2 Aq . . . Sel double de nitrate de plomb et de phos- phate (Gerhardt). NO* Pb, NO a Pb, Pb* O -+- Aq. Sel double basique de nitrate de plomb et de nitrite de plomb (hyponitrate de M. Peligot). NO 5 Pb, 3NO a Pb -4- i Aq. . . Sel double neutre de nitrate de plomb et nitrite de plomb (Goms). NO' Pb, 3PbHO Sous-nitrate de plomb (sel double de ni- trate et d'hydrate). On remarque que, pour tous ces sels, la quantit de plomb contenue dans le nitrate est au plomb contenu dans les sels combins avec lui comme i ; 3. conomie rurale. Rsultats d'expriences relatives V emploi comme engrais du phosphate amrnoniacomagnsien; par M. Isidore Pierre. Je crois, dit l'auteur en terminant son Mmoire, pouvoir rsumer ainsi les rsultats des essais auxquels je me suis livr : i. Le phosphate amrnoniacomagnsien, employ des doses de i5o et de 3oo kilogrammes par hectare, a exerc sur les rcoltes de froment" une action favorable trs-prononce; 2. Toutes choses semblables d'ailleurs, son action parat plus sensible sur les terres qui commencent se fatiguer de crales trop frquemment rptes (i); 3. L'un des effets constants du phosphate amrnoniacomagnsien sur les rcoltes de froment, c'est un accroissement sensible dans le poids spci- fique du grain; cet accroissement s'est lev jusqu' 3 pour ioo dans quelques-unes de nos expriences ; 4- Employ sur le sarrasin, la dose de 25o 5oo kilogrammes par hectare, dans une terre de trs-mdiocre qualit, ce mme phosphate y a produit des rsultats diffrentiels trs-remarquables : la rcolte de grain a t plus que sextuple; la rcolte de paille plus que triple. (i) D'aprs les analyses de MM. Boussingault, Berthier, Payen, Peligot, Johnston , etc., on sait que ce sont prcisment les rcoltes de crales qui prlvent sur le sol la plus forte portion de phosphate. C K., i85a, i" Semestre. (T. XXXJV, N 8.) 26 ' ( '9 ) ZOOLOGIE. Rponse une question de priorit souleve par M. Robertson. relativement aux moyens employs par les Pholades pour percer les pierres. (Lettre de M. Cailliau.) (Renvoi la Commission prcdemment nomme.) Ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai pris connaissance de la Lettre adresse par M. Robertson l'Acadmie des Sciences, dans la sance du la jan- vier, Lettre par laquelle il revendique la priorit dans la dcouverte du mode de perforation des Pliolades. Il dit que mon Rapport n'est autre que la reproduction de la Lettre qu'il adressa, le i er juin 1 85 1 , aux naturalistes et aux journaux de son pays. Et plus loin, il rpte que ce Rapport n'est autre que celui qu'il a fait lui-mme la Section d'Histoire naturelle de l'Association britannique pour l'avancement des Sciences, en juillet i85i. a M. Robertson se trompe, et, pour le convaincre de son erreur, il me suffira de rappeler que ma publication (formant six pages de texte) sur le mode de perforation mcanique des Pholades a t lue par moi l'Aca- dmie de Nantes, en septembre i85o, et imprime Paris, dans le Journal de Conchyliologie, le 1 5 dcembre de la mme anne, tandis que M. Ro- bertson dit avoir fait aux journaux anglais sa communication en juin 1 85 1 , c'est--dire six mois aprs ma publication. Si M. Robertson prtendait en- core, aprs cette explication, que l'un de nous deux a copi l'autre, il re- connatrait facilement que c'est lui qui m'a copi. Je pense que, lorsque M. Robertson a adress sa rclamation l'In- stitut, il n'avait connaissance que de la seconde partie de mon travail, lue l'Acadmie dans sa sance du il\ novembre dernier, et par laquelle je faisais connatre ma dcouverte de ces animaux perforants dans un terrain primitif. C'est en signalant spcialement ce nouveau fait l'Institut que j'ai d rpter ce que j'avais imprim six mois auparavant. Aprs l'explication qui prcde, et que je lui communique, je ne doute pas que M. Robertson ne se plaise reconnatre une erreur qu'un peu moins de prcipitation lui aurait pargne, et qu'il ne s'empresse de faire preuve de franchise et de loyaut en adressant l'Institut de France une rectification de sa premire Lettre. Si je tenais beaucoup tablir une priorit de dcouverte relative- ment au mode de perforation des Pholades, je rappellerais que c'est dans un voyage Malte, en i84o, que j'acquis la certitude que ces coquilles agissaient par un mouvement de rotation, laissant dans leurs ( '9' ) trous les empreintes de stries trs-prononces, occasionnes (je le disais par les asprits de leurs coquilles, comme si elles avaient t faites au tour sur la pierre. Je publiai ce fait mon retour en France, au commen- cement de 1 843, dans un article sur le Gastrochne. ( Magasin de Zoologie, d ' Anatomie compare, etc.) Mais je dirai ici que beaucoup de naturalistes, autres que M. Robertson et que moi-mme, ont aussi pens devoir adopter de prfrence, comme explication plus satisfaisante des faits, la supposi- tion d'une action mcanique de ces coquilles. Cette interprtation, d- battue depuis longtemps, demandait des preuves. Je crois avoir fourni, le premier, les faits qui les tablissent, notamment en signalant l'existence df ces animaux de la plus grande taille, perforant un terrain primitif jusqu' a5 centimtres dans un gneiss sur micac grenatifre. M. Robertson annonce qu'il est en mesure de mettre la disposition de la Commission charge de sa Note sur les Pholades, les pices et les docu- ments ncessaires. (Commission prcdemment nomme.) M. Ed. Robin adresse une rclamation de priorit, l'occasion d'un M- moire de M. Garreau sur la respiration des vgtaux, Mmoire prsent l'Acadmie dans la sance du 1 9 janvier, et insr par extrait dans le Compte rendu. Suivant M. Robin, un Mmoire prsent par lui l'Acadmie, le i/j juillet i85i, contient dj la thorie expose par M. Garreau, et les principaux faits sur lesquels s'appuie cette thorie. (Renvoi la Commission nomme pour le travail de M. Garreau.) M. de Paravey rappelle qu'il a depuis longtemps annonc l'Acadmie qu'on trouve dans plusieurs livres chinois, d'une date fort recule, des dtails sur diverses espces comestibles d'algues ou de fucus, dont quel- ques-unes taient connues ds cette poque comme ayant la proprit de gurir les goitres commenants. M. Paverne annonce l'envoi d'un Mmoire sur un projet de chemin de fer sous-marin de Calais Douvres. (Commission prcdemment nomme.) ( 9 2 ) M. Dudouit adresse une nouvelle Note ayant pour titre : De la fixation des longitudes en mer, considre dans ses rapports avec le calcul des TaMes de logarithmes . (Commissaires, MM. Binet, Faye.) A 4 heures un quart, l'Acadmie se forme en comit secret. COMIT SECRET. La Commission charge de prsenter une liste de candidats pour la place d'Acadmicien libre, vacante par suite du dcs de M. Maurice, prsente la liste suivante : En premire ligne et ex quo : M. Charles Bonaparte, M. Franois Delessert. En seconde ligne, ex quo, et par ordre alphabtique : M. Bienaym, M. Dubois (d'Amiens), M. Minard, M. Valle, M. Walferdin. Les titres de ces candidats sont discuts. I .'lection aura lieu dans la prochaine sance. La sance est leve 6 heures. F. PARIS. IMPRIMERIE DE BACHELIER, rue du Jardinet, 12. COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SANCE DU LUNDI 9 FVRIER 1852. PRSIDENCE DE M. PIOBERT. RAPPORTS. chimie APPLIQUE. Rapport sur un Mmoire de M. Henri Hou mu, sur le cyanure double de potassium et d'argent, et sur le rle de ce sel dans l'argenture lectrochimique. (Commissaires , MM. Thenard , Regnault , Pelouze rapporteur. ) Le cyanure de potassium mis en contact avec un sel d'argent forme, par double change, un prcipit de cyanure d'argent qu'un excs de cya- nure alcalin fait disparatre compltement. La dissolution laisse dposer par l'vaporation un sel double form d'quivalents gaux de cyanure de po- tassium et de cyanure d'argent (KCy, AgCy.) La proprit que prsente cette dissolution de pouvoir servir de bain d'argenture est due la prsence du sel double que nous venons d'indi- quer. Le cyanoferrure et le cyanoferride de potassium produisent aussi avec les sels d'argent des dissolutions qui sont dcomposes sous l'influence de la pile, de la mme manire que la liqueur prcdemment indique. Il tait important, au point de vue de la thorie de l'argenture lectro- chimique, de comparer entre elles les principales oprations dans lesquelles elle peut tre ralise industriellement, et d'examiner le mode d'action du C. K. , i85a, i" SemeHrc. (T. XXXIV, iV 6.) 7 ( '94 ) cyanure simple de potassium, du cyanoferrure etdu cyarioferride de potas- sium sur les divers sels d'argent. Le fer qui manque dans les matriaux constituant les bains d'argen- ture au cyanure de potassium, est-il dans les autres cas un lment essen- tiel au succs de l'opration, comme l'ont pens quelques chimistes, ou la prsence de ce mtal serait-elle, au contraire, sans aucune influence sur les rsultats? M. Bouilhet, qui dirige les ateliers de dorure et d'argenture de M. Christofle, tait plac mieux que personne pour tudier cette question, et il nous semble l'avoir rsolue. Il a constat que les bains d'argenture prpars soit avec le cyanoferrure, soit avec le cyanoferride de potassium, contiennent prcisment le sel double produit, dans des circonstances sem- blables, par le cyanure de potassium. M. Bouilhet ne s'est pas born, toutefois, constater la prsence de ce sel dans les bains d'argenture et sa proprit d'argenter les mtaux, sous l'influence de la pile ; mais, procdant par la voie analytique, il a dtermin la quantit exacte de cyanure de potassium et d'argent fournie, avec un excs de cyanure d'argent, par un poids connu soit de cyanoferrure, soit de cyanoferride de potassium, et s'est assur que, depuis les premires, jus- qu'aux dernires cristallisations, le sel que laissent dposer les dissolutions consiste exclusivement en cyanure double de potassium et d'argent. Ainsi 10 grammes de cyanoferrure de potassium (R 2 FeCy 3 ), aprs une bnllition prolonge avec un lger excs de cyanure d'argent, ont fourni M. Bouilhet i8 gr ,33g de cyanure double de potassium et d'argent, au lieu de i8,8ao qu'indique la thorie. Cent parties de prussiate rouge (cyanoferride de potassium = Fe 2 K 3 Cy 6 ) lui en ont fourni 182,8; et, dans la supposition o les 3 quivalents de potassium contenus dans ce sel se seraient unis 3. quivalents de cyanure d'argent, on aurait d obtenir 181, 3 de sel double. On voit que le rsultat fourni par l'exprience se confond, pour ainsi dire, avec le nombre thorique. ' Pour s'assurer de la vritable composition du cyanure double de potassium et d'argent,, provenant des trois sources dont il vient d'tre ques- tion, M. Bouilhet a dcompos ce sel par un excs d'acide sulfurique, tt calcin au rouge le mlange vapor siccit jusqu' ce qu'il ne perdit plus rien de son poids. Le mlange de sulfates de potasse et d'argent rsultant de ce traitement ayant t dissons dans l'acide azotique, l'acide sulfurique a t dos l'tat de sulfate de baryte, et l'argent l'tat de chlorure. Quant au potassium, il a t apprci par diffrence. Une autre partie de la mme ( ig5 ) substance a t brle avec les prcautions usites pour l'analyse des matires organiques azotes. Cette exprience a fait connatre la proportion du carbone et de l'azote, et, par cela mme, celle du cyanogne. Ces analyses, que M. Itouilhet a eu soin de multiplier et de contrler de diverses manires, confirment la formule K Cy, AgCy assigne au cya- nure double de potassium et d'argent. La raction pendant laquelle ce sel prend naissance est accompagne d'un dgagement de vapeur prussique et de la formation d'un prcipit dont il tait utile d'apprcier la nature : cette tude forme le complment du travail de M. Bouilhet. Nous allons rsumer les principaux rsultats aux- quels il est parvenu, et dont quelques-uns taient d'ailleurs connus depuis longtemps. Quand on met un sel d'argent en contact avec le cyanoferrure de potassium, il se fait un nouveau sel base de potasse et du cyanoferrure d'argent. L'quation suivante offre un exemple de cette dcomposition : a(AgO, AzO 5 ) + FeK s Cy 3 .= a(KO, AzO ! ) -+- FeAg 2 Cy 3 . Le cyanoferrure d'argent, qui est trs-instable, se ddouble bientt en protocyanure de fer et en cyanure d'argent. Le cyanure d'argent dcompose son tour le cyanoferrure de potas- sium suivant l'quation suivante : 2 (AgCy) + FeK'Cy 3 = FeCy + a(AgCy,RCy). En analysant cette dcomposition qui se ralise en deux phases diff- rentes, on voit que 2 quivalents d'un sel d'argent, d'azotate par exemple, agissent sur 2 quivalents de sel jaune pour produire 2 quivalents de protocyanure de fer et 2 quivalents de cyanure double de potassium et d'argent : a(AgO, Az0 5 )+2(FeK 2 Cy 3 )=2(FeCy) + 2(AgCy,KCy)+2(KO,Az0 5 ). En oprant l'abri du contact de l'air, le prcipit de cyanure de fer qui se forme prsente la couleur et les caractres du protocyanure de fer, et particulirement celui de devenir bleu au contact de l'oxygne et de l'eau de chlore. Une raction absolument analogue a lieu lorsqu'on substitue le cyano- ferride au cyanoferrure de potassium ; seulement, le prcipit de cyanure de fer est d'une couleur bleue lgrement verte, au lieu d'tre blanc-gristre, 27.. ( 196 ) et une bullition prolonge le change compltement en hydrate de sesqui- oxyde de fer d'un rouge brique. Cette dernire transformation s'explique facilement : le sesquicyanure de fer, en dcomposant l'eau, produit du peroxyde de fer et de l'acide cyanhydrique que l'auteur a pu facilement recueillir et dont l'odeur est d'ailleurs trs-sensible pendant toute la dure de la raction. En rsum, les sels d'argent produisent avec le sel rouge de potassium un prcipit de cyanoferride d'argent : 3(AgO, AzO s ) + F 2 K 8 Cy 8 = 3(RO, zO 5 ) + Fe 2 Ag 3 Cy 8 . Ce dernier sel se ddouble en second lieu en sesquicyanure de fer Fe 2 Cy* et en cyanure d'argent : Fe 2 Ag 3 Cy 8 = Fe 2 Cy 3 -4- 3 ( AgCy). Le cyanure d'argent agit son tour sur le cyanoferride de potassium, d'aprs l'quation suivante : 3 AgCy + Fe 2 K 8 Cy 6 = Fe 2 Cy 3 + 3 (K. Cy, AgCy). L'affinit rciproque du cyanure de potassium et du cyanure d'argent ne se manifeste pas seulement dans les ractions que nous venons d'ana- lyser : M. Bouilhet rappelle, dans son Mmoire, une exprience fort curieuse de MM. Glassford et Napier qui montre l'nergie avec laquelle le cyanure de potassium tend se substituer aux corps unis l'argent pour produire le sel double tant de fois cit dans ce Rapport. Lorsqu'on met en contact 4 quivalents de cyanure de potassium avec i quivalent de cyanoferrure d'argent, il se forme quivalents de cyanure double de potassium et d'argent et i quivalent de cyanoferrure de potas- sium : ZjKCy + FeAg 2 Cy 3 = ^(KCy, AgCy) + Fe K 2 Cy 8 . Cette dcomposition est si facile et si nette, que MM. Glassford et Napier et, aprs eux, M. Bouilhet ont pu retrouver, i pour ioo prs, tout le cyano- ferrure de potassium employ prcipiter l'argent. Enfin, pour terminer ce qui est relatif la question assez dlicate de la nature des corps rsultant de l'action respective des cyanures et des cyanoferrures sur le sel d'argent, nous ajouterons que si l'on fait agir direc- tement le cyanure d'argent sur le cyanoferrure de potassium, la dissolu- tion devient sur-le-champ alcaline par l'limination d'une certaine quantit ( '97 ) de cyanure de potassium : aAgCy + FeR 2 Cy 8 = 2KCy + FeAg 2 Cy , . Aprs une bullition prolonge, le cyanoferrure d'argent se ddouble en cyanure de fer et en cyanure d'argent qui s'unit avec le cyanure mme de potassium, pour produire a quivalents de sel double KCy, AgCy. Avant les expriences dont nous venons de prsenter une analyse sommaire, la thorie de l'argenture restait tout entire trouver, car on ignorait la forme sous laquelle se trouve l'argent dans les divers bains dont les prussiates font partie : en montrant que le cyanure double de potassium et d'argent est le seul compos d'argent qui prenne naissance dans ces ractions, M. Bouilhet a t conduit une explication trs-simple des phnomnes qui s'y rapportent. , Sa thorie, fonde sur des faits certains, dmontre de la manire la plus claire que l'agent qui produit l'argenture est constamment le mme, quel que soit le prussiate que l'on emploie, que ce soit un cyanure simple alcalin, un cyanoferrure ou un cyanoferride. Pour arriver cette conclusion importante, M. Bouilhet a d surmonter bien des difficults, et il a certainement fait preuve de persvrance et d'ha- bilet; aussi vos Commissaires n'hsitent-ils pas demander l'Acadmie qu'elle veuille bien ordonner l'insertion du Mmoire de l'auteur dans le Recueil des Savants trangers. Les conclusions de ce Rapport sont adoptes. NOMINATIONS. L'Acadmie procde, par la voie du scrutin, la nomination d'un Acadmicien libre en remplacement de M. Maurice. Avant que l'on passe au scrutin, M. le Secrtaire perptuel donne lecture d'une Lettre de M. Valle, qui dclare renoncer, pour cette fois, sa candidature. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants tant 63, M. F. Delessert obtient i5 suffrages. M. Ch. Bonaparte i4 M. Dubois (d'Amiens) 12 M. Walferdin 9 M. Bienaym 7 M. Minard " 6 ( "98) Aucun des candidats n'ayant runi la majorit absolue, l'Acadmie pro- cde un second tour de scrutin. Le nombre des votants restant le mme, M. F. Delessert obtient 23 suffrages. M. Ch. Bonaparte 22 M. Dubois (d'Amiens) 12 M. Walferdin 5 M. Bienaym. . 1 Aucun des candidats n'ayant encore obtenu la majorit absolue des suf- frages, on doit procder un troisime tour de scrutin, qui, cette fois, est un scrutin de ballottage. Le nombre des votants restant toujours le mme (63), majorit 3a, M. F. Delessert obtient 3j suffrages. M. Ch. Bonaparte 24 Il y a un billet blanc et un billet dclar nul. M. F. Delesseut, ayant runi la majorit absolue des suffrages, est pro- clam lu. Sa nomination sera soumise l'approbation du Prsident de la Rpublique. MMOIRES LUS. chimie. Recherches sur le cobalt; par M. E. Fremv. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires, MM. Thenard, Dumas, Pelouze.) J'annonais, il y quelques mois, l'Acadmie, l'existence d'une srie nouvelle de sels ayant pour bases les lments de l'ammoniaque et des dif- frents oxydes de cobalt. Depuis cette poque, mon travail a pris une assez grande extension, les sries se sont multiplies, et je viens aujourd'hui soumettre au jugement de l'Acadmie un premier Mmoire dans lequel je fais connatre le mode de production, les proprits et la composition des nouveaux corps que je dsigne, d'une manire gnrale, sous le nom de sels arnmoniaco-cobaltiques , et qui prennent naissance dansTaction de l'ammoniaque et de l'oxygne sur les sels de cobalt. Ne pouvant dcrire ici mes expriences avec dtail, je me contenterai de reproduire quelques-unes des considrations qui rsument les rsultats principaux que j'ai obtenus. ( '99 ) Tous les sels de cobalt, traits l'abri de l'oxygne par un grand excs d'ammoniaque liquide, forment une premire srie de sels qui cristallisent souvent avec rgularit; j'ai obtenu le chlorure de cette srie en octadres volumineux. Ces sels sont altrs par l'oxygne qu'ils absorbent immdiate- ment ; l'eau les dcompose et les transforme en sous-sels insolubles qui sont colors en vert ; l'ammoniaque les dissout sans les altrer ; la base quater- naire qui entre dans la composition de ces sels se ddouble en prsence de l'eau, et donne 3 quivalents d'ammoniaque pour i quivalent de protoxyde de cobalt; l'ammoniaque se trouve dissimule dans ces sels et ne se manifeste que lorsque la base se dcompose. M. H. Rose avait dj dcrit des combinaisons d'ammoniaque et de sels de protoxyde de cobalt, mais il n'oprait pas dans les conditions que je viens d'indiquer; il sou- mettait, comme on le sait, les sels de cobalt pulvriss l'action du gaz ammoniac. Je passe maintenant aux sries qui se forment sous la double influence de l'ammoniaque et de l'oxygne. Lorsqu'un sel de cobalt soluble ou insoluble est trait par l'ammo- niaque et soumis ensuite l'action de l'oxygne, il peut produire plusieurs sries nouvelles de sels dans lesquelles les acides sont saturs par des bases quaternaires dont les lments sont : le cobalt, l'oxygne, l'azote et l'hy- drogne. Lorsque ces bases se dcomposent en prsence de l'eau, elles don- nent de l'ammoniaque et un oxyde qui est toujours plus oxygn que le protoxyde de cobalt; l'oxyde qui se prcipite est ordinairement le sesqui- oxyde de cobalt Co 2 O 3 , et il est souvent accompagn d'un dgagement d'oxygne. Cet excs d'oxygne, qui se dgage quelquefois avec abondance au moment o ces sels se dcomposent, ou qui se retrouve dans le sesqui- oxyde de cobalt, me parat tre la proprit caractristique de ces nouvelles classes de sels que je nomme ammoniaco-cobaltiques suroxjrgns, pour les distinguer des sries qui se produisent l'abri de l'air. En tudiant avec soin les proprits et le mode de production de ces sels ammoniaco-cobal- tiques suroxygns, j'ai pu les classer en quatre sries dont je vais donner les caractres principaux. Les sels de la premire srie sont d'un vert olive; ils se produisent directement en exposant l'air une dissolution concentre d'un sel de cobalt ammoniacal. J'ai obtenu l'tat cristallis le sidfate et l'azotate de cette srie; ces sels ne sont stables qu'en prsence d'un excs d'ammo- niaque ou lorsqu'on les a soumis une dessiccation complte : ds qu'on les met en contact avec l'eau, ils se dcomposent, dgagent de l'oxygne, et- ( aoo ) laissent dposer un sous-sel vert. Les analyses que je donne dans mon Mmoire dmontrent que la base quaternaire de cette srie contient les lments de l'ammoniaque et d'un bioxyde de cobalt inconnu l'tat de libert, dont la formule serait CoO : cet oxyde correspondrait au peroxyde de manganse. Ces sels verts, en se dcomposant, soit par l'action seule de l'eau, soit sous l'influence des acides ou en prsence des sels ammoniacaux, donnent naissance aux trois autres sries de sels ammoniaco-cobaltiques suroxy- gns. Les bases qui entrent dans ces trois dernires sries sont quaternaires comme les prcdentes ; en se ddoublant en prsence de l'eau elles donnent toutes de l'ammoniaque et du sesquioxyde de cobalt : elles ne diffrent entre elles que par le nombre des quivalents d'ammoniaque entrant dans leur constitution. Les sels de la deuxime srie sont bruns, dliquescents et incristalli- sables; ils se produisent lorsqu'on laisse dcomposer lentement l'air les liqueurs ammoniacales qui tiennent en dissolution les sels verts. J'obtiens les sels de la troisime srie en dcomposant les sels verts par l'eau, ou par un excs d'acide; cette transformation est toujours accompagne d'un dgagement d'oxygne. Ces sels sont remarquables par leur cristallisation; les cristaux sont jaunes, rouges ou de couleur grenat : le cblorure de cette- srie cristallise en octadres rguliers. J'ai obtenu trois sulfates qui diffrent entre eux parles proportions d'acide; le premier de ces sels, qui se produit en prsence d'un grand excs d'acide sulfurique, cristallise en petits prismes rouges ; le second est d'un jaune d'or mussif ; le troisime est grenat, ses cristaux sont volumineux et appartiennent au deuxime systme cristallin, ils prsentent la forme du prisme droit base carre avec pointement quatre faces sur les bases. L'azotate cristallise en belles tables jaunes, i Enfin les sels de la quatrime srie sont ordinairement colors en rose violac; le cblorure qui a t dcrit par plusieurs chimistes s'obtient en faisant bouillir les sels verts ou bruns avec un excs de sel ammoniac : ce chlorure, qui est remarquable par sa belle couleur, est dcompos par les sels d'argent et donne les autres sels de cette srie. Tous les sels que je viens de dcrire forment, avec les chlorures de mercure et de platine, des combi- naisons qui sont souvent cristallines. Tels sont les faits principaux qui se trouvent dvelopps dans le Mmoire que j'ai l'honneur de prsenter aujourd'hui l'Acadmie : ils tablissent l'existence incontestable de cinq sries de sels ammoniaco- ( aoi ) cobaltiques qui diffrent entre eux par leurs proprits et leur composition, mais dont les bases quaternaires sont formes des mmes lments, c'est-- dire d'oxygne, de cobalt, d'hydrogne et d'azote. Sans vouloir entrer ici dans les discussions que soulve l'existence de sels nombreux ayant pour bases les lments de l'ammoniaque et les oxydes diffrents d'un mme mtal, je dois dire cependant que les bases amino- niaco-cobaltiques viennent se placer ncessairement ct de ces corps intressants contenant du platine qui, dans ces derniers temps, ont t tudis avec soin par MM. Gros, Reiset et Raewsky; les hypothses qui ont t faites sur la constitution de ces bases s'appliquent videmment aux composs que j'ai dcrits dans ce Mmoire. On voit donc augmenter chaque jour le nombre de ces bases ammo- niaco-mtalliquesqui prsentent une certaine analogie avec les bases orga- niques artificielles drives galement de l'ammoniaque et qui, depuis quelques annes, excitent avec tant de raison l'attention des chimistes. Dans un autre travail, j'tendrai d'autres mtaux les observations que j'ai faites sur le cobalt. conomie rurale. Du noir animal rsidu de raffinerie, de sa nature, de son mode d'action sur les vgtaux, de son emploi en agriculture et des avantages conomiques qui doivent rsulter de cet emploi ; par M. A. dk ROMAXET. (Commissaires, MM. Chevreul, Dumas, Boussingault, Payen.) Des diverses observations contenues dans ce Mmoire, je. crois, dit l'auteur en terminant, qu'on peut dduire trs-naturellement la thorie du mode d'action du noir animal, rsidu de raffinerie, sur la vgtation : Premirement, le noir ne produit pas d'effet sensible sur les vieilles terres ; donc il ne contient pas lui seul tous les lments constitutifs des plantes alimentaires que nous cultivons. En effet, les dtritus vgtaux, qui se trouvent si abondamment dans les terres neuves, manquent complte- ment dans les terres uses. Ds lors, c'est le fumier d'table qui convient ces dernires, parce que, tant compos en grande partie de paille de bl et autres dbris de vgtaux unis une certaine quantit de djections ani- males, il prsente plus complets, bien que moins puissants, les lments indispensables la nourriture des crales et de presque toutes les plantes conomiques. Deuximement, si, lorsqu'on emploie pour engrais le noir animal, on C. R . i35i, i" Semestre. (T. XXXIV, N G.) 28 ( 202 ) peut semer la mme crale dans une terre neuve plusieurs annes de suite, sans observer de diminution dans les produits, c'est parce que cette terre contient une quantit surabondante de dtritus vgtaux minemment fer- tilisants, et qu'il suffit, pour obtenir de beaux produits, de lui fournir les matires de nature diffrente qui lui manquent et qu'exigent les crales; mais, en mme temps, il faut renouveler chaque anne l'application de l'engrais, parce que ces principes, fournis par le noir animal, sont, pour la plupart, si facilement assimilables, qu'ils se trouvent immdiatement absor- bs, et qu'il en reste fort peu dans le sol quand le bl a accompli sa priode de vgtation. Troisimement, ces terres neuves produiraient, avec du fumier ordi- naire, et sans le concours du noir animal, d'abondantes rcoltes, si seule- ment on laissait couler, aprs le dfrichement et la division de leurs par- ties, un espace de temps suffisant pour permettre l'air atmosphrique de dposer dans le sol certains lments nutritifs indispensables la vgtation des plantes alimentaires; donc, en fournissant instantanment ce sol in- complet, quoique si riche, les matires qu'il ne possde pas encore, le noir ne fait que devancer et accrotre l'action lente et rgulire des agents mto- rologiques dont l'air est le vhicule, notamment l'action des pluies, qui versent incessamment de l'ammoniaque dans le sol, mais avec parcimonie, tandis que l'albumine du sang que contient le noir de raffineries dgage, au contraire, l'ammoniaque avec une grande abondance, en se dcom- posant dans le sol. Quatrimement, le noir animal nous fait obtenir des crales dans ces terres neuves ou de bruyre, qui, sans son concours, ne produisent, au moment o on les dfriche, que des bruyres, des carex, des joncs, et autres plantes peu propres la nourriture des animaux; puis, d'autre part, il suf- fit, pour rendre la terre de bruyre apte produire de belles rcoltes eu crales, avec le seul concours des engrais ordinaires, qu'elle ait reu une ou, au plus, deux applications de noir animal; donc le noir neutralise cer- tains principes dont sont imprgns ces sortes de terrains, dsigns de tout temps par les cultivateurs du centre de la France sous la dnomination, trs- remarquable, de terrains amers; principes qui sont aussi nuisibles la cul- ture des plantes alimentaires qu'ils sont favorables la vgtation des joncs, des bruyres, et autres plantes de ce genre. Mais quels sont ces principes amers? Beaucoup d'auteurs, et notam- ment M. Chevreul, ont signal la prsence du tannin, ou acide tannique, dans la tourbe et dans la terre de bruyre. Mais aucun de ces auteur* ( *o3) n'indique ce qui se passe dans cette circonstance. Pour trouver la solution de cette question, il ne faut pas perdre de vue que la prsence d'un agent conservateur nergique peut seule expliquer l'accumulation, pendant plu- sieurs sicles, des dtritus vgtaux qui composent la terre de bruyre et aussi la tourbe; on sait que les marais ne renferment pas tous de la tourbe, 6.43. 6,0 6.43.53,2 6.41 .32,3 6.3 7 . i,8 343" 4 7 '. 4% 349.28. 17,6 350.54. 9,6 35i . 16.41,1 < 11 + 4-5o. 2,0 -f- 5. 3.20,0 -I- 5.32.20,6 -t- 5.3g. z3,4 *4 8 21 3 physique optique. Second Mmoire sur l'hliochromie ; par M. Niepce de Saint- Victor. (Extrait.) I. En continuant mes expriences sur la relation des images colores par la lumire avec les flammes colores, j'ai observ de nouveaux faits que je vais avoir l'honneur de soumettre l'Acadmie. Mes dernires expriences m'ont dmontr que ces phnomnes de coloration par la lumire ne tenaient vritablement qu' la proportion du chlore ou du chlorure dont taient composs les bains dans lesquels je prparais mes plaques d'argent. On sait, par les expriences de M. Edmond Becquerel, que l'eau chlore impressionne la plaque d'argent par une simple immersion, de manire la rendre susceptible de reproduire ensuite par la lumire les couleurs du spectre solaire; mais il se produira telle ou telle couleur domi- nante, selon la quantit de chlore que contiendra l'eau servant prparer la plaque d'argent. Ainsi je produirai le rayon jaune par la plus faible quantit de chlore, et le rouge et l'orang par de l'eau compltement sature de chlore, ou bien j'ajouterai du chlore liquide du deutochlorure de cuivre et mme du deutochlorure de fer. La premire de ces substances donnera beaucoup de vivacit aux couleurs, car elles sont trs-faibles avec le chlore employ seul. Plusieurs chlorures n'ont aucune influence sur la plaque d'argent, tels* sont les chlorures de sodium, d'aluminium, de magnsium, etc.; mais si l'on ajoute leur solution un sel de cuivre, ils deviendront propres impressionner la plaque d'argent et produire des couleurs, lesquelles couleurs deviendront dominantes, la volont de l'oprateur, selon la quantit de chlorure que l'on aura jointe au sel de cuivre (les proportions de sel de cuivre varient, selon les chlorures que l'on emploie). Ce rsultat est d'autant plus remarquable, que les sels de cuivre employs sans un chlorure n'exercent aucune influence, et cette influence varie en raison de la quantit de chlore ou chlorure que l'on met dans le bain avec une quantit de sel de cuivre restant la mme. On peut galement, en variant les proportions de sel de cuivre sur une quantit de chlore ou chlorure restant la mme, changer les effets ; mais, dans ce cas, les rsultats seront semblables ceux du premier cas. Cependant il est prfrable de prendre 100 grammes de sulfate de cuivre avec 4 parties d'eau, et d'ajouter des proportions de chlore ou chlorure variables, suivant la couleur qu'on veut obtenir. Pour obtenir toutes les couleurs la fois, il faudra prendre la pro- portion de chlore ou chlorure qui correspond aux rayons jaunes et verts, et dans ce cas on aura plusieurs couleurs, en laissant la plaque se prparer convenablement dans le bain ; c'est--dire que le bain doit toujours tre une temprature de 10 degrs au moins, et que la plaque doit y rester immerge pendant cinq minutes environ. Je prviens aussi que le plus ou moins d'paisseur de la couche fait varier les effets, ainsi que l'absorption du bain ; il est donc bien essentiel d'oprer toujours dans les mmes conditions, si l'on veut avoir les mmes rsultats. (Il faut toujours faire le mlange du chlorure avec le sel de cuivre froid, ou, du moins, une temprature peu leve.) Lorsque l'on obtient plusieurs couleurs sur la plaque, elles sont beau- coup moins vives que lorsqu'on ne veut . qu'une couleur dominante. Voil pourquoi il est si 'difficile d'obtenir plusieurs couleurs la fois, avec une grande intensit, surtout avec des fonds blancs, et de reproduire en mme temps des noirs. Cependant j'ai souvent approch du but, et l'on peut en juger par les preuves que j'ai l'honneur de prsenter l'Acadmie. J'ai dit que la plus faible quantit de chlore ou chlorure donnait des jaunes ; mais, pour avoir des indigos et des violets trs-vifs, il n'y aura plus de jaune. Le rouge seul vient toujours, parce que cette couleur est 'l'effet de la chaleur de 100 degrs laquelle la plaque a t pralablement expose, avant toute action de la lumire; cependant avec les jaunes il est trs-faible; les plus beaux rouges sont obtenus avec une grande quan- ( 21.7 ) lit de chlore ou chlorure, except avec les chlorures acides, tels que ceux de zinc et d'tain et l'acide chlorhydrique, qui donnent de trs-bons rsul- tats lorsqu'ils sont mlangs un sel de cuivre, dans des proportions conve- nables; car, si on les dpasse, il ne se produira plus qu'une couleur violette. Dans ce cas, le fond du dessin est trs-clair et les traits sont trs-purs ; avec les chlorures neutres que l'on joint un sel de cuivre, il arrive que lors- qu'ils sont en excs ils produisent des couleurs trs-vives, surtout les rouges et les orangs ; mais le fond de la plaque est toujours sombre, prin- cipalement avec le deutochlorure de fer. Si l'on fait un mlange de i partie de chlorure de fer sur 4 de sel de . cuivre dans 3oo parties d'eau, on obtiendra toutes les couleurs avec des fonds blancs; mais elles seront peu vives. Si l'on fait un mlange de i oo parties de chlorure de magnsium avec 5o de sulfate de cuivre, toutes les couleurs se reproduiront, et elles seront plus vives que les prcdentes, mais le fond restera toujours sombre ou ros. On voit que les proportions de chlorure changent selon l'espce; c'est une tude faire. II. Je parlerai maintenant des expriences que j'ai faites sur les flammes colores et sur les rapports de la couleur de ces flammes avec les couleurs qui se dveloppent sur la plaque d'argent, prpare avec les corps qui donnent des couleurs ces mmes flammes. On a vu que le chlore seul donnait une plaque d'argent la proprit de se colorer diversement sous l'influence de la lumire. Il importait donc, ma manire de voir, de teindre, avec lui seul, des flammes de toutes les couleurs; et c'est ce que}' ai fait au moyen des expriences suivantes : Si l'on met dans l'alcool absolu une faible quantit d'acide chlorhy- drique pur, on obtiendra en l'enflammant d'abord une flamme jaune; puis, si l'on ajoute progressivement de nouvel acide chlorhydrique en agitant la liqueur dans une capsule, on obtiendra successivement des flammes de toutes les couleurs du spectre, partant du rayon jaune, jusqu'au violet, qui se produira par la plus grande quantit d'acide chlorhydrique que l'on pourra mettre dans l'alcool sans l'teindre ; seulement, je prviens que ces flammes sont peu vives ; elles le seront un peu davantage si l'on substitue l'acide chlorhydrique un ther chlor, ou la liqueur des Hollandais, et de prfrence encore les chlorures de carbone, surtout le sesquichlorure, lequel m'a donn des flammes colores depuis le rayon jaune jusqu'au violet; mais je n'ai pu obtenir de flamme rouge et orange : cela dpend probablement de C. R., i852, i" Semestre. (T. XXXIV, N6.) 3o (8) ce que la chaleur n'tait pas assez forte, ou de ce que je n'ai pas employ assez de chlorure. En rsum, le chlore tant seul, ne produit que des flammes d'une couleur faible, comparativement celles produites par un chlorure de cui- vre,, et il en est de mme pour les couleurs hliochromiques, c'est--dire celles produites par la lumire sur une plaque sensible. Il est donc bien remarquable que les mmes rapports existent entre les flammes colores et les images colores par la lumire, puisque, selon la quantit de chlore que j'aurai mise dans mon bain pour prparer une pla- que d'argent, j'obtiendrai telle ou telle couleur dominante, les autres se- ront peine indiques ; une seule ou deux au plus auront de la vivacit. Je n'ai trouv que deux mtaux qui donnent des flammes de diff- rentes couleurs lorsqu'ils sont combins du chlore : c'est le cuivre et le nickel ; ce dernier ne donne mme que des couleurs peu vives, compara- tivement celles du cuivre. Il ne m'a pas t possible de faire changer la couleur du chlorure de strontium, du chlorure de sodium, du chlorure double de potassium et d'uranium, de 4'acide borique, en augmentant la quantit de chlorure ou l'intensit de la chaleur. M. Payeuse adresse la Note qu'il avait annonce dans la prcdente sance et qui a pour titre : Projet de chemin de fer sous-marin double voie de Calais Douvres. L'Acadmie n'a pas cru devoir renvoyer l'examen d'une Commission cette Note qui ne contient qu'une indication sommaire des diffrentes sortes de travaux et des dpenses faire pour chacun. M. Paquere transmet quelques observations faites Castillon-sur-Dor- dogne relativement au tremblement de terre qui a t ressenti dans plu- sieurs dpartements du Midi, la nuit du 25 au 26 janvier, vers a heures du matin. M. Milliet annonce l'envoi d'un travail sur le traitement des diathses scrofuleuse et cancreuse, et des maladies dites nerveuses, par l'inspiration du gaz oxygne, ce gaz tant ml l'air atmosphrique dans la propor- tion de 5 pour ioo. Le Mmoire n'est pas parvenu au Secrtariat. ( 2I 9 ) M. Wxirk exprime le regret de n'avoir pas adress directement l'Acadmie une Note qu'il avait rdige sur l'emploi de Yklice comme moteur des navires. Cette Note, qu'il avait envoye au Ministre de la Marine, avec prire de la transmettre l'Institut, n'est pas parvenue sa destination . M. Wnire parle, dans la mme Lettre, d'une autre invention l'usage de la marine et qu'il dsigne sous le nom de rgulateur-itinraire-compteur. M. Roseti, auteur d'un travail sur le Ver destructeur des olives, prie l'Acadmie de vouloir bien lui faire connatre le jugement qu'elle en a port. La Commission qui a t charge de l'examen de ce Mmoire n'a pas encore prsent son Rapport. M. Gaetta communique ses ides sur les aurores borales qu'il attribue des carbures d'hydrogne qui s'lveraient dans l'air et s'enflammeraient spontanment. L'Acadmie accepte le dpt de cinq paquets cachets prsents Deux par M. Benoit, Un par M. Dfxagre , Un par M. Desmartis, Et un par M. Porro. La sance est leve 5 heures. A. ERRATA. (Sances des 19 et a6 janvier i85a.) Page 71, ligne 6, et ailleurs, au lieu de et monogne, Usez monogne et finie. 5o. . ( 220 ) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Acadmie a reu, dans la sance du 2 fvrier i852, les ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de i Acadmie des Sciences; i er semestre i85a ; n 4; in-4. Conseil gnral du Loiret. Procs-verbal de la session de i85i. Orlans, i85i; in-8. (Prsent par M. Becquerel, qui, dans cette session du Conseil gnral, a fait, au nom d'une Commission spciale, un Rapport sur les divers projets proposs pour l'assainissement de la Sologne.) Trait de tlgraphie lectrique comprenant son histoire , sa thorie , ses appa- reils, sa pratique , son avenir, sa lgislation; prcd d'un expos de la tlgra- phie en gnral et de la tlgraphie ancienne de jour et de nuit; par M. l'abbr Moigno; seconde dition. Paris, i852; i vol. in-8, avec un atlas in-fol. oblong. Histoire des progrs de la gologie de i834 i85o; tome IV {formation cr- tace, impartie); par M. A. d'Archiac. Paris, i85i; in-8. Prcis analytique des travaux de l'Acadmie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, pendant l'anne i85o. Rouen, i85o; in-8. Acadmie des Sciences et Lettres de Montpellier. Mmoires de la Section des Sciences; tome II; i er fascicule, anne 1 85 1 . Montpellier, 1 85 1 ; broch. in -4. Bulletin de la Socit d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe; 2 e srie ; 2 e et 3 e trimestres i85 1 ; in-8. Bulletin de la Socit de (Gographie ; rdig par M. DE la. ROQUETTE, secrtaire gnral de la Commission centrale; avec la collaboration de MM. Alfred Maury, secrtaire-adjoint, Daussy, L.-Am. Sdillot et de Froberville; 4 e srie; tome II; n os io et n; octobre-novembre r 85 1 ; in- 8. Annales des maladies de la peau et de la syphilis, publies par MM. Alphe Cazenave et Maurice Chausit ; 2 e srie; IV e volume; janvier i852; in-8. Annales forestires ; io c anne; 25 janvier i852; in-8. ( 221 ) Journal de Chimie mdicale, de Pharmacie et de Toxicologie; fvrier i85 2 ;in-8. Journal de Mdecine vtrinaire, publi l'Ecole de Lyon; dcembre i85i; in-8. Journal des Connaissances mdico- chirurgicales , publi par M. le docteur A. Martin-Lauzer ; n 3; I er fvrier i852; in-8. Le Magasin pittoresque; janvier i852; in-8. Nouvelles Annales de Mathmatiques, journal des candidats aux Ecoles Poly- technique et Normale; rdig par MM. TERQUEM et GRONO ; janvier i852; in-8. Revue mdico-chirurgicale de Paris, sous la direction de M. Malgaigne; janvier 1802; in-8. Annali di scienze. . . Annales des Sciences mathmatiques et physiques ; par M. Barjnar Tortolini; dcembre i85i; in-8. Mmorial de Ingenieros... Mmorial des Ingnieurs. Publication priodique de Mmoires, Articles et Notices intressant l'art de la guerre en gnral, et la profession de l'Ingnieur en particulier; 6 e anne; n 12; in-8. Memoirs . . . Mmoires de la Socit littraire de Manchester; seconde srie ; tome IX. Londres, i85i; in-8. The quarterly. . . Journal trimestriel de la Socit chimique; vol. IV; n 16; i er janvier 1862; in-8. Nachrichten... Nouvelles de l'Universit et de la Socit royale des Sciences de Gottingue; n 1 ; 26 janvier i852 ; in-8. Gazette mdicale de Paris; n 5. Gazette des Hpitaux ; n" 11 i3. La Lumire; 2 e anne; n 6. L'Acadmie a reu, dans la sance du 9 fvrier i852, les ouvrages dont voici les titres : Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences; i er semestre i852 ; n 5 ; in-4- Socit nationale et centrale d'Agriculture. Bulletin des sances, Compte ( aaa ) rendu mensuel, rdig par M. Paen, Secrtaire perptuel; 2 e srie; tome Vil; n 2 ; in-8. Bulletin de l'Acadmie nationale de Mdecine, rdig sous la direction de MM. F. Dubois (d'Amiens), secrtaire perptuel, et Gibert, secrtaire annuel; tome XVII; n 8; in -8. Annuaire de la Socit d'encouragement pour l'industrie nationale, pour l'anne i85a; in-4. Bulletin semestriel de la Socit des Sciences, Belles- Lettres et Arts du dpar- lement du Far, sant Toulon; 19 e anne; n 2 ; in-8. Mmoire sur la constitution minralogique et chimique des roches des Vosges; par M. Delesse, Ingnieur des Mines; in-8. Mintiralogie. Travaux de 1849 i85o; par le mme. (Extrait du tome XIX des Annales des Mines; i85i.) In-8. De la proprit littraire internationale, de la contrefaon et de la libert de la presse; par M. Ch. MuQUARDT; in- 12. Note sur une larve d'insecte observe, cet hiver, par M. Boitel, dans les tiges de seigle provenant de la Champagne; par M. Gurin-Mneville ; -J de feuille in -8. L' Agriculteur-praticien, revue d'agriculture, de jardinage et d'conomie ru- rale et domestique, sous la direction de MM. F. Malepeyre, Gustave Heuz et BOSSIN; fvrier 1 852; in-8. Bvue thrapeutique du Midi, journal de Mdecine, de Chirurgie et de Phar- macie pratiques ; fond par M. le professeur Fuster, et rdig par MM. les D rs Barbaste et Louis Saurel; 3o janvier r85a; in-8. Journal d'Agriculture pratique et de Jardinage, fond par M. le D r Bixio, publi par les rdacteurs de la Maison rustique, sous la direction de M. Barral; 3 e srie; tome IV; n 3; in-8. L'Abeille mdicale; n 3. Journal des Connaissances mdicales pratiques et de Pharmacologie; t. V; n 9 ; in-8. Observations mtorologiques faites Nijn-Taguilsh {monts Oural), gouver- nement de Perm, du 1" octobre 1839 au3i dcembre 1849; ' vo1 - >n-8. Sur le nom et l'origine du Cran , cochlearia rusticana, Lam., appel impro- prement armoracia et Cran de Bretagne; par M. Alph. de Candolle ; (a3) \ feuille in-8. (Extrait de la Bibliothque universelle de Genve; septem- bre i85i.) Flora batavn; 167 e livraison; in-4- M. Morin prsente, au nom de l'auteur, M. Eaton Hodghinson, les ouvrages suivants : Mmoires de la Socit littraire et philosophique de Manchester, i83i; contenant des Notes de l'auteur : Sur la forme de ta chanette dans les ponts suspendus; Sur la forme de la chane de pont de Broughton; Sur le pont suspendu du Menai. Recherches thoriques et exprimentales pour dterminer la force et la meil- leure forme des solives en fonte. Note sur le Mmoire de M. Ewart sur la mesure de la force motrice et sur l'usage de principe des forces vives pour estimer l'effet des ma( hines et des moteurs; 1846. Recherches exprimentales sur la force et sur les autres proprits du fer fondu; 1846. Transactions philosophiques de la Socit royale de Londres; i85o; conte- nant un Mmoire sur les recherches exprimentales de M. E. HODGHINSON, sur la rsistance des piliers de fonte et d'autres matriaux. Rapport de la Commission institue pour faire une enqute sur l'emploi du fer dans les constructions des chemins de fer ; 1849; contenant de nombreuses Notes et des rsultats d'expriences ; par M. E. HODGHINSON. Astronomische. . . Nouvelles astronomiques; n 05 791 et 792; in~4. Nachrichten... Nouvelles de l'Universit et de la Socit royale des Sciences de Gpltingue; n 2; 2 fvrier i852; in-8. Sitzungsberichte . . Comptes rendus des sances de l'Acadmie impriale des Sciences de Vienne, classe des Sciences mathmatiques et des Sciences naturelles; livraisons 6 et 7; anne i85i; VII e vol. ; i re et 2 e partie; in-8. Bulletin. . . Bulletin de l'Acadmie royale des Sciences de Bavire; n 1; 1 4 dcembre 1 85o au 1 2 avril 1 85 1 ; in-4. Gelehrte... Nouvelles scientifiques, publies par l'Acadmie royale des Sciences de Bavire; vol. XXXII; janvier juin i85i; in-4. ( "4 ) Annali. . . Annales de Physique et de Chimie avec des Bulletins concernant la Pharmacie et la Technologie ; publies par MM. J.-A. Majocchi et F. Selmi ; n os i 7. Turin, i85o; in-8. Acido. . . Sur l'acide valrianique ; par M. A. Cozzi. Florence, 1 845 ; in-8. Sulla. . . Sur la composition chimique du sang humain; par le mme. Flo- rence, 1 85 1 ; in-8. Ricerche. . . Recherches sur le cyanure de soude dans la bile de l'homme; par le mme ; in-8. Dlia. . . Sur la fermentation des vins, essai d'une analyse quantitative des vins de la Toscane; par le mme. Florence, in-8. Continuazione . . . Suite des recherches sur les vins de Toscane ; par le mme; in-8. Ricerche. . . Recherches sur les combinaisons de l'albumine avec le plomb; par le mme; in- 8. Dlia... De l'lectricit applique la mdecine; 2 e Mmoire: par M. Namias. Venise, i85i; in-8. Corrispondenza. . . Correspondance scientifique de Rome; n 29 ; in-4. Gazette mdicale de Paris ; n 6. Gazette des Hpitaux; n* 14 16. La Lumire; 2 e anne; n 7. PARIS. IMPRIMERIE DE BACHELIER, rue du Jardinet, 12. COMPTE RENDU DES SANCES DE L'ACADMIE DES SCIENCES. SANCE DU LUNDI 16 FVRIER 1852. PRSIDENCE DE M. PIOBERT. MMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. M. le Secrtaire perptuel annonce, d'aprs une Lettre adresse M. Poinsot, la perte que vient de faire l'Acadmie dans la personne de M. Fleuriau de Bellevue, l'un de ses Correspondants pour la Section de Minralogie, dcd la Rochelle, le 9 fvrier dernier, l'ge de 91 ans. M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire fait hommage l'Acadmie d'un exem- plaire de la partie mammalogique du Voyage autour du monde de la Vnus (in-8, 176 pages). Ce travail, dont plusieurs extraits ont t depuis long- temps publis (notamment dans les Comptes rendus de l'Acadmie, t. XV, p. 1037 et ' XVI, p. 1 i5o), a t imprim en entier en 1 843, et les plan- ches ont paru il y a plusieurs annes ; mais des circonstances indpendantes de la volont de l'auteur et de celle de l'diteur ont retard jusqu' ce jour la publication du texte. La partie mammalogique du voyage de la Vnus comprend des notices monographiques sur quatre genres de Singes, Cercopithecus , Saimiris, Callithri et Nyctipithecus; la description de l'Ours du Kamtschatka, celles de la Moufette msomle et de plusieurs Rongeurs, par M. Geoffroy-Saint- Hylaire, et une notice sur les Felis ruja et "F. albescens , par M. le D r Pucheran. C. R., i85a, 1" Semeitre. (T. XXXIV. Hf.l 3l ( 226 ) RAPPORTS. mcanique APPLIQUE. Rapport sur un Mmoire de M. Phillips , concernant les ressorts en acier employs dans la construction des vhicules qui circulent sur les chemins de fer. (Commissaires, MM. Poncelet, Seguier, Combes rapporteur.) L'emploi des mtaux dans les constructions est aujourd'hui si fr- quent, que des notions exactes sur la rsistance des matriaux de ce genre sont devenues indispensables aux architectes et aux ingnieurs, aussi bien qu'aux constructeurs de machines. Navier et M. Poncelet ont rsum, dans des ouvrages qui sont entre les mains des savants et de tous les praticiens clairs, les principes lmentaires de la thorie de la rsis- tance des solides, tablis par les travaux des gomtres et des physiciens qui les ont prcds, auxquels leurs propres recherches ont beaucoup ajout. Le fer et la fonte ont t, dans ces dernires annes, le sujet d'ex- priences multiplies et faites sur une trs-grande chelle, de la part de plusieurs professeurs et ingnieurs anglais, principalement de MM. Eaton Hodgkinson et Fairbairn. Un grand nombre d'entre elles ont t publies, avec dtail, dans le Rapport de la Commission charge par le gouverne- ment britannique de procder une enqute sur l'application du fer aux constructions des railwa'ys. Comme cette Commission ne s'est occupe que des ouvrages d'art et de la voie,- et n'a pas tendu ses investigations au matriel roulant, son Rapport ne contient rien qui soit relatif aux proprits de l'acier et la fabrication des ressorts de suspension, de trac- tion et de choc. Le travail de M. Phillips vient heureusement combler cette lacune, d'autant plus regrettable que les expriences faites sur l'acier par Musschenbroek, Coulomb, Savart, MM. Ardant, Wertheim et quelques autres, n'ont port que sur des fils ou des lames minces, et non sur des barres ou feuilles analogues, par leurs dimensions, celles qui entrent dans la composition des pices de grandes machines et des ressorts de voitures. Le Mmoire de M. Phillips est divis en trois chapitres. Il tablit, dans le premier, les formules gnrales qui servent calculer le rayon de cour- bure en un point quelconque d'un ressort form de feuilles runies au besoin par des liens qui les .maintiennent en contact, les allongements et raccourcissements proportionnels dans une section quelconque de chaque feuille, les pressions mutuelles en chaque point des feuilles juxtaposes, la ( 227 ) flexion du ressort sous une charge donne, la quantit de travail dve- loppe, dans l'acte de la flexion, parles actions molculaires, ce qui donne la mesure du choc que le ressort est capable d'amortir. Dans le second chapitre, il traite des proprits gnrales des ressorts, des formes les plus convenables adopter, et expose les rgles de construction applicables la fabrication de ressorts qui, sous une longueur donne, doivent satisfaire certaines conditions de flexibilit et de rsistance absolue. Le dernier chapitre contient les rsultats des expriences que l'auteur a faites, pour dterminer les coefficients d'lasticit d'aciers de diverses sortes, et la limite des allongements et raccourcissements proportionnels qu'ils peuvent subir sans tre nervs. M. Phillips donne d'abord l'expression du rayon de courbure en un point quelconque de la matresse feuille (on appelle ainsi la feuille extrme et la plus longue) d'un ressort, et montre comment, l'aide de cette ex- pression, on peut dterminer graphiquement la forme que prendra le res- sort, sous une charge donne. Les pures de plusieurs ressorts de suspen- sion de machines locomotives, de wagons pour marchandises et de voitures de voyageurs, traces d'aprs cette mthode, sont jointes son Mmoire, et indiquent, pour des charges qui ont t, suivant la destination des divers ressorts, de i5oo kilogrammes jusqu' /j5oo kilogrammes, des flexions qui diffrent peine de celles qui ont t obtenues par l'exprience directe. L'auteur a pris, dans ses calculs, le coefficient d'lasticit de l'acier gal 20000 kilogrammes par millimtre carr de section. L'allongement ou raccourcissement proportionnel maximum, dans une section transversale quelconque de chacune des feuilles du ressort, se dduit, comme on sait, trs-simplement du rayon de courbure de la feuille en place dans le ressort charg, et de son rayon de courbure primitif au mme point. M. Phillips fait voir que, pour tous les ressorts dans lesquels les feuilles juxtaposes n'prouvent aucune bande par l'effet des liens qui les maintiennent en contact, dans le ressort non charg, ce qui exige que, dans une mme section transversale du ressort, toutes les feuilles soient cintres suivant des rayons de courbure sensiblement gaux (le rayon de courbure tant toujours trs-grand par rapport aux paisseurs des feuilles) , la nature de la courbe suivant laquelle les feuilles sont cintres, dans la fabrication, et les rayons de courbure primitifs n'ont aucune influence sur les allon- gements et raccourcissements proportionnels correspondants des charges donnes, et, par consquent, n'en ont aucune sur la charge maximum que le ressort puisse supporter sans tre nerv, et qui est la mesure de sa rsis- 3i.. ( 238 ) tance. Il donne l'quation de la courbe qu'affecte, sous une charge quel- conque, l'axe de la matresse feuille d'un ressort compos de feuilles, dont chacune est d'paisseur uniforme , dans toute son tendue, et courbe dans la fabrication en arc de cercle, les paisseurs et les rayons de courbure primitifs pouvant d'ailleurs varier d'une feuille l'autre. En supposant, dans cette quation, la charge gale zro, on a l'quation de la courbe de la matresse feuille, dans le ressort assembl et non charg. La dpression d'un point quelconque de la matresse feuille, sous une charge donne, est obtenue par une simple soustraction. Cette dpression crot proportionnellement la charge, tant que l'lasticit n'est point altre; elle est, de plus, indpendante des rayons de courbure primitifs des feuilles dont le ressort se compose. Il en est de mme de la diminution du sinus de l'angle compris entre la tangente un point quelconque de l'axe de la matresse feuille du ressort charg et la perpendiculaire au plan qui divise toujours le ressort en deux parties gales et symtriquement places. Cette proprit subsisterait lors mme que les paisseurs et les rayons de courbure primitifs varieraient d'une section l'autre de la mme feuille. La formule gnrale qui exprime la pression, ou plus exactement l'action mutuelle de deux feuilles en contact, dans le ressort charg, sert reconnatre les cas dans lesquels les feuilles juxtaposes tendent se sparer, biller, et ne sont retenues au contact que par les liens d'assemblage du ressort. ' Si une lame lastique, d'une paisseur uniforme e, et dont l'axe neutre est courb en fabrication suivant un arc de cercle de rayon r, est aplatie dans toute son tendue, par l'action de forces extrieures, la quantit de travail dveloppe, dans l'acte de l'aplatissement, par les ractions mole- culaires intrieures, a pour expression -= Ua% o E est le coefficient d'lasticit, U le volume de la lame, a le plus grand allongement propor- tionnel des fibres dans une section transversale quelconque de la lame aplatie, lequel est gal Si un ressort est compos de feuilles ayant toutes mme paisseur et cintres en fabrication suivant des arcs de cercle d'un mme rayon, qui soit assez grand, par rapport la somme des pais- seurs de toutes les feuilles runies, pour que l'assemblage de celles-ci ne donne lieu aucune bande sensible, il est clair que l'aplatissement complet de ce ressort donnera lieu aux mmes allongements proportionnels maxima dans toute l'tendue de chacune des feuilles, et, par consquent, la quan- ( 22 9 1 tit de travail dveloppe, dans l'acte de l'aplatissement, par les actions molculaires intrieures sera exprime par , Va 2 , V tant le volume entier du ressort, E et a ayant la mme signification que prcdemment. De l M. Phillips conclut que les ressorts composs de manire que leur bande de fabrication soit nulle, et que, dans leurs dformations, toutes leurs par- ties subissent les mmes allongements et raccourcissements proportionnels, doivent, pour jtre, capables d'amortir un mme choc, avoir des volumes gaux; et rciproquement, que tous les ressorts composs de feuilles d'pais- seurs gales entre elles et runies sans aucune bande sensible d'assemblage, sont quivalents entre eux comme ressorts de choc, quand ils ont le mme volume. /, De ce que la forme et la courbure initiale des. feuilles n'ont aucune influence sur la flexion d'un ressort, M. Phillips conclut qu'il convient d'adopter la forme la plus simple, et de courber les feuilles en arcs de cercle. Il faut d'ailleurs que toutes les parties du ressort, autant que cela sera possible, fatiguent galement sous une charge quelconque, et surtout sous la charge limite considre comme mesure de la rsistance absolue du ressort. C'est ce qui aura lieu pour la matresse feuille, si elle est d'paisseur uniforme et si, ayant t courbe primitivement en arc de cercle, elle con- serve en flchissant la forme circulaire et s'aplatit, dans toute son tendue, sous une certaine charge, que l'auteur considre d'abord comme assurant la rsistance du assort. Quant aux feuilles'infrieures, pour que, lors de l'aplatissement, elles subissent les mmes allongements proportionnels que la matresse feuille, il faudra videmment que l'paisseur de chacune d'elles, uniforme dans toute son tendue, soit celle de la matresse feuille, dans le mme rapport que les rayons des arcs de cercle suivant lesquels ces deux feuilles ont t cintres primitivement. Ainsi, si les feuilles sont toutes courbes suivant le mme rayon, elles devront toutes avoir la mme paisseur. Si leurs paisseurs vont en croissant ou en dcroissant, partir de la matresse feuille, leurs rayons primitifs devront crotre ou dcrotre dans le mme rapport. De la formule gnrale qui exprime le rayon de cour- bure de la matresse feuille, dans le ressort charg, il rsulte que, pour que ce rayon devienne infini, dans toute l'tendue de cette feuille, sous une cer- taine charge, les deux conditions suivantes sont ncessaires : i chaque feuille doit dpasser la feuille infrieure, chaque extrmit, d'une longueur M gale , expression dans laquelle M est le moment d'lasticit de la ( a3o ) feuille, r son rayon de fabrication, P la demi-charge capable de produire l'aplatissement complet du ressort; 1 la partie dont chaque feuille dpasse la feuille infrieure, et qu'on appelle Y tagement , doit tre amincie ou rtrcie, de faon que le moment d'lasticit aille en croissant, partir de l'extrmit de la feuille o il est nul, dans le mme rapport que la distance cette extrmit. On peut satisfaire cette dernire condition de diverses manires; la plus simple est de conserver la feuille la mme largeur jus- qu'au bout, et de l'amincir, dans la partie tage, de faeo^que son pais- seur aille en croissant proportionnellement la racine cubique de la distance l'extrmit. On voit que, si les feuilles sont toutes de mme paisseur, les tagements doivent tre gaux. Un ressort semblable, lorsqu'il est complet, c'est--dire lorsque lkdernire feuille en descendant a une longueur tout au plus gale au double.de l'tagement, flchit en conservant toujours la forme circulaire, et la flexion, sous une charge quelconque, est exprime par la formule extrmement simple i -, o Q est la demi-charge, L la lon- gueur de la matresse feuille, l la longueur commune des tagements, M le moment d'lasticit de chaque feuille, dans la partie o elle a toute son paisseur. Si le ressort est incomplet, par suite de la suppression d'une ou plusieurs feuilles partir du bas, il ne conserve plus la forme circu- laire, sous des charges varies, et sa flexion est donne par la formule aussi trs-simple i : = fi [2 L 8 '-+?(nl) 3 ], dans laquelle n exprime le nombre des feuilles. -."'**'** >> M. Phillips dmontre que les ressorts tablis cto'nformment aux prin- cipes qu'il a poss, jouissent des proprits suivantes : i. Un ressort form de feuilles de mme paisseur et courbes sui- vant des arcs de mme rayon, a un volume moindre que tout autre ressort ayant une gale flexibilit et une aussi grande rsistance absolue, qui serait construit sur la mme matresse feuille, et dont tout ou partie des feuilles infrieures auraient des paisseurs moindres, et seraient, par consquent, cintres en fabrication, suivant des arcs de cercle d'un plus petit rayon ; il a, au contraire, un volume plus grand que tout autre ressort de mme flexibilit et de mme rsistance absolue, construit sur la mme matresse feuille, et dont les feuilles infrieures auraient des paisseurs croissantes et seraient courbes suivant des arcs de cercle d'un rayon plus grand. 2 . L'paisseur totale d'un ressort feuilles de mme paisseur est directement proportionnelle au carr de la charge capable de produire nu ( *3i ) allongement proportionnel dtermin, la flexibilit du ressort, et en raison inverse de la largeur du ressort et de la longueur totale de la ma- tresse feuille ; 3. Tous les ressorts feuilles de mme paisseur, ayant mme flexi- bilit et mme rsistance absolue, ont sensiblement le mme volume, et, par consquent, le mme poids. Les poids de deux ressorts de ce genre sont entre eux comme leurs flexibilits et comme les carrs de leurs rsistances absolues. L'auteur dduit, des principes prcdents, des rgles d'une appli- cation facile dans la pratique, pour la composition de ressorts qui doi- vent satisfaire des conditions donnes de flexibilit et de rsistance absolue, en ayant une longueur et une largeur dtermines. On calcule d'abord, trs-aisment, toutes les dimensions d'un ressort feuilles de mme paisseur, qui satisfait aux conditions de la question, et s'aplatit compltement sous la charge qui mesure la rsistance absolue. Une fois ce ressort dtermin, l'auteur fait voir qu'on peut en dduire, par une mthode simple, qui exige toutefois quelques ttonnements, les dimensions d'autres ressorts feuilles d'paisseurs croissantes ou dcroissantes, ayant mme flexibilit, mme rsistance absolue ; il dmontre, de plus, que tous ces ressorts auront sensiblement le mme volume et le mme poids, par consquent, que le ressort-type feuilles toutes de mme paisseur. Il dmontre aussi que les ressorts feuilles toutes de mme paisseur ne tendent jamais biller, et que, sous une charge quelconque, les pres- sions mutuelles des feuilles juxtaposes sont sensiblement nulles, sauf vers l'extrmit de chaque feuille sur laquelle la feuille suprieure exerce une pression prcisment gale la demi-charge du ressort. Les ressorts feuilles d'paisseurs dcroissantes tendent . biller avant l'aplatissement, et non aprs; l'inverse a lieu pour les ressorts feuilles d'paisseurs crois- santes, qui tendent biller sous des charges suprieures celle qui pro- duit l'aplatissement, et non sous des charges infrieures. Il rsulte de l qu'il est avantageux de construire les ressorts feuilles d'paisseurs in- gales, de manire que l'aplatissement corresponde, non la charge maxi- mum mesure de la rsistance absolue, qui n'est presque jamais atteinte, mais la charge normale habituelle. Les ressorts construits conformment aux rgles prcdentes jouissent d'une flexibilit constante, tant que les allongements proportionnels maxi- nia ne dpassent pas la limite au del de laquelle le mtal est nerv, et cette limite doit tre peine atteinte lors des plus grandes flexions que le ( 23a ) ressort aura subir, lorsqu'il sera en uvre. Il est assez inutile, dans beau- coup de cas, que la flexibilit reste constante dans toute cette tendue; l'important est que le ressort ait une flexibilit suffisante et constante jus- qu'aux plus grandes charges habituelles qu'il est destin supporter; sous des charges plus fortes et purement accidentelles, la roideur peut aug- menter, sans inconvnient grave, pourvu que la rsistance absolue soit conserve. M. Phillips dmontre qu'on peut, en s'astreignant cette der- nire condition, construire des ressorts dont la flexibilit, constante jusqu' une certaine limite de charge, va ensuite en diminuant jusqu' la charge qui mesure la rsistance absolue, et qui ont un poids beaucoup moindre que les ressorts ordinaires feuilles toutes de mme paisseur, qui conserve- raient leur flexibilit jusqu' la limite de la rsistance absolue. Ces res- sorts d'un nouveau genre, qu'il appelle ressorts auxiliaires, sont parti- culirement bien appropris aux wagons-curies, aux wagons de grosses marchandises ou de ballots et mme aux tenders ; ils sont composs de deux parties distinctes, savoir un ressort ordinaire feuilles d'paisseurs gales, mais incomplet } qui fonctionne seul sous les charges habituelles et jouit de la flexibilit voulue, et en dessous une partie auxiliaire forme le plus souvent d'une seule pice d'une grande paisseur, qui peut tre en fer doux ou mme en bois, sur laquelle la partie suprieure formant le ressort propre- ment dit vient s'appuyer, quand la charge a dpass la premire limite, et qui procure tout l'ensemble alors en fonction la rsistance absolue deman- de. M. Phillips expose trs en dtail les rgles suivre pour calculer les dimensions des ressorts auxiliaires, dans les divers cas qui peuvent se prsenter. Il est surtout avantageux de les employer comme ressorts de choc et de traction, en raison de la rsistance absolue considrable qu'ils prsentent, comparativement des ressorts ordinaires du mme poids, de leur flexibilit trs-grande tant que la force habituelle de traction n'est pas dpasse, et de leur roideur croissante avec les forces de traction sup- rieures, ce qui ne permet jamais aux tampons de deux voitures conscu- tives de s'carter beaucoup. Toutes les rgles de construction que M. Phillips a dduites d'une analyse exacte, souvent nouvelle et dlicate, il les a appliques la construction de ressorts de diverses sortes en acier fondu, dont le nom- bre dpassait dj trois cents, lors de la rdaction de son Mmoire, et qui ont t mis en service sur des voitures de toute espce circulant sur les chemins de fer de l'Ouest, du Nord et de Paris Lyon. Dans le calcul, il a adopt 20000 kilogrammes par millimtre carr pour le coefficient ( a33 ) d'lasticit du intal, 5 millimes pour la limite de l'allongement ou rac- courcissement proportionnel que le mtal peut subir sans tre nerv, et 2 3 millimes pour l'allongement proportionnel maximum correspon- dant la charge habituelle. A l'preuve, tous ces ressorts ont flchi de quantits trs-peu diffrentes des flexions donnes par le calcul pour les pressions diverses auxquelles ils ont t soumis. Ils n'ont pas t sensible- ment dforms par des flexions qui devaient donner lieu un allongement proportionnel de 5 millimes des fibres situes la surface de chaque feuille. Dans le service habituel, ils se sont parfaitement comports; nous citerons, entre autres, trois types de grands ressorts de choc et de traction compo- ss : le premier de treize feuilles, chacune de 12 millimtres d'paisseur, ayant une flexibilit constante de 55 millimtres par 1000 kilogrammes de charge et s'aplatissant compltement sous une charge de 44 kilo- grammes; le second, compos de sept feuilles de 1 1 millimtres d'paisseur, plus deux grosses feuilles auxiliaires ayant l'une 22 et l'autre 25 milli- mtres d'paisseur, ayant d'abord une flexibilit de o,5 millimtres pour les premiers 1000 kilogrammes de charg, flchissant ensuite de 109 millimtres seulement par une addition de charge de 2000 kilogrammes, puis de 32 mil- limtres pour chaque nouvelle addition de 1000 kilogrammes jusqu' 5ooo kilogrammes qui correspondent l'aplatissement complet et la r- sistance absolue; le troisime, compos de cinq feuilles de i3 millimtres d'paisseur, plus trois feuilles auxiliaires de 26 millimtres, avec une flexi- bilit de 76 millimtres parles 1000 premiers kilogrammes de charge, fl- chissant ensuite de 75 millimtres seulement par une addition de charge de 2000 kilogrammes, et puis de 22 millimtres pour chaque 1000 kilo- grammes de charge additionnelle jusqu' la limite de 6000 kilogrammes qui correspondent l'aplatissement complet et la rsistance absolue. Le premier de ces ressorts pse 81, le second 84 et le troisime 80 kilogrammes seulement. Ces nombres mettent en vidence les avantages des ressorts auxiliaires. n Indpendamment des preuves auxquelles M. Phillips a soumis, dans les ateliers, les nombreux ressorts construits d'aprs ses indications, et des observations qu'il a recueillies su